Chers Lecteurs,

Un groupe de Scientifiques de l’Université de Mons-Hainaut a envoyé aux bourgmestres des 262 communes wallonnes et des 19 communes bruxelloises une Résolution reconnaissant le défi posé par les Pics du Pétrole et du Gaz, et l’urgence pour la Belgique d’établir un plan d’action en réponse au déclin imminent de ces deux combustibles fossiles.

Cette résolution marque aussi le lancement d’ASPO Belgique, la branche belge de l’Association pour l’Etude du Pic du Pétrole et du Gaz. Le but de cette association est d’évaluer la période probable de formation du Pic du pétrole, et le taux du déclin de ce dernier afin de pouvoir proposer des solutions de rechange.

Cette résolution sur le Pic du Pétrole, envoyée aux bourgmestres, est basée sur une étude dirigée par le Dr. Patrick Brocorens qui nous a fait l’honneur de publier l’essentiel de ses recherches dans notre revue.

De très nombreux exemples peuvent être évoqués ; c’est ainsi que le champ pétrolier géant de Cantarell au Mexique, les huit plus grands champs de pétrole saoudien et le gisement de Burgan au Koweït, soit 10 champs de pétrole, qui sont responsables d’environ 15% de la production mondiale et d’environ 30% des exportations mondiales, viennent d’entrer en déclin rapide. Il faut insister sur le fait que le déclin de ces champs géants est arrivé plus tôt que ne le prévoyaient les experts en énergie et que les pays consommateurs n’en prennent pas suffisamment conscience.

D’autres exemples peuvent être cités aussi bien pour le pétrole que pour le gaz. Les grandes sociétés pétrolières et les experts estiment qu’un pic de production en pétrole conventionnel devrait avoir été atteint aux environs de 2005. Il est évident qu’un plan de préparation au déclin de la disponibilité en pétrole est nécessaire de toute urgence. En Belgique ce plan n’existe pas ; le pic du pétrole n’est au programme d’aucun parti politique. Dès que ce pic du pétrole sera confirmé on assistera à une volatilité des prix suivie d’une hausse de ces derniers. Selon certains experts, le prix du baril pourrait facilement dépasser les 100 dollars dans un avenir assez proche. Une crise économique sans précédent est à craindre, avec toutes sortes de conséquences politiques et même militaires. C’est la raison pour laquelle la société doit être informée et nous remercions Patrick Brocorens d’avoir bien voulu nous rédiger un article afin de résumer des recherches approfondies réalisées pendant une dizaine d’années. Le CEAH espère pouvoir intervenir également auprès d’Inter-Environnement Wallonie lors de sa réunion de juillet à Gembloux, où les associations doivent discuter des décisions à prendre sur les grands problèmes d’environnement.

Nous avons aussi le plaisir de vous présenter un article du bio-chimiste Albrecht Schott, sur les dangers de l’uranium appauvri. L’uranium appauvri est un sous-produit de l’uranium naturel qui contient 0,7 % de l’isotope 235. Les centrales nucléaires utilisent de l’uranium enrichi à 3,5 % de cet isotope, les militaires ont besoin d’uranium enrichi à 90 % de l’isotope fissile. Cela entraîne la production de quantités phénoménales d’uranium appauvri qui fait l’objet d’une métallurgie dans les secteurs civil et militaire. Lors des exercices militaires ou de guerres, les obus à uranium appauvri sont pulvérisés en très fines particules dont une bonne partie est entraînée par les vents et contamine toute l’atmosphère. Ces particules, inférieures à 10 µ, pénètrent dans les voies respiratoires pour y demeurer suffisamment longtemps que pour provoquer des cancers. Cet article nous a paru nécessaire vu le tabou qui règne dans les médias sur ce grave problème. Nous remercions la revue « Horizons et débats » qui nous a autorisés à le publier.

Les mycologues citadins n’ont pas été oubliés. Une petite note a été rédigée à leur intention pour leur montrer la biodiversité fongique inattendue qu’on trouve dans les rues, les avenues, les pelouses, les jardins et les parcs.

Comme d’habitude notre Revue de Presse vous informe sur les récents problèmes du nucléaire, des énergies renouvelables en pleine expansion, du réchauffement climatique, des recommandations de Greenpeace, de l’écologie en général, de la pollution, etc. Nous attirons votre attention sur un article paru dans « Le Monde » intitulé « Chantier pharaonique ». La réalisation de la fusion nucléaire à Cadarache nécessitera des travaux et des moyens exceptionnels comme, par exemple, des camions munis de 25 essieux soutenant 100 roues. Pour éviter des travaux trop importants (tunnels sous les autoroutes) il faudra, à certains moments, arrêter la circulation sur ces voies d’accès pour permettre leur passage.

Vous trouverez également dans le bulletin de nouvelles précisions sur nos activités et spécialement l’exposition mycologique de Tertre qui mettra l’accent sur l’écologie des champignons.

Nous vous souhaitons une bonne lecture.

Pierre Piérart.