Chers Lecteurs,

En cette fin d’année nous avons le plaisir de vous présenter deux articles très intéressants concernant, d’une part, le piégeage et le stockage du carbone et, d’autre part, le problème des poussières de l’atmosphère.

Le Dr. Jean-Marc Baele, ingénieur géologue de la Faculté Polytechnique de Mons, a étudié et est occupé à mettre au point une technique permettant de capter 80 à 90 % du CO2 émis ou produit par de grosses installations industrielles et de le séquestrer dans différents types de roche sédimentaire. Il s’agit en particulier des grés et des charbons du Westphalien dans lequel on trouve la quasi-totalité du charbon des bassins du sillon Sambre et Meuse. Cette méthode permettrait d’éliminer d’énormes quantités de CO2 pour un coût relativement acceptable. Dans les premiers chapitres, l’auteur nous rappelle, les mécanismes de l’effet du CO2 comme gaz à effet de serre et la responsabilité des activités humaines dans le domaine. Il cite comme exemple le cas des cimenteries où la décarbonatation du ciment ou de la chaux produit des quantités considérables de CO2. Il en est de même pour les combustibles fossiles qui interviennent pour 80 % de l’énergie primaire consommée dans le monde. Il y a aussi le cas des hauts fourneaux et des centrales au charbon qui réapparaissent en Allemagne et en Belgique. La Chine, grand producteur de charbon (2 milliards de tonnes par an), doit importer du charbon depuis cette année. Il est donc impératif de prévoir des investissements pour capter le CO2.

Le stockage géologique du CO2 est très performant dans les sédiments charbonneux ; en effet la houille présente des propriétés d’adsorption extraordinaires dues à l’un de ses constituants, la vitrinite, qui est très adsorbante grâce à sa structure microporeuse liée au départ de l’hydrogène au cours de sa maturation (diagenèse). Le potentiel de stockage est très important de même que pour les aquifères profonds et les gisements de pétrole et de gaz appauvris. L’avenir de cette technique est très prometteur pour le Hainaut.

L’article de Thierry Hosay, responsable du Service Qualité de l’Air à l’Institut Scientifique de Service Public (ISSeP), porte sur les nanoparticules atmosphériques, plus particulièrement en Région wallonne. Le rôle nocif des particules atmosphériques inférieures à 10 µ s’avère de jour en jour de plus en plus important. En effet ces particules peuvent atteindre les poumons et elles causent énormément de dégâts ; songeons à la suie, aux combustibles imbrûlés des véhicules, aux métaux lourds, aux PCB, à la dioxine et même aux fines particules d’oxyde d’uranium produites sur les terrains d’exercices militaires et les champs de bataille (uranium appauvri). L’étude de ces particules en plein développement montre que leur quantité ne fait qu’augmenter, ce qui avait déjà été dénoncé par Paul R.Ehrlich, Anne H. Ehrlich et John P. Holdren (1977).

Nous n’avons pu résister au plaisir de vous faire découvrir un passage du livre du Prof. Belpomme, intitulé «Avant qu’il ne soit trop tard ». Dans le même ouvrage, le Prof. Belpomme affirme également, que l’augmentation des cas de cancers chez les enfants et les jeunes est due à des facteurs environnementaux (pollution de l’air, de l’eau et des sols).

Comme d’habitude les mycologues n’ont pas été oubliés. Ils pourront prendre connaissance de l’incidence des champignons invasifs et des conséquences parfois énormes que ces champignons peuvent entraîner quand ils sont parasites.

Enfin, vous trouverez un compte rendu succinct des très nombreuses expositions et excursions mycologiques organisées par nos fidèles collaboratrices Bernadette Lamblin et Anne-Marie Wantiez, aidées par Jean et Francine Lhoëst, Michel et Andrée Alsteen ainsi que Georges et Isabelle De Pauw. Nous les remercions tous ainsi que Jocelyne Thomas pour sa précieuse contribution à la rédaction du bulletin.

La Revue de Presse est traditionnellement copieuse, principalement dans le domaine de l’énergie et des changements climatiques, sans oublier l’épineuse question de l’écosystème forêt en région tropicale où la déforestation se poursuit au risque d’entraîner une catastrophe si l’on n’intervient pas de façon drastique. Espérons que les 4 Rapports du Giec et la réunion de Bali ne demeureront pas de vains discours et de vagues projets mais conduiront à des mesures pratiques contraignant le lobby pétrolier et l’industrie automobile à se plier à des directives plus sévères encore que celles du Protocole de Kyoto.

De très nombreux problèmes se posent, en Belgique en particulier. Espérons que le gouvernement wallon ne cèdera pas au chantage du consortium Mittal qui devra prendre conscience de ses responsabilités environnementales. En ce qui concerne les biocarburants, il faudra les limiter au maximum car il serait immoral de sacrifier la survie de plusieurs centaines de millions d’hommes, de femmes et d’enfants aux exigences des grosses bagnoles dans lesquelles nos responsables politiques, entre autres, s’affichent sans vergogne.

Nous vous souhaitons une bonne et heureuse année, une bonne lecture et un assainissement de la planète le plus rapidement possible.

Pierre Piérart