Chers Lecteurs,

La journée du 24 janvier, à l’UMH, consacrée au pic du pétrole, aux biocarburants et aux nécessités de modifier le comportement de la société avec un pétrole qui deviendra de plus en plus cher, a connu un vif succès. De nombreuses personnes représentant les milieux académiques, la Région wallonne et de nombreuses associations, ont suivi avec intérêt les exposés.

Patrick Brocorens a insisté sur le déclin inéluctable et même assez rapide, pour les dix prochaines années, de l’or noir. Il s’est basé essentiellement sur les données fournies par les géologues et sur la distinction à faire entre réserves prouvées, réserves probables et réserves possibles.

Le deuxième exposé, de Monsieur Xavier Chavanne, a porté sur deux alternatives au pétrole : la biomasse forestière et celle du maïs. Il a analysé particulièrement, le problème du bioéthanol produit à partir du maïs ; on retiendra que les Etats-Unis consacrent 20 % de leur surface agricole à la production d’éthanol avec un rendement énergétique rarement satisfaisant.

Enfin le Pr. Michel Wautelet nous a entretenus des problèmes posés à la société à très court terme. Soulignons-en quelques points essentiels : la voiture électrique ne sera utile qu’en ville et pour des courts trajets ; la voiture à hydrogène pose de nombreux problèmes encore non résolus et nécessitera, comme la voiture électrique, une augmentation fantastique d’électricité avec, comme conséquence, des nombreuses centrales nucléaires. D’autre part, pour Monsieur Wautelet le problème des camions est quasi insoluble vu le poids énorme des batteries ou des piles à combustible dont ils devront être équipés. Monsieur Wautelet a opté également pour une relocalisation des activités et principalement dans le domaine de l’agriculture et du commerce.

Les trois ateliers de discussion étaient très intéressants. Nous retiendrons celui de l’agriculture qui pose des problèmes extrêmement nombreux. D’abord celui des agrocarburants considérés par de nombreux spécialistes comme les carburants de la honte ou de la mort (souvent exprimé par la sentence « les réservoirs pleins et les assiettes vides »). Le Pr. Rasmont a rappelé que l’agriculture est pratiquement arrivée à son maximum de rendement et que le prix des engrais a considérablement augmenté. Dans des bonnes conditions un hectare de pommes de terre produit quatre fois plus qu’un hectare de blé : au maximum 40 tonnes à l’hectare pour la première et 10 tonnes pour le second.

Le CEWAS, que nous remercions, nous rappelle dans son communiqué « Agro-énergie et alimentation : fin de la pensée unique », la déclaration du prix Nobel 2007 de chimie, Paul Creutzen, pour lequel les biocarburants ne sont pas une bonne réponse, sachant que les engrais azotés en excès dégagent dans l’atmosphère 5 % de l’azote sous forme de N2O, gaz à effet de serre, dont le pouvoir réchauffant est 296 fois supérieur à celui du CO2. Le cycle de l’azote est encore assez mal connu et mériterait des études supplémentaires. Une bonne partie des nitrates très solubles sont emportés par le ruissellement et par la percolation avec, comme conséquence, la pollution de la nappe phréatique. En bref une crise alimentaire grave menace la planète qui, en 2015, sera peuplée par 7 milliards d’individus.

Les données très intéressantes, qui nous ont été transmises par André Delmer, que nous remercions également, nous ont permis d’évaluer l’état des ressources du sous-sol hennuyer. Elles rappellent l’importance que la production charbonnière a eue en Belgique et prévoient le rôle du charbon pour le stockage du CO2 et la production éventuelle de gaz que l’on a retrouvé d’ailleurs dans quelques sondages. Sans oublier la géothermie dont les applications dans le Couchant de Mons sont très prometteuses depuis le sondage de Saint-Ghislain, ainsi que pour la ville de Mons avec le programme prévu par le Pr. Rorive.

Une petite note est également publiée concernant la puissance électrique dans le monde. Elle ne représente que 10 % et est très inégalement répartie. Il est vraisemblable qu’elle devra augmenter en espérant que l’énorme potentiel hydroélectrique de l’Afrique et de l’Amérique du Sud, déjà installé, soit mieux utilisé.

Nous remercions vivement Messieurs Pascal Hauteclair, Mathieu Derume et Christophe Bauffe pour l’article sur la diversité entomologique des terrils liégeois et hennuyers, où l’on trouve une entomofaune très bien diversifiée grâce à l’absence de pesticides.

Toujours fidèles à la mycologie, vous trouverez un complément d’informations sur Laccaria bicolor qui se comporte non seulement en mycorhizien et décomposeur mais aussi en prédateur !

Enfin, la revue de presse, comme d’habitude, complète ces différentes questions grâce à de nombreuses références sélectionnées dans plusieurs publications.

Nous vous souhaitons une très bonne lecture, en espérant que vous répercuterez les problèmes qui se posent à la société qui devra réagir d’elle-même pour éviter des mesures drastiques toujours difficiles à supporter.

Pierre Piérart