Centre d'écologie appliquée du Hainaut

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jeudi 17 décembre 2009

Nous avons lu : Pierre Piérart

« Génétique du péché originel – Le poids du passé sur l’avenir de la vie »
de Christian de Duve
Prix Nobel de médecine
Editions Odile Jacob Sciences; page 167

Extrait

Christian de Duve, prix Nobel de médecine, est professeur émérite à l’Université catholique de Louvain et à l’Université Rockefeller de New York.

Christian de Duve, bien connu en Belgique pour ses recherches sur les lysosomes, a obtenu avec Albert Claude et George E. Palade, le prix Nobel de médecine en 1974.

Rappelons que les lysosomes sont de petites sphères de +/- 1µ limitées par une seule membrane et contenant de nombreuses hydrolases, enzymes capables de digérer des sucres, graisses et protéines, et qui jouent un rôle important dans la phagocytose. Les lysosomes sont particulièrement abondants dans certains types de leucocytes (globules blancs).

Son ouvrage comprend quatre parties. La première, consacrée à l’histoire de la vie, nous décrit de façon très claire la parution des premières bactéries suivies des cellules munies d’un noyau (eucaryotes). Dans la deuxième partie il nous décrit les mécanismes de l’évolution essentielle basée sur la sélection des espèces découverte par Darwin. Tous les mécanismes évoqués sont purement physicochimiques et doivent être acceptés comme tels selon l’auteur. Pour Ch. de Duve l’évolution est un fait et est parfaitement compatible avec les religions.

Dans la troisième partie il nous décrit l’aventure humaine ou phénomène d’hominisation dont les origines se trouvent en Afrique. La sélection naturelle parmi les hominidés a privilégié les traits favorisant la cohésion à l’intérieur des groupes et l’hostilité entre groupes différents. Nous reproduisons ci-dessous la page 167, passage essentiel de son ouvrage. Pour de Duve le péché originel n’est autre que la faille inscrite entre les gènes favorisant la cohésion et ceux favorisant la compétition, la haine, la violence et tout ce qui peut servir contre l’adversaire.

La sélection naturelle a privilégié les traits favorisant la cohésion à l’intérieur des groupes et l’hostilité entre groupes différents.

Sur le plan collectif, la sélection naturelle a privilégié des traits, tels que la solidarité, la coopérativité, la tolérance, la compassion, l’altruisme, allant même jusqu’au sacrifice personnel pour le bien commun, qui constituent les fondements des sociétés humaines. Mais la sélection de ces traits a généralement été limitée aux membres de groupes donnés. La contrepartie négative de ces « bons » traits a été la défensive, la méfiance, la compétitivité et l’hostilité à l’égard des membres d’autres groupes, germes des conflits et des guerres qui jalonnent toute l’histoire de l’humanité jusqu’à nos jours.

Cela remonte sans doute à l’époque où de petites bandes de préhumains se disputaient les meilleures ressources que leur offraient les forêts et les savanes africaines ; peut-être même beaucoup plus tôt, car la solidarité de groupe est une caractéristique de nombreuses sociétés animales. Au début, le groupe était défini par la parenté – avec l’accent sur la famille, le clan ou la tribu -, comme il le fallait nécessairement pour des caractères inscrits génétiquement. Plus tard, le groupe s’est étendu pour comprendre des territoires partagés, des besoins partagés, des intérêts partagés, des privilèges partagés, des croyances partagées, des valeurs partagées, des préjugés partagés, des haines partagées, soit le partage de tout ce qui pouvait servir à nous unir, « nous contre eux ». Aujourd’hui, ce sont principalement les nationalismes et les fondamentalismes religieux qui jouent ce rôle rassembleur.

Dans la quatrième partie, consacrée au défi du futur, l’auteur fait intervenir (page 202) ce qu’il appelle « récâbler le cerveau ». Etant donné que l’évolution de l’humanité conduit nécessairement à une catastrophe, principalement due au développement démographique, il utilise la notion d’épigenèse. Il s’agit d’une nouvelle forme de génétique caractérisée par des facteurs acquis au cours de la vie, sous contrôle génétique mais en réponse à des facteurs extérieurs. Cette épigenèse est rendue possible grâce au développement du cerveau humain doté d’un million de milliards de connexions interneuronales.

En résumé, la survie de l’homme ne serait possible qu’à l’épigenèse qui nous dote d’un « epsilon » de liberté et de décisions. Rappelons que le comportement est déterminé par le génome, l’environnement et les interactions génome-environnement. Pour ce qui concerne le comportement humain on peut, grâce à l’épigenèse, lui ajouter une certaine manœuvre de décisions et de liberté.

Christian de Duve ne mâche pas ses mots. Pour éviter une nouvelle guerre mondiale il faut réduire la natalité : «les allocations familiales devraient être limitées au premier enfant. A partir du troisième, un impôt, croissant avec le nombre d’enfants supplémentaires, pourrait même être prélevé » (page 223).

En conclusion, Ch. de Duve craint plus la bombe démographique que la bombe atomique. Cependant, curieusement, l’auteur ne fait pas appel à la lutte contre la pauvreté galopante dans notre monde actuel, source de l’analphabétisme souvent en corrélation avec la surnatalité.

LES NOMBREUX IMPACTS ET CONSÉQUENCES - Pierre Piérart

L’excès de vitesse est l’une des causes principales de la mortalité sur les routes. A défaut de statistiques précises on peut estimer la mortalité annuelle sur les routes de l’Union européenne à +/- 50.000 morts, +/- 60.000 blessés graves et +/- 600.000 blessés légers par an. Si l’on y ajoute les blessés et spécialement les cas graves, particulièrement parmi les cyclistes et les piétons, le chiffre devient hallucinant : plusieurs centaines de milliers, soit l’équivalent d’une guerre meurtrière, avec tout ce que cela comporte comme séquelles physiques irréparables pour des milliers de personnes. Malgré les efforts des instituts de sécurité routière le nombre des accidents en Europe ne diminue que lentement. Ci-dessous les statistiques publiées par La Libre Belgique, concernant les trois régions belges, pour les cinq dernières années. Malgré une amélioration très significative pour les cas graves, la situation actuelle est toujours préoccupante.

Afin de sensibiliser le lecteur à ce problème nous avons calculé les énergies cinétiques en joules pour une voiture de 1.000 kilos. Pour une vitesse donnée, on peut comparer la violence du choc d’un véhicule qui vient s’encastrer sur un obstacle fixe et résistant, à la hauteur de la chute de ce véhicule qui tombe du sommet d’une falaise et qui vient finalement s’écraser sur le sol avec la même énergie cinétique. Cette comparaison est indépendante de la masse et est donc valable pour tous les véhicules.

Dans le tableau ci-dessous nous constatons qu’à la vitesse de 30 km/h le véhicule parcourt déjà plus de 8 m/s et que, s’il heurte un obstacle résistant, le choc correspondra à une chute de 3,54 mètres. A 100 km/h la vitesse correspondante est de 27,78 m/s et le choc correspondra à une chute de 39,32 mètres. Le tableau montre également qu’à la vitesse de 50 km/h l’énergie cinétique (1/2 mv2) est près de 3 fois supérieure à celle d’un véhicule roulant à 30 Km/h. Ne parlons pas des vitesses élevées : à 100 km/h l’énergie cinétique est 11 fois plus élevée que celle d’un véhicule roulant à 30 km/h.

Les dégâts causés lors d’un accident ne sont pas nécessairement proportionnels à l’énergie cinétique. En effet, lors du choc, les dégâts seront d’autant plus importants que l’obstacle est résistant. Une voiture subira des dégâts proportionnels à la solidité de l’obstacle (mur en béton, barrière plus légère, bottes de foins, amoncellement de pneus, etc.). En cas de choc frontal entre deux véhicules, les dégâts seront équivalents à la somme des deux vitesses, en d’autres termes, deux voitures roulant chacune à 50 km/h qui se heurtent frontalement subiront des dégâts +/- équivalents à un choc d’un véhicule heurtant un obstacle à la vitesse de 100 km/h.

En ce qui concerne la consommation de combustible, il faut se rappeler que, pour rouler économiquement, il faut adopter un régime correspondant au meilleur rendement qui équivaut, très souvent, pour les voitures ordinaires circulant sur autoroute, à une vitesse de 90 à 100 km/h.

En conclusion on peut suggérer qu’il devient indispensable de limiter la vitesse des véhicules afin de mettre un terme d’une part au nombre important de morts et de blessés sur nos routes et, d’autre part, au gaspillage du pétrole dont le pic sera très prochainement atteint, sans oublier que ces mesures réduiront d’une façon significative l’émission de CO2 . Le protocole de Kyoto prévoit de limiter cette dernière à 120 gr de CO2 par kilomètre. On en est encore bien loin quand on compare les droites de régression publiées dans ce bulletin par le Prof. Michel Wautelet. A quand une taxe carbone sérieuse ? La taxe sur la tonne de CO2 sera de 13,5 euros en France comme l’a décidé le président Sarkozy, alors que l’ancien premier ministre Rocard proposait 35 euros ; en Suède elle est de 103 euros. Cela annonce pas mal de problèmes pour la conférence de Copenhague. Enfin, il ne faut pas perdre de vue que limiter sa vitesse réduit non seulement le CO2 mais aussi les particules fines.

A quand la suppression de la prime à la casse qui soutient artificiellement l’économie et qui oublie que la construction d’une voiture entraîne la production d’une quantité de CO2 équivalente à l’utilisation du véhicule pendant deux ans ? A quand l’interdiction pure et simple des voitures trop puissantes, injustifiées puisque incompatibles avec la réglementation routière qui, dans certaines circonstances, peuvent conduire même des individus prudents à commettre des infractions qui pourraient s’avérer lourdes de conséquences ? Rouler calmement est une garantie de sécurité.

Le tableau et le schéma sont publiés dans le bulletin du CEAH n° 64

AUTOMOBILES : CONSOMMATION D’ESSENCE ET EMISSION DE CO2 - Michel Wautelet, Damien Duvivier -

Avec la sensibilisation aux questions liées aux changements climatiques, on a l’habitude de donner le taux d’émission de gaz carbonique, exprimé en gCO2/km, des voitures. Ce CO2 provenant de la combustion de l’essence ou du diesel, il est logique de penser que consommation et émission sont proportionnelles. L’essence est constituée essentiellement d’isooctane, de formule chimique C8H18. La formule simplifiée de la réaction de combustion de l'octane dans les moteurs essence est :

2 C8H18 + 25 O2 → 16 CO2 + 18 H2O

A partir de cette réaction, on calcule que la consommation de 1L/(100km) correspond à une émission de k = 22,86 gCO2/km.

Cela correspond-il à la réalité ? Pour le vérifier, nous avons repris les données de plusieurs constructeurs automobiles. Les résultats sont repris sur le graphe ci-dessous. On voit que la quantité de CO2 émise est directement proportionnelle à la consommation en carburant du véhicule. Pour l’essence, k = 23,91 ; pour le diesel, k = 26,5. Ces valeurs sont proches de la valeur correspondant à l’octane pur. Les différences sont dues au fait qu’essence et diesel ne sont pas composés que d’octane.

Quant à la norme d’émission de 120 g CO2/km, définissant la voiture « propre », elle correspond donc à une consommation de 5 L/(100 km) d’essence, ou de 4,5 L/(100 km) de diesel.

Pour le citoyen moyen, ce qui importe généralement, c’est la consommation du véhicule. L’émission de CO2 étant proportionnelle à cette consommation, pourquoi ne pas parler de pollution en terme de consommation plutôt que d’émission de gaz carbonique ; ce qui est plus « parlant » pour le citoyen moyen ? Ou… pourquoi faire simple quand on peut faire compliqué ?

Le schéma est publié dans le bulletin du CEAH n° 64

jeudi 10 décembre 2009

AEPGN bulletin N°64 - Décembre 2009

De 1989 à 2009

Le 9 novembre 1989 le mur de Berlin était détruit contre toutes attentes. Cette rupture du barrage entre les forces capitalistes et celles du communisme était le résultat de la politique amorcée par Mikhaïl Gorbatchev pour plus de transparence (glasnost) et la construction d’une « maison commune » (perestroïka) par l’Union européenne et l’Union Soviétique.

Les résultats furent immédiats en déclenchant des révolutions de velours parmi les membres du Pacte de Varsovie et l’effondrement de l’Union Soviétique entériné par Gorbatchev le 25 décembre 1991. La réunification de l’Allemagne fut assez rapidement conçue par les représentants des quatre puissances occupantes du Troisième Reich et des responsables de la RFA et de la RDA. Le plan de M. Gorbatchev fut considérablement écorné suite à la disparition du Pacte de Varsovie et au retrait des troupes soviétiques, rapidement suivi par l’extension de l’OTAN vers l’Est, malgré les promesses faites par les négociateurs de la réunification que l’Alliance atlantique ne s’étendrait pas d’un centimètre vers l’ancien glacis soviétique.

Au début des années 90, sous l’impulsion de forces occultes de la Pologne, du Vatican, de l’Allemagne et de l’Autriche, plusieurs républiques yougoslaves entrent en sédition et déclareront leur indépendance en 1992. La République Fédérale de Yougoslavie, abandonnée et même boycottée par l’Union européenne, s’écroule, les guerres civiles se poursuivent, les Nations Unies et l’Union européenne se révèlent impuissantes à contrôler la situation qui devient de plus en plus dramatique et se termine, en 1999, par l’intervention brutale de l’OTAN qui écrase la Serbie sous des bombardements massifs pendant 78 jours. Dix ans après la chute du mur de Berlin, le chaos et la guerre se sont installés en Europe.

Aujourd’hui la situation est restée chaotique, la Bosnie et la Macédoine sont toujours en situation instable. Le problème de l’indépendance du Kosovo n’est toujours pas résolu, il constitue une pierre d’achoppement en droit international.

La magistrate suisse Carla Del Ponte, douée d’une énergie exceptionnelle, avait collaboré étroitement avec le juge italien Giovanni Falcone (assassiné le 23 mai 1992) dans le jugement des crimes commis par la maffia sicilienne. Etant donné son courage et sa nationalité suisse (Pays neutre), elle a été sollicitée plusieurs fois avec insistance par le secrétaire général des Nations Unies pour présider le Tribunal pénal international pour l’ex-Yougoslavie. D’abord réticente, elle a finalement accepté. Durant huit années elle s’est battue pour assumer cette lourde tâche. Elle a dû faire face à d’énormes obstacles politiques de la part des Américains, des Européens et du gouvernement de Serbie. Carla Del Ponte a terminé son mandat en adressant, dans une autobiographie, des accusations embarrassantes à l’encontre des puissances occidentales qui avaient rendu sa tâche très difficile.

Malgré son courage le résultat a été assez maigre : les Serbes ont été, si pas diabolisés, sévèrement poursuivis et condamnés ; les Croates et les Bosniaques l’ont été beaucoup moins. Quant à l’OTAN, il n’a même pas été question de la traduire en justice. Après de longues tractations juridiques et politiques, Slobodan Milosevic a été livré par Belgrade au Tribunal Pénal international pour la Yougoslavie. Suite à ce transfert l’Union européenne a accordé une aide parcimonieuse de 1,3 milliard de dollars pour la reconstruction de la Serbie dont les destructions dues aux bombardements sont estimées à plus de 100 milliards de dollars !

Nous sommes en 2009, le problème des Balkans n’est pas résolu. Il en est de même pour l’Irak. La guerre en Afghanistan ne fait que s’amplifier et risque de devenir un nouveau Vietnam. Les discussions entre les Etats-Unis et la Russie concernant le désarmement nucléaire sont toujours au point mort.

Nous soutenons entièrement les propositions contenues dans le communiqué du Comité de Surveillance OTAN : le président Obama, qui doit recevoir le prix Nobel de la Paix, poursuit la politique américaine depuis le premier jour de l’invasion de l’Afghanistan en 2001. Nos ministres (de la Défense) De Crem et (des Affaires étrangères) Vanackere, expriment la loyauté de notre gouvernement envers l’Alliance Atlantique. Les forces belges sont présentes en Afghanistan avec 540 militaires et 6 avions de combat F-16. Les budgets de la Défense et de la Coopération sont largement sollicités pour financer la guerre Otanienne.

Depuis la chute du mur de Berlin en 1989, l’élargissement de l’OTAN a eu pour résultat une déstabilisation générale en Europe ayant pour conséquences, directes ou indirectes, une guerre en Yougoslavie, deux guerres en Tchétchénie, deux guerres en Irak, une guerre en Géorgie et la guerre actuelle en Afghanistan.

Syndicats et mouvements de la Paix doivent se mobiliser pour arrêter cette escalade qui ne peut conduire qu’à une catastrophe sociale non seulement en Asie mais aussi en Europe. ARRETEZ L’ESCALADE, C’EST MAINTENANT, TOUT DE SUITE QUE L’ARMEE BELGE DOIT QUITTER L’AFGHANISTAN !

Pierre Piérart

Bulletin N° 64 - Décembre 2009

Chers Lecteurs,

Le premier article de ce bulletin est une republication, à la mémoire du Dr. Eric Pluygers : « Les Dioxines (et substances apparentées) ont-elles un impact sur la santé humaine ? » (déjà paru dans le bulletin n° 33). Cet article nous rappelle l’impact catastrophique de la pollution sur le cancer. Les régions à risque sont particulièrement touchées et le pourcentage de cancers chez les jeunes est en constante augmentation.

« Les anguilles » de Pierre Piérart, inspiré d’un article déjà paru dans « Les Naturalistes belges », constitue un exemple de pollution par PCB, dioxines et autres polluants qui dépassent très largement les normes admises.

Deux articles sont consacrés au fléau de l’automobile. Damien Duvivier et Michel Wautelet dans : « Automobiles : consommation d’essence et émission de CO2 » ont établi des droites de régression entre émission de CO2 et consommation de carburant. Les milliards de tonnes de CO2 produit par les véhicules sont, grosso modo, liées par un facteur 25. Une voiture qui consommerait 1 litre d’essence aux 100 Km émettrait déjà +/- 2,5 kg de CO2, soit 25 gr. par kilomètre. Si l’on veut respecter le Protocole de Kyoto les voitures ne devraient pas consommer plus de 5 litres aux 100 Km. Pierre Piérart, dans « Les nombreux impacts et conséquences d’un excès de vitesse » examine les résultats catastrophiques qu’engendra la circulation des véhicules motorisés sur nos voies de communication.

Marianne Chapelle, spécialiste en bryologie, s’est intéressée à l’étude du genre Polytrichum et particulièrement de Polytrichum piliferum qui joue un rôle important dans la colonisation des milieux sableux.

Nous remercions tout particulièrement le Dr. Delvosalle qui nous a offert « Un CD-rom 2009 concernant les plantes vasculaires de la Belgique, du Luxembourg et du Nord de la France » dont vous trouverez une note descriptive par Pierre Piérart.

Dans ce bulletin vous pourrez lire également les comptes-rendus des nombreuses activités de notre association centrées sur l’éducation des enfants à l’environnement, réalisées par Bernadette Lamblin et Anne-Marie Wantiez.

Enfin, nous avons lu « Génétique du péché originel » de Chr. de Duve. Le Pr. de Duve, prix Nobel de médecine, nous brosse un tableau remarquable de l’évolution du monde vivant et, plus spécialement, de la sélection génétique des hominidés qui a abouti à homo sapiens, considéré par l’auteur « homo homini lupus ». Pour de Duve l’avenir de l’humanité est menacé d’autodisparition causée par des gènes de compétition et de violence. Aux yeux du prix Nobel la bombe démographique serait plus préoccupante que la prolifération nucléaire.

A la veille de la rencontre de Copenhague nous ne pouvons que regretter le gaspillage des ressources naturelles et, en particulier, la publicité malhonnête en faveur de l’énergie nucléaire. Pour la Belgique la mauvaise nouvelle est tombée : le ministre Paul Magnette qui avait pris des positions très objectives concernant l’énergie nucléaire, nous a déçus. Il propose de reporter de 10 ans la fermeture des trois plus vieux réacteurs nucléaires : 2 à Doel et 1 à Thiange. Il a probablement dû plier devant l’avis des experts, pour la plupart des pro-nucléaires, qui affirment que la capacité des énergies renouvelables du pays ne serait pas suffisante pour 2015. De plus, il a dû s’incliner devant les exigences d’Electrabel qui accepte d’aider financièrement l’Etat à condition de garder ces trois centrales.

La rénovation des trois centrales nucléaires coûtera, au bas mot, un minimum de 400 à 500 millions d’euros. Les actionnaires réclameront une part importante du gâteau. Que restera-t-il pour les investissements en énergies renouvelables, sans oublier la formation professionnelle dans le secteur de l’énergie? D’autre part il ne faut pas oublier que GDF Suez, maison mère d’Electrabel, après s’être fait tirer l’oreille pour verser 250 millions d’euros en 2008 et 2009, a contesté cette mesure devant la Cour Constitutionnelle.

Pour en revenir au sommet de Copenhague, les prévisions sont très pessimistes. La réunion de Barcelone au mois d’octobre a été décevante : non seulement les Etats ne sont pas d’accord sur la quantité de C02 à réduire pour 2020 mais pas d’avantage sur la somme de 100 milliards d’euros par an à consacrer à ce problème. Cette dernière ne représente que 6 à 7 % de celle consacrée aux dépenses militaires mondiales. Et ne parlons pas du marché des quotas de carbone qui risque de compromettre une réduction efficace des gaz à effet de serre. Une plantation d’eucalyptus ou de teck n’est en rien comparable à une régénération d’une forêt équatoriale ou tropicale.

Il serait criminel que le lobby nucléaire, qui sera présent à Copenhague, fasse admettre par les experts que l’énergie nucléaire produit moins de CO2 que les énergies fossiles. Avec l’appauvrissement des gisements, le nucléaire produira même plus de CO2 que les énergies fossiles dans un avenir très proche. Mais le lobby nucléaire ne s’arrête pas là : il prétend que l’utilisation de réacteurs à neutrons rapides (RNR) va produire des quantités invraisemblables d’isotopes radioactifs dont le plutonium, en grande quantité, qui est fissile et qui devrait permettre, selon ces spécialistes, de prolonger l’existence du nucléaire d’un facteur 60. Il réclame donc, pour le nucléaire, le statut d’énergie renouvelable !!! Le mythe du Superphénix réapparaît, la cacophonie des discussions énergétiques s’amplifie et, en ce qui concerne les déchets, l’impasse est totale au point que l’ONDRAF (Organisme chargé du problème des déchets nucléaires) qui a déjà dépensé des sommes énormes, en est arrivé à confier à la « Fondation Roi Baudouin » une enquête sur ce problème.

Comme d’habitude nous remercions nos fidèles collaborateurs, Francine et Jean Lhoëst, Andrée et Michel Alsteen, Mario Lemaire, Pierrick Bernard et Jocelyne Thomas. Merci à Bernadette Lamblin et Anne-Marie Wantiez, qui contribuent au maintien du CEAH par de nouvelles activités, en particulier auprès des enfants, dont l’éducation en matière d’environnement constituera un levier très puissant de nature à assurer un développement durable et le sauvetage de la planète. Nos vifs remerciements aux auteurs des articles publiés, sans oublier les personnes qui participent à nos activités, de près ou de loin, et que nous ne pouvons citer dans le cadre restreint de cet édito.

Nous vous souhaitons une bonne lecture et une très heureuse année.

Pierre Piérart

Bulletin N° 64 - Décembre 2009

EDITORIAL

ARTICLES

Les dioxines ont-elles un impact sur la santé humaine?
E. Pluygers, A. Sadowska
Les anguilles
Pierre Piérart
Automobiles : Consommations d’essence et émission de CO2
Damien Duvivier, Michel Wautelet
Les nombreux impacts et conséquences d’un excès de vitesse
Pierre Piérart
Polytrichum piliferum
Marianne Chapelle
Un CD-room 2009 concernant les plantes vasculaires de la Belgique, du Luxembourg et du Nord de la France
Pierre Piérart

COMPTE RENDU des activités automnales

NOUS AVONS LU

« Génétique du péché originel…»
de Christian de Duve

REVUE DE LA PRESSE

· NUCLEAIRE
Pas de prépension pour les vieilles centrales
Le Vif/L’Express – 9/10/09
Carte Blanche de M. Dardenne et P. Lannoye
Le Soir – 12/11/09
Nouvelle offensive du lobby nucléaire
La Libre Belgique – 15/09/09

· ENERGIES
L’Inde veut devenir un géant de l’énergie solaire
Le Monde – 07/08/09
En route pour la nouvelle génération
La Libre Belgique – 12/11/09
Géothermie : l’énergie gratuite dont on ne veut pas…
Le Vif/L’Express – 4/12/09

· RECHAUFFEMENT CLIMATIQUE
Au Nord comme au Sud, les calottes sont cuites
Le Soir – 26/10/09
Quand mettra-t-on un terme aux ravages de l’industrie de la viande ?
Le Monde – 18/11/09
Copenhague La Terre à vif
Le Vif/L’Express – 4/12/09

· ENVIRONNEMENT
Peut-on survivre à l’ère « Anthropocène »
La Libre Belgique – 6/07/09
Le procès de « l’Erika » ou le prix de la nature endeuillée
Libération – 5/11/09

· POLLUTION & SANTE
Améliorer l’environnement pour lutter contre le cancer
Le Monde – 3/07/09
Mieux vaut prévenir que guérir
La Libre Belgique – 2/08/09

· BIODIVERSITE
La quête du « Grahal » au Muséum
Le Monde – 15/07/09

· DEVELOPPEMENT DURABLE
L’eau gagnante
Le Vif/L’Express – 13/11/09

· SCIENCES & SANTE
La télomérase primée
Le Soir – 6/10/09

· MONDIALISATION & RAPPORTS NORD/SUD
Les flux Sud-Nord doivent passer au vert
Le Vif/L’Express – 2/10/09
Un milliard d’humains ont faim
Le Soir – 15/10/09

· NOUVELLES BREVES

mercredi 9 décembre 2009

AEPGN bulletin N°63 - Juin 2009

Lettre à Barack OBAMA, président des Etats-Unis

Monsieur le Président,

Après votre brillante campagne électorale et votre investiture à la présidence des Etats-Unis, votre discours au Caire a provoqué un soupir de soulagement et de l’espoir d’un changement important de la politique américaine. Un collectif d’associations belges, régionales, nationales, européennes et même internationales s’adresse à vous pour vous demander comment vous allez pouvoir réaliser vos promesses de sécurité dans tous les domaines, y compris de la pauvreté, de l’analphabétisme et de la paix dans le monde.

Il y a 64 ans, les Etats-Unis procédaient à un essai nucléaire, couronné de succès, à Alamogordo, suivi, un mois plus tard, par les bombardements atomiques de Hiroshima et Nagasaki les 6 et 9 août, respectivement. La bombe atomique américaine, considérée, au début, comme arme dissuasive vis-à-vis de l’Allemagne, devenait non seulement une arme offensive contre le Japon mais aussi un signal politique adressé à l’URSS qui avait promis à Postdam de déclarer la guerre à ce dernier et de libérer la Mandchourie et la Corée.

En 1946 le président Truman a refusé le plan Baruch qui proposait une mondialisation de l’énergie atomique, ce qui aurait probablement évité la prolifération des armes nucléaires. Les Etats-Unis ont continué à produire ces armes de destruction massive ce qui a déclenché la course aux armements et des essais nucléaires de l’URSS, suivie de la Grande-Bretagne et ensuite de la France et de la Chine. Ces cinq pays bénéficient du droit de véto au Conseil de Sécurité des Nations Unies et, de plus, d’une « reconnaissance légale » de leurs armes atomiques selon le Traité de Non Prolifération entré en vigueur en 1970.

En 2010 le TNP sera révisé et vos promesses de désarmement nucléaire auront, nous l’espérons, la possibilité de se concrétiser. Cela constituera un cap très difficile étant donné les pressions exercées par les militaires, les scientifiques de Los Alamos, les diplomates et spécialement l’Organisation du Traité de l’Atlantique Nord qui considère toujours la dissuasion comme un instrument de paix et, cela, malgré ses infractions aux articles 1, 2 et 6 du Traité de Non Prolifération.

Avec l’effondrement de l’URSS et la réunification de l’Allemagne nous avions espéré la dissolution de l’OTAN. Il n’en a rien été. Lors des accords entre l’URSS et les Occidentaux, il avait été décidé que l’OTAN ne s’étendrait pas d’un centimètre vers l’Est, comme l’a rappelé récemment Mikhaïl Gorbatchev dans la presse allemande. Bien au contraire, avec la dissolution du Pacte de Varsovie, l’Alliance Atlantique s’est empressée de s’étendre vers l’Est en intégrant non seulement tous les anciens membres de ce dernier mais encore les Pays Baltes, sans parler de ses visées vers d’anciennes républiques soviétiques comme l’Ukraine et la Géorgie. Aujourd’hui l’arme nucléaire est détenue par Israël, l’Inde, le Pakistan et la Corée du Nord, ce qui démontre clairement que le TNP est en train de s’effondrer de plus en plus rapidement.

Le redressement ne pourra se faire en 2010, Monsieur le Président, que si vous mettez toute votre énergie pour montrer l’exemple en réduisant drastiquement, de concert avec les Russes, vos deux arsenaux nucléaires qui représentent plus de 95 % de l’armement nucléaire mondial. Nous sommes terriblement inquiets, Monsieur le Président, quand, dans vos discours, vous annoncez que ce désarmement sera très lent et que vous n’en verrez peut-être même pas la fin au cours de votre existence. Devrons-nous subir l’esclavage de l’arme nucléaire encore longtemps ? Cela est-il possible ? Le compte à rebours d’un holocauste nucléaire n’a-t-il pas déjà commencé ?

Nous vous souhaitons très sincèrement non seulement beaucoup de courage mais des nombreux appuis, indispensables pour résoudre une foule de problèmes comme la ratification du CTBT, une convention de désarmement nucléaire programmée de 2010 à 2020, un règlement sur les matières fissiles à usage militaire, l’interdiction des mines antipersonnel, des bombes à fragmentation, de l’utilisation de l’uranium appauvri dans les projectiles et les blindages…. L’uranium appauvri a déjà contaminé une grande partie de la planète, en Serbie, en Irak et dans les territoires de nombreux pays qui fabriquent et utilisent ces types d’armes sur leurs champs de manœuvres.

Si vous pouviez résoudre ne fût-ce qu’une partie de ces problèmes, la planète entière vous en serait extrêmement reconnaissante.


Pierre Piérart

Bulletin N° 63 - Juin 2009

EDITORIAL

PROGRAMME DES ACTIVITES

ARTICLES

Le rôle de la politique scientifique fédérale dans la protection de la biodiversité
Dr. Philippe Mettens & Dr. Aline vander Werf
L’évolution des Félidés
Pierre Piérart
Robin des Bois et les 101 castors
Laurent Carpentier

MYCOLOGIE

Un printemps phénologiquement exceptionnel en 2009
Pierre Piérart
Une russule japonaise à toxicité mystérieuse
Pierre Piérart
Petite revue de la littérature mycologique et considérations sur la mycologie
P. Piérart

COMPTE RENDU

des journées d’initiation sur le thème de la mare

· NUCLEAIRE
Tchernobyl : Tchernobyl double son sarcophage
Sciences et Avenir – Avril 09
International : Le choix nucléaire, erreur historique
Le Monde – 06/06/09
Avec M. Obama, le choix du nucléaire n’est pas nécessairement renouvelable
Le Monde – 22/04/09

· ENERGIES
Siemens enrôle Jean-Yves Saliez
La Libre Belgique – 22/04/09
Vraiment propre, l’électricité verte ?
Le Vif/L’Express – 17/04/09
Biocarburants : débat tendu autour d’un dossier tout en nuances
Le Soir – 21/04/09
Transport aérien
La Libre Belgique – 17/06/09

· RECHAUFFEMENT CLIMATIQUE
Les dangers de la course aux hydrocarbures dans l’Arctique
Le Monde – 20/05/09
Bilan carbone : le puits n’est pas sans fond
La Libre Belgique – 06/05/09
Les tourbières dans la lutte contre le réchauffement climatique
Le Monde – 09/06/09
Un accord « climat » à petits pas ?
La Libre Belgique – 03/06/09

· POLLUTION
Une nouvelle liste noire pour les produits toxiques
Le Monde – 09/05/09

· SANTE
Grippe A: il faut en finir avec les usines à virus
Le Monde – 20/05/09

· ENVIRONNEMENT & BIODIVERSITE
En Europe, la nature disparaît à un rythme inquiétant
Le Monde – 06/05/09
La lutte s’organise contre les espèces invasives
Le Soir – 22/05/09

· BIOTECHNOLOGIES : OGM
Bientôt l’étiquette « Nourri sans OGM » ?
La Libre Belgique – 06/05/09
La cohabitation des cultures avec et sans OGM serait très difficile en Europe
Le Monde – 06/06/09

· SCIENCES
L’homme de Florès, des pieds à la tête
Le Monde – 09/05/09
Un fossile de primate de 47 millions d’années quasi complet
Le Monde – 23/05/09
Quand les plantes ont envahi les continents
Sciences et Avenir – Juin 09

· POLITIQUE AGRICOLE & GESTION DU PATRIMOINE HYDRIQUE
Comment éviter l’apocalypse hydrique ?
La Libre Belgique – 22/04/09
La politique agricole commune est l’affaire de tous
Le Monde – 08/05/09

· MONDIALISATION & RAPPORTS NORD/SUD
Quand le jean tue
Le Soir – 15/04/09
L’éradication de la faim, un objectif possible si…
Le Soir – 28/04/09
Inde: une moisson de suicides
La Libre Belgique – 06/05/09

· SOCIETE
Albert Jacquard : « On est au bord du suicide collectif »
La Libre Belgique – 31/03/09

· NOUVELLES BREVES

Bulletin N°63 - Juin 2099

Chers Lecteurs,

Nous avons le plaisir de vous présenter un article sur « Le rôle de la politique scientifique fédérale dans la protection de la biodiversité » de Philippe Mettens et Aline vander Werfs. A l’occasion d’un cycle de conférences sur l’avenir de la science en Belgique, organisé à l’université de Mons en novembre 2008, Philippe Mettens a présenté une communication sur l’avenir de la science belge. Ph. Mettens est docteur en Neurophysiologie et ancien assistant de la faculté de Médecine de l’Université de Mons. Il dirige un vaste département fédéral responsable de nombreux services, comme la recherche spatiale, les études dans l’Antarctique et les dix établissements scientifiques fédéraux. Parmi ces derniers, le Musée Royal de l’Afrique Centrale et l’Institut Royal des Sciences Naturelles de Belgique sont les deux établissements engagés dans l’étude contre la dégradation et l’appauvrissement de la biodiversité. Ph. Mettens nous donne un aperçu des nombreux secteurs faisant l’objet de recherches comme la biodiversité en mer du Nord, dans l’Antarctique, ainsi que dans les forêts équatoriales et tropicales de l’Afrique centrale. Il rappelle également que le Jardin botanique national de Meise, bien que transféré à la Région flamande, dispose de collections mondialement connues grâce au travail persévérant des botanistes belges dont les publications sont largement appréciées en Europe et en Afrique.

Vous aurez également l’occasion de lire l’article «L’évolution des Félidés » de Pierre Piérart qui montre que l’on peut aujourd’hui reconstituer des arbres phylogénétiques précis grâce à l’interdisciplinarité de la systématique, de la paléontologie et de l’analyse séquentielle de l’ADN.

Nous avons également le plaisir de revenir sur l’introduction des castors en Ardenne qui a fait l’objet d’un article paru dans le supplément au Monde du 23 mai 2009, intitulé « Robin des bois et les 101 castors ». Une fois de plus l’action menée par Olivier Rubbers est favorable à la biodiversité et, plus spécialement, à la régulation des cours d’eau grâce aux barrages construits par ces sympathiques rongeurs. Cette introduction s’intègre très bien dans le programme Natura 2000 car elle permet de reconstituer des zones humides favorables à la biodiversité. Les dégâts éventuels causés par les barrages, quoique minimes, peuvent être indemnisés selon les directives de l’Union européenne.

Enfin Bernadette Lamblin nous communique le compte rendu des journées d’initiation à l’hydrobiologie sur le thème de « La Mare », qui se sont déroulées avec succès au camping de la Sablière à Epinois.

Comme d’habitude la mycologie n’est pas oubliée. Vous pourrez lire deux notes intéressantes, d’une part sur « Un printemps phénologiquement exceptionnel en 2009 » et, d’autre part, une notice sur « Une russule japonaise à toxicité mystérieuse ».

La revue de presse est axée sur les problèmes de l’environnement, du nucléaire, de l’énergie, dont les solutions sont toujours en attente malgré les avertissements des scientifiques. Vous y trouverez, en outre, plusieurs articles concernant les problèmes de la biodiversité, des dangers croissants des organismes invasifs et sur des nuisances environnementales et sociales de la politique agricole commune.

Nous remercions vivement Bernadette Lamblin et Anne-Marie Wantiez pour leur dévouement inlassable dans la mise sur pied du programme des activités de cette année.

Merci à tous les auteurs et aux collaboratrices et collaborateurs du CEAH.

Bonne lecture.

Pierre Piérart