Centre d'écologie appliquée du Hainaut

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mardi 24 août 2010

Hommage à Pierre piérart, Membre fondateur, secrétaire et trésorier du Centre d'Ecologie Appliquée du Hainaut.

Le Centre d'Ecologie Appliquée du Hainaut a la douleur de vous annoncer le décès du Professeur Pierre PIERART survenu ce mardi 20 juillet 2010 à la clinique Sainte-Élisabeth à Bruxelles.



C'est avec la plus grande émotion que je vous informe du décès de notre Secrétaire-Trésorier, père fondateur et guide permanent éclairé du Centre d'Écologie Appliquée du Hainaut. Monsieur Pierre Piérart était non seulement un homme de sciences de très haute qualité notamment dans les domaines de l'écologie scientifique mais aussi un grand humaniste consacrant toute sa vie à enseigner les valeurs les plus essentielles de celle-ci dans l'action, par la diffusion de ses immenses connaissances tant au niveau de ses étudiants d'abord qu'au niveau grand public ensuite, par la réalisation d'un Bulletin toujours très riche en articles multidisciplinaires et en informations d'actualité sur les problèmes du monde auxquels il associa la découverte de la mycologie scientifique et de son utilité autre que gastronomique.

A sa veuve qui l'a tant aimé et soutenu dans sa vocation jusqu'à ses derniers moments nous présentons toute notre sympathie et l'assurons que sa mémoire ne sera pas oubliée.

Pour le C.A. du C.E.A.H. et le staff
Le Président,
Robert Octave Fourneau

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A l’intention de Pierre Piérart
(version corrigée – août 2010)

Ah Pierre, j’aurais voulu que tu sois parmi nous ces jours-ci. Pourquoi ? Parce qu’il est beaucoup question de faire figurer l’atoll de Bikini sur la liste du patrimoine mondial de l’Unesco.
Évidemment, les Français en dissertent moins que des sites d’Albi et de L’île de la Réunion. Tu ironiserais volontiers là-dessus, mais quand même : d’une certaine façon, les consciences bougent. Un débat est enclenché ces jours si sur la raison d’être de la guerre en Afghanistan, un autre via les médias, aux Etats-Unis même, par rapport au 65ème commémoration des bombardements Hiroshima et de Nagasaki. D’ailleurs, tu sais ?, c’est en pensant aux deux villes martyres de l’atome (l’Occident n’en retient qu’une de préférence, comme par hasard) que je repense à la dernière fois que je t’ai vu à Mons. C’était, oui, pour célébrer cet évènement. L’un de ceux que tu avais pris au sérieux. L’un de ceux qui nous permet de penser l’impensable.
Grâce à ton invitation, je suis venu à Mons, il y a 5 ans, j’ai assisté http://www.ampgn.be/online/index.php/2006/11/02/33-commemoration-60eme- anniversaire-hiroshima-samedi-6-aout-a-mons à la cérémonie au Parc Hibakusha qui se situe sur le campus de l’université (Mons-Hainaut). A cette occasion, tu m’as donné le livre que tu a co-écrit et qui s’intitulé « Hiroshima à Sarajevo ». Il mériterait d’être mieux connu.

Ah, Une pierre rare de pacifiste ! Un prof qui ne la ramènerait pas avec son savoir, un historien modeste, un militant anti-arrogance, pas bardé de certitudes, prêt à écouter l’avis des autres. Une attitude rare dans ce milieu. Ces derniers temps, tu scrutais un peu mieux les failles de l’Otan, et à partir du combat politique mené en Allemagne, les perspectives de dénucléarisation du continent ouest-européen : un vieux combat que l’organisation IPPNW était prête à relancer. Un combat qui rappelait le Plan Rapacki http://fr.wikipedia.org/wiki/Adam_Rapacki et d’autres tentatives de dénucléariser ici, sur une échelle qui dépasse une frontière nationale.

Bien sûr, tu ne ferais pas trop d’illusions sur les nouveaux convertis au désarmement, ceux qu’on dénomme « Les 4 chevaliers de l’apocalypse » et que mentionne aussi ton ami Firket dans un papier écrit il y a tout juste un an (http://www.csotan.org/textes/texte.php?type=articles&art_id=468). Pour ceux qui s’en souviennent et surtout pour ceux qui ont zappé ces anecdotes, ou ces happenings médiatiques, rappelons qu’il s’agit de quelques grosses pointures dont Henry Kissinger, secrétaire d’ État sous Nixon, George Shultz, chef de la diplomatie sous Ronald Reagan, William Perry, Secrétaire à la défense de Bill Clinton, et Sam Nunn ancien président de la commission du Sénat sur les questions de défense. Dans la seconde tribune qu’ils ont publiée – toujours dans dans le Wall Street Journal - ils tentent, avant la peoplelisation de Global Zéro - d’ injecter un nouveau momentum dans le processus de désarmement nucléaire qui se dessine en Occident. Les repentis de la dernière heure, c’est très à la mode. « Eh, dis ! Ce n’est pas faux ! Nous en avons 4 aussi en Belgique ! », disais-tu récemment. Tu faisais référence à cette démarche entreprise au mois de février (2010) d’une autre « bande de Quatre », les deux anciens Premiers ministres belges, le chrétien-démocrate Jean-Luc Dehaene, le libéral Guy Verhofstadt, et les deux anciens ministres des Affaires étrangères, le libéral Louis Michel et le socialiste Willy Claes, ce dernier ayant eu - en supplément - la casquette de secrétaire général de l'OTAN – cette organisation qui s’invite un peu partout sauf dans l’Atlantique Nord.

Ironie de l’Histoire, le chiffre 4 s’est exporté. En France, un appel a fait mouche avec les signatures de Michel Rocard, Alain Juppé, Alain Richard et le général Bernard Norlain - http://www.gaullisme.fr/?p=2622

Aujourd’hui, enfin, ces jours-ci, on peut lire des papiers dans la presse qui s’interrogent sur le degré de représentativité des responsables américains à la prochaine cérémonie du 6 août….A Hiroshima. Les politiques, eux, vont calibrer le degré de mea culpa tolérable, imaginable et rentable….A ce sujet, tu aurais sûrement des remarques pertinentes à faire …

Voilà donc mes regrets. Des regrets que je partage avec tant de compagnons de route. Ceux qui te diraient volontiers merci pour l’éclairage que tu nous as communiqué et qu’il nous appartient de transmettre à notre tour.

Ben Cramer, Paris

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Décès de Pierre Piérart

Le Comité de Surveillance OTAN (CS0) a la très grande tristesse de vous faire part du décès de son président, le professeur Pierre Piérart, survenu ce 20 juillet à Bruxelles, à l’âge de 83 ans.

Ceux qui le connaissent savent combien la pénible maladie de Lyme, dont il souffrait depuis près de sept ans et qui l'avait partiellement paralysé, n'avait entamé en rien, ni sa volonté, ni sa lucidité, ni son engagement dans le combat pour la paix et contre les armes nucléaires.

Pierre Piérart était un des fondateurs du CSO, créé en réaction aux bombardements de l'OTAN sur la Yougoslavie en 1999, qui l'avaient profondément révolté. Jusqu’à ses derniers jours, il était resté actif dans ce comité, dont il était devenu le président. Il y a quelques semaines encore, il publiait un article dans Alerte OTAN !, journal du CSO, dans lequel il dénonçait l’hypocrisie des puissances nucléaires et les décevants résultats de la récente conférence de révision du Traité de Non Prolifération (TNP).

Le pacifisme de Pierre Piérart n’avait rien de « bêlant », mais était empreint de rigueur, appuyé d’arguments scientifiques et historiques. Ainsi, en 1995, dans son ouvrage « Hiroshima à Sarajevo », il ne se bornait pas à dénoncer le crime que constitue l’utilisation de l’arme atomique, mais dénonçait également une vision faussée de l’histoire selon laquelle l’annihilation des deux villes japonaises aurait sauvé des centaines de milliers de vie américaines, alors que le véritable objectif des bombardements était une démonstration de puissance face à l’URSS.

Il enseignait encore la biologie à l'Université de Mons-Hainaut lorsque sa formidable détermination permit, en 1989, la création d’un mémorial à Hiroshima-Nagasaki, le Parc Hibakusha, où depuis, chaque année, est organisée à son initiative la commémoration de ce crime contre l'humanité. La commémoration de cette année, le 7 août, à laquelle il était évidemment attendu, sera l’occasion d’un hommage particulier à sa personnalité.

Pierre Piérart était également vice-président de l’Association médicale pour la prévention de la guerre nucléaire (AMPGN) et trésorier/secrétaire du Centre d'écologie appliquée du Hainaut (CEAH), dédié à la sauvegarde des écosystèmes et, plus particulièrement, à la protection de la nature en Hainaut. Ses amis se souviendront de ses nombreuses passions, comme la mycologie (c’est au cours d’une cueillette de champignons qu’il contracta la maladie de Lyme), de sa constante bonne humeur, de la pédagogie de ses interventions, de son opiniâtreté et du courage avec lequel il affronta la maladie, et de la cohérence de son engagement.

Les membres du CSO partagent la douleur de ses proches et, en particulier, de son épouse, Macha.

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I, too, am very sad about Pierre Pierarts passing away a few days ago. So often in the years from 1983 until about four years ago we have met at workshops and congresses. Pierre was a pioneer for peace and reconciliation. It was his firm belief that it is our duty to help prevent wars which is the precondition for the prevention of nuclear war.

As a close friend of yours he was a co-author of your excellent ampgn-journal, and as a brilliant writer he explained to the readers and audiences the high risks of nuclear tests and use of nuclear weapons.

IPPNW- international will miss Pierre Pierart very much, and you and your Belgian friends even more.

Warm and sad greetings,

Ulrich Gottstein and IPPNW-Germany.

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Ah Pierre, j'aurais voulu que tu sois pas parmi nous ces jours-ci. En effet, il est beaucoup question de faire figurer l'atoll de Bikini sur la liste du patrimoine mondial de l'Unesco.
Évidemment, les Français en parlent moins que d'Albi et de l'île de la Réunion, tu ironiserais volontiers là-dessus, mais quand même. Les consciences bougent. Un débat est en cours dans les médias, aux États-Unis même, pour le 65 ème commémoration des bombardements Hiroshima et de Nagasaki. D'ailleurs, c'est en pensant aux deux villes martyres de l'atome (l'Occident n'en retient qu'une de préférence, comme par hasard) que je repense à la dernière fois que je t'ai vu à Mons. C'était, oui, pour célébrer cet évènement. L'un de ceux que tu avais pris au sérieux.

Grâce à ton invitation, je suis venu à Mons, il y a 5 ans, j'ai assisté à la cérémonie au Parc Hibakusha qui se situe sur le campus de l'université (Mons-Hainaut). A cette occasion, tu m'as donné le livre que tu a co-écrit et qui s'intitulé « D'Hiroshima à Sarajevo ».

Ah, Une pierre rare de pacifiste ! Un prof qui ne la ramènerait pas avec son savoir, un historien modeste, un militant anti-arrogance, pas bardé de certitudes, prêt à écouter l'avis des autres. (rare dans ce milieu). Ces derniers temps, tu scrutais un peu mieux les failles de l'Otan, et à partir du combat politique mené en Allemagne, les perspectives de dénucléarisation du continent ouest-européen : un vieux combat que l'organisation IPPNW était prête à relancer. Sans se faire trop d'illusions puisque les nouveaux convertis au désarmement, ceux qu'on dénomme les 4 chevaliers sont de l'apocalypse, « nous en avons 4 aussi en Belgique ! », disais-tu récemment), ne sont pas toujours convaincants au vu de leur parcours. Aujourd'hui, la presse s'interroge sur le degré de représentativité des responsables américains à la prochaine cérémonie du 6 août…et le degré de mea culpa qu'il va falloir évaluer, imaginer, saupoudrer ….

Tu aurais sûrement des remarques pertinentes à faire ….Voilà donc mes regrets des regrets que je partage sûrement avec tant de compagnons de route. Ceux qui te diraient volontiers merci pour l'éclairage que tu nous as communiqué et qu'il nous appartient de transmettre à notre tour.

Ben Cramer, Paris

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Je suis très émue. Je vous transmets à tous, ainsi qu'à Macha, mes plus sincères condoléances. J'ai beaucoup travaillé avec Pierre sur D'Hiroshima à Sarajevo , publié par EPO en 1995, où il révélait pour la première fois en français dans un livre "grand public" que les États-Unis n'avait pas lâché leurs bombes nucléaires sur Hiroshima et Nagasaki pour hâter la fin de la guerre avec le Japon, mais pour faire une démonstration de force face à l'URSS.

Je garde le souvenir d'un militant, d'un scientifique rigoureux mais sans prétention aucune et d'un être humain chaleureux et charmant.

Très cordialement Maria McGavigan Ancienne éditrice des éditions EPO Directrice de l'Université Marxiste

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Je suis vraiment très triste d'apprendre la mort de Pierre Piérart.

J'étais une petite fille en 1960 lorsque ma famille et moi avions fait sa connaissance au cours de russe que je suivais avec mon oncle, un de ses amis et une autre petite fille de mon âge.

Il était le bout-en-train du groupe. Nous avions écrit ensemble, pendant les mortellement ennuyeuses leçons de grammaire du professeur Notkovitch, un roman délirant auquel chacun ajoutait un paragraphe...Et comme ma petite camarade et moi nous grandissions au fil des années de cours, il nous a aussi appris à danser le tango, au cabaret russe "Le Slave", où nous fêtions la fin des cours avec des amis soviétiques qui nous accompagnaient incognito.

Ensuite la vie militante nous a réunis de nombreuses fois et notamment pour organiser le colloque "Hiroshima sans amour" où le futur prix Nobel de la Paix (pour le groupe Pugwash)était venu à Mons puis manger chez nous à la maison, où mon père lui avait servi ses meilleures pâtes (celles qu'il appelait les "paste vip") !

Il n'y a pas longtemps il m'avait téléphoné et demandé que je lui recherche à l'ULB un mémoire sur les unités russes sur le front occidental.

Hélas je n'aurai pas pu lui donner la réponse et le pense-bête restera dans mon agenda.

Je ne pourrai malheureusement pas être présente à ses funérailles mais je garderai le souvenir de ce militant toujours sur la brèche et de cet ami si cordial.

Anne Morelli

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La mort de Pierre m'a fait beaucoup de peine. Il fut une personne d'une cohérence admirable et son combat n'aura eu de fin qu'avec sa mort. Heureusement, ses idées resteront vivantes dans le cœur de beaucoup et je suis sûr que d'autres prendront le relais.

Étant en Amérique latine, je ne pourrai être présent pour ses funérailles, mais je serai avec vous en pensée.

Très cordial souvenir.

François Houtart

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Nous sommes nombreux dans le mouvement de la paix français à avoir côtoyé Pierre Piérart.

Sa disparition pour tous les amis de la paix est une grande perte.

Nous vous remercions de transmettre nos condoléances sincères et solidaires à sa famille et à ses proches de la part du Mouvement de la paix.

Que sa lutte éclaire la nôtre et qu'ensemble, avec vous, nous en finissions avec les armes nucléaires et les guerres !

Arielle Denis Co-présidente du Mouvement de la paix

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Het is een groot verlies voor ons allen. Met vredevolle groeten,

Pol D'Huyvetter International Development Director & Executive Advisor Hiroshima Peace Culture Foundation

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C'est avec tristesse que j'apprends que Pierre Piérart est décédé.
Que ses camarades, proches et parents reçoivent mes condoléances les plus sincères.

Nicolas Bárdos-Féltoronyi

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Nous garderons son souvenir combattant.

Dominique Waroquiez, militante anti-Otan et BDS

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A l'annonce du décès de notre ami Pierre Piérart, au nom du Parti du Travail de Belgique, je présente mes profondes condoléances à Macha, son épouse, à sa famille et aux camarades et amis du Conseil Surveillance Otan.

Nous retenons d'abord la place importante que Pierre a joué dans sa lutte contre les armes nucléaires et pour la paix dans notre pays.

Ensuite, nous nous rappelons son ouverture, sa simplicité, son sens pédagogique et sa détermination dans ce qu'il entreprenait.

Nous nous rappelons avec gratitude son adhésion à la pétition internationale de janvier 2006 contre la résolution anticommuniste appelée "Nécessité d'une condamnation internationale des crimes des régimes communistes totalitaires", présentée à l'Assemblée Parlementaire du Conseil de l'Europe à Strasbourg.

Je viens de relire l'article de Pierre (paru en 2005 sur le site du CSO) "Il y a 60 ans ….. Hiroshima, après Alamogordo qui préparait Nagasaki", qui me rend présent la pensée de Pierre.

Avec toute ma sympathie et mes salutations fraternelles,

Jean Pestieau Département des Relations internationales Parti du Travail de Belgique

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Putain de nouvelle. J'en suis vraiment touché. Tant son engagement m'était précieux. Mes amitiés à tous ceux qui ont eu la chance d'être parmi ses proches.

Jean Flinker Membre fondateur du CLEA Comité pour la Liberté d'Expression et d'Association

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Wwith deep and sad feelings I heard that Pierre died. He was a great fighter for peace and justice supporting INES his whole life.

We will miss him and never forget him

Reiner Braun International Association of Lawyers Against Nuclear Arms (IALANA) International Network of Engineers and Scientists for Global Responsibility (INES)

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Les membres du Parti Humaniste viennent d'apprendre le décès de Pierre Piérart. Nous tenons à présenter nos plus chaleureuses condoléances aux membres de la famille de Pierre, ainsi qu'à ses amis et aux membres du Comité Surveillance Otan.

C'est une très grand Monsieur qui nous quitte. Pierre nous inspire admiration et un immense respect. Il ne fallait pas plus de cinq minutes de conversation avec Pierre pour ressentir son engagement, ses convictions, et sa détermination dans son combat pour la Paix et pour le désarmement nucléaire.

Le meilleur hommage que nous puissions lui faire est de continuer sa lutte avec la même force et le même courage.

Pierre restera un modèle qui continuera à nous guider dans la conquête de la Paix.

Paix, Force et Joie à toutes et tous

Gilles Smedts Parti Humaniste

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Je suis très touché du départ du professeur Pierre Piérart. Je ne pourrai pas participer à l'hommage, pouvez vous m'excuser auprès de tous ses amis.

Julos Beaucarne

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Article paru dans la Libre Belgique du 24 juillet

Mort d'un grand pacifiste belge.
A deux semaines du 65e anniversaire des bombardements Hiroshima et de Nagasaki, la cause pacifiste a perdu un de ses plus ardents militants.

On a en effet appris le décès à Uccle du Pr Pierre Piérart à l'âge de 83 ans. Cet enseignant de l'Université de Mons a toujours voulu mettre la science au service de la paix et combattre "un énorme mensonge repris par tous les manuels d'Histoire sur les bombardements Hiroshima et de Nagasaki", à savoir qu'en obligeant le Japon à capituler, l'usage de la bombe atomique avait évité le sacrifice de 200000 à un million de soldats américains qui seraient morts lors d'une invasion de l'archipel.

"Faux", s'exclamait Pierre Piérart, qui rappelait qu'"en juillet 45, l'empereur du Japon avait envoyé son fils pour négocier une paix après capitulation mais les États-Unis firent traîner la démarche".

Pour le Pr Piérart, on sacrifia non seulement trop de vies mais à ses yeux "attaquer des civils avec une telle arme, c'était clairement du terrorisme d'État !"

Mais Pierre Piérart n'exprima pas seulement son rejet des armes nucléaires par la parole ; Il fut aussi à la base, en 1989, à l'université de Mons de la création du parc Hibakusha (les irradiés de Hiroshima et Nagasaki) avec les étudiants en médecine, pharmacie et biologie. Un parc très évolutif puisqu'on y ajouta un arbre lors de chaque essai nucléaire avec l'envoi d'une protestation adressée à l'ambassadeur du pays.

Militant international du désarmement nucléaire, toujours prêt à se mobiliser contre la guerre, Pierre Piérart était aussi un citoyen engagé, qui avait présidé le comité de quartier du Bempt, à Forest.

L'art d'être humaniste pour la planète comme près de chez lui...

Christian Laporte

Bulletin N° 66 - Juin 2010

EDITORIAL

ARTICLES

H2O
Robert Fourneau
L’aviation « verte », un leurre?
Michel Wautelet
Les plantes sauvages comestibles entre traditions et modernité
Brigitte Durand
Nous avons lu : « Les dons précieux de la nature » J-M Pelt
Pierre Piérart

NUCLEAIRE

Commémoration du 65ième anniversaire de la tragédie de Hiroshima et de Nagasaki le samedi 7 Août à Mons

Un Traité de Paix pour mettre fin à la guerre de Corée
Pierre Piérart

COMPTE-RENDU DES ACTIVITES
Bernadette Lamblin

REVUE DE LA PRESSE

NUCLEAIRE
Le dilemme nucléaire du président Barack Obama
Le Monde diplomatique – Avril 10
Que faire de tous ces fûts ?
La Libre Belgique – 8/06/10

ENERGIE
L’Ethiopie parie sur l’énergie hydroélectrique
Le Monde - 9/06/10
Des biocarburants certifiés « durables »
La Libre Belgique – 11/06/10

POLLUTION & ENVIRONNEMENT
Le long chemin de l’assainissement
La Libre Belgique – 14/05/10
Le scandale de l’eau contaminée
La Libre Belgique – 17/05/10
L’écocide, un crime contre la paix
La Libre Belgique – 9/06/10
Les marées noires oubliées du delta du Niger
Courrier International – 3 au 9/06/10
Le pétrole « au cœur du problème »
Le Soir - 10/06/10
L’Etat doit mettre au pas l’agriculture industrielle…
Le Monde - 16/06/10

BIODIVERSITE
La Commission européenne anticipe la clôture de la pêche au thon rouge
Le Soir - 10/06/10
Les mangroves disparaissent
La Libre Belgique – 19 et 20/06/10

NOUVELLES BREVES

Bulletin N°66 - Juin 2010

Chers Lecteurs,

Un coup d’œil sur la table des matières nous révèle que l’épuisement des ressources naturelles fondamentales s’aggrave de jour en jour au point de rendre impossible un développement durable, c’est-à-dire bien régulé et où la croissance des biens matériels est une utopie mortifère.

L’article de Robert FOURNEAU « H2O » est un avertissement sur l’épuisement de cet or bleu dont le cycle est gravement compromis à cause de la détérioration systématique des forêts primaires et du manteau végétal en général. Michel WAUTELET nous gratifie d’un article extrêmement intéressant « L’aviation "verte", un leurre ? » où l’auteur, très bien informé sur la question, nous démontre clairement que l’aviation sera rapidement handicapée après le pic du pétrole et que l’utilisation abusive des biocarburants va créer des problèmes très graves sur les plans alimentaire et environnemental. Brigitte DURAND nous décrit dans son article « Les plantes sauvages comestibles entre tradition et modernité » l’importance de ces dernières qui ont joué un rôle fondamental à la fin du Paléolithique et qui, par leur sélection au cours du Néolithique, ont permis le développement de l’agriculture. Pierre PIERART apporte un complément à l’article de Brigitte Durand grâce à l’analyse de l’ouvrage du prof. Jean-Marie PELT « Les dons précieux de la nature ». Cette analyse démontre une fois de plus l’importance vitale de la protection de la nature dont la biodiversité est, depuis la révolution industrielle, soumise à une extinction sans précédents, même si on la compare aux grandes extinctions des temps géologiques comme celles qui se sont manifestées au début du Permien et à la fin du Crétacé.

Pour compléter ce tableau pessimiste, l’article sur « Le désastre écologique du Golfe du Mexique » nous montre une fois de plus que l’acharnement humain pour satisfaire les fantasmes de la bagnole n’a pas de limites. Les 32 sociétés pétrolières, qui se disputent l’exploitation des gisements d’hydrocarbures dans le Golfe, ne se communiquent pas les données géologiques de leurs prospections, ce qui risque de provoquer de nouvelles catastrophes.

Le Traité de Paix pour mettre fin à la guerre de Corée ainsi que La révision du Traité de Non Prolifération
qui s’est tenue à New York au mois de mai, n’ont fait l’objet d’aucune information dans les médias !! Il nous a semblé indispensable de donner un bref aperçu sur ces deux questions qui menacent, vu la puissance diabolique des armes nucléaires, la survie de la planète.

Nos remerciements à Anne-Marie Wantiez et Bernadette Lamblin pour leur dynamisme et pour leurs nombreuses activités d’initiation à la protection de la nature, organisées par Bernadette Lamblin, dans le Centre, Mons-Borinage et le Tournaisis et dont vous trouverez le compte-rendu dans ce bulletin.

Dans la revue de presse les problèmes du nucléaire civil et militaire sont une fois de plus examinés ainsi que ceux relevant de l’énergie, de la pollution et de la biodiversité. Pour en revenir au problème crucial qui consiste à sortir du nucléaire nous pensons que la Belgique est parfaitement capable d’assurer pour 2015 un approvisionnement énergétique sans devoir recourir à l’énergie de l’atome. La loi de sortie progressive du nucléaire, votée en 2003, est toujours juridiquement valable. Le gros problème se posera pour intensifier le développement des énergies renouvelables et l’utilisation rationnelle de l’énergie entre 2015 et 2025 afin de réaliser un mixte énergétique ne faisant plus appel au nucléaire.

Bonne lecture.

Pierre Piérart

LES PLANTES SAUVAGES COMESTIBLES ENTRE TRADITIONS ET MODERNITE - Brigitte Durant

On constate depuis quelques années un engouement certain pour une cuisine à base de plantes glanées dans la nature. Il n’y a qu’à voir le succès des balades-cueillettes et dégustations proposées chaque printemps pour s’en convaincre. Certaines cartes étoilées font même la part belle aux Orties, Mauves, Pâquerettes et autres sauvageonnes. Le recours aux « herbes à pot », jadis méprisé par les nantis, souvent d’un quotidien nécessaire sinon vital pour les pauvres, fait aujourd’hui bonne figure dans une cuisine qui se veut gastronomique et branchée. Mais c’est toute notre histoire qui est en étroite relation avec la plante sauvage. Le cheminement de notre pensée, de nos philosophies et de nos croyances, la construction de notre imaginaire même puise à la source de la nature environnante.
A ce retour aux cueillettes sauvages, on peut trouver diverses intentions : du plaisir d’une balade dans la nature, avec à la clé quelques découvertes gustatives jusqu’à l’acte militant, dans un esprit d’anti-consumérisme, en passant par une curiosité, un désir de retrouver les traditions d’antan ou même un souci de santé ou d’épargne.
Peu importe au fond, de tout temps, la cueillette a été une activité aux formes, aux expressions, aux motivations multiples. Elle s’inscrit depuis toujours dans un contexte social, économique, territorial, et même symbolique.
Aujourd’hui, il est surtout primordial qu’elle se pérennise dans une conscience « écologique » d’un nouveau rapport au vivant, à l’heure où les menaces sur notre environnement s’accumulent.

Chercher dans la nature des ressources alimentaires végétales est pour l’homme un acte qui remonte à la nuit des temps, continuité d’un comportement essentiel avant l’aube de l’humanité.
Nos ancêtres cueilleurs-chasseurs glanaient sans doute beaucoup plus qu’ils ne capturaient. Les peuples des forêts tropicales pratiquant encore ce mode de vie tirent environ 70% du poids de leur nourriture du ramassage de végétaux, mais aussi d’insectes, d’œufs, etc.

Dans nos contrées, la « révolution » néolithique qui a vu l’homme passer à une économie de subsistance basée sur la culture et l’élevage n’a pas supprimé la cueillette et le ramassage : ces usages vont perdurer par la nécessité de compléter, voire d’améliorer ce que champs, jardins, vergers procurent, par la nécessité aussi de conserver, de transmettre un savoir qui peut un jour permettre simplement de survivre à la disette. Ainsi, certaines Graminées sauvages comme Digitaria sanguinalis, des fruits peu aqueux, comme les cenelles *, faciles à sécher au four et à réduire en farine, voire des graines d’Oseilles du genre Rumex ou de Renouées (Polygonum) ont régulièrement permis de cuire des pains ou des bouillies et d’éviter la famine.

* Cenelles : fruits (drupes) des Aubépines (Crataegus ssp.), utilisés comme aliments depuis la préhistoire : on en a trouvé des noyaux dans les vestiges de cités lacustres.

Ces plantes, qui économisent ou remplacent l’élément de base des classes pauvres de notre civilisation, la céréale, sont dites d’ailleurs de « companage ». On y a encore eu recours, chez nous, pendant les deux grandes guerres du 20ème siècle, ainsi que, plus couramment, dans certaines régions montagneuses de France, longtemps d’accès malaisé.

L’utilisation de certaines plantes requiert beaucoup de savoir-faire, de par leur potentielle toxicité : les tanins du gland, par exemple, doivent être éliminés par des cuissons à l’eau successives, sinon, gare à l’occlusion intestinale *.

* Le Chêne dans toutes ses parties a été exploité de tout temps : son bois, son écorce, ses fruits, ses feuilles, ses tanins, que ce soit en médecine, en construction, en tannerie, en alimentation pour bêtes et gens. De là, sans doute, la haute valeur symbolique que lui a souvent attribuée. L’archéologie prouve que la consommation des glands par l’homme est bien antérieure à l’agriculture, aussi bien dans le Nouveau Monde que dans l’Ancien. Il existe certes des variétés de Chêne à glands doux, mais on a très tôt maîtrisé les techniques d’élimination des tanins pour les autres. Leur consommation est restée relativement courante dans certains pays voisins (Allemagne et Pologne notamment), jusque dans le courant du siècle dernier.

La racine de l’Arum ou Gouet est un exemple encore plus étonnant : après ébullition dans plusieurs eaux, elle est torréfiée, râpée, puis passée au tamis pour donner une fécule *.

* Cette façon de faire se rapproche beaucoup de la préparation du Manioc(Manihot esculenta), que nous consommons sous nos latitudes sous la forme de tapioca ; frais, il est aussi hautement toxique.

L’Arum aurait d’ailleurs été propagée ou même cultivée à une certaine époque…
Certains voient dans la répartition géographique d’Arum maculatum une influence anthropomorphique. Son nom vernaculaire d’Herbe-à-pain est tout à fait explicite.
Mais, à en croire les écrits de Pline l’Ancien *, les Latins mangeaient cru le tubercule d’Arum.

* Pline l’Ancien, en latin Caius Plinus Secundus, (23 – 79) : auteur de nombreux traités (art, grammaire, …), il est surtout connu par son Histoire naturelle, vaste encyclopédie des connaissances de son temps.

Ses principes actifs (alcaloïde analogue à celui de la Ciguë, saponine, acide cyanhydrique) sont-ils variables ? Nos ancêtres étaient-ils capables d’ingérer des substances qui nous seraient aujourd’hui fatales ? En sélectionnant empiriquement au fil du temps des végétaux de plus en plus tendres, charnus, doux de goût, aurions-nous perdu l’endurance digestive de jadis ?

Il ne faut pas oublier non plus que la toxicité est affaire de dosage. Après tout, nous ingérons quotidiennement de la solanine, un dangereux alcaloïde via nos pommes de terre un peu exposées à la lumière ou un tantinet germées *, du cyanure en grignotant les amandes de l’apéritif ou en dégustant une tartine de confiture gélifiée avec de la pectine, des oxalates avec nos épinards ou notre sauce à l’oseille, etc.

* La solanine, présente à faible dose dans les tubercules (moins de 10 mg par 100 g), surtout dans la peau, se révèle à des concentrations jusqu’à 20 fois supérieures dans les fleurs, les baies et en général toutes les parties vertes, y compris celles du tubercule après exposition à la lumière. Nos chères patates entrent en végétation même dans l’obscurité. Les germes qu’elles émettent alors renferment 500 mg de solanine par 100 g… Dire la dangerosité de ce féculent consommé en fin de période de conservation n’est pas inutile…

Nausées, diarrhées, céphalées, agitation, hémorragies multiples, … sont les signes d’un empoisonnement plus ou moins aigu, sans doute peu diagnostiqué… La solanine a un rôle de cicatrisant pour le végétal, ce qui signifie aussi que l’épluchage et le découpage à l’avance ne sont pas recommandables (la congélation serait sans risque). La pomme de terre contient en outre d’autres substances potentiellement dangereuses pour la santé : inhibiteurs de protéases, lectines et hémoglutéines, heureusement détruites à la cuisson !

Une autre pratique qui peut étonner a été la consommation courante de jeunes pousses de diverses plantes toxiques reconnues : la Bryone (Bryonia dioïca), le Tamier (Tamus communis), la Clématite (Clematis recta), avec d’autres sans danger, comme par exemple la Ronce, sous l’appellation commune « d’asperges sauvages » * : les substances toxiques, peu présentes au stade juvénile, sont éliminées avec la cuisson.

* L’Asperge que l’on cultive dans les potagers se rencontre aussi à l’état sauvage, dans les dunes, les friches, au bord des chemins et sur certaines berges. Asparagus officinalis est peut-être indigène dans certains secteurs de la flore et subspontané ou naturalisé ailleurs. Dans le sud de la France, on récolte couramment les turions d’Asparagus acutifolius, l’Asperge à feuilles aiguës.

Néanmoins, il est certain que la toxicité a long terme de certains végétaux consommés est souvent passée inaperçue puisqu’on ne pouvait relier les symptômes lorsqu’ils apparaissaient avec leur ingestion. Cela d’autant que leur cueillette était parfois limitée à une courte période. Les Ornithogales, potentiellement cancérigènes dont on mangeait les bulbes et les jeunes pousses, le Muscari (Muscari comosum), toujours apprécié dans certaines régions méditerranéennes où il abonde en sont des exemples.

Dans les temps anciens, la nécessité est aussi de se soigner : la nature est aussi guérisseuse. D’ailleurs, la limite entre la plante-nourriture et la plante-remède n’est pas toujours bien définie : les jeunes rosettes et tendres jets récoltés au printemps ne font pas seulement un pont entre réserves qui s’épuisent et nouvelles récoltes. Ils détoxiquent et reminéralisent les organismes encrassés et carencés après l’hiver, à une époque qui ne permet pas toujours une conservation optimale des denrées et qui ne connaît bien évidemment pas nos facilités modernes d’approvisionnement.
Comme cité plus haut, le fait que les glands aient fait l’objet d’une minutieuse préparation avant d’être réduits en farine, prouve bien que les propriétés astringentes de leurs tanins étaient connues.

Ces propriétés ont par ailleurs été mises à profit pour soigner diarrhées, hémorragies, écoulements physiologiques anormaux, plaies. Ainsi, les plantes à tanins se sont trouvées tellement liées aux soins des blessures qu’elles ont acquis le qualificatif de « vulnéraires », du latin vulnus, la plaie.

Une autre catégorie de plantes à la frontière de la nutrition et de la thérapeutique regroupe Crépis, Campanules, Laitues, Bardanes et autres « Pissenlits » : reconnaître exactement au printemps une rosette d’une autre, à ce stade précoce de la végétation, est fort malaisé.

Ces plantes ont l’amertume en commun, en plus ou moins prononcé. Cette saveur a très tôt été associée à la trilogie bile – foie – sang. A côté des vertus apéritives et digestives de ces « amers », on a exploité leurs propriétés dépuratives, détoxifiantes.

Quoi qu’il en soit des objectifs du cueilleur (dans les faits, il s’agissait souvent d’une cueilleuse…), il s’agit de trouver les végétaux convoités et surtout de les reconnaître : il a été des temps où ceux qui vont chercher pitance ou remède dans les friches ou les orées n’ont pas la science de l’écriture et ceux qui écrivent n’ont pas ces préoccupations et les dédaignent. Déterrer une racine à la mauvaise saison, quand toute partie aérienne a disparu, choisir des rosettes de feuilles basales quand il n’y a pas encore floraison demande un savoir certain. La connaissance empirique englobe les caractéristiques organographiques mais aussi celles du terrain, du milieu. L’un ou l’autre détail d’allure générale, d’odeur, de toucher, l’endroit, les plantes voisines, tout cela concourt à élaborer un savoir qui deviendra quasi instinctif.
Cueillette et préparation sont affaire d’apprentissage mais aussi de transmission, d’héritage de savoir-faire, savoir-voir, savoir-nommer.
De nos jours, c’est l’amateur « mycophage » passionné qui illustre le mieux cette science de terrain. Mérite-il pour autant l’opprobre que lui voue souvent celui qui se définit comme « mycologue » ?

C’est ainsi aussi que le cueilleur balise un territoire, un espace qui devient sien. Il s’inscrit par là même dans une continuité sociale et culturelle.
Certaines plantes montagnardes qui se raréfient bénéficient aujourd’hui d’une législation réglementant ou interdisant leur récolte. Les cueilleurs coutumiers de ces plantes sont souvent très rebelles à s’y soumettre. Ils revendiquent un droit issu d’une tradition ancestrale. Ce faisant, ils posent aussi un acte de revendication de leur identité et d’une liberté fondamentale pour eux.

La cueillette des plantes sauvages requiert peu de matériel : la main en est l’outil premier. D’ailleurs ce que la main peut tenir détermine souvent la récolte autorisée pour certaines fleurs protégées et plantes rares. Un couteau, une faucille, un bâton à fouir viendront compléter l’équipement du cueilleur. Ce passe-temps est décidément resté en marge des technologies qui ont révolutionné (dénaturé, diront certains) l’art de la chasse et de la pêche.
Bien plus complexes par contre sont les modes de cueillette : ils sont aussi vieux que l’humanité, ils sont aussi d’une complexité et d’une richesse qui méritent notre attention. Les rituels, les méthodes, les habitudes, les superstitions, leurs charges symboliques les rendent indissociable d’une compréhension de l’humain.

Les ethnobotanistes expliquent des différences fondamentales entre nos sociétés de céréaliculture et celles, beaucoup plus anciennes, de l’horticulture sur brûlis par cette différence de la relation aux végétal cultivé.

De l’avènement de la culture céréalière a découlé toute une restructuration de la société humaine. L’agriculture s’est appropriée peu à peu les terres, elle s’est organisée sur un espace foncier délimité, assujetti à des règles d’usage, la possibilité de constituer des réserves a engendré la thésaurisation et ainsi une hiérarchisation pyramidale des groupes sociaux. La plante cultivée en masse perd son individualité. Il ne faut aucune connaissance de la plante-individu pour semer, faucher, engranger. Elle n’est plus considérée comme la commensale, la parente de l’homme.

Avant le christianisme, ce sont les forces de la nature qui sont vénérées comme dieux. Ensuite, l’Eglise a intégré la plante en son sein : l’Aubépine dédiée à la Vierge, le Buis béni, beaucoup d’éléments ornementaux de l’architecture religieuses en sont quelques exemples.
Au Moyen Age, des parallèles vont s’établir entre niveau social, niveau spirituel et nourriture terrestre. Symboliquement, on va attribuer aux aliments et aux êtres vivants un rang entre inanimé et divin.
Bulbes, rhizomes, racines sont au plus bas de l’échelle et sont ainsi la nourriture la plus appropriée aux manants et vilains.
Parties herbacées, fleurs, fruits précédent le poisson, l’aliment de carême.
Le porc qui fouit le sol et qu’on nourrit de déchets et de restes est l’animal le plus grossier. Les autres animaux d’élevage viennent ensuite.
Volailles et gibier à plume sont d’essence supérieure et donc dignes de la table des seigneurs et gens d’Eglise.
C’est ainsi que la nourriture carnée, considérée comme « chaude » et « sèche », propice à alimenter l’énergie du corps et de l’esprit va supplanter en valeur la nourriture végétale, « froide » et « humide » *.

* La théorie des humeurs et des quatre éléments trouve ses sources dans des ouvrages médicaux de l’antiquité. Elle a dominé la médecine jusqu’au 19ème siècle.

Il est fort probable que les vilains aient eu une hygiène alimentaire bien meilleure que les seigneurs, hors disette, bien sûr, du point de vue d’un diététicien moderne ! Cette importance accordée à la viande est encore bien vivace de nos jours, même si une évolution se dessine nettement.

Les pratiques agricoles, depuis le néolithique, ont profondément modelé le paysage. Il ne reste quasiment plus rien de l’ancienne forêt charbonnière qui recouvrait nos régions. De même, plus récemment la révolution industrielle (qui a aussi radicalement modifié les techniques d’agriculture et d’élevage) a bouleversé l’utilisation de l’espace et a engendré de nouvelles données économico-sociales. Surtout, l’occupation des loisirs a acquis une nouvelle importance.
Cette évolution des paysages n’est pas sans conséquence sur la cueillette moderne. Nos aïeuls glanaient le long des champs et des chemins, dans les friches et au pied des haies.
L’utilisation des pesticides, les procédés d’épandage, l’arrachage massif des haies lors du remembrement des terres agricoles au 20ème siècle, entre autres, ne sont pas restés sans conséquences pour notre flore spontanée : elle est souvent très banalisée et reléguée dans des zones refuge. Il faut aussi tenir compte de possibles contaminations, via le sol, en métaux lourds, par exemple, là où une activité industrielle ou des déversements ont pu avoir lieu.
La prudence sera donc de mise, autant pour préserver la diversité floristique que la santé du cueilleur.


L’ORTIE : COMPAGNE ANCESTRALE

Voici une gourmande en nitrates et phosphates qui a bien trouvé son compte quand l’homme de nomade est devenu sédentaire et de chasseur est devenu éleveur !
Son habitat de prédilection (les sols riches, surtout en fond de vallée et près des points d’eau qui attiraient les animaux) s’est prodigieusement étendu : tout espace enrichi par les pratiques agro-pastorales, pieds de mur, bords de fossé ou de mare lui convient à merveille.
Elle s’est ainsi considérablement répandue dès le néolithique. Peut-être a-t-elle d’ailleurs été favorisée par l’homme puisqu’elle se révèle être une des meilleures herbes à cuire au printemps. Dans beaucoup de régions d’Europe, elle est d’ailleurs davantage considérée comme un légume que comme une envahissante urticante. Ce caractère est dû à des poils cassants qui libèrent au moindre toucher un cocktail d’histamines, d’acétylcholine et de 5-hydroxytryptamine…
heureusement, la nature nous offre aussi, tout à côté quelques remèdes antihistaminiques dans les feuilles de Plantain, d’Oseille ou d’Oxalis.
C’est un inconvénient quand même mineur si on compare nos deux espèces indigènes, Urtica dioica et Urtica urens à quelques parentes exotiques : certains représentants de ces Urticacées, du genre Laportea sont capables d’infliger des démangeaisons pendant plusieurs semaines, voire des oedèmes externes gravissimes ; on les trouve par exemple en Nouvelle-Zélande ou au Canada..

Le caractère piquant de nos grandes Orties et Orties brûlantes disparaît avec la dessiccation ou une courte ébullition. Les hacher finement leur enlève aussi toute agressivité et elles peuvent alors être ajoutées aux salades, à un fromage blanc ou servir à confectionner un beurre maître d’hôtel original.

L’Ortie est la plante verte la plus riche (davantage que le Soja) en protéines, très équilibrées par leurs acides aminés et de même valeur que la viande.

C’est cette haute teneur en protéines qui a donné l’idée de la transformer en tourteaux pour le bétail. Les essais sont en cours. S’ils s’avèrent concluants, peut-être pourrons-nous nous affranchir des importations de Soja et de leurs OGM… Affaire à suivre…

Ses feuilles sont aussi riches en provitamine A et en vitamine C (7 fois plus que les oranges), en minéraux (fer et calcium notamment), en flavonoïdes et oligo-éléments.
Elle est médicinale : ses actions sont anti-inflammatoire, dépurative, tonique, astringente ; en usage externe, elle favorise la pousse des cheveux.
L’industrie l’exploite pour sa très haute teneur en chlorophylle.
La plante doit être récoltée jeune : avec l’âge, en plus de devenir fibreuse, elle dégage un désagréable goût de poisson et elle devient même toxique pour les reins. Elle entre dans de multiples préparations : soupe, gratin, quiche, …

L’Ortie a servi aussi de nourriture à la basse-cour, hachée menu dans la pâtée. On peut la faucher et après un séchage sous abri pour éviter toute fermentation, elle donne un fourrage d’appoint apprécié des chevaux et des bovins, réputé pour tenir ces animaux en bonne santé.

C’est une cousine de la Ramie, Boehmeria utilis, et comme elle une plante à fibres. Elle donne une filasse soyeuse, aux brins courts malheureusement, mais qu’on a filée ou tressée pour en faire des cordages.
« En Angleterre, j’ai mangé des orties, j’ai dormi dans des draps d’ortie et j’ai dîné sur une nappe d’ortie… Les tiges des vieilles orties sont aussi bonnes que le lin pour faire des étoffes. J’ai entendu ma mère dire qu’elle trouvait le tissu d’orties plus durable qu’aucune autre sorte de toile. » Thomas Campbell (1777 – 1844) cité par Pierre Lieutaghi.

Ajoutons encore ses propriétés tinctoriales : ses racines et ses jeunes pousses donnent un coloris jaune intense soufré.


SOURCES

· ANONYME
Secrets et Vertus des Plantes Médicinales, Sélection du Reader’s Digest, 1977

· Bernard BERTRAND
L’Herbier Toxique, Editions Plume de Carotte, 2009

· Michel CAMBORNAC
Plantes et jardins du Moyen Age, Editions Hartmann, 1998

· François COUPLAN
Guide Nutritionnel des Plantes Sauvages et Cultivées,
Editions Delachaux et Niestlé, 1998

· François COUPLAN et Eva STYNER
Guide des Plantes Sauvages Comestibles et Toxiques,
Editions Delachaux et Niestlé, 1994

· Gérard DEBUIGNE et François COUPLAN
Petit Larousse des Plantes qui Guérissent, Editions Larousse, 2006

. Anne DUMAS
Les Plantes et leurs Symboles, Editions France Loisirs, 2000

· Sous la direction de Francis HALLE et Pierre LIEUTAGHI
Aux Origines des Plantes, Tome 2, Librairie Fayard, 2008

· Jacques LAMBINON, Joseph-Edgard DE LANGHE, Léon DELVOSALLE, Jacques DUVIGNEAUD
Nouvelle Flore de la Belgique, du G.-D. du Luxembourg, du Nord de la France et des Régions voisines Quatrième édition,
Editions du Patrimoine du Jardin botanique national de Belgique, 1992

· Pierre LIEUTAGHI
La Plante Compagne, Editions Acte Sud, 1998

· Jean-Marie PELT, Marcel MAZOYER, Théodore MONOD, Jacques GIRARDON
La Plus Belle Histoire des Plantes, Editions du Seuil, 1999

COMPTE RENDU DES ACTIVITES - Bernadette Lamblin -


L’année scolaire se termine comme elle a commencé, avec de nombreuses activités au programme. A savoir, par ordre chronologique : l’animation de la mare à Epinois qui a connu une participation des écoles un peu décevante par rapport au nombre d’établissements contactés (environ 90) dans la région de Binche, Morlanwelz, Epinois. Ce n’est pas par manque d’envie ou par essoufflement de l’activité. Le problème crucial est le déplacement. Si l’école n’est pas en mesure de permettre aux élèves de se rendre aux animations de manière indépendante, elle doit s’organiser en fonction des horaires de bus mis à la disposition des écoles communales ou recourir à un bus « privé », solution fort coûteuse. Pour les écoles participantes, le temps vraiment très agréable et la variété des espèces présentées les ont ravis. Les enfants qui le désiraient ont pu prendre en main une sangsue. Celle-ci a en général très mauvaise presse mais une fois leur mode de vie expliqué et lorsque les enfants ont acquis une meilleure connaissance, les inhibitions se lèvent et ils ont envie de ressentir le contact avec l’animal tout en respectant son bien-être. Cette animation permet de montrer l’importance du point d’eau (mare, étang, rivière) pour de nombreuses espèces qui ont une vie larvaire aquatique dont le moustique, la libellule, l’éphémère, le triton, la grenouille, le crapaud, la salamandre terrestre, la nèpe, le notonecte, le trichoptère et bien d’autres. Si ce biotope venait à disparaître c’est toute la biodiversité qui en souffrirait.

Le Parc naturel des Plaines de l’Escaut a de nombreuses fois, et nous l’en remercions, sollicité la participation du Centre pour diverses animations dans le cadre de « Objectif Nature » en collaboration avec les espaces naturels régionaux du Nord-Pas de Calais. Il s’agit d’une collaboration trans-frontalière. Deux animations sont proposées. La première, intitulée « l’Ottée des Fées » se déroule à Stambruges. Le principe est que l’animatrice prenne en charge une classe pour une animation ayant pour thème « petit arbre deviendra grand… ». Les enfants vont apprendre à connaître les besoins de l’arbre, son mode de vie et parfois de survie face à la concurrence de leur environnement et le côté vital de la recherche de la lumière, source de vie de tout végétal pour la fabrication de sa nourriture. L’autre groupe est pris en charge par l’instituteur qui a participé préalablement à une journée de formation. L’intitulé de l’animation est : « Par dessus, par dessous, sur les traces des Fées de l’Ottée ». Chaque enfant reçoit un « Grimoire secret à l’usage des Apprentis Alchimistes » il lui est personnel, il va répondre à des questions, dessiner et découvrir la magie et les secrets des Fées…

Par dessus, par dessous, partez à la recherche des Fées de l’Ottée. Par dessus, par dessous, engagez-vous sur les voies mystérieuses de la forêt de Stambruges et découvrez-en les secrets. Par dessus, par dessous, suivez le chemin que vous indique le vieil alchimiste. Il a vu les Fées de l’Ottée. Par dessus, par dessous, partez à la recherche des Fées de l’Ottée. Mais attention… elles vous observent sûrement…

Ils vont découvrir la Colline aux Gouffres, la chapelle et l’arbre « aux loques », le Bois des Pommes, la Mer de Sable avec ses roches d’or, passer au tamis à sortilèges le sable, traverser la lande des feux follets pour finalement descendre dans le Fossé aux Rocs. Tout un programme…

Arrivés au terme de la recherche des Fées de l’Ottée (peut-être les ont-ils aperçues au détour d’un arbre ?) les enfants ont pu constater combien la nature est généreuse et combien elle nous est utile. Cependant, elle a ses exigences. On ne fait pas n’importe quoi dans la nature. Et si même on essaye, elle se rappelle vite à nous. Si elle est si généreuse, elle mérite le respect. Et si les Fées de l’Ottée étaient la nature elle-même ? Alors, si nous le méritons, reverrions-nous peut-être un jour des créatures mystérieuses venir à la tombée de la nuit, à la lisière de la forêt de Stambruges pour emporter le linge que les braves Dames auraient apporté ?….

La seconde animation se déroule à la « coupure » d’Hollain. Selon le même principe. Un groupe autonome, pris en main par un professeur ayant suivi la formation, va à la découverte de Monsieur et Madame Colvert. Ceux-ci habitent un ancien bras-mort de l’Escaut, à la coupure de Hollain. Ils nous invitent à découvrir leur maison et leurs nombreux voisins au long d’un parcours tracé le long de l’ancien chemin de hallage recolonisé par la nature. L’objectif de cette activité est de susciter la curiosité, de découvrir les exigences de l’habitat de Monsieur et Madame Colvert, de comprendre l’intervention de l’homme sur les berges de l’Escaut. Au fil du trajet, il s’agit de faire prendre conscience aux enfants de la nécessité d’être discrets pour observer des animaux sauvages, d’étudier le régime alimentaire de Monsieur Colvert, faire comprendre que la coupure de Hollain est importante pour d’autres espèces et d’insister auprès des enfants sur le respect de la nature en ne jetant pas de détritus sur le sol. En fin d’animation le professeur récapitule les différents messages et insiste sur la nécessité de protéger les milieux humides.

Pendant ce temps l’autre groupe est pris en charge par une animatrice qui va les emmener sur les traces de Léon, un ancien batelier. Ils vont découvrir l’Escaut et ses canaux. Rythmés par le va-et-vient des péniches ou des voiliers qui envahissent le Grand Large de Péronnes, ils vont en apprendre davantage sur Léon. Léon est un batelier à la retraite qui se promène souvent au Grand Large de Péronnes. Ils vont découvrir son histoire, sa vie et la vie des bateliers en général ainsi que celle des éclusiers il y a deux siècles. Ils verront le fonctionnement des écluses modernes et anciennes et découvriront l’un des usages des voies d’eau : la plaisance. Ils pourront apprendre à lire une carte, à connaître les possibilités de transport par voie d’eau et à observer la partie immergée d’un bateau et ses proportions grâce à la cale sèche située sur le parcours. Ils seront initiés à la manière de réparer un bateau (petit, moyen et grand) et en particulier à la manière de le sortir de l’eau. Apprendre aussi comment s’organisait la vie le long des canaux. En effet, comment faire ses courses au temps où les voitures n’existaient pas et où les péniches n’étaient pas équipées de moteur ? Comment cela se passait-il ? On observe des chemins le long du canal. Quelle était donc leur utilité ? Le premier canal a été construit voici 200 ans. Le tonnage des péniches ayant très largement augmenté, il ne suffisait plus et donc le nouveau canal a vu le jour voici plus de 50 ans. Les choses ont beaucoup changé depuis qu’on a modifié le cours de l’Escaut. Partons donc au fil de l’eau…

Le Parc naturel nous a également sollicités pour d’autres animations ayant pour thème le sol, la découverte de la forêt par les sens, l’animation de l’escale forestière…

Le contrat rivière du bassin de l’Escaut qui nous avait déjà sollicités pour 13 animations, nous a demandé d’en réaliser deux supplémentaires pour répondre au souhait d’une école désireuse de créer une mare. Le Centre y avait déjà réalisé deux animations pour les élèves de première et de deuxième années primaires sur le thème de la mare. L’école souhaite que les enfants de 3ème, 4ème et de 5ème, 6ème bénéficient également de cette activité.

Le Centre d’Ecologie a participé au salon de la biodiversité qui s’est déroulé les 8 et 9 mai dans la commune de Honnelles dans le cadre de la campagne Biodiversité 52 mais l’affluence a été moindre que nous l’avions espéré en raison de la fête des mères. Les visiteurs en demande de renseignements et d’informations ont parcouru les nombreux stands. C’était une première expérience pour les organisateurs qui se sont révélés extrêmement coopératifs. L’accueil, la convivialité entre exposants et organisateurs, la grandeur des stands ont permis à chacun de pouvoir faire connaître son association, ses objectifs et ses compétences. Le Centre remercie le comité organisateur de l’avoir convié à participer à cette manifestation.

Les vacances scolaires approchent mais le Centre d’Ecologie Appliquée du Hainaut continue ses activités. La saison des champignons approche à grand pas et de nombreuses expositions sont programmées. Trois sont ouvertes au public :

A l’asbl « la Gronde » 17, Rue Pètre à Baudour, le mercredi 15 septembre de 14 à 17h.
Renseignements 0479 / 78 26 62

A l’asbl « Ronde Maison » 183, Chemin du Prince à Jurbise (Erbisoeul), le samedi 2 octobre après-midi.
Renseignements 0479 / 78 26 62

Et à la Maison du Parc naturel des Plaines de l’Escaut, rue des Sapins, 31 à Bon-Secours, le we du 9 et 10 octobre (renseignements : 069 / 77 98 10, E-mail : parcnaturel@plainesdelescaut.be).

LE DÉSASTRE ÉCOLOGIQUE DU GOLFE DU MEXIQUE - Pierre Piérart

Rappelons que le pétrole se forme à partir du plancton marin et s’accumule dans des roches sédimentaires à des profondeurs de +/- 700 à 5.000 mètres de profondeur.

Dans le Golfe du Mexique, entre 1940 et 1990 plus de 30.000 sondages offshores ont été effectués à des profondeurs ne dépassant pas 300 mètres. Plus de 3.000 plateformes ont été édifiées pendant cette période. Le maximum des gisements semble se situer dans le Sud du Golfe. Au cours des dernières années des sondages ont été réalisés à des profondeurs de plus de 1.800 mètres. La catastrophe de la compagnie British Petroleum a été provoquée par l’explosion d’une plateforme située à 60 kilomètres des côtes de la Louisiane et où la profondeur des eaux est de 1.500 mètres. A cet endroit les sédiments tertiaires varient de 6 à 8.000 mètres d’épaisseur et les terrains crétacés et jurassiques sont d’une épaisseur de 2.000 mètres. Les gisements pétroliers pourraient se situer à des profondeurs de plus de 5.000 mètres. L’étude sismologique a permis de localiser les niveaux stratigraphiques et de nombreuses failles.

L’administration du président G.W. Bush a adopté des incitations fiscales pour encourager les forages offshores à plus grande profondeur, entre 3.000 et 4.000 mètres où ceux-ci sont naturellement beaucoup plus risqués. En 2004 les incitants fiscaux ont été renforcés. C’est alors que BP a entrepris des forages à très grande profondeur ; il a loué, jusqu’en septembre 2013, une plate-forme pétrolière ultramoderne construite en 2001 en Corée du Sud et propriété de Transocéan. C’est à l’endroit cité plus haut que, le 2 septembre 2009, BP commence le forage du plus profond puits de pétrole et de gaz jamais réalisé, avec une profondeur verticale de 5.500 mètres dont 1.500 sous l’eau. C’est le 20 avril 2010 que l’accident est survenu, probablement à la faveur d’une faille.

Il s’agit probablement de la plus grande catastrophe connue de marée noire sans comparaison avec les accidents survenus avec des bateaux pétroliers. Selon les spécialistes les pertes seraient supérieures à 10.000 m3 de pétrole par jour. La nappe de pétrole recouvre plusieurs dizaines de milliers de km2 et risque même d’être entrainée par le Gulf Stream et de contaminer l’Océan Atlantique. Sur le plan écologique des milliers d’espèces d’invertébrés et de vertébrés sont menacés non seulement sur les côtes mais également dans tout le Golfe. La dispersion en profondeur des hydrocarbures sous forme de gouttelettes crée un milieu considérablement appauvri en oxygène dont les conséquences sont fatales pour tous les organismes vivants. Cet évènement dramatique qu’on aurait probablement pu éviter en utilisant toutes les techniques de protection indispensables va perdurer pendant plusieurs mois. Le nouveau forage pourrait, espérons-le, colmater la fuite dans le courant du mois d’août. Quant aux conséquences économiques elles n’ont pas encore été chiffrées, elles concernent les pêcheries et toutes les économies qui en dérivent, y compris le tourisme, ce qui va provoquer une crise sociale encore plus grave de celle du cyclone Katrina. Un désastre économique sans précédents qui affecte tous les écosystèmes marins et terrestres du Golfe et de cinq états des Etats-Unis.

L’AVIATION « VERTE », UN LEURRE ? - Michel Wautelet

La crise pétrolière de 2007-2008 a secoué les esprits. Elle a révélé au monde que le pétrole a des réserves limitées et que des mesures sont à prendre d’urgence si nous ne voulons pas nous retrouver devant le mur de la pénurie de pétrole sans moyen de le surmonter. Le secteur de l’aviation n’est pas épargné. Déjà épinglé pour ses émissions de gaz à effet de serre, le secteur prend réellement conscience qu’il est temps d’agir. Le prochain « Salon de l’Aviation verte », qui se tiendra au Musée de l’Air et de l’Espace, au Bourget, du 18 au 20 juin 2010, mettra en avant les différentes activités dans le secteur. Au-delà de l’aspect médiatique de l’événement, l’aviation « verte » sera-t-elle une réalité dans un futur pas trop lointain ?

Le contexte
Avec plus de 17.000 avions commerciaux, s’envolant au rythme d’environ 50 décollages par minute dans le monde, l’aviation représente aujourd’hui un secteur majeur de la société globalisée. En 2007, environ 2,2 milliards de passagers prirent l’air. Selon l’IATA, 35% (en valeur) des marchandises exportées le furent par avions. Les emplois directs et indirects qui en découlent sont très importants : plus de 32 millions dans le monde. Les quatre principaux constructeurs (Boeing, Airbus, Bombardier, Embraer) dépassent les 250.000 emplois directs (certains dans le militaire et le spatial). Les compagnies aériennes américaines emploient plus de 400.000 personnes. En Belgique, l’aéroport de Bruxelles national (Zaventem) occuperait environ 20.000 personnes. Celui de Charleroi concerne plus de 3.000 emplois directs et indirects.
La crise pétrolière de 2007-2008 a fait naître de nombreuses inquiétudes. Faillites de plusieurs petites compagnies aériennes, retrait d’avions, suppression de vols, pertes d’emplois sont les principales nouvelles du secteur. A quoi il faut ajouter les perturbations du début 2010, due aux cendres d’un volcan islandais. Et même si le marché des nouveaux avions semble florissant, les inquiétudes sont nombreuses pour le futur.

Des avions « verts » ?
Aujourd’hui, il est évident que le pétrole est essentiel au fonctionnement des avions. Les avions consomment environ 130 millions de tonnes de kérosène par an, soit environ 185 milliards de litres ou 3,8 % du pétrole consommé mondialement. Ce qui correspond à environ 2% du CO2 émis dans le monde, compte tenu du rôle du gaz naturel et du charbon. Outre ce CO2, le kérosène émet des oxydes d’azote, qui contribuent aux changements climatiques. Les gaz émis au sol et à haute altitude ne sont pas les mêmes. Et la chimie de l’atmosphère est complexe. D’après plusieurs études, les émissions à 10-11 km au-dessus du sol (altitude à laquelle volent les avions modernes) contribuent de 3 à 4 fois plus au changement climatique qu’au sol. En pratique, cela signifierait qu’un passager qui effectue un vol aller-retour transatlantique (environ 12.000 km) contribue autant au changement climatique que s’il parcourait 36.000 km en voiture, soit 2 ou 3 ans d’utilisation moyenne d’une automobile.
Le secteur aéronautique est conscient de sa mauvaise image « environnementale », mais aussi de la réalité de l’épuisement des ressources pétrolières. D’où la communication du secteur qui développe l’idée d’un moyen de transport « vert ». Pour faire face à l’inévitable accroissement de la pollution atmosphérique, ainsi qu’à l’augmentation du prix du kérosène, le secteur a pour objectifs de réduire de 50% les émissions de CO2, de 80% celles d’oxydes d’azote et de moitié les nuisances sonores d’ici 2020. Pour y arriver, il faudra agir sur les moteurs, les matériaux, l’aérodynamisme. Mais tout le monde est conscient du fait que, pendant encore quelques décennies, les avions dépendront du pétrole. Ainsi, l’IATA préconise de faire appel à 10% de carburants alternatifs en 2017, pour arriver à zéro émission de carbone en 2050.

Mais un avion « vert » est-il plausible ?
Pour répondre à cette question, il est utile d’examiner les deux faces, différentes mais souvent mêlées dans les discours, de l’aviation, à savoir l’aviation légère ou de loisirs, et l’aviation commerciale.

L’aviation « légère»
C’est dans ce secteur que les progrès vers une aviation « verte » sont les plus visibles. C’est donc ce secteur qui est mis en avant dans les discours. Avec une vitesse relativement faible et une autonomie restreinte, faire voler des petits avions, des ULM et autres avec une motorisation plus « verte » n’est pas trop compliqué. Et les exemples commencent à apparaître.
Par exemple, le 24 décembre 2007, eut lieu le vol d’un petit monoplace léger, l’Electra, d’une durée de 48 minutes, à l'aérodrome d'Aspres sur Buëch (Hautes Alpes). Lors de ce vol, le prototype a réalisé une triple performance : c'est le premier aéronef à moteur électrique qui ne compte pas sur les ascendances pour évoluer ; son autonomie est la plus importante jamais atteinte sur batteries ; c'est la première fois qu'un avion de construction courante et accessible à tous est équipé d'un groupe motopropulseur électrique et de batteries. L'Electra est conçu sur la base d'une Souricette, un monoplace léger (115 kg sans motorisation), bien connu des amateurs, construit en bois et en toile et habituellement propulsé par un moteur thermique de faible puissance (de 15 à 20 CV). Preuve est faite qu'elle peut voler grâce à un moteur à courant continu développant 18kWh soit 25 CV. Sa batterie lithium-polymère se recharge en 4h30.
Autre exemple, l’avion, dit « solaire », Sunseeker 2, d’Eric Raymond. Il s’agit d’un planeur (longueur : 7 m ; envergure : 17 m ; poids à vide : 120 kg ; surface alaire : 12,8 m² ; poids en charge: 230kg ; vitesse de croisière 65 km/h ; vitesse maximum : 160 km/h), qui peut décoller à l'aide d'un moteur électrique et de batteries lithium-ion placées dans les ailes. Les batteries permettent de monter jusqu'à 600 mètres, propulsé par un moteur électrique. Ensuite ce sont les cellules photovoltaïques (au dessus des ailes) qui alimentent le moteur. Mais dès que les conditions sont favorables, le moteur est coupé, et l'avion évolue comme un planeur ordinaire, à ceci près qu'il peut recharger les batteries (partiellement). En avril 2009, il effectue la première traversée des Alpes en avion solaire.
D’autres exemples d’avions verts seront présentés lors du Salon de l’aviation verte, au Bourget [1]. On ne peut évidemment pas passer sous silence le Solar Impulse de Bertrand Piccard. Le Solar Impulse est un avion « solaire » expérimental. Le projet est lancé avec trois partenaires principaux : Solvay, Omega, Deutsche Bank. Alimenté par des panneaux photovoltaïques (200 m2 ; rendement : 12%), d’une envergure de 61 m (presque la même que l’A380), d’une longueur de 21,85 m, d’un poids de 1600 kg, cet avion doit pouvoir voler jour et nuit sans émission de CO2. Sa réalisation a demandé la mise au point de pas moins de 6.000 pièces, des études énergétiques poussées, une électronique de bord spécifique. Les pièces de métal ont été remplacées par des polymères plus résistants que l’acier et beaucoup plus légers. Même si les promoteurs envisagent de faire un tour du monde en étapes, le but n’est pas, à terme, de remplacer les avions commerciaux par des avions solaires (c’est irréaliste, voir plus loin). Il est de promouvoir les études sur les énergies renouvelables en montrant que l’imagination rend possible (et nécessaire) de nous défaire de notre dépendance aux énergies fossiles. Cela conduira sans doute aussi certains à tester de nouveaux types d’avions vraiment verts.
Ce sont là quelques exemples qui montrent la possibilité de réaliser des avions de loisirs ou expérimentaux à partir d’autres moteurs que les traditionnels moteurs à pistons. Peut-être même est-il imaginable que les petits avions verts aient une place à prendre dans une économie durable, propre.
Néanmoins, dans tous les cas, il s’agit de petits engins comparés aux avions commerciaux. Pour ces derniers, les problèmes à résoudre sont autrement plus compliqués à résoudre.

L’aviation commerciale
Réduire de 50% les émissions de CO2, de 80% celles d’oxydes d’azote et de moitié les nuisances sonores d’ici 2020, comme demandé par le secteur ne sera pas chose facile, tout le monde en convient. Il faudra jouer sur les nombreux paramètres de la vie des avions. Ce sera la combinaison de multiples efforts qui parviendra peut-être à diminuer l’empreinte environnementale des avions. Ce qui rendra aussi l’évaluation difficile, avec des contestations à la clé.

Les paramètres sur lesquels il faudra jouer sont multiples :
- les moteurs ;
- les carburants ;
- l’avion même ;
- le cycle de vie (de la conception au démantèlement) ;
- le vol ;
- la logistique.

Les moteurs
Le premier élément, ce sont les moteurs eux-mêmes dont il faudra réduire la consommation. Cela passe, un exemple parmi de nombreux autres, par le développement (étudié par Safran et Airbus) d’un système propulsif à turbosoufflante (turbine faisant fonctionner un dispositif soufflant) destiné à optimiser les moteurs des avions moyens courriers. Le projet table sur une réduction de 16% des émissions de CO2, un gain de bruit par opération de 6 à 8 dB à l'horizon 2018 par rapport aux produits en service en 2000.

Les carburants
Ensuite, il faut concevoir de nouveaux carburants [2]. Les carburants alternatifs sont les « biocarburants » de deuxième et de troisième générations. Plusieurs vols ont déjà eu lieu, démontrant la faisabilité du concept. Au début 2008, Airbus a fait voler un A380 avec un réacteur alimenté par du gaz liquéfié. Un peu plus tard, Virgin Atlantic a fait voler un Boeing 747-300 avec un réacteur alimenté avec du kérosène avec 20% de biocarburant à base d’huile de babassu et de noix de coco. Air New Zealand a fait de même avec un Boeing 737, ainsi que Continental Airlines.qui devrait effectuer un vol avec un Boeing 737 avec du biocarburant de troisième génération. En novembre 2009, la compagnie KLM a effectué le premier vol commercial avec un Boeing 747, alimenté par un mélange de kérosène traditionnel et d'un agrocarburant issu de la cameline (appelé aussi lin bâtard) produit par UOP, une filiale de Honeywell International. L'industrie aéronautique prévoit d'incorporer 15% de biocarburants dans le kérosène d'ici 2020 et 50% d'ici 2040. Le but est évidemment de diminuer l’empreinte carbone, les biocarburants étant sensés jouer ce rôle, avec une réduction, contestée, de 84% des gaz à effet de serre. Ce qui est contesté, car il faut tenir compte de la culture, de l’arrosage, de la transformation, etc. Aujourd’hui, il n’existe pas de méthodologie reconnue par tous de calcul du bilan environnemental des biocarburants (même de première génération).
Faire voler un (ou quelques avions) avec des biocarburants est bien. Les faire voler tous est autre chose. Rappelons qu’un des buts du secteur est d’arriver à zéro émission de carbone en 2050 [3]. Si on désire remplacer tout le kérosène des avions par des biocarburants, quelle serait la superficie nécessaire ? La réponse à cette question est difficile, à cause des incertitudes sur les rendements, tant actuels que futurs. En supposant un rendement « réaliste » de 1900 litres par hectare par an pour le jatropha [4], on calcule [5] 1,4 millions de km2, soit plus de deux fois la superficie de la France métropolitaine [6].
Le secteur de l’aviation porte aussi beaucoup d’espoirs sur les biocarburants à base de micro-algues. Ces micro-algues, cultivées dans des bassins d’eau de mer, saturées en CO2, bien éclairés, à température adéquate, peuvent fournir des quantités énormes d’huile par unité de surface (jusque 20 fois plus que les biocarburants de première génération). Les micro-algues ne sont pas cultivables partout dans le monde. Elles réclament aussi de grandes quantités de CO2, que certains voient fourni par des centrales thermiques classiques (ce qui, globalement, en fait une source d’énergie émettrice de CO2 !!), et des conditions chimiques particulières. Selon Boeing, la culture de micro-algues sur une superficie équivalente à la Belgique (30.000 km2) serait suffisante pour remplacer le kérosène actuellement consommé dans l’aviation. Tous les chercheurs sont loin d’être aussi optimistes et calculent plutôt une superficie d’environ 66.000 km2, soit la superficie de l’Irlande [7].
Rappelons que ces chiffres ne concernent que le secteur de l’aviation. D’autres secteurs sont intéressés par les biocarburants.
Notons que, aujourd’hui, le prix est encore beaucoup trop élevé et le bilan environnemental est loin d’être favorable. Quoiqu’il en soit, les études sur les biocarburants pour avions ne sont pas encore suffisamment poussées que pour représenter autre chose qu’un espoir.

Hydrogène, électricité, solaire
Une autre voie explorée est celle de l’hydrogène. L’hydrogène semble une solution attrayante au remplacement du kérosène, car il n’émet pas de CO2, mais seulement de l’eau, H2O.
Malheureusement, il faut plus de 4 litres d’hydrogène liquide pour fournir la même énergie qu’1 litre de kérosène. D’où des réservoirs 4 fois plus volumineux. Cela ne manquerait pas de poser des problèmes de construction de l’avion.
D’autant plus que l’hydrogène liquide n’existe pas à température ordinaire. Il se liquéfie à 20 K (soit – 253°C). Les réservoirs doivent donc être isolés thermiquement. Pour éviter les pertes thermiques, ils doivent avoir une forme proche de la sphère et, donc, ne peuvent être placés dans les ailes, comme dans les avions actuels. Ils doivent être dans le fuselage. Ce qui requiert une plus grande cabine ; d’où un moins bon aérodynamisme de l’avion et une consommation accrue. A quoi il faut ajouter que l’hydrogène est un gaz dangereux, car explosif. D’où des problèmes de sécurité, aussi bien de l’avion que des infrastructures au sol.
Comme l’hydrogène n’est pas présent naturellement dans la nature, il faut l’obtenir par électrolyse de l’eau (dans l’après-pétrole et gaz naturel). Ce qui demandera des centrales électriques, pour l’équivalent d’environ 200 réacteurs nucléaires de 1 GW, pour remplacer la flotte actuelle. De plus, l’hydrogène produit environ le triple de vapeur d’eau que le kérosène quand il brûle. Dans la haute atmosphère, là où évoluent les gros avions actuels, cela produit des traînées importantes, contribuant aux changements climatiques.
L’hydrogène ne semble donc pas une alternative crédible au kérosène. Les quelques programmes de recherche actuels sur l’hydrogène dans l’aviation concernent des avions supersoniques et stratosphériques, capables de joindre Paris à Sidney (Australie) en quatre heures. Tel est le but du projet Lapcat (Long Term Advanced Propulsion Concepts and Technologies), coordonné par l'ESTEC, la branche ingénierie de l'Agence spatiale européenne (ESA). Il s’agit de concevoir des avions d'une capacité de 300 passagers, pour une charge totale de 400 tonnes, décollant à l'horizontale et s’élevant à 20 ou 30 km d'altitude en continuant à accélérer. A l'intérieur, les passagers seront privés de hublots, qui ne résisteraient pas aux températures très élevées. Sa longueur atteindrait 143 mètres, soit deux fois celle de l'Airbus A380 (73 mètres). Ses ailes, en revanche sont en comparaison minuscules puisque l'envergure est moitié moindre que celle du même A380. Cet avion hypersonique, baptisé A2, immense, taillé comme une fusée et capable de voler à Mach 5, relierait Bruxelles à Sydney en 4 h 40. Le décollage aurait lieu au mieux dans vingt-cinq ans.
Une autre voie serait l’électricité. Outre le fait que, dans ce cas, les moteurs seraient vraisemblablement plus proches de moteurs à hélice que des réacteurs actuels, l’électricité serait fournie soit par des piles à combustible, soit des batteries. Concernant les piles à combustible, le problème est semblable, quantitativement, pour la fourniture de l’hydrogène, au cas des réservoirs d’hydrogène mentionnés précédemment. Quant à la solution consistant à stocker l’électricité dans des batteries embarquées, elle est irréaliste, vu la masse et l’encombrement des batteries. Il faudrait, avec des batteries au lithium, une masse égale à environ 100 fois le carburant embarqué aujourd’hui. Même si on parvenait à améliorer considérablement les batteries, on ne peut guère diminuer ce chiffre d’un facteur 10, en restant très optimiste.
Quant aux avions aux ailes recouvertes de cellules photovoltaïques, personne n’envisage sérieusement des vols intercontinentaux de tels avions avec une ou plusieurs centaines de passagers. Extrapoler le Solar Impulse aux gros porteurs est irréaliste. En supposant (cas optimiste) que l’énergie fournie par les panneaux photovoltaïques soit la même que ce qui est fourni par le kérosène par passager, il faudrait environ 280 m2 de panneaux par passager. Soit, pour un avion du type A380, une aile de 400x400 m2. Les aérogares devraient être étendues considérablement. Quant à l’aérodynamisme, il y aurait de formidables défis à relever. Bien entendu, ces aires correspondent à des vols de jour, avec le Soleil à la verticale de l’avion. Il n’est pas question que ces avions volent de nuit, voire à l’aube ou au crépuscule.

Les avions
A part la propulsion, divers travaux visent à l’amélioration de l’avion lui-même. Meilleur aérodynamisme pour la diminution de la consommation et la diminution de la traînée, allègement par l’utilisation de matériaux composites, gestion de l’énergie à bord sont autant de voies étudiées. Dans les avions, une partie du kérosène sert à autre chose que l’alimentation des moteurs, comme le fonctionnement électrique, l’aération et l’épuration de l’air, etc. En 2008, Airbus et German Aerospace Center ont présenté le premier avion de ligne équipé de piles à combustible. Il ne s'agit évidemment pas de propulser l'avion, mais de remplacer la petite turbine de secours (appelée RAM air turbine) destinée à fournir l'énergie nécessaire aux équipements hydrauliques et électriques de l'avion en cas de défaillance moteur en plein vol. L'objectif suivant sera de remplacer le générateur auxiliaire (nommé APU, pour Auxiliary Power Unit) qui fournit l'énergie lorsque l'avion est au sol. De nombreuses autres utilisations sont possibles.

Le cycle de vie
Un avion « vert » se doit aussi d’économiser autant que possible les matériaux dont il est construit. Par exemple, Airbus a mis sur pied le programme Pamela, destiné à fabriquer des avions qui seraient recyclables à 85 % et à réduire de 2/3 les déchets produits par le traitement des avions en fin de vie.

Le vol
Une autre manière de diminuer l’empreinte environnementale de l’avion est de diminuer la consommation via des trajectoires spécialement étudiées. Ce qui devrait permettre de diminuer de 5% la consommation des avions et réduire le bruit à l’atterrissage.

La logistique
Enfin, mentionnons la logistique au sol. Ainsi, l’A380 a été développé en collaboration avec une soixantaine de grands aéroports internationaux, afin d’améliorer la compatibilité avec les infrastructures au sol. Cela permet, grâce à un concept de cabine et les infrastructures au sol, une amélioration des temps de charge/décharge des passagers, et, ainsi de diminuer le temps passé par l’avion au sol. Ajouté à la grande capacité de l’avion, cela devrait, selon les constructeurs, augmenter le nombre de passagers et la rentabilité des aéroports.

L’avion « vert » : un leurre ?
Comme on le voit, en jouant sur de nombreux facteurs, les avions commerciaux du futur devraient voir diminuer leur consommation de carburant et leur empreinte écologique. Les programmes dédiés à ce but sont évidemment coûteux. Par exemple, en France, le CORAC (Conseil pour la Recherche Aéronautique Civile) a lancé en mars 2009 une feuille de route technologique pour accélérer la R&D aéronautique d'ici à 20 ans. Elle identifie ''aussi les jalons technologiques ainsi que les plateformes intégrées de démonstration dont la réalisation est indispensable pour atteindre ces objectifs'' environnementaux. Plus de 1,5 milliards d’Euros seraient nécessaires, à prendre dans le « Grand Emprunt » de l’état français.
On peut cependant se demander si l’avion « vert » n’est pas un leurre. Certes, dans le cas des avions « de loisirs », réaliser des avions verts est réaliste, comme nous l’ avons discuté précédemment.
Pour les avions commerciaux, c’est moins sûr. En effet, le secteur veut diminuer l’empreinte CO2 des avions de 50% d’ici 2020. Mais, entre-temps, on prévoit un accroissement substantiel du nombre de vols. De plus, on s’attend, avec l’arrivée du « pic pétrolier » et/ou de la croissance de la demande en pétrole des pays émergents (BRIC [8]), à une augmentation du prix du kérosène. L’Agence internationale de l’Energie, dans son rapport paru en novembre 2008, a révisé à la hausse ses prévisions de prix du baril pour 2030 : 200 $. On a vu, lors de la crise pétrolière de 2007-2008, les effets que cela a engendré sur le secteur. A ce prix, certains prédisent la fin de l’aviation « low cost », ainsi que la remise en question, par les consommateurs, des voyages touristiques lointains. Arrivera-t-on à diminuer la consommation suffisamment avant la prochaine crise ? Rien n’est moins sûr.
Quant à réduire à zéro les émissions de CO2 du secteur en 2050, c’est pure démagogie. En effet, il n’y a aucune alternative crédible au pétrole dans les avions. Les biocarburants seront en trop faible quantité pour remplacer une partie substantielle de la flotte actuelle.
Or, il faut plusieurs décennies pour remplacer une flotte d’avions par des nouveaux. Une récente étude allemande montre que les nettes améliorations ne voient le jour qu’avec de nouvelles générations d’avions. Après l'A380 et le Boeing 787, qui présentent déjà des améliorations importantes, l'efficacité ne sera accrue qu'avec leurs successeurs, autrement dit vers 2020. La part de ces appareils dans la flotte totale sera alors relativement faible. En supposant que tous les problèmes liés aux biocarburants de troisième génération (y compris le prix) puissent être résolus rapidement – ce qui demandera d’importants efforts de recherche et développement et un financement adéquat -, la flotte d’avions nouveaux ne serait pas renouvelée avant 2050, soit bien après que le pétrole ne soit devenu rare et hors de prix.

En conclusion
L’aviation commerciale est très dépendante du pétrole. Aucune alternative crédible au pétrole n’existe, pour alimenter une flotte d’avions comparable à la flotte actuelle. Vu l’épuisement des ressources de pétrole « bon marché », même si le secteur désire se faire une image de secteur « vert » et diminuer son impact environnemental, il reste très fragile et menacé à (plus ou moins court ou long) terme. L’avion « vert » est un leurre.
Etant donné le poids économique du secteur et des secteurs associés, il est temps de finir de se masquer les yeux et de prendre les mesures adéquates.

[1] www.aviation-verte.org
[2] Le secteur est reluctant à parler de la fin du pétrole, voire de l’envol prématuré du prix du baril. Pourtant, si les prix s’envolaient trop tôt (comme en 2007-2008), le secteur de l’aviation serait en grande difficulté. Une hypothèse clairement rejetée par les lobbies de l’aviation, du commerce international, du tourisme, des pétroliers.
[3] Ce qui sous-entend que, en 2050, le secteur considère que l’ère du pétrole pour l’aviation sera terminée.
[4] Le jatropha est un petit arbre appartenant à la famille des Euphorbiacées. La plante fournit des graines oléagineuses en grande quantité et se développe sur des sols semi-arides. Sa culture ne nécessite donc pas de déforestation (ndlr).
[5] M. Wautelet, D. Duvivier, P. Brocorens, Les avions survivront-ils au pétrole ?, Athena, Vol. 247 (janvier 2009), 237-241
[6] … ou un vingtième de la superficie des terres cultivées au niveau mondial (28 millions de km2).
[7] La longueur des côtes de l’UE est de 66.000 km. Il faudrait donc un parc de micro-algues équivalent à une largeur de 1 km le long des côtes européennes.
[8] Abréviation de Brésil, Russie, Inde, Chine.

H2O - Robert Fourneau

Le cycle de l'eau - évaporation, condensation, précipitations -bien connu de tous puisque enseigné depuis l'école primaire est cependant un peu plus complexe non seulement dans ses étapes de formation (ruissellement, évapotranspiration, infiltration, percolation) mais aussi dans ses conséquences sur la réalisation des formes du relief de la planète et sur les formes de vie qui l'occupent. C'est dans nos régions à climat tempéré doux et humide en permanence le principal responsable des nombreuses variétés géomorphologiques. Si l'origine des eaux de la Planète bleue qu'elles soient principalement eaux océaniques en occupant les deux tiers de sa surface ou qu'elles soient eaux continentales de surface, souterraines ou très profondes, n'en est encore qu'à des hypothèses de plus en plus précises dans les recherches actuelles, à savoir d'origine cosmique plus lointaine que les comètes qui nous frôlent de temps en temps, sans doute des cristaux entourant des poussières de la Ceinture de Ourt, à la limite du système solaire, du refroidissement de la première atmosphère sur les premières plaques de basalte il y a 4,3 - 4,4 GA ou d'expression des silicates de l'écorce primitive, le mécanisme complet du cycle terrestre est lui de mieux en mieux connu.

Les spécialistes estiment le volume des eaux océaniques à 1.348.000.000 km3 et celui des eaux continentales à 37.300.000 km3 tandis que l'atmosphère serait accréditée de 13.500 km3 (moyenne variant selon l'altitude) en vapeur d'eau initiée sous l'effet de l'énergie solaire. Pour que cette vapeur se condense en liquide c'est à dire en gouttes en suspension, il faut absolument que les molécules s'accrochent à des solides microscopiques dont la provenance peut aussi bien être cosmique que terrestre (sans envisager ici la pollution anthropique). De l'espace nous viennent quelque 10 à 40.000 T de poussières par an, résultat de la fusion en entrant dans la masse atmosphérique freinante, de corps célestes du type astéroïde, comètes ou de l'explosion de supernovae (sans envisager les débris de satellites artificiels de plus en plus nombreux). Mais c'est la Terre elle-même qui envoie dans l'atmosphère des milliards de km3 de poussières lors des éruptions volcaniques et dont les Européens viennent d'en apprendre les conséquences économiques en ce début d'année 2010, tout en se souvenant des émissions catastrophiques antérieures des volcans d'Asie du SE, par exemple le Tambora en 1814 ou d'Amérique, comme le Mont Sainte-Hélène et le Pinatubo, ou du Laki islandais lui aussi, responsable de grosses perturbations atmosphériques et étant - en partie - une cause de la Révolution française en ayant engendré une famine de plusieurs années après 1783, sans oublier les projections extraordinaires et inimaginables à l'échelle humaine, des temps géologiques d'il y a par exemple 65 ou 250 MA avec extinction de nombreuses espèces vivantes ou la formation des trapps, mot suédois repris en anglais pour escaliers, allure que prennent les couches de cendres de centaines de mètres d'épaisseur formant actuellement le plateau du sud de l'Inde ou celui de la Sibérie orientale notamment. D'autres poussières moins bien connues proviennent des brûlis naturels d'espaces végétaux, des savanes par exemple - même de fagnes belges par très forte sécheresse - engendrés par la foudre ou de la combustion de vastes surfaces d'affleurements naturels de houille comme par exemple en Chine du Nord ou encore les aérosols soufrés issus du plancton marin et limnique (DES LACS) et de sa couche superficielle, le neustron qui interviendra dans la formation des pluies acides.

C'est donc autour de ces particules solides que s'accrochent les molécules d'eau évaporée et vont se former les gouttelettes de saturation en une première condensation en nuages par leur refroidissement en altitude. Emportées dans la circulation atmosphérique par les vents, elles vont se rassembler en masses pluvieuses lorsqu'il y a sursaturation au contact d'air plus froid sur les continents en hiver ou en prenant de l'altitude pour aborder des reliefs appelés traditionnellement reliefs-écrans.

C'est alors que commencent les précipitations sous différentes formes et dans différentes conditions: pluie, neige, grêle...et dès lors l'impact sur la surface du sol. Rarement l'impact érosif est nul, seules quelques surfaces très pentues sur roches imperméables laissent s'écouler la pluie en un film enveloppant jusqu'au bas de la pente abrupte mais le plus souvent le ruissellement se manifeste déjà par la percussion de grosses gouttes d'orage sur les roches meubles de type loessique par exemple, qui réalise des petits cratères qui par recoupements successifs des cloisons intermédiaires initie un premier ru favorisé par une dénivellation naturelle. Le plus souvent cependant ce sont les sources issues des châteaux d'eau naturels que sont les nappes aquifères, les tourbières, les névés ou les grands régulateurs de débit que sont les glaciers de montagne, qui sont à l'origine du ruissellement d'abord diffus puis se concentrant de plus en plus par le rassemblement des filets d'eau, qui avec l'altération mécanique, chimique ou biochimique des sols initie une érosion d'enlèvement de particules par une action mécanique de plus en plus forte que la pente est importante ou que le débit s'amplifie. Les réseaux hydrographiques se forment en surface ou dans les terrains fissurés par l’eau circulant dans les fissures (circulation vadose), ou en nappes captives depuis l'existence des temps géologiques à roches perméables. Agent d'érosion donc devenant très vite agent de transport pour finir par être agent de dépôt lorsque la force vive s'amortit.

Eaux océaniques agitées par les courants, les vagues, les marées sous l'attraction lunaire (actuelle et d'autrefois beaucoup plus forte) et solaire, et les tsunamis, fumeurs noirs ou blanches, sources froides ou chaudes, eaux vives des vallées incisées, eaux paresseuses des méandres de plaine ou de vallées burinées aban donnant ses bras anastomosés, eaux d'imbibition des tourbières ou stagnantes des marais, des étangs, des lagons et des lacs, oasis et puits creusés toutes ont contribué à la naissance et à l'évolution de la vie (des êtres les plus inférieurs jusqu'à l'homme), mais aussi à la réguler car si elle peut être qualifiée d'"eau de vie", elle peut l'être aussi d'"eau de mort"selon les variations climatiques ou des usages que l'homme en fait.

Dans les plaines d'alluvions, les vasières et les deltas déposés par les rivières, l'homme a développé, encouragé par des techniques d'irrigation, des civilisations agricoles lui permettant de se multiplier jusqu'à la saturation des espaces et la création de retenues de plans d'eau qui lorsqu'ils perdurent entraînent une salinisation et une perte partielle ou totale de fertilité des sols. S'ils étaient facteurs d'économie pour l'homme aux siècles précédents, les petits barrages qui servaient de réservoirs d'eau potable ou de viviers, engendraient de la force motrice et épargnaient la couverture forestière, les grands barrages créés depuis deux siècles sont eux plus discutables. Certes ils permettent de dompter les tronçons sauvages des grands fleuves mondiaux et aussi en leur aval d'amener l'eau dans des régions normalement sèches voire désertiques et augmenter ainsi la productivité agricole et les sources d'énergie pour une démographie toujours galopante mais ils font aussi disparaître par ennoyage en amont des terres souvent fertiles et les villages qui les travaillaient déplaçant des populations entières ou engloutissant des témoins historiques du patrimoine mondial. De plus en obligeant les eaux à stagner pendant un certain temps derrière des murs, les alluvions acheminées jusque là ne fertilisent plus les terres situées en aval, voire même empêchent les limites des deltas à continuer à lutter contre l'érosion marine qui les rogne petit à petit; quant à la masse que les lacs de retenue représente elle peut jouer par isostasie sur l'écorce terrestre et influencer le jeu des plaques tectoniques jusqu'à favoriser des tremblements de terre, voire des ruptures de barrage entraînant des glissements de terrain et des inondations catastrophiques ce qui en s'ajoutant aux pluies de tempête et de cyclones fait en moyenne 100.000 morts par an. La masse d'eau accumulée elle-même peut aussi initier la formation d'un microclimat pas nécessairement favorable par une grande variation du degré hygrométrique de l'air, des modifications des écosystèmes piscicoles et autres, une prolifération de maladies comme la bilharziose ou des pollutions ne serait-ce que par eutrophisation ou par manque de débit.

En Belgique, le Centre National de Recherches Géomorphologiques avait entrepris la cartographie géomorphologique du territoire non pas seulement dans un but purement scientifique mais aussi dans le but de relever les zones à risques pour la population ; mais avec la régionalisation ce travail n’a pu être que partiel et localisé dans quelques petites régions seulement. La Région Wallonne l’a alors repris officiellement pour cette partie du territoire et publie ainsi une carte des zones à risques sur laquelle on peut se rendre compte de l’importance d’une bonne gestion de l’eau et de l’intérêt que les bâtisseurs de tous les niveaux devraient avoir à en tenir compte dans leur relations avec la nature en général mais plus particulièrement avec l’ « or bleu ». Et pourtant que de dégâts déjà bien visibles n’y a-t-il pas déjà eus dans les régions où elle est mal drainée ou pas drainée provoquant des glissements de terrain, quand elle s’accumule dans des nappes engorgées à la limite de couches géologiques perméable et imperméable dans un relief comme celui du Pays des Collines ou du Pays de Herve par exemples, ou dans des régions où la gestion des nappes exploitables n’est pas maîtrisée et provoque des effondrements de terrain, plus particulièrement dans les terrains calcaires et sous leur forme extrême, les puits naturels du Tournaisis par exemple ou encore dans les fonds de vallées incisées et construites par l’alluvionnement des cours d’eau pour y circuler aussi bien en étiage qu’en période de crues ce que connaissaient bien nos Anciens car ils ne s’en servaient que comme prés de fauche alors qu’actuellement par l’appât du gain dans l’immobilier « tout peut être construit » avec les « technologies modernes » bernant ainsi les futurs occupants qui se retrouvent médusés lorsque le cours d’eau réutilise son lit majeur de façon intermittente et naturelle mais considérée comme catastrophe exceptionnelle par le monde économique. Espérons donc que les bâtisseurs de demain seront plus vigilants avec les nouveaux outils à leur disposition ; ce sera peut-être le cas chez nous mais ailleurs dans le monde ?

Que dire des conflits qu'engendrent les surfaces occupées par les eaux de retenue des grands barrages, plus de 300 conflits actuellement pour cette eau "vitale" retenue égoïstement d'un pays à l'autre voire même entre régions ou états à l'intérieur d'un même territoire. L'eau qui a si bien servi les hommes comme moyen de transport depuis toujours pour le rayonnement des civilisations depuis l'embarcation de Noé jusqu'aux supertankers et hydroglisseurs devient actuellement avec l'augmentation de la population l’« or bleu » de la planète nécessitant de plus en plus de pompage alimentaire, la création d'ouvrages de tous types pour la capter, même des barrages intra-karstiques ou des puits artésiens tirant l'eau fossile piégée dans des couches géologiques profondes et tout cela parce qu'un tétrapode il y a environ 375 à 350 MA a décidé de quitter les mangroves à la limite de l'eau marine et de l'eau douce des marigots pour conquérir des terres émergées!