Chers Lecteurs,

Nous voici à la fin de l’année 2007 qui n’a pas été brillante, loin de là, en ce qui concerne le désarmement nucléaire.

Lors de la commémoration du 62ème anniversaire de la tragédie d’Hiroshima et de Nagasaki, au parc Hibakusha de l’Université de Mons-Hainaut, des communications ont été faites par les représentants de plusieurs associations pacifistes. Henri Firket (AMPGN) a dénoncé les provocations américaines d’installation de radars en République tchèque et de 10 intercepteurs de missiles nucléaires en Pologne, en dépit de la contestation des populations européennes, en particulier de ces deux pays. Pierre Piérart, au nom de l’AEPGN, a démontré l’escroquerie du concept de dissuasion nucléaire défendu bec et ongles non seulement par les puissances nucléaires mais aussi par les pays membres de l’Organisation du Traité de l’Atlantique Nord (OTAN). Le Comité de Surveillance OTAN (CSO), créé en réaction à l’agression de la Yougoslavie par l’OTAN, était représenté par Claudine Pôlet qui, dans un exposé exhaustif, a analysé tous les dangers de cette organisation militariste qui entraîne dans ses crimes de guerre non seulement ses membres mais aussi l’Union européenne. La perversité du complexe militaro-industriel qui fait pression sur la politique militaire américaine a été dénoncée par la Coordination Luxembourgeoise pour la Paix (Colupa) représentée par Pierre Debaudt. Pol D’Huyvetter nous a fait part des succès enregistrés par l’expansion du réseau « Mayors for Peace » ainsi que de la nécessité de poursuivre une campagne pour arracher aux gouvernements occidentaux une convention de désarmement nucléaire en 2010, date à laquelle une nouvelle révision du TNP aura lieu, afin d’obtenir un désarmement nucléaire total en 2020.

Chers Lecteurs, vous trouverez également dans ce bulletin une série d’articles traitant de divers problèmes, comme l’expansion de l’OTAN malgré l’effondrement de l’URSS, une réponse au général Briquemont destinée à prouver que la dissuasion est loin d’être une réalité implacable ainsi que plusieurs articles de diverses personnalités à propos de la position de la France et de la Grande-Bretagne qui continuent à perfectionner leur armement nucléaire.

Profitons de cet édito pour dénoncer l’attitude scandaleuse des gouvernements occidentaux qui, à la 62ème Assemblée générale des Nations Unies, ont adopté une série de résolutions sur le désarmement et la non-prolifération en opposition totale avec les populations qu’ils représentent. La Belgique (en coordination avec les membres de l’OTAN) vote en faveur de décisions inadmissibles, comme le refus d’accepter l’interdiction de l’usage de l’arme nucléaire ainsi que de suivre l’avis de la Cour internationale de Justice, de juillet 1996, déclarant l’illégalité de cette arme. Dans le même ordre d’idées, l’OTAN et l’Union européenne se sont engagées, ce jeudi 6 décembre, à maintenir la pression sur l’Iran, malgré un rapport américain selon lequel Téhéran a suspendu son programme d’armes nucléaires en 2003, a annoncé le ministre belge des Affaires étrangères, en affaires courantes, Karel De Gucht. « Tous sont tombés d’accord sur le fait que nous ne devrions pas modifier notre position » a déclaré le chef de la diplomatie belge à la presse à Bruxelles, à l’issue d’un dîner de chefs de la diplomatie de l’Alliance atlantique et de l’Union européenne dont il était l’hôte (AFP).

Pour conclure, souhaitons qu’en 2008 l’opinion publique, de plus en plus sensibilisée par l’extension des guerres, fasse pression sur les responsables politiques pour exiger la résolution des crises internationales par la négociation, la diplomatie et la solidarité entre tous les peuples.

Pierre Piérart