Chers Lecteurs,

L’article de Michel Wautelet « L’après-pétrole bon marché est à nos portes » revient sur la nécessité de modifier nos comportements avant 2050. Comment vivrons-nous en 2050 ? Telle est la philosophie de cet article et du livre, publié par l’auteur chez L’Harmattan, Paris, intitulé « Vivement 2050 !, comment nous vivrons (peut-être) demain ». Cela ne sera pas facile vu la complexité du problème et la multitude d’alternatives qui se présentent à la société et aux décideurs en particulier, à savoir aux instances politiques et aux grandes compagnies internationales. L’emploi abusif des agro-carburants est une menace, qui ne fait que s’amplifier, de voir disparaître les forêts équatoriales qui stabilisent le climat et de diminuer la production de céréales (blé, riz, maïs, …). En ce qui concerne l’électricité, les énergies vertes seront pour une bonne part indispensables. De cet article nous retiendrons essentiellement 4 des 8 points du programme de Serge Latouche publié dans son livre « Le pari de la décroissance » : relocaliser (rétablir le commerce de proximité), réutiliser (privilégier les objets durables), réduire (diminuer la consommation) et recycler (remettre dans le circuit divers matériaux : papier, métaux, etc.).

L’article « Comment se sont formées des milliards de tonnes de charbon » nous démontre que la houillification a piégé et stocké des centaines de gigatonnes de CO2 atmosphérique et rejeté dans l’atmosphère des millions de km3 d’oxygène, ce qui, en d’autres termes, signifie un enrichissement considérable de l’oxygène atmosphérique au cours du Carbonifère. On peut en conclure que cette oxygénation a dû sélectionner des animaux aptes à utiliser de grandes quantités d’oxygène pour leur respiration. Les nombreuses planches de l’article illustrent bien la constitution de la houille, comprenant, entre autres, des spores (microspores et macrospores), des cuticules, des trachéides et même des débris de sclérotes. Le charbon occupe la deuxième place parmi les énergies fossiles et il figurera bientôt en tête de ces dernières . Susceptible de piéger et de stocker le CO2 et de produire du gaz, il peut être converti en un substitut du pétrole.

Nous remercions le Dr. Giacomoni et Tjakko Stijve qui nous ont autorisés à reproduire l’article de ce dernier consacré à l’évolution de la radioactivité des champignons « Césium radioactif dans les champignons provenant de régions fortement et modérément exposées aux retombées de Tchernobyl ». Cet article souligne la permanence de la contamination. Dans les régions hautement contaminées les quantités dépassent largement la limite maximale préconisée par la CEE. Les mesures réalisées pendant trois années consécutives indiquent même une certaine augmentation, due à la lente pénétration du césium dans le sol où il est assimilé par le mycélium. Ce phénomène est perceptible bien au delà de la zone de Tchernobyl comme, par exemple, à Gåvle située à 170 km au nord de Stockolm. Cet article est pour le CEAH l’occasion de rappeler la tragédie de Tchernobyl qui est survenue le 26 avril 1986.

Un article est consacré à la biologie de Boletus edulis , qui démontre qu’il s’agit d’une espèce cosmopolite et diversifiée en plusieurs variétés adaptées le plus souvent à des niches écologiques très particulières, se traduisant par des liaisons mycorhiziennes avec des espèces bien définies.

Enfin, l’article « Le premier décryptage du génome d’un basidiomycète ectomycorhizien, Laccaria bicolor » nous démontre que cette espèce possède un patrimoine génétique nettement plus riche que la moyenne des basidiomycètes. Ce génome permet à L. bicolor plusieurs modes de vie comprenant les types symbiotique et saprophyte ainsi que les relations avec les bactéries et la pédofaune.

Comme de coutume la Revue de Presse présente une large palette de sujets tels que les risques engendrés par l’énergie nucléaire, la problématique des agrocarburants, les conséquences des changements climatiques sur la biodiversité notamment, l’impact des biotechnologies sur nos modes de vie et notre santé, les nuisances liées aux diverses pollutions, etc.

Bonne lecture.

Pierre Piérart.