Chers Lecteurs,

L’OTAN était au départ dotée d’une organisation militaire défensive strictement limitée aux territoires de ses pays membres et dont l’article 5 exigeait la solidarité entre ceux-ci. Avec la chute du mur de Berlin et l’effondrement de l’URSS, l’OTAN n’avait plus de raison d’être d’autant plus que le Pacte de Varsovie fut dissous. En 1999, à l’occasion de son 50ème anniversaire, la nouvelle stratégie de l’OTAN devint de plus en plus agressive.

Aujourd’hui l’OTAN comprend 26 membres et un grand nombre de pays adhérents au Partenariat pour la Paix, ce dernier constituant un stade d’adhésion partielle à la politique de l’Alliance. Des pays comme l’Autriche, la Suisse, l’Irlande et la Finlande en font partie malgré une très longue tradition de neutralité.

L’Alliance constitue une succursale de la politique agressive des Etats-Unis en infraction avec le droit international. Plusieurs exemples peuvent être cités d’infractions flagrantes à plusieurs traités internationaux et à la Charte des Nations Unies. Il y a huit ans l’OTAN a bombardé la Serbie en visant de nombreuses infrastructures civiles comme les stations de télévision, les usines, les stations électriques, les ponts, les chemins de fer et même les colonnes de réfugiés, sans oublier l’ambassade de Chine. Qui plus est, des bombes à uranium appauvri ont été utilisées et ont contaminé des surfaces entières de ce pays. Actuellement l’OTAN, avec l’aide de plusieurs membres comme l’Allemagne, la France, les Pays-Bas, la Belgique, a déclenché la guerre en Afghanistan.

La complicité de l’Union Européenne avec l’OTAN est évidente. Le Haut Représentant de la Politique étrangère de l’Union Européenne, Monsieur Solana, et la Commissaire européenne aux Relations extérieures, Benita Ferrero Waldner, ne se préoccupent nullement des infractions aux articles 1 et 2 du Traité de Non Prolifération (TNP). Rappelons que ce dernier interdit le transfert d’armes atomiques américaines sur le territoire de pays étrangers comme c’est le cas aujourd’hui, 15 ans après la fin de la guerre froide, pour l’Allemagne, la Belgique, l’Italie et les Pays-Bas. Le nombre de bases de l’OTAN en Europe et en Méditerranée est très élevé et contraire au statut juridique et à la Constitution de ces pays occupés par l’armée américaine.

Dans ce bulletin vous pourrez lire que le droit de séjour des forces américaines en Allemagne est en infraction avec de nombreuses conventions internationales. Des pays comme l’Allemagne et la Belgique avaient le droit de refuser leur soutien à la guerre des Etats-Unis contre l’Irak. Ces pays ont été de véritables complices en laissant passer sur leur territoire des troupes, du matériel et des munitions en partance pour l’Irak. En effet, il n’y a pas que l’agresseur qui agit à l’encontre du droit international mais également les pays qui le soutiennent en tolérant sur leur territoire des actions guerrières. Incroyable mais vrai, les « Tornados » allemands envoyés en Afghanistan peuvent s’entraîner dans les Alpes suisses avec l’accord tacite du gouvernement fédéral de ce pays.

Enfin, rappelons que des rampes anti-missiles vont probablement être installées en Pologne ainsi qu’une base de radars en Tchéquie, soi-disant dirigés contre des « pays voyous », comme l’Iran et la Corée du Nord.

Pour conclure nous vous invitons à la commémoration du 62ème anniversaire de la tragédie de Hiroshima et de Nagasaki, qui se tiendra à l’Université de Mons-Hainaut, au Parc Hibakusha. Vous aurez l’occasion d’entendre la communication du Prof. Henri Firket sur l’effet pervers des rampes anti-missiles qui ne peuvent qu’accélérer la course aux armements. Une autre allocution est prévue pour démontrer que la dissuasion n’est pas une réalité implacable comme le prétend le Gén. Briquemont dans un article paru dans La Libre Belgique du 23 mai 2007. Pour l’AMPGN et l’AEPGN la dissuasion est un leurre et une hypocrisie qui ne peut que provoquer tôt ou tard une guerre nucléaire. Enfin, Claudine Pôlet parlera de l’OTAN et de la militarisation de l’Europe.

Nous espérons vous rencontrer nombreux à cette manifestation.

Pierre Piérart