Centre d'écologie appliquée du Hainaut

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lundi 19 décembre 2011

Bulletin N° 70 - Décembre 2011

La liste des espèces menacées ne cesse de s'allonger
LA LISTE des espèces menacées répertoriées par l'Union internationale pour la conservation de la nature (UICN) ne cesse de s'allonger. Dans un rapport publié jeudi 16 juin, l'ONG dénombre 3 801 espèces « en danger critique d'extinction » et 5 566 autres «en danger», sur les 59 508 évaluées. Soit, dans les deux catégories, près de 300 espèces de plus qu'au dernier recensement. Les amphibiens figurent parmi les groupes d'espèces les plus en danger : 41% d'entre elles sont menacées d'extinction. En outre, 861 espèces sont éteintes ou éteintes à l'état sauvage. Pour près de 9 000 espèces, les données sont insuffisantes. C'est le cas du tarsier de Wallace, découvert en 2010 en Indonésie. Les causes d'extinction sont multiples : destruction de l'habitat, activités agricoles, urbanisation, changement climatique, pollution, chasse... Des succès sont toutefois enregistrés dans les actions de conservation. L'oryx d'Arabie, une antilope vivant dans la péninsule Arabique, dont le dernier spécimen sauvage a été abattu en 1972, a été réintroduit après une période de reproduction en captivité. L'espèce, qui compterait désormais un millier d'individus, est passée de « en danger» à « vulnérable ».
Le Monde - 17 juin 2011

Abeille : l'effet des micro-doses.
Le déclin des colonies d'abeilles continue à inquiéter. A agiter le monde apicole, mais aussi les scientifiques et les fabricants de pesticides, montrés du doigt par les apiculteurs. Dernière escarmouche en date : l'Union nationale de l'apiculture française et une trentaine d'élus ont écrit au gouvernement français afin d'obtenir l'interdiction de vente du pesticide Croiser OSR de la société suisse Syngenta qu'ils jugent «extrêmement toxique pour les abeilles». Apportant de l'eau à leur moulin, des chercheurs du CNRS et de l'Institut de recherche agricole français (Inra) ont montré qu'une interaction entre le nosémose (maladie transmise par un champignon microscopique colonisant l'intestin des abeilles) et les insecticides constituait «un risque significatif supplémentaire pour les populations d'abeilles et pourrait expliquer certains cas de surmortalité». L'étude, publiée dans la revue scientifique Plos One souligne que «des doses d'insecticides considérées comme ne pouvant entraîner la mort expriment pourtant un potentiel toxique létal pour des organismes parasités et donc fragilisés». Les fabricants de produits phytosanitaires affirment souvent que leurs produits se sont révélés inoffensifs lors des tests. L'étude a cependant mis en évidence un effet à des doses se situant en dessous du seuil entraînant la mort (plus de 100 fois inférieur à la dose létale induisant 50 % de mortalité).
Le Soir - 18 juillet 2011

Climat. Les forêts absorbent un tiers du C02
Le parc forestier mondial absorbe un tiers du C02 émis par les combustibles fossiles dans l'atmosphère, selon une étude internationale qui alerte, en parallèle, sur les conséquences dramatiques de la déforestation dans le contexte du réchauffement climatique. "Si demain on arrêtait la déforestation, les forêts existantes et celles au stade de la reconstitution absorberaient alors la moitié des émissions des combustibles fossiles", a souligné Pep Canadell, coauteur de l'étude publiée par la revue américaine "Science". La déforestation, elle, est responsable de l'émission de 2,9 milliards de tonnes par an, soit environ 26% du total des émissions.
La Libre Belgique - 18 juillet 2011

Union européenne. L'Europe pourra exporter ses déchets nucléaires
Après huit ans de discussions difficiles, l'Union européenne s'est dotée mardi d'une directive définissant un cadre commun pour la gestion "responsable et sûre" des combustibles nucléaires usagés et des déchets radioactifs. Le nouveau texte oblige notamment les quatorze pays européens ayant recours à l'atome civil de détailler d'ici 2015 la manière dont ils comptent stocker définitivement leurs déchets radioactifs. Une question à laquelle aucune réponse précise n'a encore été apportée dans la plupart des Etats membres, dont la Belgique. Même si la Commission souhaitait à l'origine interdire l'exportation de déchets, les Etats membres ont néanmoins réintroduit cette possibilité dans la directive, mais sous strictes conditions, notamment la présence de sites de stockage définitifs pour déchets radioactifs.
La Libre Belgique - 20 et 21 juillet 2011

Agrocarburants Agrément pour sept entreprises de certification
La Commission européenne a donné son agrément pour 5 ans à 7 entreprises de certification. Elles seront chargées d'attester de la durabilité des agrocarburants importés dans l'UE. Une fois certifiés, ceux-ci pourront être commercialisés dans l'ensemble des pays membres. "Il faut éviter que des forêts tropicales ou d'autres biotopes soient rasés pour faire place à des plantations pour biocarburants", a commenté le commissaire européen à l'Energie Gûnther Verheugen. Ces sept organes de certification, dont certains issus de partenariats avec le WWF, d'autres plus étonnamment liés à des producteurs, auront pour mission de veiller au respect de différents critères de durabilité définis par l'UE laquelle s'est engagée à porter à 10%, d'ici 2020, la part des énergies renouvelables dans son secteur des transports. Pour pouvoir être comptabilisés ces agrocarburants ne pourront pas être issus de plantations installées aux dépens de la forêt tropicale ou de tourbières riches en carbone.
La Libre Belgique - 22 juillet 2011

Climat. La truffe poussée vers le nord
La truffe, un ingrédient de choix prisé dans la cuisine française ou italienne, viendra peut-être bientôt agrémenter des plats plus septentrionaux, poussée vers le nord par le réchauffement climatique, selon un scientifique suisse. Ulf Buentgen, un climatologue, a expliqué que l'augmentation de la température moyenne observée au cours du XXe siècle pourrait déplacer l'habitat naturel du précieux tubercule d'environ 100 kilomètres au nord de la France, vers l'Allemagne. Cette découverte pourrait s'avérer lucrative pour certains pays européens du nord, le très convoité champignon pouvant atteindre jusqu'à 1000 euros pièce.
La Libre Belgique - 25 juillet 2011

Il faut préserver l'eau
Il faudra deux fois plus d'eau qu'actuellement pour assurer la sécurité alimentaire de la population mondiale si on ne s'oriente pas vers des écosystèmes sains et bien gérés, selon un rapport de l'Onu. "Si l'on maintient les mêmes pratiques agricoles" et "les régimes alimentaires actuels" si "l'urbanisation croissante" se poursuit, "la quantité d'eau nécessaire à l'agriculture augmentera de 70 à 90% pour nourrir 9 milliards de personnes", avertit le document. D'ores et déjà, de nombreuses régions à forte production agroalimentaire sont arrivées à la limite de leurs ressources en eau. Et le réchauffement climatique menace d'accentuer les problèmes de sécheresse et d'inondations. Selon le rapport, "il faut passer de systèmes de production alimentaire à des agroécosystèmes qui offrent une plus grande variété de services".
La Libre Belgique - 23 août 2011

Un joyau de biodiversité. Au fil des années
Les bassins de décantation de Hollogne-sur-Geer se sont transformés en un site naturel d'exception abritant une série de biotopes remarquables très prisés par de nombreux oiseaux. "Pas moins de 212 espèces peuvent y être observées. Certaines sont communes, mais d'autres tout à fait rares y font aussi halte", explique Philippe Funcken, directeur général de Natagora, soulignant que le site joue également un rôle très important pour la nidification de certaines espèces durant l’été. Parmi les oiseaux emblématiques qui fréquentent les anciens décanteurs, on trouve près de la moitié de la soixantaine de couples de grèbes à cou noir recensés en Wallonie, la gorgebleue à miroir ou encore la panure à moustache -un passereau d'origine tropicale qui apprécie particulièrement les roselières présentes dans certains bassins.
La Libre Belgique – 1er septembre 2011

La Louvière. Poussières radioactives chez Duferco
Classé «niveau 1» (sur 7) par l'Agence fédérale de contrôle nucléaire (AFCN), l'incident qui a touché l'entreprise sidérurgique Duferco, à La Louvière, a suscité l'étonnement parmi les travailleurs. Convoqués pour un conseil d'entreprise extraordinaire, ceux-ci ont en effet appris, mardi, que des particules radioactives avaient été détectées dans le système d'extraction des poussières du four électrique. «C'est ce lundi en France, à l'entrée de ces poussières dans une usine de recyclage, qu'un léger dépassement des normes autorisées a été constaté, précise Caroline Marlair, porte-parole. Nous avons alerté l'AFCN qui a procédé à des analyses et a constaté l'absence de danger». D'après l'AFCN, l'incident aurait été causé par l'introduction dans le processus de production de produits longs « d'une source de Césium 137 (...) qui a été fondue et dispersée dans les poussières résiduelles». L'entreprise, à l'arrêt, va devoir procéder à la décontamination des installations concernées, le césium 137 ayant une demi-vie de 30 ans, et identifier la source de la pollution. Quant aux travailleurs qui auraient pu être touchés par ces poussières, ils ont été envoyés à l'Institut national des radioéléments à Fleurus, pour y passer des examens médicaux qui se sont avérés négatifs.
Le Soir – 16 septembre 2011

Vie sauvage.
Après un siècle, le loup ferait son retour en Belgique Une équipe de l'émission "Dieren in Nesten" de la VRT a pris des images d'un loup à Gedinne (Namur). Il s'agirait du premier loup aperçu en plus de cent ans dans nos contrées. Les images ont été montrées jeudi dans le journal télévisé de la Eén et durant le JT de la RTBF. L'équipe de télévision a vu ce loup par hasard et était en fait à la recherche d'un lynx. Ce félin disparu des forêts belges aurait fait son retour au sud du pays. "Lorsque nous avions entendu que des moutons avaient été tués dans la région de Gedinne, mordus au cou, nous avions décidé d'installer des caméras afin de pister un éventuel lynx ou chien sauvage. L'animal était un loup", a expliqué le présentateur Chris Dusauchoit. Les images ont été montrées à Eric Marboutin, un expert français des loups. Il a été formel : l'animal est un loup. "On voit des marques blanches typiques sur la tête du loup qui est de forme différente d'un husky ou d'un berger allemand. Sa queue et son pelage sont typiques", a expliqué M. Marboutin. Le dernier loup a été abattu en 1898 en Belgique.
La Libre Belgique – 23 septembre 2011

38 transports d'ici 2014
Retour des déchets belges compactés de la Hague en France vers Dessel (3 ont été réalisés sur 9 prévus, soit 6 à venir). Transit de déchets néerlandais compactés de la Hague vers les Pays-Bas (4 sur 6, soit 2 à venir). Transit de combustibles usés néerlandais de la centrale de Borssele aux Pays-Bas vers la Hague (1 réalisé, le 7 juin dernier, sur 10, soit 9 à venir). Retour des déchets cimentés belges de Sellafield en Grande-Bretagne vers Dessel. via le port d'Anvers (aucun réalisé sur 21).
La Libre Belgique 23 septembre 2011

Energie.
La Suisse se dirige vers une sortie du nucléaire Le Conseil des Etats - la chambre haute du Parlement helvétique - a adopté, mercredi 28 septembre, les plans du gouvernement pour sortir du nucléaire d'ici à 2034. Le Conseil national avait voté dans le même sens le 8 juin. Entre autres mesures, les députés ont adopté une proposition interdisant la construction de toute nouvelle centrale.
Le Monde 30 septembre 2011

Nucléaire.
Trois agents contaminés lors d'un incident à Dessel Mardi après-midi, un incident technique chez Belgoprocess a contaminé trois personnes lors d'une inspection du matériel nucléaire technique, à Dessel. Selon le porte-parole de Belgoprocess, Bart Thieren, les trois personnes contaminées (des inspecteurs de l'AIEA, de l'Euratom et un travailleur de Belgoprocess) ne subiront pas de conséquences durables sur le plan médical. "Cet incident nous permettra d'en tirer une bonne leçon", a-t-il toutefois ajouté. Belgoprocess affirme par ailleurs qu'aucune radioactivité ne s'est échappée du bâtiment et que les riverains n'ont rien à craindre, ni pour eux, ni pour l'environnement. A l'origine de l'incident, une erreur de manipulation d'un récipient contenant du plutonium. Elle a eu lieu lors de l'inspection annuelle réalisée par l'Agence internationale de l'énergie atomique (AIEA) et l'organisme européen de l'énergie atomique, Euratom.
La Libre Belgique – 6 octobre 2011

Climat. Les glaciers de l'Himalaya fondent dangereusement
La forte hausse des températures, imputée partiellement au réchauffement climatique observé sur la planète, provoque la fonte des glaciers dans la chaîne de l'Himalaya, un impact néfaste pour les habitats, le tourisme et l'économie, affirme une étude publiée mardi par le journal "Environmental Research Letters". Les chercheurs dirigés par Li Zhongxing de l'Académie chinoise des Sciences ont identifié trois modifications intervenues sur les glaciers qui pourraient avoir partiellement pour origine ce réchauffement. De nombreux glaciers examinés ont montré des signes "de recul drastique" ainsi qu'une importante diminution de leur masse. L'étude a également montré l'extension des lacs de glaciers alimentés par la fonte. Les modifications en termes de pluies et chutes de neige sont moins marquées, selon les chercheurs, mais conformes aux prédictions des modélisations de changements climatiques prévus.
La Libre Belgique 26 octobre 2011

Fukushima.
Des rejets record d'éléments radioactifs Une forte contamination radioactive du milieu marin s'est produite après l'accident dans la centrale japonaise de Fukushima, avec des rejets de césium 137 estimés à 27 millions de milliards de becquerels, a indiqué jeudi l'Institut de radioprotection et de sûreté nucléaire. «Ce rejet radioactif en mer représente le plus important apport ponctuel de radionucléides artificiels pour le milieu marin jamais observé». Grâce à un des courants marins les plus importants du globe, les eaux contaminées ont toutefois été rapidement éloignées vers le large. Diluée dans l'ensemble du Pacifique, l'importante quantité de césium 137 déversée ne devrait au final conduire qu'à des concentrations de 0,004 becquerel par litre, deux fois plus que les retombées des essais nucléaires atmosphériques des années 1960.
La Libre Belgique – 28 octobre 2011

Environnement. Les déchets toxiques n'iront plus n'importe où
Les Etats de l'OCDE ne pourront plus exporter des déchets dangereux vers des pays non membres si ces derniers s'y opposent a annoncé mardi un porte-parole du Programme de l'Onu pour l'environnement. Seize ans après sa conclusion, la Convention de Bâle va pouvoir entrer en vigueur. Elle vise à protéger les pays en voie de développement contre les importations indésirables de déchets.
La Libre Belgique - 28 octobre 2011

Canada. La biomasse forestière polluerait plus que le charbon, selon Greenpeace
La combustion du bois de forêt pour produire de l'énergie serait plus polluante et nuisible pour l'environnement que l'utilisation d'essence ou de charbon, affirme mercredi Greenpeace Canada dans un rapport basé sur de nombreux travaux de recherche. Plusieurs provinces canadiennes ont ouvert les forêts publiques à l'extraction à grande échelle de matière végétale pour produire de l'énergie à partir de leur combustion dans des centrales électriques. L'association écologiste estime que cette exploitation se fait sans règles environnementales adéquates. Greenpeace affirme que la combustion des arbres n'est pas "carboneutre", autrement dit qu'elle ne présente pas de bilan neutre des émissions de gaz à effet de serre. En fait, les centrales électriques nord-américaines fonctionnant à la biomasse "émettent jusqu'à 150% de plus de C02 ; 400 % de plus de monoxyde de carbone irritant pour les poumons et 200% de plus de particules fines qui causent l'asthme", affirme l'ONG. Greenpeace demande un moratoire sur les nouveaux projets bioénergétiques et la révision des projets existants. L'association appelle également les pays de l'UE à s'assurer que le recours à la biomasse comme source d'énergie soit soumis à des mesures permettant d'éviter d'hypothéquer l'avenir des forêts naturelles.
La Libre Belgique – 3 novembre 2011

OGM. Des moustiques faits pour tuer leurs petits
Des chercheurs ont annoncé des premiers résultats concluants à la suite d'un lâcher de moustiques génétiquement modifiés, selon le quotidien "New York Times". Concrètement, le moustique est doté d'un gène qui provoque sa mort. Les petits, porteurs du même gène, ne devraient pas survivre sans antibiotique jusqu'à l'âge adulte. Ces modifications d'ADN pourraient servir à lutter contre le paludisme ou la dengue, des maladies transmises par les moustiques.
La Libre Belgique – 3 novembre 2011

Royaume-Uni. Gaz de schiste et secousses sismiques
Des forages sur un gisement de gaz de schiste sont "très probablement" à l'origine de secousses telluriques ayant touché la région côtière du Lancashire (Nord-Est) en avril et mai dernier, a estimé un rapport d'experts publié mercredi. La région avait enregistré le 1er avril et le 27 mai des secousses de magnitudes de 2,3 et 1,5. Ces forages utilisaient la technique controversée de la fracturation hydraulique, qui consiste à fissurer la roche en grande profondeur avec un mélange d'eau et de produits chimiques projeté à haute pression, afin d'en libérer les hydrocarbures. "La conjonction de caractéristiques géologiques spécifiques à ce site est rare et ne devrait pas se reproduire à l'avenir sur d'autres puits", a cependant tempéré le rapport. Les experts estiment qu'une secousse de magnitude 3 était "le pire scénario envisageable" et conseillent à l'opérateur Cuadrilla de mettre en place « une veille de l'activité sismique » du sous-sol exploité.
La Libre Belgique – 3 novembre 2011

Cellules souches
La Cour européenne de justice (CEJ) a tranché, et c'est sans appel : il n'y aura pas de brevets européens sur les cellules souches embryonnaires humaines. Une décision attendue, puisque l'avocat général près la CEJ avait rendu un avis préliminaire en ce sens. Ne seront brevetables que les techniques ne nécessitant pas la destruction d'un embryon.
Le Vif/L'Express - 4 novembre 2011

Mol et l’UCL associés dans Myrrha.
Le Centre d'étude de l'énergie nucléaire de Mol et l'Université catholique de Louvain vont travailler ensemble sur le projet Myrrha, le nouveau réacteur à l'étude en Campine sous la direction du Pr Hamid Aït Abderrrahim. Ce réacteur d'un type nouveau - beaucoup plus sûr que les installations classiques dont on a pu mesurer le risque d'emballement à Fukushima - nécessite la mise au point d'un injecteur de particules et c'est l'UCL qui a été choisie grâce à son Centre de ressources du cyclotron. Pour mémoire, Myrrha est un projet à... 960 millions d'euros qui devrait permettre, à l'horizon 2023, de réduire de cent fois le volume de certains déchets nucléaires, tout en diminuant leur durée de vie et en produisant notamment des radio-isotopes ainsi que du silicium dopé pour diverses applications (voitures hybrides, énergies renouvelables...).
Le Vif/L'Express - 18 novembre 2011

Energies renouvelables La Belgique 15e au classement
La Belgique glisse d'un rang, à la 15e position, dans le classement qui évalue, dans 40 pays, les marchés nationaux pour les énergies renouvelables, l'infrastructure et la disponibilité pour les technologies individuelles. C'est ce qu'il ressort mardi de la nouvelle étude trimestrielle mondiale "Renewable Energy Country Attractiveness Indices" d'Ernst&Young. La Chine reste au premier rang, suivie par le Brésil, qui dispose d'un marché éolien à forte croissance et avec des besoins énergétiques fermes, atteint pour la première fois le top 10. La Belgique fait un peu moins bien que d'autres pays européens, comme l'Allemagne, 3e, mais mieux que le Portugal ou les Pays-Bas. Les rapports de force ont clairement évolué. L'Europe de l'Est, le Moyen-Orient, l'Afrique du Nord, l'Asie du Sud-Est et l'Amérique latine offrent actuellement les meilleures perspectives d'avenir.
La Libre Belgique – 23 novembre 2011

Du bioplastique avec des eaux usées
Le procédé est unique et la production biodégradable Aquiris se lance dans le domaine de la production de bioplastiques. L'opérateur de la plus grande station d'épura¬tion de Belgique, située à Bruxelles-Nord, filiale du groupe Veolia, a présenté mardi sa dernière innovation : un dispositif pilote capable de fabri¬quer, à partir d'eaux usées de la capitale, des matières plastiques utilisa¬bles pour les objets du quotidien. La gestation de cette technologie aura duré dix ans dans les laboratoires d'AnoxKaldnes, une branche suédoise du groupe français. Elle est aujourd'hui adaptée à petite échelle dans le processus industriel d'Aquiris. L'avancée est qualifiée de "révolutionnaire" et les objets produits sont entièrement biodégradables. Cette nouvelle technologie, baptisée "Cella", s'appuie sur l'action de bactéries naturellement présentes dans les eaux usées. "Ces bactéries sont nourries par la boue d'épuration. Elles transfor¬ment ensuite la pollution des eaux usées en polymères, produits de base au plastique", explique Emmanuel Trouvé, directeur recherche et développe¬ment chez Veolia. Avec cette nouvelle découverte, il espère donc concurrencer l'industrie pétrochimique et le plastique "vert". Elle aurait, selon ses promoteurs, un avantage considérable : "La production de ce bioplastique est réalisée à partir de la récupération de CO2 perdu. Nous n'avons pas besoin de terrain agricole. L'impact sur l'empreinte écologique est donc quasi nul", insiste M. Trouvé. Quant aux débouchés commerciaux, ils seraient très prometteurs. "Nous avons déjà eu des contacts avec plusieurs entreprises, dans le domaine automobile notamment. Mais ce sont toujours elles qui ont fait le premier pas." Aquiris n'ambitionne toutefois pas d'inonder le marché avec une déclinaison d'ustensiles en "néo-plastique". L'installation actuelle permet de créer des objets en série de petite taille comme des stylos, des cartes de crédit ou encore des pièces automobiles. "Nous évitons tout ce qui touche à l'alimentaire. Les gens ne sont pas encore prêts à boire dans des gobelets en plastique provenant d'eaux usées." Actuellement, la bioraffinerie reste en marge de l'usine d'assainissement. L'unité pilote ne produit que dix kilos de plastique par semaine. Dans deux ans, l'entreprise espère atteindre une production de plusieurs tonnes. De 20 à 30 % des eaux usées pourraient être redirigées vers ce type de production. Dans tous les cas, Aquiris souhaite conserver la production de bioplastiques sur le site bruxellois.
La Libre Belgique – 10 et 11 novembre 2011

Deux incidents nucléaires TIHANGE, DESSEL
Deux incidents nucléaires, de niveau 1 sur l'échelle internationale des événements nucléaires INES qui en compte sept, ont été constatés la semaine dernière en Belgique, à Dessel et Tihange, a-t-on appris lundi auprès de l'Agence fédérale de contrôle nucléaire (AFCN). Un incident de niveau 1 s'est déclaré le lundi 5 décembre à Tihange. Un chimiste a constaté qu'un des systèmes d'échantillonnage prévu pour contrôler la qualité de l'eau du circuit secondaire n'avait pas fait l'objet des relevés requis. «Il s'agit d'un problème purement technique», a souligné la porte-parole de l'AFCN, sans aucune conséquence sur les travailleurs, la population, l'environnement L'autre incident s'est produit le jeudi 9 décembre, à l'entreprise de traitement et stockage de déchets nucléaires Belgoprocess (Dessel) durant les activités préparatoires au rapatriement d'un container en béton dans une des unités de retraitement de Belgoprocess. «Outre une contamination limitée de l'environnement direct du bâtiment, deux opérateurs ont également été contaminés», indique l'AFCN.
Courrier de l’Escaut – 13 décembre 2011

Bulletin N° 70 - Décembre 2011

EDITORIAL

Chronique de la Société royale: Le vieux-Liège
Invitation à la prochaine Assemblée Générale
Annonce de l’excursion géomorphologique en collaboration avec les CNB

ARTICLES

Jardins au naturel
Brigitte Durand

Le terrorisme nucléaire
Michel Wautelet

NOUS AVONS LU de Richard A. Muller « La physique expliquée à notre futur Président »
Michel Wautelet

NOS LECTEURS S’EXPRIMENT

Quelques réflexions à propos du Ravel dans la traversée de Lobbes
J.-M. Delmotte

COMPTES-RENDUS

Journées sur « le sol »
Bernadette Lamblin

Stage "A la découverte de la nature » à l'Abbaye de Saint-Denis

Commémoration Hiroshima - Nagasaki du 6 août 2011

Sensibilisations à la connaissance du monde des champignons

REVUE DE LA PRESSE

 NUCLEAIRE
Nucléaire : voici le plan déchets
Le Soir – 23/09/11
Le pays se passe du nucléaire
Le Soir – 01/11/11
Nucléaire : un vent favorable
Le Soir – 09/11/11
Sûreté des réacteurs européens : révision « a minima »
Le Monde – 25/11/11
Deux Belges sur trois en faveur de la sortie du nucléaire
L’Avenir – 25/11/11

 ENERGIE
« Une découverte pétrolière géante »
La Libre Belgique – 17/08/11
Chaque année, 80 éoliennes de plus
La Libre Belgique – 06/09/11
Le solaire a presque gagné le pari de la compétitivité
Le Monde – 02/12/11
Coup de chaleur à Mons
La Libre Belgique – 09/11/11

 CLIMAT
Les océans : crise biologique inédite depuis 55 millions d’années ?
Le Monde – 24/06/11
Les tourbières : des « bombes » de gaz à effet de serre…
Imagine – Octobre 2011
Réchauffement des mers plus rapide que prévu en Europe
Le Monde – 16/09/11
Un trou inquiétant dans la couche d’ozone en Arctique
La Libre Belgique – 04/10/11
La banquise en trois dimensions
Le Soir – 15/11/11
Le sol de l’Arctique : une bombe au carbone
Le Soir – 01/12/11
Durban sauve Kyoto in extremis
La Libre Belgique – 12/11/11

 ENVIRONNEMENT
Dépolluante, la belle plante
Libre Momento – 26/08/11
Code de conduite : 28 plantes invasives bannies
Le Soir – 20/09/11
Le frelon d’Asie en veut aux abeilles
Le Soir – 24/11/11

 POLLUTION
Un centre indépendant pour la lutte anticancer
Le Soir – 9 et 10/07/10
Le risque mortel des algues vertes confirmé par 2 rapports officiels
Le Monde – 09/09/11

 BIODIVERSITE
Protéger les mammifères
La Libre Belgique – 17/08/11

 NOUVELLES BREVES

LE TERRORISME NUCLÉAIRE - Michel Wautelet, Université de Mons, Septembre 2011 -

Lorsque l’on parle des menaces que le nucléaire fait peser sur nos sociétés, on pense généralement aux armes nucléaires et aux catastrophes nucléaires civiles. Hiroshima, Nagasaki en 1945, Tchernobyl en 1986, Fukushima en 2011 marquent les esprits. Parfois, dans la suite du 11-Septembre, certains mentionnent le risque de terrorisme nucléaire. Des terroristes pourraient-ils utiliser de la matière radioactive pour contaminer et tuer des gens ? Répondre à cette question n’est pas facile, et les experts sont loin d’être tous d’accord entre eux. Certains estiment le terrorisme nucléaire irréaliste ; d’autres pensent que la menace existe. Quoiqu’il en soit, le problème est considéré comme sérieux par certains responsables politiques. Pour preuve, en avril 2010, le président Barack Obama réunit, à Washington, un sommet de 47 pays sur le sujet.

Le but de cet article est de faire le point sur ce que l’on sait du terrorisme nucléaire. Afin de mieux appréhender le problème, les difficultés des réalisations sont considérées.

Définition

Afin d’être clair, précisons d’abord ce que l’on entend ici par « terrorisme ». D’après le dictionnaire Robert :
Terrorisme. Emploi systématique de mesures d’exception, de la violence pour atteindre un but politique (prise, conservation, exercice du pouvoir…). Spécialt : Ensemble des actes de violence (attentats individuels ou collectifs, destructions) qu’une organisation politique exécute pour impressionner la population et créer un climat d’insécurité.

Dans la suite, je considérerai le cas d’ « organisations terroristes », au sens classique du terme, donc du genre Al-Qaeda et autres. Dans cette catégorie, je ne classe pas les états nucléaires, bien que certains de leurs actes soient souvent qualifiés de terrorisme.

Il y a plusieurs façons de classer les actes de terrorisme nucléaire. Ici, nous considérons que le terrorisme nucléaire implique trois types d’actes :
- l’utilisation d’une arme nucléaire « classique » contre une cible civile ;
- l’utilisation d’une bombe radiologique (ou bombe « sale ») contre une cible civile ;
- l’attaque d’une centrale nucléaire civile ou d’un site de stockage ou de retraitement de déchets nucléaires.

Réaliser chacun de ces actes demande des conditions techniques et logistiques différentes.

1. Les armes nucléaires « classiques » (bombes A et H)<br />
Hiroshima et Nagasaki ont montré les dégâts que peuvent causer les armes nucléaires. Rappelons que l’unité de « puissance » (en fait d’énergie) des armes nucléaires est la kilotonne (kt), équivalent à l’énergie libérée par une kilotonne (mille tonnes) d’explosif classique (TNT). La puissance de la bombe d’Hiroshima est estimée à environ 13 kt ; celle de Nagasaki, à 22 kt. Les armes nucléaires des puissances nucléaires actuelles ont des puissances comprises entre 1-2 kt (bombes à neutrons) à quelques mégatonnes (Mt = 1000 kt). Alors que les explosifs classiques libèrent leur énergie en un temps relativement long, les armes nucléaires le font en une fraction de seconde (environ 1 microseconde, soit un millionième de seconde), d’où des effets très importants. Elles libèrent et provoquent aussi de la radioactivité. Leur fabrication n’est pas simple à réaliser. Deux types principaux d’armes nucléaires existent : les bombes A et H. Parmi les bombes A, il faut distinguer les bombes à uranium et à plutonium.

Suite de l'article dans notre bulletin n° 70.

Compte-rendu du stage « A la découverte de la nature » du 4 au 8 juillet 2011 à l'Abbaye de Saint-Denis (St Denis/Obourg/Mons)

Quel meilleur choix que celui-ci pour une découverte de la nature sur les traces du Petit Prince de Saint-Exupéry. Cette abbaye de Saint-Denis-en-Broqueroie, fondée en 1081 par la comtesse de Hainaut Richilde et son fils le comte Baudouin II, fut rachetée, le 22 mai 1978, par une coopérative d’habitat groupé qui restaura les bâtiments historiques lesquels sont en partie classés. Elle vend en 1984 le seul bâtiment des Scheutistes à la Communauté française. Celle-ci le revend à une société immobilière qui transforma le bâtiment en appartements.

Dès le premier jour, les enfants partent pour un jeu de piste à la découverte de l’histoire du Petit Prince revenu sur terre, non pas dans le désert mais dans un milieu pour lui tout à fait inconnu. Il va leur demander d’observer les feuilles des différentes essences forestières rencontrées, d’en prélever juste un peu pour les identifier, jeu de rôle, recherche d’indices, lecture de carte,… avec un Petit Prince qui veut cette fois qu’on lui dessine un arbre mais pas n’importe lequel… Sur sa planète, il n’a connu que sa rose et les baobabs tellement envahissants.

L’après-midi, grand puzzle de la nature, une trentaine de feuilles et fruits sont à observer et à classer. La journée se termine par une très belle balade à la recherche du meilleur endroit pour trouver des larves, des insectes… Le tout pour réaliser une bonne « pêche » le lendemain.

Ce deuxième jour, il est temps d’aborder un sujet d’actualité : la biodiversité. Par un jeu et par une animation, les enfants vont peu à peu compléter de grands panneaux pour mieux visualiser la place de nombreux animaux dans la chaîne alimentaire, leur mode de vie et le lieu privilégié de résidence de chacun. Qu’est-ce qu’un producteur ? Un consommateur de premier ordre (végétarien) ? Un consommateur de deuxième ordre (carnassier) ? Et un super prédateur ? Le classement est-il fait par rapport à la taille de la faune ? Et, dans ce cas, comment cela se fait-il que la fourmi se trouve au troisième étage juste au-dessus du cerf, du daim, du chevreuil, du lapin, … ? N’oublions pas non plus le rôle des déminéralisateurs ainsi que celui des champignons dans la décomposition de la matière organique. L’après-midi consacrée au milieu aquatique commence par une discussion qui permet de clarifier les différences entre mare et étang ainsi que leurs origines, les animaux qui y vivent et l’importance de ces points d’eau indispensables à la vie larvaire de nombreuses espèces. Ensuite, la pratique. Très bonnes prises réalisées par les enfants. De quoi réveiller leur curiosité : notonecte, gerris, larve de dytique, alvin… Tous ces animaux ont été relâchés dans leur milieu après observation.

Mercredi : la pédofaune avec l’observation de la litière (sa formation, son rôle) et des arthropodes présents.

En salle grâce à l’appareil de Berlez, les enfants ont pu observer ce petit monde qui grouille sous nos pieds. Après s’être familiarisés avec la loupe de botaniste (grossissement 10 et 20 fois) la boîte loupe, bien pratique sur le terrain (grossissement 2 et 4 fois), voici venu le temps de l’observation à la loupe binoculaire et au microscope : acariens, collemboles, araignées, larves, cloportes se dévoilent sous un tout autre jour. L’après-midi : fabrication d’un éventail de reconnaissance des différentes espèces d’arbre qui va permettre aux enfants de fixer les connaissances qui leur seront utiles lors de prochaines balades selon le désir de chacun.

Déjà jeudi, et pour les enfants, découverte du bois d’une manière inattendue. Ils se sont d’ailleurs bien amusés. En utilisant tous leurs sens, ils ont abordés de façon originale un parcours qu’ils croyaient pourtant bien connaître. Pour la suite de la journée, c’est la découverte d’un monde mal connu et pourtant passionnant : celui des araignées, escargots,… sans oublier une initiation au règne fongique.

Dès notre première journée, les enfants avaient pu entrevoir les quelques ruches présentes dans le bois de Saint-Denis sans vraiment pouvoir les observer de près compte tenu de l’activité des abeilles et du risque de piqûres. A ma demande, l’apicultrice, Madame Muriel Baudhuin (habitant Casteau) accompagnée de Monsieur Durieux, tous deux membres du comité du « Rucher-Ecole », rue Henri Dunant 187 à Mons, ont proposé une animation sur les abeilles. Ils ont eu la gentillesse d’apporter une ruche, des cadres encore gorgés de miel et bien d’autres choses très didactiques pour faire partager aux enfants leur passion. Durant plus de deux heures, ils ont démontré l’importance des abeilles dans la pollinisation et la biodiversité. Ils ont expliqué l’organisation de la ruche, la vie de la larve jusqu’à sa mort (l’abeille suivant sa maturation occupant tous les postes), le rôle des mâles… Face à un public conquis, ils ont répondu aux questions concernant l’essaimage, la production du miel, la vie de la reine et son remplacement en cas de déficience, les dangers des pesticides, le fauchage tardif, les précautions à prendre pour les observer. Un cadre fraichement retiré de la ruche et encore « dégoulinant » de miel a particulièrement émoussé leurs papilles ; ils n’ont pas pu résister.

Voyant cet enthousiasme à la dégustation Madame Baudhuin est partie rechercher un pot de 500 g de miel tout frais qu’ils ont dévoré pour moitié en un après-midi. Chaque enfant avait déjà reçu un petit pot d’échantillon offert par l’école…

Dernière après-midi avec une très belle balade dans un endroit pas encore visité jusqu’à ce jour, ce qui a permis d’aborder le thème de la gestion forestière, la vie de l’arbre, ses différentes parties et leurs fonctions différentes. La quête perpétuelle de la lumière pour leur survie, le choix de la personne qui décide de couper un ou plusieurs arbres et pourquoi, l’importance de rajeunir un bois, un arbre mort sans danger pour le public, sa raison d’être maintenu dans ce milieu,… Petit jeu pour résumer cette animation et pour clôturer ce stage sous une météo très clémente.

Cette semaine passée trop vite au goût des enfants figurera probablement à notre agenda l’année prochaine.

Merci aux résidents de l’abbaye de Saint-Denis pour leur gentillesse et leur accueil ainsi qu’à Madame Baudhuin et Monsieur Durieux pour leur disponibilité.

JOURNÉES SUR « LE SOL » - Bernadette Lamblin -

Le Centre d’Ecologie a eu l’opportunité d’assister d’une part, à une journée de formation visant à l’initiation aux sciences du sol, donnée par M. Baptiste Hottekiet du Parc naturel du Pays des Collines dans le cadre du projet PROSENSOLS; et, d’autre part, de participer à un colloque sur la biologie des sols et l’amélioration de la fertilité donné par M. et Mme Claude et Lydia Bourguignon. En voici les comptes rendus.

1. Journée de formation sur le sol

La première question que l’on peut se poser est : qu’est-ce que le sol ? C’est l’épiderme de la terre, c’est la couche superficielle meuble de la surface terrestre, son épaisseur peut aller de quelques centimètres jusqu’à plusieurs mètres. Il résulte de l’altération d’une roche et de la décomposition des matières organiques telle que la végétation. Sa formation est très lente, de l’ordre de 0,1 mm par an ! L’altération fait intervenir des processus physiques (gel, fracturation…) et chimiques (dissolution, précipitation…). L’altération de la roche et l’implantation de la végétation vont conduire à la formation d’une couche meuble. Etant donné le temps nécessaire à sa formation, le sol doit être considéré comme une ressource NON-RENOUVELABLE. Le sol n’est pas le même partout, ses propriétés dépendent de son âge ainsi que du type de roche, de la végétation, du climat et de sa position dans le relief.

Caractéristiques du sol

La texture, très importante, car elle définit de nombreuses propriétés comme sa perméabilité à l’eau, sa capacité à retenir des éléments nutritifs pour les plantes. La partie solide du sol est constituée principalement de petites particules dont la taille varie de plusieurs centimètres à moins d’un millième de millimètre. La proportion des particules de différentes tailles détermine la texture du sol. C’est ainsi qu’on distingue la texture sableuse, limoneuse, argileuse, sablo-limoneuse, limono-sableuse… Les particules minérales provenant de l’altération des roches se différencient selon leur taille (granulométrie). On distingue les argiles (< 0,002 mm), les limons (de 0,002 à 0,05 mm) et les sables (de 0,05 à 2 mm). Au-delà de 2 mm, on parle de graviers, de cailloux, de pierres et de blocs.

La structure, que l’on pourrait qualifier de « mode d’assemblage ». Elle détermine la répartition de la matière solide et des vides. Elle détermine l’aération du sol et sa capacité à infiltrer de l’eau et à en retenir pour les plantes. Lorsqu’on écrase un bloc de sol entre les doigts, il a tendance à se fragmenter en petites mottes que l’on appelle « agrégats ». Ces derniers sont à la base de la structure du sol. La structure résulte de la cimentation des éléments les plus grossiers (sables et limons) par les éléments les plus fins comme les argiles et l’humus.

Le sol n’est pas une masse homogène. Il est possible de distinguer des couches superposées ayant des caractéristiques bien distinctes que l’on nomme « horizon » et qui, ensemble, constituent un profil de sol.

La matière organique du sol comprend ce qui est vivant (plantes, vers de terre…), la matière organique fraîche, morte et très peu transformée (litière d’une forêt…) et la matière organique morte et totalement transformée (humus). La matière organique est une source d’éléments nutritifs essentielle pour le développement de la végétation et des micro-organismes du sol. Elle est structurante car l’humus se lie avec les argiles permettant ainsi la cimentation des différentes particules du sol.
La réserve en éléments minéraux du sol et le pH (il reflète l’acidité du sol, ce qui va influencer la disponibilité des éléments nutritifs pour les plantes, les sols à pH acide sont plus pauvres car ils ont moins de capacité à retenir les éléments minéraux étant saturé en H+). Le sol contient des éléments minéraux (azote, phosphore, potassium, calcium, soufre, magnésium…) provenant de la décomposition de la matière organique et de l’altération de la roche. Ces éléments minéraux sont nécessaires pour assurer le développement de la végétation. Plus l’épaisseur du sol augmente, moins la roche a d’influence sur le type de végétation. C’est uniquement le climat qui déterminera le type de végétaux qui auront à leur tour une influence sur le sol.

Si l’on considère la vie du sol, qui contient 80% de la biomasse globale, on constate que les formes de vie dans le sol sont très nombreuses : taupes, vers de terre, araignées, collemboles, acariens, bactéries, algues, champignons… Tous ces organismes sont essentiels au bon fonctionnement des sols et de l’écosystème planétaire en général, ils jouent un rôle prépondérant dans le cycle du carbone, de l’azote et de l’eau. Les vers de terre sont également essentiels pour structurer le sol.

Quant à la biodiversité des sols, on peut dire que chaque sol est unique, il existe une multitude de combinaisons qui varient selon le type de roche d’origine, de climat, de relief, de végétation, les éventuelles interventions humaines et leur âge.

Le sol est une ressource essentielle qui remplit de nombreuses fonctions qu’elles soient environnementales, économiques, socioculturelles… Le sol constitue un tampon contre les inondations, une réserve d’eau pour les plantes, un immense filtre ; il peut piéger le carbone et limiter l’effet de serre mais peut aussi être une source d’émission de CO2.

Plusieurs menaces pèsent sur nos sols en danger : l’érosion, la diminution des teneurs en matière organique, la contamination, le tassement, la salinisation, l’imperméabilisation, les glissements de terrain, la perte de la biodiversité.

Ce résumé a été réalisé sur base des nombreux documents remis lors de cette journée très intéressante conduite par Mr. Baptiste Hottekiet dans le cadre du projet PROSENSOLS.


2. Biologie des sols et amélioration de la fertilité

C’est face à un auditoire de plus de 100 personnes (agriculteurs, pépiniéristes, …) que Lydia et Claude Bourguignon sont venus donner une conférence sur la biologie des sols et l’amélioration de la fertilité. Ils étaient invités par l’Institut Agricole de Ath dans le cadre de son centième anniversaire. Ces deux scientifiques, Lydia Gabucci Bourguignon, Maître-es-sciences et Claude Bourguignon Ingénieur INAPG. ont créé le LAMS en 1990, un laboratoire d’analyses microbiologiques des sols situé à Marey-sur-Tille.

Grâce à leurs recherches et leurs études statistiques résultant de plus de 6000 analyses de sol effectuées en Europe et dans le monde, ils ont pu définir des critères de qualité et de vocation des sols, trop négligés aujourd’hui.

De leur propre aveu, beaucoup les ont considérés comme d’aimables farfelus promis à un avenir éphémère lorsqu’ils ont lancé ce laboratoire. Les premières conférences qu’ils ont données n’attiraient pas les foules ; après quelques minutes, le public s’éclaircissait et ils finissaient régulièrement face à un auditoire réduit à 2 ou 3 personnes. A l’évidence, ce que proposent ces scientifiques remet complètement en question l’agriculture et la gestion des sols. A force de malmener les sols, notre agriculture est de plus en plus dépendante des engrais qui accélèrent la mort du sol. L’industrie propose alors de nouvelles solutions sous forme de nouveaux produits qui entraînent une nouvelle dépendance chez les agriculteurs. Il est vrai que les producteurs d’engrais n’ont guère intérêt à promouvoir une agriculture respectueuse du sol, considérée depuis trop d’années comme seulement « un support ». Une bonne agriculture doit passer par une bonne connaissance du sol, de sa texture, de sa structure, de sa pédofaune, de sa matière organique et de ses champignons. Chacun ayant un rôle très important à jouer pour obtenir un bon équilibre, source de rendement mais pas à n’importe quel prix.

Sur demande, les Bourguignon proposent des analyses complètes de la surface et du sous-sol permettant de connaître la vocation des parcelles. Il devient alors possible de choisir les variétés de céréales, de fruits ou de légumes les mieux adaptés aux sols afin d’obtenir des produits de haute qualité gustative. Le LAMS est le seul laboratoire qui effectue des comptages de faune du sol au service des agriculteurs et des viticulteurs. Le LAMS a découvert et continue de découvrir de nouvelles espèces à travers le monde. Le comptage complète les mesures d’activités biologiques car il permet de voir la remontée quantitative (nombre d’animaux / hectare) de la vie du sol et son évolution qualitative (diversité des espèces d’animaux du sol).


La faune du sol se divise en 3 grands groupes :

• La faune épigée qui vit à la surface du sol et qui mange la litière et tous les déchets organiques situés en surface. Elle est la source de l’humus dans les sols.
• La faune anécique, c’est-à-dire les vers de terre qui aèrent et brassent le sol de la surface vers le fond.
• La faune endogée qui vit en profondeur et qui mange les racines mortes. Elle assure l’aération du sol permettant ainsi aux racines de s’enfoncer. Sa présence est indicatrice de bonne santé du sol.

L'agriculture intensive est mortifère : elle est à l'origine de la destruction des sols. Dans cette conférence, Claude et Lydia Bourguignon nous expliquent une technique agricole qui prend en compte le fonctionnement des sols. Elle va vers de nouvelles techniques d’assolement et de semis direct et donc vers l’abandon du labour (ce qui implique d’accepter les « mauvaises herbes ») et des sols nus (ce qui évite l’érosion) et de copier la nature. C’est la technique du semis direct sous couvert.

Le semis direct sous couvert est une culture plein champ qui consiste à implanter une culture intermédiaire entre la moisson et le prochain semis. Cette culture intermédiaire est ensuite écrasée au rouleau pour recevoir une culture en semis direct sur ce qui s'appelle alors le couvert de l'interculture.

Le semis se fait obligatoirement à l'aide d'un semoir spécifique adapté à cette technique culturale possédant des disques afin de trancher la végétation et de permettre la réalisation d'un lit de semis favorable.

Il n'y a donc aucune intervention mécanique de travail du sol (ni labour, ni hersage) entre la récolte de la culture précédente et le semis de la suivante. La destruction du couvert se fait naturellement, la seconde culture prenant le pas sur l'intermédiaire.

Avantages de la technique

• Pas d'intervention mécanique de travail du sol, donc gain de temps, d'énergie et préservation de la structure du sol par l’apport d'engrais vert.

• Semis possible même en conditions météorologiques défavorables :
 en cas d’humidité excessive, le couvert permet le passage des engins agricoles en limitant le compactage,
 par temps sec, le couvert conserve une certaine humidité du sol par la limitation de l'évaporation.

• Notable économie de combustible car :
 économie de travail,
 économie sur la puissance moteur demandée (absence de labour).

• Maintien de l'activité biologique du sol évitant l'apport d'intrants.


Inconvénients

• Haute technicité demandée.
• Risques accrus liés aux limaces pendant 3-4 ans jusqu'au repeuplement en carabes par la suite ; donc utilisation et recherche de l'équilibre naturel.
• Implantation délicate sans outils adéquats.


Autre technique expliquée lors de cette conférence, le BRF (bois raméal fragmenté). Cette technique consiste à étaler sur 4 cm un broya de feuillus qui permet au sol de se régénérer rapidement.

Le BRF s’est avéré la méthode la plus rapide pour restaurer l’activité biologique des sols. C’est pour cette raison que le couple Bourguignon s’y est intéressé car les agriculteurs et les viticulteurs veulent une réponse rapide. Ils ont beaucoup travaillé pour les vignerons, c’est là qu’ils ont vraiment vu l’importance du bois raméal fragmenté. Très tôt, les vignerons ont privilégié l’usage de nombreux herbicides, et, triste constat, il n’y a plus de faune, plus d’entrée d’eau mais énormément d’érosion. Après avoir appliqué la technique du BRF, ils ont rapidement constaté une diminution de l’érosion et une augmentation de la vie dans les sols, un meilleur enracinement des vignes qui se portent mieux. S’il n’y a plus d’activité biologique, la qualité du vin s’en ressent.

Pour que le BRF fonctionne, il faut en mettre un minimum de 4 cm d’épaisseur, il faut couvrir totalement le sol, ce qui représente un gros investissement pour les céréalmentiers, et un moindre pour les vignerons qui n’en déposent que sous la vigne. Cette technique est très performante pour les arboriculteurs, les maraîchers… Le BRF est utilisable sur les cultures à haute valeur ajoutée. La technique est plus compliquée à mettre en place pour les céréales. Si on arrive à bien maîtriser cette méthode, on peut arriver à revaloriser des zones actuellement abandonnées.

Cette technique régénère tellement vite les sols que cela pourrait à l’avenir devenir un outil extrêmement important et prometteur.

Il y a 20 ans, les grandes entreprises multinationales ont souhaité que cela ne marche pas. Actuellement, le message est occupé à se répandre. Les multinationales sont dès lors en position de faiblesse car, si l’on relance la vie des sols, les besoins en produits traitants et fertilisants vont décroître. Les lobbies voient ainsi diminuer leurs bénéfices et les Bourguignon deviennent de plus en plus gênants car cela fait 20 ans qu’ils martèlent le même discours qui commence à porter ses fruits.

Après le constat de l’échec total de la révolution verte -les rendements après avoir bien augmentés stagnent depuis 1984- les lobbies se rendent compte que le modèle qui devait répondre à toutes les questions de la plante était peut-être un peu trop simple et que c’est beaucoup plus complexe que ça car, dans le sol, il y a de la vie… et qu’une agronomie beaucoup plus scientifique s’avère nécessaire. Travailler avec la faune, les microorganismes, les rotations… va devenir nettement plus passionnant pour les agriculteurs de demain.

Il est impératif que l’agriculture cesse de polluer et d’offrir des produits médiocres, et qu’elle commence à nourrir correctement les citoyens, et à respecter notre environnement mettant en œuvre des méthodes respectueuses du sol. Le concept selon lequel le sol est un support et que l’on peut faire pousser tout, n’importe où, n’importe comment, grâce à l’eau et aux engrais est dépassé. On va devoir redéfinir des vocations de sol comme autrefois, sans toutefois retourner à l’âge de la pierre mais en utilisant nos connaissances. Connaître la capacité d’un sol à produire de façon durable sans rajouter d’engrais car le sol sera préparé pour ça.

Il convient d’en revenir à une conception totalement oubliée, à savoir se réapproprier le sol mais pas de façon industrielle et à revenir à sa vraie vocation -un changement considérable, en termes de durabilité notamment. Avec des fertilisants et de l’eau, on fait de la culture hors sol, mais ce n’est pas durable car cela coûte très cher en énergie. De plus le sol fourni 6% de la matière sèche dont l’odeur et le goût de la plante. En hors sol, on obtient du volume c’est-à-dire des légumes et des fruits gorgés d’eau mais sans aucun goût et sans aucune saveur.

On n’a pas le droit de piller la terre et de ne rien léguer à nos enfants et à nos petits-enfants.


L’après-midi fut tout aussi passionnant que la matinée car les époux Bourguignon nous ont fait une visite commentée d’un profil de sol dans les Pépinières de Lesdain. Une coupe de 2,5 mètres de profondeur et de 3 mètres sur 5 a permis cette analyse très détaillée. Ils ont eu, de surcroît, la gentillesse de répondre à toutes les questions des agriculteurs, des pépiniéristes, des enseignants et des étudiants.

Lydia et Claude Bourguignon sont parties prenantes dans le documentaire de Coline Serreau, "Solutions locales pour un désordre global". « Les films d'alertes et catastrophistes ont été tournés. Ils ont eu leur utilité, mais maintenant il faut montrer qu'il existe des solutions, faire entendre les réflexions des philosophes et économistes, qui, tout en expliquant pourquoi notre modèle de société s'est embourbé dans la crise écologique, financière et politique que nous connaissons, inventent et expérimentent des alternatives. » - Coline Serreau.

Une Nouvelle édition du livre écrit par Claude et Lydia Bourguignon "Le sol, la terre et les champs" vient de paraître aux Editions : Sang de la terre. Prix : 26 euros à commander sur leur site : www.lams-21.com

En voici le Résumé :

L'agriculture aujourd'hui est dans une impasse. Son intensification n'a pas été capable d'arrêter la famine mais elle a épuisé des millions d'hectares de sol et dégradé la qualité nutritive des aliments. Fondée sur une conception très réductrice du sol considéré comme un support inerte, l'agronomie n'a pas su développer une agriculture durable. Elle s'enlise avec les OGM qui rendent les agriculteurs prisonniers des semenciers ainsi qu'avec le développement des agrocarburants qui provoque une hausse brutale du prix des denrées agricoles alimentaires. S'appuyant sur les expériences réussies d'une agriculture dite biologique et sur les dernières recherches en microbiologie du sol, Lydia et Claude Bourguignon proposent dans ce livre une nouvelle voie pour l'agriculture de XXIe siècle. Voici une nouvelle édition de cet ouvrage épuisé et très attendu par le public.

Merci beaucoup à ce couple passionné et très charismatique de nous avoir fait vivre leur passion.

COMPTE-RENDU DES ANIMATIONS

Ce mois de novembre qui commence tout en douceur ne peut pas nous faire oublier un mois d’août très pluvieux qui nous a joué bien des tours. Les champignons en ont profité pour montrer le bout de leur nez très tôt dans la saison et donc, en septembre et octobre, il fallait bien les chercher surtout dans notre région. Malgré cela les animations se sont bien déroulées et nos petites têtes, pas toujours blondes, sont reparties satisfaites. Toujours très étonnés de la variété, de la forme et de la taille des exemplaires présentés en salle, les élèves ont également beaucoup apprécié d’aller dans les bois découvrir par eux-mêmes le mode de vie des champignons et bien d’autres choses.

Nous avons commencé par l’école St-Ferdinand de Jemappes, déjà visitée l’année dernière. La journaliste du Journal des enfants a accompagné deux classes de cette école sur le terri de l’Héribus à Cuesmes pour réaliser un petit reportage, ensuite nous nous sommes rendues à Elouges puis à Saint-Ghislain.

Nos animations se sont poursuivies à Ghlin, à l’école Barigand et se sont terminées comme bien souvent au camping d’Epinois. Andrée et Michel Altseen nous y ont accueillis chaleureusement comme à chaque fois. Nous les en remercions.

D’autres animations déjà décrites dans les précédents bulletins ont été réalisées à Bonsecours, à Bléharies et à Stambruges principalement. Nous avons aussi participé à des réunions transfrontalières réunissant des animateurs de différentes structures dans le but d’échanger des idées en vue de futures animations.

A peine l’année finie, voici déjà des projets pour la suivante : animation sur le thème de la mare au camping d’Epinois, un stage en juillet sur le thème de la découverte de la nature à l’Abbaye de Saint-Denis et notre exposition de Bonsecours…

COMPTE-RENDU DE L’EXPOSITION DE BELOEIL DU 15 AU 18 OCTOBRE 2011

L’exposition de Beloeil s’est déroulée dans un très beau cadre, «la Grange» située en face de l’entrée du château. Pour cette occasion nous avons renouvelé toute notre exposition grâce aux magnifiques panneaux réalisés par Mario Lemaire. Ces planches richement illustrées et complétées d’un texte clair et concis habillaient parfaitement ce lieu magnifique. Merci à Jean et Francine Lhoëst et à Willy Snauwaert surnommé le sanglier des Ardennes qui ont récolté des champignons frais pour cette exposition. Merci aussi à Mario Lemaire pour la détermination de cette très belle récolte. Voici la liste des 174 espèces exposées :

Agaricus silvaticus, A. silvicola, Aleuria aurantia, Amanita citrina, A. fulva, A. muscaria, A. phalloides, A. rubescens, A. vaginata, A. virosa, Armillaria cepistipes, A. ostoyae, Astraeus hygrometricus, Aureoboletus gentilis, Auricularia auricula-judae, Boletus calopus, B. edulis, B. erythropus, Calocera viscosa, Calvatia excipuliformis, Cantharellus tubaeformis, Chlorociboria aeruginascens, Clathrus archeri, Clavariadelphus pistillaris, Clavulina cristata, Clitocybe clavipes, C. decembris, C. geotropa, C. nebularis, C. odora, Clitopilus prunulus, Collybia butyracea, C. confluens, C. fusipes, C. maculata, C. peronata, Coprinus disseminatus, Cortinarius alboviolaceus, Cortinarius armillatus, C. bolaris, C. hemitrichus, C. hinnuleus, C. pholideus, C. praestans, C. violaceus, Craterellus cornucopioides, Crucibulum laeve, Cyathus striatus, Cystoderma amianthinum, Daedaleopsis confragosa, Daldinia concentrica, Entoloma lividum, Fistulina hepatica, Fomitopsis pinicola, Galerina marginata, Galerina marginata, Ganoderma lucidum, Geastrum sessile, Geastrum triplex, Grifola frondosa, Gyrodon lividus, Hebeloma radicosum, H. sinapizans, Helvella crispa, Hydnum repandum, Hydnum rufescens, Hygrocybe virginea (=Cuphophyllus virgineus), Hygrophoropsis aurantiaca, Hygrophorus agathosmus, H. pustulatus, Hypholoma fasciculare, H. sublateritium, Inocybe geophylla, Kuehneromyces mutabilis, Laccaria amethystea, L. laccata, Lactarius blennius, L. camphoratus, L. controversus, L. deterrimus, L. glyciosmus, L. helvus, L. pterosporus, L. pyrogalus, L. quietus, L. subdulcis, L. torminosus, L. trivialis, L. vellereus, Leccinum bruneogrisoleum, L. quercinum, Lepiota cristata, L. felina, L. flaccida, L. gibba, L. inversa, L. irina, Lycoperdon echinatum, L. perlatum, L. pyriforme, L. umbrinum, Macrolepiota procera, Marasmiellus ramealis, Marasmius rotula, Megacollybia platyphylla, M. platyphylla, Melanoleuca polioleuca, Meripilus giganteus, Merulius tremellosus, Mycena epipterygia, M. galericulata, M. galopus var. nigra, M. inclinata, M. pura, M. pura var. rosea, Nectria cinnabarina, Omphalotus illudens, Otidea onotica, Oudemansiella pudens, O. radicata, Panellus stipticus, Paxillus atrotomentosus, P. involutus, Phallus impudicus, Phellinus igniarius, Pholiota flammans, Pholiota squarrosa, Piptoporus betulinus, Pisolithus tinctorius, Pleurotus ostreatus, Pluteus cervinus, Pluteus salicinus, Psathyrella lacrymabunda, P. conopilus, P. piluliformis, Pycnoporus cinnabarinus, Ramaria stricta, Rhodocybe gemina, Rickenella fibula, Rugosomyces chrysenteron, Russula brunneoviolacea, R. chloroides, R. cyanoxantha, R. foetens, R. gracillima, R. heterophylla, R. luteotacta, R. nigricans, R. ochroleuca, R. pectinatoides, R. sardonia, R. subfoetens, Scleroderma citrinum, Sparassis crispa, Suillus bovinus, S. grevillei, S. luteus, Trametes gibbosa, T. versicolor, Tricholoma acerbum, T. album, T. cingulatum, T. fulvum, T. scalpturatum, T. sulphureum, T. viridilutescens, Tricholomopsis rutilans, Tubaria conspersa, Tylopilus felleus, Xerocomus badius, X. parasiticus, X. porosporus, Xylaria hypoxylon, X. polymorpha.

Le dimanche, trois de nos guides ont animé la balade organisée par l’office du tourisme de Beloeil et l’asbl Valbois. Par cette belle matinée en forêt de Stambruges, le pubic familial était présent en grand nombre, les groupes se sont constitués suivant le niveau des participants et chaque guide a exploré un petit bout de cette forêt.

Le lundi nous avons eu deux visiteuses de marque, la princesse Alix de Luxembourg, sœur du grand-duc Jean de Luxembourg et sa petite fille, la princesse Alix de Ligne. Elles se sont intéressées à plusieurs espèces exposées ainsi qu’aux animations réalisées pour les élèves dans le parc même du château, fermé en ce moment au public.

COMMÉMORATION HIROSHIMA-NAGASAKI DU 6 AOÛT 2011

Le Parc Hibakusha de l’Université de Mons, qui a été créé à l’initiative de Pierre Piérart, est un lieu de commémoration de la tragédie de Hiroshima et de Nagasaki. Et aussi un moment de réflexion, d’échanges d’idées, de recherche d’actions pour le désarmement nucléaire mondial et l’abolition des guerres. Cette année a vu la confirmation de la continuité de cet objectif, un an après la mort de Pierre Piérart. Une convention a été signée pour perpétuer le Parc Hibakusha dans cette fonction, entre l’Université de Mons (Umons), le Centre d’Ecologie Appliquée du Hainaut (CEAH), l’Association des Médecins pour la Prévention de la Guerre Nucléaire (AMPGN), le Comité de Surveillance de l’Otan (CSO) et la Coordination Nationale d’Action pour la Paix et la Démocratie (CNAPD), dont Pierre Piérart était membre et responsable à divers titres.

La commémoration a rassemblé une cinquantaine de personnes, la plupart représentant des associations de paix et/ou anti-nucléaire, tant flamandes que francophones. La cérémonie s’est terminée par un dépôt de fleurs et une minute de silence devant la stèle à la mémoire des victimes des bombardements nucléaires de Hiroshima et de Nagasaki et des essais nucléaires.

L’après-midi était consacrée à une conférence-débat sur le thème « Le désarmement nucléaire ce n’est pas pour demain – Dangers du nucléaire militaire et civil – Propositions d’actions ».

Philippe de Salle, président de l’AMPGN, a expliqué les aspects médicaux observés lors des explosions, des dysfonctionnements, des essais nucléaires, tant civils que militaires. Brûlures, blessures, contusions, cancers pouvant apparaître 20 à 30 ans après l’exposition. Il souligne également la faiblesse des moyens mis en œuvre pour étudier, et assurer les soins des populations en cas d’explosion, alors que les risques du nucléaire civil et l’éventualité de l’utilisation d’armes atomiques sont plus actuels que jamais dans notre monde en crise.

Henri Firket, ancien président de l’AMPGN, analyse et dénonce le coût exorbitant des armes nucléaires et le poids des dépenses d’armement en pleine crise économique mondiale. Tout le monde est d’accord sur les effets destructeurs de l’arme nucléaire, mais il semble impossible d’obtenir une résolution de l’ONU pour leur élimination. La petite flamme allumée par Obama à son élection s’est vite éteinte. Le cout élevé de la recherche et fabrication de ces armes, nécessite la baisse d’autres budgets comme celui de la santé, de l’éducation, etc. Dans un pays comme les Etats-Unis, l’industrie militaire est même le principal moteur de l’économie. Beaucoup croient en Europe occidentale qu’on est loin de la guerre, mais il faut se rendre compte que les armes essentielles finissent toujours par être utilisées. Le danger de la guerre nucléaire est toujours vivace.

Georges Spriet, de VREDE, montre que l’OTAN met encore à l’avant-plan une stratégie nucléaire. Celle-ci se retrouve dans le « nouveau concept stratégique » adopté lors du dernier sommet de Lisbonne. On suit toujours ‘la stratégie de la première frappe’ qui préconise l’attaque et destruction quasi-totale de « l’ennemi » et, en cas de riposte de celui-ci, le recours au « bouclier », qui est présenté comme une arme de défense. La Russie reste l’ennemi potentiel… Néanmoins, au sein de l’Otan, l’Allemagne demande le départ des armes nucléaires stockées en Europe. La Belgique a formulé timidement la même demande. Mais rien n’est fait pour autant et les 10 à 20 bombes nucléaires se trouvent toujours à Kleine Brogel. Les bombes B 61 pourraient être « modernisées » au lieu d’être démantelées, afin de pouvoir être placées dans des bombardiers à plus longue distance que les actuels F-16. La notion, chère à l’OTAN, de différence entre bombes tactiques (à courte portée) et bombes stratégiques (à longue portée) sera caduque, avec les risques qu’on devine. Nous devons donc nous prononcer contre cette « modernisation » et le remplacement des avions F 16 et, au contraire, exiger une Zone Européenne « nuclear free ».

Michel Wautelet, professeur de l’Université de Mons, donne un « cours de terrorisme nucléaire ». Une attaque terroriste nucléaire, dont Obama se dit préoccupé, est-elle possible, ou sommes-nous dans le domaine du pur fantasme? La bombe A, pour exploser, nécessite un litre de matière atomique (uranium) et quelques 300 à 400 professionnels pour la fabrication. Où trouver tout cela sinon dans les livres de science-fiction ou dans un film de James Bond? La bombe à plutonium (implosion) a besoin d’uranium enrichi. Où le trouver et comment la fabriquer? La bombe à hydrogène nécessite aussi une équipe de haut niveau. Où la trouver? La bombe sale : cobalt, césium, strontium… irréalisable. La seule attaque réalisable reste celle d’un avion s’écrasant sur une centrale nucléaire civile. Il faudrait néanmoins disposer d’un avion de grosse portée. Comment prévenir et éviter pareille attaque? Militariser la protection des centrales civiles actuelles…. Cette perspective ne semble pas réaliste.

Le débat a porté en particulier sur le lien à faire ou non entre nucléaire civil et nucléaire militaire.

Certains considèrent que la lutte contre l’armement nucléaire passe au second plan et ne peut aboutir sans l’interdiction totale du nucléaire comme source d’énergie à usage « civil ». D’autres pensent que le problème du nucléaire civil est à envisager à échelle mondiale et que tous les pays ne sont pas en mesure de s’en passer, alors que les grandes puissances nucléaires militaires refusent de désarmer tant qu’il existe une possibilité pour un autre pays de développer l’industrie nucléaire, même civile. La question n’est certes pas tranchée!

En conclusion, la volonté de ceux qui ont pris part à cette journée, est de poursuivre la réflexion et l’action et de contribuer à la pérennité du Parc Hibakusha pour servir cette cause.

Carla Goffi et Claudine Pôlet

JARDINS AU NATUREL - Brigitte Durant -

Qu’est-ce que le paradis ?
Si ce n’est un jardin, un verger
Peuplé d’arbres et de plantes aromatiques,
Sources de délices, d’intense bonheur.

William LAWSON



Le concept de jardin est très ancien puisqu’il existait déjà en Chine, 11000 ans avant notre ère. L’Egypte, la Perse, puis les civilisations hellénique et romaine ont aussi pratiqué l’art du jardin dans l’Antiquité.

En parallèle au développement de l’agriculture, on a très tôt produit des plantes potagères et fruitières mais aussi médicinales, tinctoriales, à parfums, pour des rituels ou des offrandes autant que pour des usages privés et commerciaux.

A ces finalités diverses, l’homme a ajouté des valeurs philosophiques, symboliques, voire magiques. Le jardinage n’est plus seulement nécessaire, il acquiert aussi un statut de pratique artistique ou culturelle.

C’est donc l’histoire de nos civilisations et de nos sociétés qui se décrypte aussi à travers l’histoire de nos jardins. Pour exemple, les grandes explorations ont donné naissance, au 17ème siècle, aux fameux « jardins botaniques » et à leurs collections de végétaux exotiques dont s’enorgueillissent encore nombre de capitales…

On peut donc s’étonner qu’il ait fallu attendre la première moitié du 20ème siècle pour que la prise de conscience de la valeur patrimoniale et historique de certains jardins mène à des mesures de classement et de protection.

Aujourd’hui, avec l’avènement d’une civilisation de loisirs, les inquiétudes devant la diminution de la biodiversité et le désir d’adopter un mode de vie plus sain, jardiner prend une dimension supplémentaire. Libre à chacun de faire de son « coin de paradis », si petit soit-il, un espace de réconciliation entre l’homme et la nature. Sans sacrifier ses objectifs personnels esthétiques, économiques ou pratiques, chacun peut aussi faire de son jardin un espace d’accueil, de protection et d’observations de notre flore et de notre faune spontanées. Dans un monde de plus en plus urbanisé, aux paysages ruraux banalisés depuis la révolution industrielle, le « jardin », dans sa multiplicité de déclinaisons a certainement un rôle majeur à jouer dans la préservation de notre patrimoine naturel.

Les règles d’or d’un jardin au naturel

Suite de l'article dans notre bulletin n° 70 avec de nombreuses photos

Bulletin N° 70 - Décembre 2011

Cher(e)s lectrices et lecteurs.

Ce bulletin de fin d'année nous permet de vous présenter - bien dans l'optique initiale du C.E.A.H. rappelée lors du bulletin de juin et grâce à nos collaborateurs compétents et bénévoles - des articles ou compte-rendus intéressants , variés et sensibilisateurs:

- Monsieur Wautelet continue ses réflexions issues d'études scientifiques sur le danger d'une mauvaise utilisation du Nucléaire, notamment en fonction du risque terroriste et le compte-rendu d'un livre par lequel un auteur met en garde les instances supérieures d'un pays par des explications compréhensibles par tous.

- Madame Brigitte Durant par son article, nous rappelle un peu les beautés de la nature.

- Madame Lamblin nous rapporte les aspects plus écologiques de l'utilisation des sols agricoles que des conférenciers français ont énoncés lors d'un colloque mais aussi lors d'une émission de télévision. Qu'ils en soient remerciés.

- Quant à mon propos personnel, il sera pour répondre aux réflexions malencontreuses que nous recevons souvent quant à la graphie de deux mots sujets à polémique. Il s'agit d'abord du mot "terri" qui s'écrit bien sans "l" mais que l'usage répété avec un "l" fait par les médias ou les associations touristiques a même amené certains dictionnaires à l'inclure des deux façons. Cependant l'article ci-joint tiré de Chronique de la Société royale Le vieux Liège et réalisé par d'éminents linguistes montre bien son origine par les racines latines et l'utilisation d'une graphie sans "l" comme étant la seule exacte.

Un autre terme que nous employons dans nos annonces est le qualificatif relatif à la province du Hainaut, à savoir "hainuyer" qui s'applique à tout le territoire de celle-ci depuis Comines jusqu'au sud de Chimay en passant par Tournai, Mons, Charleroi, Beaumont, ...localités qui cependant font partie de régions naturelles différentes allant d'une partie de la plaine du nord jusqu'à l'extrême sud-ouest de l'Ardenne. Par contre le terme "hennuyer" utilisé souvent à tort pour toute la province administrative est à réserver pour le plateau hennuyer, essentiellement au nord de la dépression de la Haine et jouxtant le plateau brabançon à l'est.

En vous souhaitant une heureuse année 2012, nous apprécierons toujours de recevoir vos commentaires sur nos bulletins et activités dans un courrier des lecteurs et encore plus satisfaits si chacun d'entre vous nous faisait le cadeau d' amener un nouveau membre au C.E.A.H.

Le Président