Centre d'écologie appliquée du Hainaut

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jeudi 5 juillet 2012

DE L'OBSERVATION DES CHAMPIGNONS LIGNICOLES A LA NECESSITE DE CONSERVER DES BOIS MORTS - Bernard Clesse

Préambule

Le simple tableau idyllique offert par ces champignons poussant en touffes sur un tronc mort de feuillu, a quelque chose de magique en soi et pourrait suffire amplement au naturaliste contemplatif. Est-ce cette croissance cespiteuse et étagée des champignons « qui fait penser à une grande famille » ? Le doux tapis de mousses qui leur sert d’écrin ? La fin de vie et le retour progressif à la terre d’un vieil arbre qui augure une sorte de résurrection avec tout le cortège d’êtres vivants qui va se succéder ou en profiter ? Ou, encore, la légère pénombre empreinte de mystère qui baigne l’ensemble ? Qui sait… mais probablement un peu de tout cela. Les nombreux signaux anthropomorphiques (odeurs, silhouettes, saveurs…) et l’esthétisme qui caractérisent le monde des champignons (et qui en font une grande part de leur attraction vis-à-vis des naturalistes et du grand public), ne doivent pas occulter les menaces qui pèsent sur pas mal d’entre eux, dans nos forêts où le bois mort peine à avoir droit au chapitre et où le mot bois prend une autre signification à une époque de crise des produits pétroliers…

1. Champignons « usines chimiques » et types de pourriture

Quoique dépendant, comme les animaux, de matière organique préformée (par les végétaux et autres organismes chlorophylliens) pour leur croissance et leur développement, les champignons peuvent être considérés comme de véritables usines chimiques, fabriquant notamment des molécules très complexes (il suffit, pour s’en convaincre, de sentir les innombrables parfums qu’ils exhalent) et en biodétruisant d’autres. Avec les insectes et les bactéries (principalement), certains champignons jouent un grand rôle dans la décomposition du bois et donc dans le cycle du carbone puisqu’ils permettent de libérer le carbone organique piégé dans le bois. Ce dernier est en effet principalement constitué de matières organiques : cellulose (40 à 50 %), hémicellulose (15 à 25 %) et lignines (20 à 30 %) et d'un faible pourcentage d'éléments minéraux (1 à 1,5 %). Il contient également une part variable d’eau. Via les enzymes (molécules permettant d'accélérer jusqu'à des millions de fois les réactions chimiques du métabolisme et donc catalyseurs biologiques ou biocatalyseurs) qu’ils produisent, ces champignons sont capables de détricoter de longues chaînes de molécules complexes telles la cellulose et l’hémicellulose (glucides constituant la paroi des cellules végétales) et les lignines (composés chimiques qui se déposent dans la paroi secondaire de certaines cellules végétales, leur conférant ainsi une meilleure solidité et un fort pouvoir d’imperméabilisation). On trouve des parois imprégnées de lignine (lignifiées) dans les cellules de tissus servant au soutien de la plante (sclérenchyme) ou au transport de l’eau et des sels minéraux (xylème).
Selon les matières attaquées (cellulose et hémicellulose ou lignines) par ces enzymes, l’altération du bois (ou carie du bois) prendra des formes et des couleurs différentes.
Les champignons aux enzymes cellulolytiques auront comme effet d’augmenter la teneur relative du bois en lignines ; le bois prendra alors une teinte brun-rouge et se fragmentera en éléments ± cubiques durs. On parlera alors de pourriture rouge cubique. (n.b. : les conifères sont ici majoritairement concernés). Beaucoup de polypores (s.l.) et de « croûtes » sont responsables de ce type de pourriture.

Suite de l'article avec nombreuses photos dans notre bulletin n° 72

TRANSECT GÉOMORPHOLOGIQUE ARDENNE-FAGNE D’ENTRE-SAMBRE-ET-MEUSE - Robert Fourneau

Une vingtaine de personnes ou membres sympathisants du CEAH et des CNB, guides ou futurs guides-nature ont participé à une excursion d'une journée en co-voiturage guidée par notre président dans le but d'observer et de faire connaître les explications actuelles concernant ces régions méridionales de l'Entre-Sambre-et-Meuse.

Pour mieux comprendre l'explication de la formation de cette région par la géologie et la paléoclimatologie, Mr. Fourneau propose de commencer l'excursion par le sud et de la diriger progressivement vers le nord sous forme d'un transect.

Au sud, c'est l'Ardenne, et, le premier arrêt se fait sur les hauteurs d'Oignies (appelée erronément en Thiérache en se basant sur des situations historiques), village de type tout à fait classique de clairière ardennaise étendue par rayonnement autour d'un noyau villageois par défrichements successifs de la forêt initiale moyenâgeuse.

De ce point de la localité situé à proximité du terrain de football et du bâtiment Chantecler vers 350 mètres d'altitude, la vue s'étend sur une bonne partie de l'Ardenne; on y distingue cependant bien trois parties. Si les formes de relief visibles ont bien une allure horizontale comme la plupart des régions de Belgique et malgré des altitudes différentes, c'est parce qu'elles résultent de pénéplanations totales ou partielles dues à une érosion généralisée très longue et on ne peut envisager l'appellation de "montagnes "qu'en remontant le temps jusqu'à 250 Ma où les montagnes formées à l'époque hercynienne par le plissement de la fin de l'ère primaire et ayant repris des noyaux encore plus anciens du plissement calédonien du milieu de cette même ère existaient, ce qui n'a rien à voir avec l'appellation de "montagnes" donnée par des organismes de l'Europe qui utilisent ce terme dans un sens socio-économique pour quelques vallées profondément encaissées beaucoup plus récemment -depuis quelques Ma seulement- dans les surfaces planes de l'est de l'Ardenne principalement.

Ici, deux surfaces planes décalées de quelques dizaines de mètres sont séparées par une profonde dépression au fond de laquelle ne coule qu'un petit ruisseau d'ouest en est vers l'axe de la vallée mosane, le Deluve. Cette dernière sépare les deux parties du massif ardennais, celui de notre point de vue formé à l'hercynien et constitué essentiellement de grès de couleur brun clair-beige bien visible dans les champs proches, assez friable pour être transformé en poches de sable par altération sous un climat antérieur plus chaud et plus humide en quelques endroits, de l'autre surface élevée à l'horizon à presque 400 mètres, le point le plus haut de l'Entre-Sambre-et-Meuse.

Suite de l'article avec nombreuses photos dans notre bulletin n° 72

SARDAIGNE, POUBELLE DE L’OTAN :LES LANGUES COMMENCENT A SE DELIER

A la suite de la mobilisation persistante de nombreux mouvements associatifs italiens et d’autres pays d’Europe, et grâce à l’intervention courageuse de magistrats italiens, le cas de la « Sardaigne, Poubelle de l’Otan et du complexe militaro-industriel », commence à être connu d’un plus grand public. Récemment, une audition s’est tenue au Parlement Européen, dont on peut lire le compte-rendu sur le site www.csotan.org. Cette lutte doit se généraliser à tous les sites utilisés par l’OTAN et autres pays pour leurs préparatifs de guerre et faire partie intégrante des revendications des mouvements de la paix en Belgique. Nous publions ci-après le communiqué du Mouvement Chrétien pour la Paix à ce sujet :

L’OTAN HORS DE SARDAIGNE !

Plus de 35 000 hectares de terres sont soumis à servitude militaire. La mer est interdite à la navigation, à la pêche et aux activités de plaisance… une étendue maritime de plus de 20 mille kilomètres carrés, une zone a peu près égale à l’ensemble du territoire sarde. Sur l'île on a entreposé des missiles dans les polygones pour les exercices (Perdasdefogu- Capo Teulada et Capo Frasca). Des terrains d'aviation militaires (le plus vaste est celui de Decimomannu) servent essentiellement à des exercices d’entrainement de pilotes en vue de nouvelles guerres. C’est de la Sardaigne que sont partis les avions pour aller bombarder l’Irak et la Lybie. C’est à Decimomannu que s’entraînent les pilotes israéliens. Des dépôts de carburant sont installés dans le cœur de Cagliari et sont alimentés par un pipeline qui traverse la ville. Partout se trouvent de nombreuses casernes militaires (Armée de terre, Force aérienne et Marine). Ces équipements et infrastructures sont mis à disposition des forces armées italiennes de l'OTAN, et de certaines autres armées étrangères.

Quelques chiffres: le polygone de salto di -Quirra Perdasdefogu (dans l'Est de la Sardaigne) comporte 12.700 hectares. Avec celui de Teulada (7.200 hectares) il s’agit des deux premiers polygones italiens, par extension et fréquence des tests. Le polygone de Capo Frasca, côte ouest, en compte plus de 1.400. Il faut ajouter à ces nuisances, les nombreux radars militaires (environ 15). Le site de La Maddalena, abandonné par l’OTAN après des nombreuses années d’activités (sous marins et bateaux nucléaires), se trouve dans des conditions environnementales irrécupérables, certaines zones aquatiques sont radioactives et les fonds marins jonchés de débris d’origine militaire. La récupération écologique de la zone semble irréalisable.

Le MCP et d’autres mouvements associatifs demandent :
 la fermeture immédiate de ces terrains militaires,
 le dédommagement aux victimes,
 la remise en état de l’environnement,
 l’inculpation des firmes d’armement, étrangères et italiennes, qui ont procédé à ces essais meurtriers,
 le départ immédiat de la Sardaigne des troupes étrangères dont l’OTAN.

Mouvement Chrétien pour la Paix
mcp.belgium@skynet.be

PLAGE ET DUNES AUX ENVIRONS DE LA PANNE- Jean-Jacques Cuvelier

Les eaux de la Mer du Nord charrient continuellement du sable qui les colore de gris, tranchant ainsi avec la blancheur de l'écume des vagues.

Au gré des marées, la plage étroite se fait immensité. Le sable lisse, dur et humide sur lequel meurent les vagues fait place aux rides creusées par les allées et venues de l'eau qui se retire à marée basse. Ici et là subsistent des mares plus ou moins profondes. Parfois, la tempête fait rage et la plage se couvre de coquillages et d'objets longtemps flottés et façonnés par l'eau.

Vers le haut de la plage, en dehors de la zone intertidale, le sable reste sec et se laisse sculpter par le vent. La silhouette des dunes qui le bordent est continuellement remodelée mais l'oyat résiste.

Plus à l'intérieur des terres, les dunes se font mosaïques de surfaces au sable mobile et de zones fixées, couvertes de buissons. Entre ces deux extrêmes s'étendent des lieux en cours de stabilisation. Les saules nains, l'argousier et bien d'autres espèces stabilisent le sable et créent les conditions propices au développement d'une mosaïque de végétations frugales soumises à l'érosion, à la sècheresse et aux embruns.

Suite de l'article avec nombreuses photos dans notre bulletin n° 72

Bulletin N° 72 - Juin 2012

EDITORIAL

Annonce : Excursion paysages, patrimoine, histoire – dimanche 29 juillet

Annonce de la conférence « Initiation à la géomorphologie de la Wallonie »

Exposition de champignons frais à Bon-Secours du 5 au 9 octobre

Commémoration au Parc Hibakusha – samedi 4 août

ARTICLES

L’eau, trésor commun de l’humanité
Paul Devuyst

De l’observation des champignons lignicoles à la nécessité de conserver des bois morts
Bernard Clesse

Plages et dunes aux environs de la Panne
Jean-Jacques Cuvelier

COMPTES RENDUS

Transect géomorphologique Ardenne-Fagne d’Entre-Sambre-et-Meuse
Robert Fourneau

Visite de la maison en « eautarcie » de Michèle et Joseph Orszagh
Bernadette Lamblin

La Sardaigne, poubelle de l’Otan : les langues commencent à se délier

REVUE DE LA PRESSE

 NUCLEAIRE
« La lumière ne s’éteindra pas »
La Libre Belgique – 11/05/12
A démanteler au plus vite
La Libre Belgique – 01/06/12

 ENERGIE

Ruée sur les résidus alimentaires pour approvisionner les usines de biogaz
Le Monde – 13/04/12
Les réserves de gaz atteignent 250 ans
Le Soir – 05/06/12
De l’électricité dort dans le sous-sol wallon
Le Soir – 05/06/12
Nourrir avant de fournir des carburants
La Libre Belgique – 15/06/12
Le charbon menace le règne de l’or noir
Le Monde – 15/06/12

 CLIMAT

La biosphère mondiale à la veille d'une crise irréversible
Le Monde – 08/06/12

 ENVIRONNEMENT

Nos sacs-poubelle doivent maigrir
Le Soir – 26/04/12
Le Brésil régularise la déforestation
Le Soir – 27/04/12
L’huile de palme ?
La Libre Belgique – 11/05/12
La France veut réduire ses émissions de carbone suie
Le Monde – 25/05/12
La phytoremédiation
La Libre Belgique – 05/04/12
Les critiques pleuvent sur le sommet de Rio+20
Le Monde.fr – 21/06/12
Rio+20 s’achève sur une série de promesses et sous les critiques
L’Avenir.net – 22/06/12

 POLLUTION

Le « 7e continent » enfle depuis 40 ans
Le Soir – 10/05/12
Les pesticides, loin du robinet
La Libre Belgique – 27/04/12

 NATURE

Le passereau qui cultive le beau
Le Soir – 24/04/12
La pomme originelle
La Libre Belgique – 07/04/12

 NOUVELLES BREVES

Bulletin N° 72 - Juin 2012

La Belgique, championne du recyclage du verre Avec un taux de recyclage de près de 96%, la Belgique est restée en 2010 la championne des pays européens en matière de recyclage du verre d'emballage, ressort-il des chiffres publiés lundi par l'association des producteurs européens de verre d'emballage et de verrerie de table industrielle (Feve). Derrière la Belgique, on retrouve parmi les meilleurs élèves européens la Suisse (94%), le Luxembourg (92%), la Suède et les Pays-Bas (91%). En 2009, 96,34% de tous les emballages en verre avaient été recyclés dans notre pays. Pour l'ensemble de l'UE, le taux de recyclage est resté stable à près de 68% en moyenne.
La Libre Belgique – 27 mars 2012

Réduire les émissions de C02 des villes belges Les 134 villes de Belgique, qui comptent ensemble 5,7 millions d'habitants, peuvent réduire d'un tiers leurs émissions de C02 d'ici à 2020, estime Agoria, la fédération de l'industrie technologique. Agoria a lancé lundi une communauté "Smart Cities" au sein de laquelle des représentants de villes, d'entreprises et d'institutions publiques pourront échanger des bonnes pratiques. "Quelque 80% des bâtiments de nos villes datent d'avant 1980 et sont de grands consommateurs d'énergie. En investissant dans des techniques énergétiques modernes pour ces bâtiments, on peut déjà économiser jusqu'à 40% d'énergie", souligne la fédération.
La Libre Belgique – 27 mars 2012

Les phoques de la mer Caspienne vont mal Le ministère de l'Agriculture du Kazakhstan et des écologistes sont alarmés par le fort déclin de la population de phoques dans la mer Caspienne après la découverte de 35 mammifères morts. Ces phoques sont une espèce en danger, dont la population a chuté de plus de 90% depuis 1930. Ils sont menacés par des braconniers et des pêcheurs, ainsi que le développement des forages pétroliers.
La Libre Belgique – 29 mars 2012

Une filière "emballages" Les plastiques issus du secteur de la construction sont en gros de deux types : les mous et les rigides. Les plastiques "mous" sont essentiellement les déchets d'emballages: housses de palettes, sacs de gravier ou de sable, films de protection de châssis, etc. Pour ceux-ci, une filière baptisée "Clean Site System" a été mise en place par Val-I-Pac, l'organisme qui coordonne le recyclage des emballages industriels. Le principe est simple: les négociants en matériaux de construction proposent à leurs clients entrepreneurs des sacs de 400 l à coût modique, dans lesquels ils peuvent collecter les déchets d'emballages sur leurs chantiers. Une fois remplis, ces sacs peuvent être déposés gratuitement chez les négociants. L'avantage de la formule est son faible coût pour les entrepreneurs, bien moindre que celui d'une évacuation de containers vers des centres de stockage de classe 2. Ce plastique est ensuite recyclé sous forme de pellets qui servent de matière première dans la fabrication de nouveaux matériaux. Depuis le début de l'opération en 2005, près de 7500 tonnes d'em¬ballages ont été récoltées et 210 négociants participent à l'opération.
La Libre Belgique – 2 avril 2012

Un prototype de véhicule électrique très économe Développé par deux étudiants qui effectuent un master d'ingénieur industriel en électromécanique à la Hogeschool Gent (HoGent), le prototype de voiture électrique "HoGent Energy5" peut rouler 2 337 km avec l'équivalent d'un litre de diesel. Il a ainsi battu le record belge d'efficacité énergétique au championnat Eco Marathon/Wallonie organisé ce week-end au vélodrome de Rochefort. Douze véhicules ont participé à cette compétition dont l'objectif est de rouler la plus grande distance possible avec le moins d'énergie, quelle qu'elle soit. Les participants sont libres d'utiliser l'énergie de leur choix, notamment l'électricité, l'hydrogène, l'éthanol ou même l'essence. Chaque véhicule en lice reçoit l'équivalent énergétique de la quantité déterminé par les organisateurs. Le véhicule lauréat, qui a demandé cinq années de recherche, succède ainsi au prototype "Energy4", détenteur depuis 2005 du précédent record belge.
La Libre Belgique – 3 avril 2012

Antarctique: la banquise a chaud... Un vaste morceau de banquise de la péninsule antarctique, région particulièrement vulnérable au réchauffement climatique, a fondu de 85% au cours des 17 dernières années, a annoncé jeudi l'Agence spatiale européenne. Larsen B est passée de 11512 km2 en 1995 à seulement 1670 km2 aujourd'hui.
La Libre Belgique – 6 avril 2012

121 millions pour dépolluer des sites Le gouvernement wallon a arrêté jeudi la liste de sites qui seront dépollués dans le cadre du Plan Marshall 2.vert. L'investissement s'élève à 121 millions d'euros. Le nombre de sites retenus est de 23, en plus de 7 autres sélectionnés en décembre 2010. Parmi eux, on retrouve NeoCitta à Seraing, AMS Sud à Charleroi et l'ex-site BASF à Feluy, Hermalle-sous-Huy ou les anciennes Glaceries Saint-Gobain à Sambreville.
La Libre Belgique – 20 avril 2012

Un satellite pour mesurer les gaz à effet de serre Astrium, la filiale espace du groupe européen EADS, a annoncé jeudi avoir remporté un contrat auprès de l'Agence spatiale européenne (ESA) pour concevoir un nouveau satellite de recherche climatique baptisé CarbonSat. CarbonSat est destiné "à mesurer, avec une précision inégalée, la concentration et la répartition, à l'échelle planétaire, des deux principaux gaz à effet de serre, le dioxyde de carbone (CO2) et le méthane (CH4), a expliqué Astrium. Ce travail s'étalera sur les "22 prochains mois". Le satellite permettra aux scientifiques, "pour la première fois, de quantifier les sources ciblées de CO2 (centrales thermiques au charbon, émissions provenant des grandes agglomérations), ainsi que les sources géologiques (volcans)".
La Libre Belgique – 20 avril 2012

Agriculture commune et biodiversité Après avoir échoué dans son objectif "Biodiversité 2010", l'Union européenne lance un plan stratégique "2020". Une étape-clé a été franchie vendredi midi à Strasbourg avec le vote massif d'une résolution exprimant la position du Parlement européen. Ce texte réclame explicitement l'inclusion de la problématique "Biodiversité" dans la réforme des politiques communes de l'agriculture (PAC) et de la pêche. Dès 2014, les paiements de la PAC « devraient être soumis à des règles strictes contribuant à la préservation de la biodiversité et des écosystèmes, en ce compris les législations sur les oiseaux, l’eau, les pesticides et l'alimentation", estiment les eurodéputés. S'ils sont suivis par le Conseil, toutes les subventions existantes nuisibles à l'environnement devraient être progressivement supprimées d'ici 2020. L'enjeu est de taille car, selon les chiffres cités par le rapporteur Gerben-Jan Gerbrandy, la perte de biodiversité coûte chaque année à l'Union 3% de PIB. En clair: 450 milliards d'euros.
La Libre Belgique – 22 avril 2012

Bruxelles L'eau, un droit La Ville de Bruxelles se joint à l'initiative citoyenne européenne, introduite début avril auprès de la Commission européenne, appelant à considérer l'eau comme un droit humain. L'objectif est de récolter un million de signatures dans plus de sept Etats membres afin d'inscrire cette thématique à l'agenda européen. La campagne "L'eau est un droit humain" veut surtout mettre l'accent sur le fait que l'eau est un bien public et non une marchandise. Il s'agit d'une initiative conjuguée de la Fédération européenne des syndicats du secteur public, du Réseau européen anti-pauvreté, de l'Association européenne pour la santé publique et de Women in Europe for a Common Future. "Les services publics comme l'eau et les installations sanitaires ne peuvent pas être libéralisés et dominés par des intérêts commerciaux", commente Freddy Thielemans. Les initiateurs de la campagne européenne ont choisi Bruxelles pour lancer leur action mardi après-midi. Une séance photo s'est ainsi déroulée à côté du Manneken Pis en présence, entre autres, de Freddy Thielemans. Plus d'infos sur www.right2water.eu
La Libre Belgique – 25 avril 2012

Dour, champion Vainqueur toute catégorie du recyclage en Wallonie : la commu¬ne de Dour. En 2011, on y a recyclé plus de 70% des déchets ménagers. Le Dourois est pourtant gros producteur de déchets : 671 kilos. Recette du succès, selon le bourgmestre (empêché) de la commune, Carlo Di Antonio (CDH), également ministre des Travaux publics : la mise en place «avec succès, d'un système de tri des déchets organiques combiné à la récolte de la fraction non triée via un conteneur à puce électronique». Cette politique tarifaire incite fortement au tri, affirme Di Antonio. La quantité de déchets collectés diminuant, c'est également la facture qui plonge : les coûts étaient de 968.663 euros en 2011 contre 1.093.268 euros en 2010. La taxe immondice a pu être réduite à 20 euros par an et par ménage.
Le Soir – 26 avril 2012

Accélérer le développement des énergies « propres » L’Agence internationale de l'énergie (AIE) a appelé une nouvelle fois mercredi les Etats à accélérer le développement des énergies "propres", dont elle juge le rythme insuffisant pour contenir le réchauffement de la planète. "Si des avancées ont lieu dans les énergies renouvelables, la plupart des technologies d'énergies propres ne sont pas déployées assez rapidement" pour tenir l'objectif de limiter le réchauffement de la planète à 2°C, a résumé l'AIE dans un communiqué. Le rapport, présenté à l'occasion d'une réunion ministérielle à Londres, fait le tour des avancées en matière d'énergies à faibles émissions de CO2, ce qui inclut les énergies renouvelables (éolien, solaire...) mais aussi des voies plus controversées tel le nucléaire, le charbon lorsqu'il est associé au captage et au stockage de CO2, les véhicules électriques ou les agrocarburants. L'AIE constate que le solaire et l'éolien ont connu un développement impres-sionnant ces dix dernières années, avec des croissances de 27% pour l'éolien offshore et de 42 % pour le solaire photovoltaïque, ce qui démontre que des évolutions technologiques rapides sont possibles. Mais ces avancées restent insuffisantes. "Si l'on s'en tient aux politiques actuelles, la consommation d'énergie et les émissions de CO2 augmenteront d'un tiers d'ici 2020, et auront presque doublé en 2050. Ce qui ferait probablement grimper la température moyenne mondiale d'au moins six degrés. " Pour y remédier, I'AIE propose aux Etats de mettre les énergies propres "sur un pied d'égalité", notamment en supprimant les subventions qui visent à réduire le prix de l'essence dans de nombreux pays ; de "libérer le potentiel" de l'efficacité énergétique, en fixant par exemple des normes énergétiques plus sévères; et d'accélérer les dépenses publiques de R&D.
La Libre Belgique – 26 avril 2012

Les tests sur les centrales nucléaires se poursuivront "La solidité de l'analyse est plus importante que le calendrier": le commissaire en charge de l'Energie, Gunther Oettinger, a fait savoir, jeudi à Bruxelles, que les tests de résistance effectués sur les centrales nucléaires européennes seraient approfondis, notamment, par de nouvelles visites de sites. En attendant, le Groupe des régulateurs européens (Ensreg) a publié hier de nouveaux rapports pays par pays, fruits de l'évaluation faite par 80 experts, issus de 24 pays, des rapports qui avaient été transmis par chacun des 17 Etats nucléaires européens. L'équipe venue en Belgique conseille ainsi, par exemple, de penser à améliorer l'autonomie des générateurs d'urgence de Tïhange 1 pour faire face à un éventuel séisme.
La Libre Belgique – 27 avril 2012

Les zones humides ont été réduites de 6% dans le monde en quinze ans La surface des marais, lagunes, marécages et tourbières, a été réduite de 6 % en quinze ans dans le monde, selon une étude du CNRS et de l'Institut de recherche pour le développement. Cette perte évaluée à 330 000 km2 s'est faite notamment sous la pression démographique.
Le Monde – 11 mai 2012

Le lien entre maladie de Parkinson et pesticides officiellement reconnu Un décret classe l'affection neurodégénérative comme pathologie professionnelle. C'est un pas de plus vers la reconnaissance des maladies professionnelles des agriculteurs. Lundi 7 mai est entré en vigueur un décret qui reconnaît la maladie de Parkinson comme maladie professionnelle et établit explicitement un lien de causalité entre l'usage des pesticides et cette pathologie, seconde maladie neurodégénérative en France après Alzheimer.
Le Monde – 11 mai 2012

La consommation d'eau fait monter les océans L'utilisation massive des ressources en eau de notre planète est paradoxalement responsable d'une grande partie de la hausse du niveau des océans constatée au cours des dernières décennies, estiment des climatologues. Le niveau moyen des mers du globe a augmenté en moyenne de 1,8 millimètre par an sur la période allant de 1961 à 2003, selon les relevés effectués le long des côtes par les marégraphes. Les scientifiques cherchent depuis longtemps à déterminer avec précision la part de cette hausse qui peut être imputée au réchauffement climatique. En 2007, le Groupe d'experts sur l'évolution du climat avait abouti à une hausse de 1,1 mm sur cette période, principalement sous l'effet de la "dilatation thermique des océans" -l'eau chaude occupe un volume plus important que l'eau froide - et de la fonte des glaciers et des calottes polaires. Il restait donc une hausse d'environ 0,7 mm par an à élucider. Dans une étude publiée dans "Nature Geoscience", une équipe dirigée parYadu Pokhrei, de l'Université de Tokyo, estime que cette hausse inexpliquée est essentiellement liée à l'eau extraite des nappes phréatiques et des lacs pour les besoins de la consommation humaine.
La Libre Belgique – 21 mai 2012

Suisse Hécatombe parmi les colonies d'abeilles Près de la moitié des colonies d'abeilles suisses, soit 100 000 colonies, ont péri l'hiver dernier. Un triste record, selon une étude publiée mardi par les autorités helvétiques. D'après cette recherche menée auprès de plus de 1000 ruchers de tous les cantons suisses et du Liechtenstein, la douceur du printemps et de l'automne 2011 ont favorisé la multiplication du parasite varroa destructor, qui serait le principal responsable de ces pertes. "L'analyse des résultats montre une image bouleversante", indique ainsi l'Office fédéral de l'agriculture qui suit depuis cinq ans la vie des abeilles. Ce sont les pertes les plus importantes enregistrées depuis que ces chiffres sont relevés systématiquement par les autorités helvétiques. Du point de vue financier, cela équivaut à une perte de près de 20,8 millions d'euros pour les apiculteurs. Comme dans d'autres pays, le varroa destructor jouerait un rôle prépondérant dans ces pertes hivernales. L'action de cet acarien est triple : il prélève le sang de l'abeille, affaiblit son système immunitaire et agit comme vecteur d'autres agents pathogènes dont les virus. Selon les scientifiques, le parasite raccourcit la durée de vie des abeilles d'hiver de 5 à 6 mois à environ 2 à 3 mois, de sorte que la colonie ne survit pas à l'hiver.
La Libre Belgique – 23 mai 2012

Le chiffre 15% Origine nucléaire Le Japon, dont le gouvernement réfléchit à une nouvelle politique énergétique du fait de l'accident de Fukushima, se dirige vers une proportion de 15% d'électricité d'origine nucléaire en 2030, presque deux fois moins qu'avant, a annoncé le ministre de l'Environnement vendredi.
La Libre Belgique – 26 et 27 mai 2012

L'Agence internationale de l'Energie veut des règles pour exploiter le gaz de schiste "proprement" L'Agence internationale de l'Energie (AIE) a proposé mardi une série de "règles d'or" destinées à doper l'exploitation des gisements de gaz de schiste, avec pour objectif de tripler la production de ces hydrocarbures controversés d'ici à 2035. Dès l'an dernier, l'AIE, bras énergétique des pays industrialisés, avait prédit "un âge d'or du gaz" dans les prochaines décennies, mais celui-ci ne pourra se concrétiser qu'avec une exploitation extensive des ressources des gaz non conventionnels, a-t-elle averti dans un nouveau rapport présenté à Londres. Or, l'avenir de ces gaz, appellation qui recouvre notamment les gaz de schiste, "est loin d'être assuré", notamment en raison de "l'opposition des sociétés civiles et des inquiétudes environnementales associées à leur extraction" par facturation hydraulique. Selon l'AIE, l'adoption d'une série de "règles d'or" pourrait rendre l'exploitation des gaz de schiste plus acceptable pour les populations et plus sûre pour l'environnement, et "ouvrir la voie à un développement à grande échelle" de ces gisements.
La Libre Belgique – 30 mai 2012

Les émissions de gaz à effet de serre ont augmenté en Europe Après avoir baissé durant cinq années consécutives, les émissions de gaz à effet de serre ont augmenté de 2,4% sur le territoire de l'Union européenne (UE) entre 2009 et 2010, selon un rapport de l'Agence européenne de l'environnement (AEE). Elles ont atteint 111 millions de tonnes équivalent de CO2. Dans le cadre du protocole de Kyoto, l'UE à 15 Etats membres s'était engagée à diminuer de 8 % ses émissions à l'échéance de 2012. « Depuis 2009, les émissions totales de gaz à effet de serre n'ont pas atteint l'objectif de Kyoto », souligne le rapport. « Si l'on considère l’UE à 27, l'augmentation des émissions a en partie été provoquée par l'amélioration de la situation économique après la récession de 2009 dans beaucoup de pays, laquelle avait entraîné une baisse substantielle des émissions en 2008-2009 », précise l'AEE.
La Libre Belgique – 1er juin 2012

Di Antonio appelle au respect du plan Maya Le ministre wallon de l'Agriculture, Carlo Di Antonio, a lancé lundi un appel aux provinces afin qu'elles se joignent au plan Maya de protection des abeilles. L'un de ses objectifs est la reconstitution d'espaces riches en plantes mellifères et dénués d'utilisation de pesticides. Ce qui commence par la plantation ou le semis de végétaux mellifères et se termine par l'abandon de pesticides.
La Libre Belgique – 5 juin 2012

Sauvez l'abeille Une abeille disparue depuis 71 a réapparu près de Tihange. Mais Melecta luctuosa ne doit son salut qu'au percement de la liaison routière Tihange-Strée. « L'interruption des travaux a créé des conditions favorables à la survie de l'abeille. Leur reprise la condamnerait », dit Natagora.
Le Soir – 6 juin 2012

Solar Impulse a rejoint le Maroc Piloté par le Suisse Bertrand Piccard, l'avion solaire Solar Impulse a atterri dans la nuit de mardi à mercredi à Rabat, au Maroc. L'engin avait décollé de l'aéroport de Madrid-Barajas mardi à 5h22. Après cinq jours de repos, il s'envolera de nouveau pour Ouarzazate […] Solar Impulse est le premier avion conçu pour voler de jour et de nuit sans carburant ni émissions polluantes, grâce à l'énergie solaire. L'avion en fibre de carbone est mû par quatre moteurs électriques, d'une puissance de 10 chevaux chacun, alimentés par 12.000 cellules photoélectriques couvrant son immense aile. L'énergie est stockée durant la journée dans des batteries, ce qui permet à l'avion de voler la nuit.
La Libre Belgique – 7 juin 2012

Le varroa booste un virus contagieux pour les abeilles... La dissémination d'un acarien parasite appelé varroa dans les colonies d'abeilles à Hawaii a permis à un virus autrefois inoffensif de prospérer en leur sein rapportent cette semaine des chercheurs américains dans la revue Science. Dans d'autres régions du monde, l'apparition de l'acarien avec le virus a coïnci¬dé avec des pertes majeures de colonies bien que cela ne se soit pas encore produit à Hawaii. L'arrivée du varroa y est relativement récente et ne concerne que certaines îles. Stephen Martin et ses collègues ont profité de ces circonstances particulières pour surveiller les abeilles d'Hawaii au cours de l'invasion et apprendre comment le virus DWV se répandait et évoluait. Le DWV peut infecter les insectes directement mais le varroa l'aide en agissant comme un hôte et un incubateur. Et un champignon décime les grenouilles Batrachochytrium dendrobaditis est un petit champignon. Mais il est particulièrement dangereux pour les grenouilles, estime Douglas Woodhams de l'Université de Zurich. Avec ses collègues américains, il tente de trouver un moyen de l'éradiquer avant qu'il n'ait la peau des batraciens. « Ce champignon est le pire agent pathogène ayant jamais infecté un vertébré », constate l'Union internationale pour la conservation de la nature (IUCN). Le champignon Batrachochytrium dendrobaditis a en effet décimé plus d'espèces que tous les autres agents pathogènes. Il est impliqué dans au moins 94 des 120 disparitions d'espèces de grenouilles au cours des 30 dernières années, précise l'IUCN.
Le Soir – 8 juin 2012

Nos paléontologues décrivent une nouvelle espèce de dinosaure Des ossements qui ont été découverts en 2001 par une équipe belgo-russe dans la région du fleuve Amour en Russie se sont avérés appartenir à une nouvelle espèce de dinosaure. Les paléontologues belges Pascal Godefroit (Institut royal des Sciences naturelles de Belgique, IRSNB) et Pascaline Lauters (ULB et IRSNB) ont décrit la nouvelle espèce, dénommée Kundurosaurus nagornyi. Il s'agit d'un hadrosaure (ou "dinosaure à bec de canard") qui vivait au Crétacé supérieur (il y a 65 millions d'années), juste avant l'extinction des dinosaures. Les résultats de l'étude, effectuée en collaboration avec leur collègue russe Yuri Bolotsky, ont été publiés dans la revue scientifique PLoS one.
La Libre Belgique – 8 juin 2012

Traces d'habitations de l'âge du fer Des traces datant d'une période située entre 750 et 400 ans avant J-C ont été retrouvées à Aalter. Une trouvaille unique en Belgique, selon David Vanhee du Kale-Leie Archeologische Dienst (KLAD). Toujours à Aalter, les archéologues espèrent trouver bientôt d'autres vestiges, de la période romaine cette fois. En analysant les différences de coloration du sol, l'équipe a pu reconstituer l'endroit où se trouvaient les différents murs et montants des toits des habitations. En plus de ce lieu central de vie, les archéologues ont aussi découvert des greniers à grains, des puits et de la céramique. Il s'agit de la cinquième découverte du genre sur ce site qui devrait accueillir dans le futur l'extension d'une maison de repos.
La Libre Belgique – 9 et 10 juin 2012

OMS Les gaz diesels « cancérogènes certains » Les gaz d’échappement des moteurs diesel sont désormais classés parmi les cancérogènes certains pour les humains par le Centre international de recherche sur le cancer, dépendant de l’Organisation mondiale de la santé (OMS). En 1988, ces gaz avaient été classés dans les cancérogènes probables pour l’homme (groupe 2A). Les experts réunis mardi à Lyon ont estimé qu’il y avait assez de preuves démontrant qu’une exposition aux gaz diesel est associée à un risque accru de cancer du poumon, pour classer ces gaz parmi les cancérogènes certains pour les humains (groupe1).
Le Soir – 13 juin 2012

Bulletin N° 72 - Juin 2012

C'est encore un bulletin bien copieux et bien dans l'esprit du C.E.A.H. que nous vous livrons chères lectrices, chers lecteurs, avec deux articles sur les problèmes de l'eau - un des grands soucis pour l'avenir de tous-; des connaissances peut-être inédites pour certains, sur les champignons et des observations sur la flore littorale dans son environnement physique (qui vous permettront peut-être en vacances de mieux l'aborder) ,par des auteurs reconnus et chevronnés que nous remercions vivement.

Deux rapports d'excursion ou visite vous permettent de profiter des informations reçues par ceux qui y ont participé et dans le domaine de l'actualité et de nos activités plus pratiques, une suite possible à donner par tous à la grave situation de la "Sardaigne nucléaire", ainsi que beaucoup d'autres informations dans la toujours très fournie Revue de presse élaborée par notre staff permanent pour vous tenir au courant des problèmes écologiques actuels et de ceux qui offrent un certain espoir d'amélioration.

Bien à vous et bonnes vacances d'été !

Le Président

lundi 2 juillet 2012

Compte-rendu de la visite de la maison en "EAUTARCIE" - Bernadette Lamblin

Ce 5 mai, une quinzaine de personnes ont répondu à l’invitation du Centre d’Écologie pour assister à la conférence de Joseph Országh et à la visite de sa maison urbaine en « EAUTARCIE ». Elle n’est, en effet, raccordée ni au réseau de distribution d'eau ni aux égouts. Il utilise le système TRAISELECT qui consiste en un traitement sélectif des eaux grises (contenant les savons et les détergents) et des eaux vannes (contenant les matières organiques et les bactéries) ainsi que le système PLUVALOR qui rend l’eau de pluie propre à la consommation. Dans cette maison, grâce à l'utilisation d'une toilette à litière biomaîtrisée, les eaux vannes ne sont pas produites. La famille Országh habite cette maison depuis 31 ans qui, en raison du non raccordement au réseau de distribution d'eau a été qualifiée d'insalubre par la ville de Mons !... Ils peuvent y habiter mais ne peuvent pas la louer.

Les eaux vannes contiennent 99% de bactéries, 90% de phosphore, 98% d’azote ainsi que des résidus de médicaments et, pourtant, les eaux vannes ne représentent que 1% du volume total des eaux usées. C’est dans ce faible pourcentage que se trouve concentré la presque totalité des polluants les plus nuisibles pour l’environnement.

« Le fait de mélanger les eaux vannes et grises a un poids environnemental démesuré qu’aucune épuration si performante soit-elle ne peut alléger. La clé de la solution soutenable se trouve dans le traitement sélectif. Les eaux fécales ne deviennent une nuisance qu’après épuration. En enlevant les déjections des eaux usées, une situation nouvelle se présente. Les eaux grises ne constituent une menace pour l’environnement que dans la mesure où on les rejette dans une rivière, un lac ou dans la mer . »


1) Le système PLUVALOR

L’eau consommée provient exclusivement des précipitations, la superficie au sol de sa maison est de 100 m². L’eau est canalisée vers une citerne. Pour 100 m² de toit il faut prévoir une capacité de stockage de 15 m3, c’est un peu juste mais augmenter le volume de stockage a un coût. A certaines périodes de l’année, ils sont en sur-verse et perdent de l’eau qui va peut-être leur manquer quelques mois plus tard en période de sècheresse.

L’eau qui tombe sur le toit est acide même si elle n’est pas polluée car le dioxyde de carbone contenu dans l’air se transforme en acide carbonique en se dissolvant dans l’eau. Le béton de la citerne contient des composants basiques qui neutralisent l’acide et, ce faisant, l'eau initialement dépourvue de sels minéraux, en dissout un peu. L’eau est donc chimiquement neutre mais pas aminérale.

Après avoir été stockée dans la citerne elle passe dans un premier filtre de 25 microns puis dans un second de 10 microns. Grâce à ces deux filtrations, elle n’est pas potable mais peut déjà convenir à tous les usages. Dans cette maison, il n'y a qu'un robinet, placé à la cuisine, qui fournit de l'eau légalement potable. Les autres robinets délivrent de l'eau qualifiée « d'inoffensive » qui sert à tous les usages non-alimentaires (hygiène personnelle, vaisselle, lessives, nettoyages, etc.). D'après Joseph Országh, « l'absorption accidentelle d'une telle eau ne porte pas préjudice à la santé, même si elle n'est pas légalement potable ».

Le seul robinet d’eau potable est desservi par un filtre en céramique contenant du charbon actif traité aux ions d’argent. Celui-ci étant bactériostatique les bactéries ne peuvent pas s'y développer et sont retenues. La porosité de ce filtre varie entre 0,4 et 0,7 microns et est garanti par le fabriquant pour une rétention de 99,9% des bactéries de contamination fécale. Ce filtre doit être régulièrement entretenu pour enlever le dépôt gluant qui bouche les pores de la céramique. Le charbon actif contenu dans la cartouche a également pour rôle de retenir les résidus de pesticides provenant de l’agriculture ainsi que les hydrocarbures que l’on peut retrouver dans la citerne surtout en hiver.

Qu’en est-il de la législation ?

D’après une enquête réalisée en 2006, plus de 700 000 personnes déclarent utiliser l’eau de pluie pour l’hygiène personnelle ce qui est pourtant déconseillé par bien des spécialistes, - et plus de 100 000 personnes qui déclarent boire l’eau de pluie depuis plusieurs années – une pratique encore moins recommandé par l’administration. Une seule exception : la ville de Bruxelles qui admet la possibilité d’utilisation de l’eau de pluie rendue potable moyennant un traitement adéquat. En France, la législation est quelque peu différente. Une loi a été votée en 2008 interdisant l’utilisation de l’eau de pluie à l’intérieur de l’habitation , à la seule exception pour la chasse du wc pour autant que l’on désinfecte l’eau destinée aux toilettes. Suite aux protestations de plusieurs associations, la loi a été quelque peu amendée ; l’eau une fois traitée de façon appropriée n’est plus considérée comme étant de l’eau de pluie.

En Belgique l’approche classique recommande d’utiliser de l’eau de qualité potable pour tous les usages domestiques. Monsieur Országh n’est pas tout à fait d’accord avec cette façon de voir. L’expérience de plusieurs dizaines de milliers de ménages montre que l’on peut utiliser de l’eau non potable sans mettre en danger la santé de l’usager. Il réclame une enquête épidémiologique sur la consommation de l’eau de pluie comme cela a été fait pour l’utilisation de la toilette à litière . La Commission des Eaux de la Région wallonne était extrêmement réticente vis-à-vis de ce genre d’enquête, suggéré par Joseph Országh. Pourtant, si on peut mettre en évidence un danger à boire cette eau il faut mettre en garde la population. La famille Országh utilise ce système depuis 32 ans sans jamais constater le moindre problème, toutefois cela n’a de valeur que de témoignage, ce n’est pas une preuve scientifique.

Et l’eau de distribution ?

Dans la presse, on peut lire de plus en plus que, dans certains cas, l’eau de distribution n’est pas ce qu’elle devrait être. Elle peut contenir des substances indésirables mais la loi tolère un certain dépassement des normes de façon temporaire. C’est un peu logique car même les eaux souterraines sont atteintes par certains types de pollution tels que les résidus de pesticides.

On peut trouver également des résidus de médicaments dans les eaux épurées rejetées en rivière car ceux-ci traversent en grande partie les stations d’épuration. La durée de séjour en station d’épuration varie entre 8 et 18 heures, ce qui n’est pas suffisant pour décomposer des molécules telles que les antibiotiques et les composants des détergents. Une partie est absorbée dans les boues, l’autre est déversée dans la rivière. Les résidus de médicaments commencent à devenir un souci pour la vie aquatique et pour la qualité de l’eau de la rivière.

La région flamande est confrontée à un autre problème dû à la surexploitation des nappes phréatiques. L’eau potable extraite est remplacée par l’eau de mer qui petit à petit pénètre dans les nappes phréatiques. Plusieurs communes de la côte doivent purifier l’eau de distribution mettant en œuvre une technologie avancée de nanofiltration ce qui entraîne un coût de production beaucoup plus élevé de 12 à 15 euros le m³, le surcoût de production étant payé par la région flamande.

Il y a une vingtaine d’années, Monsieur Országh a proposé que, dès le moment où les sources disponibles ne présenteraient plus les garanties suffisantes, la commune devrait avoir la faculté de se déclarer officiellement incapable de distribuer de l’eau potable à un prix raisonnable. L'eau distribuée devrait être déclarée de « qualité inoffensive » convenant à tous les usagers non alimentaires. Pour l'eau de qualité « potable » (pour la boisson et la préparation des aliments, environ 5 litres par jour par personne), soit la population est invité à utiliser de l’eau en bouteille, soit à installer un système domestique à osmose inverse pour obtenir son eau potable. Rien n’est envisagé à ce jour bien que cette situation risque de se présenter. En France, c’est déjà le cas de plusieurs communes. Au lieu d’utiliser une technologie très coûteuse pour rendre potable une eau de qualité médiocre, il vaut mieux distribuer une eau de qualité inoffensive et ajouter un système de purification à osmose inverse qui coûte actuellement environ 150-180 euros sur internet. La solution la moins chère est l'achat, pour moins de 60 euros, d'un système à osmose inverse vendu pour aquariums, fournissant une eau dont la qualité n'est comparable qu'à celle des meilleures eaux minérales vendues en bouteille, mais pour un prix de revient de 1 à 3 euro-centimes le litre. L’inconvénient de ce système est que pour chaque litre d’eau filtrée, le rinçage de la membrane requiert 3 à 4 litres d’eau qui sont soit évacués directement dans le système d’égouttage soit récupérés pour les nettoyages. L’avantage est que les radio-isotopes sont retenus par le système et évacués avec l’eau de rinçage.


2) La toilette à litière biomaîtrisée ou TLB

Il s'agit d'un joli meuble, dont le style peut s'accorder à celui du mobilier de la maison. Cette toilette sèche prend tout simplement la place du W-C , mais ne demande ni évacuation des eaux, ni de l'eau pour la chasse. Bien utilisée, et entretenue, ses nuisances olfactives ne dépassent pas celles d'un W-C classique. Avant la première utilisation, on place dans le seau de la toilette en acier inoxydable, une couche de 5 cm de litière constituée de déchets de jardin, feuilles mortes, herbes arrachées, taille des arbres fruitiers, le tout broyé et séché auquel Monsieur Országh ajoute parfois des cartons d’emballages déchiquetés. Après chaque utilisation, on remet une petite couche de litière. On humidifie ensuite à l’aide d’un petit pulvérisateur afin de créer un milieu humide avec l’urine.

L’urine est riche en urée qui est une matière azotée organique susceptible de s'adsorber sur les longues chaines carbonées des molécules de la cellulose. Ce faisant les enzymes catalysant les réactions d'hydrolyse de l'urée et produisant, par la même occasion, des odeurs, sont bloquées. En fait, les odeurs proviennent de cette réaction d’hydrolyse qui produit du dioxyde de carbone (qui ne pose pas de problème) et de l’ammoniaque qui a une forte odeur. C’est ce qui se passe dans un seau hygiénique classique, sans litière, où l’odeur d’ammoniaque devient vite très désagréable. La cellulose végétale bloque cette réaction enzymatique. C’est le principe de la toilette à litière biomaîtrisée qui fonctionne différemment des toilettes scandinaves dans lesquelles l'urine et les fèces sont séparées et, de ce fait, l'apparition des odeurs devient inévitable. C'est ce qui justifie l'installation d'un système de ventilation (consommation électrique) pour évacuer les odeurs.

Dans le cas de la toilette à litière, lorsque le seau est plein, il est vidé sur le compost qui ne sera utilisé que deux ans plus tard, par précaution, car les œufs des parasites intestinaux ne sont éliminés qu’au bout de 18 mois.

Qu’en est-il de la législation ?

En 1996, monsieur Országh a exposé le concept de la toilette à litière à la Commission gouvernementale des eaux, dont il a été membre pendant 16 ans. Un fonctionnaire a exhumé une loi datant du 19ème siècle qui précisait qu’il était interdit de manipuler du fumier en milieu urbain. Or, les effluents compostés au jardin constituent du fumier humain et cela peut donc représenter un risque sanitaire en raison de la présence des bactéries. Le Président de la commission a donc commandé une étude à l’Institut de Santé Publique de l’Université de Louvain afin de montrer ou de démentir le caractère dangereux de l’utilisation de la toilette à litière. Monsieur Országh a fourni une liste de familles qui utilisaient ce système. Sur les adresses communiquées, 60 familles ont été sélectionnées parmi celles qui utilisaient le système et 60 autres qui ne l’utilisaient pas. Dans chaque groupe, les familles présentaient le même profil social: même niveau d’éducation, de revenu, de composition familiale, etc. L'équipe de chercheurs de l'UCL a examiné du point de vue médical les deux échantillons de population et suivi pendant un an leur état de santé afin d'évaluer la fréquence et la gravité des maladies du tube digestif directement liées à une contamination d’origine fécale. L'équipe de recherche a également mené une enquête auprès des mutuelles en recherchant plusieurs années en arrière les dépenses de ces familles pour ce type de maladie. S’il s’était avéré que l’échantillon de la population utilisant la toilette à litière était plus souvent malade ou plus gravement que l'échantillon de référence, il aurait fallu conclure qu’il y avait un certain risque à utiliser la toilette à litière. A la grande surprise des chercheurs c’est l’inverse qui a été constaté : la population utilisant les toilettes à litière était, en moyenne, en meilleure santé que l’échantillon de référence.


3) La toilette scandinave (non présente chez Monsieur et Madame Országh)

Pour éviter les manutentions dans cette toilette on sépare la matière fécale de l’urine. Celle-ci est conduite dans un réservoir, la matière fécale est quant à elle desséchée grâce à une résistance chauffante ou d’autres systèmes tels que l’utilisation de l’énergie solaire. Après 6 mois d’utilisation, il n’y a qu’un petit tiroir à vider. Une toilette à litière utilisée par une personne seule doit l’être au bout de 4 à 5 jours. L’urine constitue les 9/10 de nos déjections et en moyenne nous en produisons 1,5 litre par jour.

Les fabricants de la toilette scandinave recommandent de diluer 8 fois l’urine et de l’utiliser pour les plantes qui se développent très bien grâce à cet « engrais ». Dans l’urine on trouve du potassium, du phosphore et de l’azote, tout ce qui est nécessaire aux plantes. L’inconvénient, c’est que pendant le stockage l'urée est hydrolysée grâce à une enzyme, l’uréase. Il se forme alors une solution concentrée en nitrate d’ammonium qui est un sel soluble, au moment où on la dilue. Cela a pour conséquence une moindre économie d’eau que prévue car au lieu de l’utiliser dans la chasse on l’utilise pour la dilution. La dissociation électrolytique entraîne la formation d’ions d’ammonium et de nitrate qui sont introduits dans le sol.

L’humus du sol se décompose spontanément en éléments assimilables par les plantes. Si l’on met sur le sol une substance contenant beaucoup d’ions comme, par exemple, de la chaux, des cendres de bois (qui contiennent de la potasse), du digestat de bio-méthane, ou de l’urine stockée, la force ionique de l’eau dans le sol augmente très fort. Les réactions qui aboutissent à la formation des ions (et c'est le cas de la décomposition spontanée de l'humus) sont accélérées de façon exponentielle par l’augmentation de la force ionique du milieu. Suite à l'irrigation par l'urine stockée (donc hydrolysé), on assiste à une élimination accélérée de l'humus du sol.

Le même phénomène se passe suite à l'usage des engrais de synthèse qui sont aussi des électrolytes solubles et même à l'épandage du lisier d'élevage. On constate que la teneur en humus diminue d’année en année. En moins de 50 années d'agrochimie, la teneur en humus des terres a diminué de plus de 90%! Or, c’est l’humus qui donne la structure au sol et le retient évitant les coulées lors de fortes pluies. Sur un sol forestier humifère, le ruissellement est de 40 fois inférieur à celui qu'on mesure sur des sols cultivés avec des engrais chimiques. Irriguer les plantes avec de l'urine dilué a le même effet que l'épandage du lisier d'élevage. Monsieur Országh est donc très réservé quant à l’utilisation de la toilette scandinave. Il conviendrait de calculer d’après le nombre d’équivalent habitant et la superficie d'épandage si, dans le jardin, le particulier ne risque pas de dépasser les normes européennes réglementant l'usage de l'azote du lisier.

Il propose également à la Région Wallonne de supprimer progressivement l’épuration des eaux fécales en construisant des centres d’imprégnation comme il en existe déjà en France. Les eaux vannes pourraient imprégner du bois raméal fragmenté (BRF) ou de la paille hachée pour en faire du fumier très apprécié par les agriculteurs. De ce fait, on rétablit la teneur en humus des terres agricoles ce qui atténue la gravité des inondations et des sécheresses, tout en favorisant l'infiltration des précipitations dans nos réserves d'eau souterraines. L'effet le plus important sera la diminution, voire l'arrêt de la disparition des terres arables par érosion. Un gramme d'humus est capable de retenir, comme une éponge, 50 g d'eau. On assistera donc à une diminution spectaculaire des demandes en eau d'irrigation. La restauration de la teneur en humus des terres constitue un « puits de carbone » gigantesque susceptible de ralentir, voire peut-être même arrêter les changements climatiques. D'après Joseph Országh, un programme mondial de biomasse sortirait l'humanité de ses problèmes d'eau en moins de deux générations.


4) Le système TRAISELECT

Chez la famille Országh les eaux grises (savonneuses) sont stockées dans une fosse septique de 2000 litres à double compartiment. Dans le premier compartiment la fermentation est très intense, une couche de graisse se forme en surface qui agit comme un couvercle ; c’est une fermentation en anaérobie stricte (absence d’air), la dénitrification est très importante. Il s’en suit une formation de boue qui correspond pour ce volume de citerne à une dizaine de centimètres qui ne varie pas. La quantité de bactéries qui meurent et se déposent au fond de la fosse est prise en charge par des bactéries méthanogènes qui produisent du biogaz facilement évacué. Les détergents peuvent contenir des sulfonates qui, en se décomposant, en anaérobie produisent des odeurs très désagréables. C’est pourquoi l’eau sortant de la fosse à eau grise est aérée avant d’être envoyée par une pompe munie d’un flotteur dans la tranchée végétale filtrante pourvue d’une membrane étanche. Après le passage dans ce filtre végétal contenant du gravier, des galets et des plantes tels que les iris d’eau (mais pas de terre), l’eau est amenée dans l’étang .

Le professeur Országh préconise d’utiliser les eaux savonneuses pour irriguer le jardin. En Région wallonne, une personne produit chaque jour un peu plus de 80 litres d’eau que l’on peut facilement disperser dans un jardin de quelques ares. Cette eau va s’infiltrer sans provoquer de nuisance sauf, évidemment, si l’on se trouve dans une région karstique. C'est finalement la solution la plus simple, la meilleure marché et la plus efficace pour valoriser nos eaux savonneuses.

Après l’exposé suivi d’un débat le professeur Országh nous a fait visiter ses installations. Nous le remercions vivement pour son accueil et sa disponibilité.

Pour en savoir plus sur la gestion durable de l'eau : http://www.eautarcie.org/
• Une présentation simple et illustrée du système PLUVALOR
• Une présentation simple et illustrée du système TRAISELECT
• Sur la toilette à litière biomaîtrisée ou TLB