Centre d'écologie appliquée du Hainaut

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jeudi 9 janvier 2014

Bulletin N° 76 - Décembre 2013

EDITORIAL

Invitation à la prochaine Assemblée Générale

ARTICLES

Les algocarburants
Michel Wautelet

Le Sud valorise ses déchets
Jean-François Pollet

COMPTES RENDUS

Le vallon karstique de Marcinelle-Loverval
Robert Fourneau

Visite au Jardin botanique de Meise
Robert Fourneau

Nos poubelles débordent...
Bernadette Lamblin

Compte rendu du stage à l’Abbaye de Saint-Denis
Bernadette Lamblin

Compte rendu des animations de la saison « Champignons »
Bernadette Lamblin

Commémoration du 68ème anniversaire de la tragédie de Hiroshima et de Nagasaki
Claudine Pôlet

REVUE DE LA PRESSE

CLIMAT

ICOS, les Wallons y sont…
Athena – Octobre 2013
Effet de serre - Stockage du CO2 : solution ou mirage
Imagine – Septembre & Octobre 2013
Des négociations frustrantes dans la jungle d’un monde complexe
Le Soir – 25/11/13

ENERGIE

L’UE limite l’usage des agrocarburants nocifs pour la planète
Le Monde – 13/09/13
Ciel, mon énergie !
Imagine – Juillet & Août 2013
Assez sombres et rétro : les tendances énergétiques du WEO 2013
IEW – 21/11/13

ENVIRONNEMENT

Les subsides dommageables à l’environnement
Imagine – Juillet & Août 2013
Au Mexique, la jacinthe d’eau, plante invasive, se pare de vertus écologiques
Le Monde – 19/07/13
Bruxelles : chasse au gaspi et au CO2
Le Soir – 26/09/13
Feu sur l’huile de palme
La Libre Belgique – 12/08/13
Des défenses naturelles pour cultures
L’Avenir – 29/11/13
Quels poissons manger ?
La Libre Belgique – 09/12/13

BIODIVERSITE

Nos papillons ont un coup dans l’aile
Le Soir – 24/08/13
Les espèces invasives dans le viseur
Le Soir – 06/09/13
Wallonie : la nature en très lents progrès
Le Soir – 12/09/13
Haies vives – On s’est planté en les arrachant
L’Avenir – 15/10/13
La catastrophe du pissenlit
L’Avenir – 27/11/13

NATURE

« Les champignons, c’est important de bien les connaître ! »
L’Avenir – 26/10/13
Mésange apivore
La Griège – Novembre 2013

NOUVELLES BREVES

PUBLICITE : Eventail des champignons

Bulletin N° 76 - Décembre 2013

Chères lectrices, chers lecteurs,

Notre bulletin de fin d'année continue de présenter les différentes facettes de nos activités:

- des comptes rendus copieux de nos animatrices épaulées de spécialistes bénévoles -que nous remercions sincèrement- faisant connaître la Nature à un grand nombre d'enfants par des stages toujours appréciés et de plus en plus demandés et où l'étude des champignons tient une place de choix.

- des articles montrant qu'une meilleure connaissance de la Terre peut faire comprendre des pollutions lorsque les hommes prennent la peine de s'en occuper et que ces idées gagnent également et heureusement de plus en plus de pays du monde soit dans les conditions actuelles souvent difficiles soit dans de nouveaux projets de changement de source d'énergie malheureusement pas encore totalement au point ou trop onéreux comme le montre très bien l'excellent article de M. Wautelet.

- quant à notre participation aux commémorations des tragédies dues au nucléaire militaire, elle s'est encore cette année réalisée avec une grande volonté de se manifester par des exposés de conférenciers très compétents auprès d'un public solidaire.

Bonnes fêtes de fin d'année à tous

Le Président, R. Fourneau.

Bulletin N° 76 - Décembre 2013

VISITE AU JARDIN BOTANIQUE DE MEISE - Robert Fourneau -

Ce dimanche 16 juin, une délégation du C.A. a participé à la visite guidée du Jardin Botanique National de Meise dans le cadre d'une manifestation destinée à fournir des fonds à OXFAM pour l'organisation de sa marche dans les Hautes Fagnes à la fin du mois d'août.

En plus de la visite des serres magnifiques présentant les plantes des différents biotopes mondiaux et des jardins aménagés dans les anciennes prairies attenant aux châteaux de Meise (disparu actuellement) et de Bochout (qui vaut la visite), notre but était principalement de se rendre compte des immenses possibilités des herbiers et d'y retrouver ceux légués par feu notre vice-président, le botaniste Jacques Duvigneaud et par feu notre secrétaire-fondateur du C.E.A.H., le Professeur Pierre Piérart.

Bulletin N° 76 - Décembre 2013

COMPTE RENDU DES ANIMATIONS DE LA SAISON « CHAMPIGNONS » - Bernadette Lamblin -

Fin octobre nous avons clôturé nos animations sur le thème des champignons. Celles-ci connaissent toujours un vif succès auprès des enseignants et des élèves. Une fidélisation s’est installée, c’est ainsi que nous retournons tous les ans à l’Institut Saint-Ferdinand de Jemappes, au camping de la Sablière à Epinois et tous les deux dans d’autres écoles telles que celles du groupe scolaire Barigand de Ghlin, de l’école communale de Baudour ou de l’Institut Saint-Joseph de Saint-Ghislain. Cette année, l’Athénée Royal de Saint-Ghislain nous a sollicités pour la première fois, les élèves avaient participé au printemps aux animations sur la mare à Epinois.

Comme en 2011, notre exposition de champignons frais, ouverte au public le week-end, s’est déroulée du 19 au 22 octobre dans la salle «la Grange » de Beloeil. Cette date correspond au week-end au bois organisé par les guides Pro-Natura en collaboration avec l’Office du Tourisme de Beloeil. Cette activité amène toujours beaucoup de participants, pas moins de 114 personnes ont répondu présents à la balade découverte des champignons le dimanche matin à Stambruges. Il y avait sept guides dont trois du CEAH. Cette balade, couplée avec la visite de l’exposition démarrait de la salle, un bus de la commune était prévu pour faire la navette jusque Stambruges. Au retour le verre de l’amitié a été offert par l’Office du Tourisme.

Les visiteurs ont pu observer pas moins de 163 espèces de champignons, en voici la liste :

Abortiporus biennis, Agaricus bitorquis, A. silvicola, Armillaria mellea, Amanita battarae, A. ceciliae, A. citrina, A. fulva, A. junquillea, A. muscaria, A. phalloides, A. rubescens, A. spissa, Astraeus hygrometricus, Auricularia auricula-judae, Baeospora myosura, Bjerkandera fumosa, Boletus edulis, B. erythropus, Calocera viscosa, Calvatia excipuliformis, Cantharellus cibarius, C. tubaeformis, Chlorociboria aeruginascens, Chroogomphus rutilus, Clavariadelphus pistillaris, Clavulina cinerea, C. cristata, Clavulinopsis helvola, Clitocybe clavipes, C. fragrans, C. geotropa, C. nebularis, C. odora, C. rivulosa, C. vibecina, Collybia butyracea, C. confluens, Coprinus comatus, Cortinarius alboviolaceus, C. delibutus, C. elatior, C. xanthophyllus, Craterellus cornucopioides, Crucibulum laeve, Cyathus striatus, cystoderma amianthinum, Cystolepiota aspera, C. seminuda, Dacrymyces stillatus, Daedaleopsis confragosa, Daldinia concentrica, Fomitopsis pinicola, Galerina marginata, Ganoderma applanatum, G. lucidum, Geastrum sessile, G. triplex, Grifola frondosa, Gymnopilus penetrans, Gyroporus cyanescens, Hapalopilus rutilans, Hebeloma mesophaeum, H. radicosum, Helvella crispa, Heterobasidion annosum, Hydnum repandum, H. repandum var. rufescens, Hygrocybe conica, H. pseudoconica, H. quieta, Hygrophoropsis aurantiaca, Hygrophorus pustulatus, Hypholoma fasciculare, Hypoxylon fragiforme, Laccaria amethystea, L. laccata, Lactarius blennius, L. controversus, L. glyciosmus, L. necator, L. semisanguifluus, L. tabidus, L. subdulcis, L. torminosus, L. vellereus, laetiporus sulphureus, Leccinum aurantiaca, L. scabra, Lepista flaccida, Lepista inversa, L. nuda, Lycoperdon mammiforme, L. perlatum, L. piriforme, Lyomyces sambuci, Lyophyllum decastes, Macrocystidia cucumis, Macrolepiota fuliginosa, Meripilus giganteus, M. tremellosus, Mutinus caninus, Mycena crocata, M. Galopus, M. inclinata, M. pelianthina, M. polygramma, M. rosea, Nectria cinnabarina, Otidea alutacea, Otidea onotica, Oudmensiella mucida, O. pudens, O. radicata, Panellus stypticus, Paxillus atrotomentosus, P. involutus, Phlebia radiata, Pholiota gummosa, P. mutabilis, P. squarrosa, Piptoporus betulinus, Pisolithus tinctorius, Pleurotus ostreatus, Pluteus cervinus, Polyporus badius, P. durus, P. varius, Postia caesia, Psathyrella conopilus, P. piluliformis, Psilocybe squamosa, Ramaria stricta, Rhodocybe gemina, Rhodotus palmatus, Rozites caperata, Russula cutefracta, R. cyanoxantha, R. exalbicans, R. fellea, R. heterophylla, R. nigricans, R. ochroleuca, R. queletii, R. velenovskyi, Rutstroemia echinophila, Sarcodon imbricatus, Scleroderma citrinum, Stereum sanguinolentum, Stropharia caerulea, Suillus grevillei, Trametes gibbosa, Tricholoma cingulatum, T. pseudoalbum, T. saponaceum, T. scalpturatum, T. sulphureum, Tricholomopsis rutilans, Xerocomus badius, X. chrysenteron, Xylaria hypoxylon, X. polymorpha.

Le lundi et le mardi, de nombreuses classes sont venues suivre l’initiation à la connaissance des champignons à la salle « la Grange » et sur le terrain dans le parc du château de Beloeil. Durant ces quatre jours le concierge nous a confié la clef du parc. Nous y avons accueilli des écoles primaires de l’entité de Beloeil ainsi que des secondaires de l’Athénée Royal de Mons et du Centre éducatif Saint-Pierre de Leuze.

Un tout grand merci à Mario Lemaire, sans qui cette exposition n’aurait pu avoir lieu, il a amené et identifié la majorité des espèces. Nous remercions également les Guides-Nature des collines pour leur récolte déterminée, Jean et Francine Lhoëst et Willy Snauwaert le « Sanglier des Ardennes » qui répondent toujours présents pour récolter des champignons dans la région de Couvin.

Bulletin N° 76 - Décembre 2013

Obama a un plan contre le réchauffement climatique Le président américain Barack Obama a proposé mardi un vaste plan de lutte contre le réchauffement climatique prévoyant notamment de réglementer les émissions de C02 des centrales électriques au charbon, principale source de pollution carbonique. Obama s'était engagé en 2009 à réduire les émissions de gaz à effet de serre des Etats-Unis de 17 % au-dessous de leur niveau de 2005 d'ici 2020. Le Congrès avait rejeté en 2009 un ambitieux projet de loi sur l'énergie et le climat visant à atteindre cet objectif. Le plan propose aussi huit milliards de garantie de prêts pour encourager des investissements dans des technologies innovantes dans les énergies fossiles et l'efficacité énergétique. Obama demande aussi notamment que suffisamment de permis soient accordés pour des projets d'énergie renouvelable, solaire et éolienne, sur des terres fédérales pour produire assez d'électricité pour plus de six millions d'habitations d'ici 2020. Selon l'ONG Center for Climate and Energy Solution ce projet sur le climat "est très étendu mais est maigre en détails sur des sujets essentiels comme celui des émissions des centrales au charbon". "Ce sera très difficile de négocier de nouvelles normes limitant les émissions des centrales existantes... " car cela aura un coût. La Libre Belgique – 26 juin 2013

Abeilles : un pesticide de plus banni L'UE a décidé d'interdire l'usage à l'air libre du Fipronil, un insecticide mortel pour les abeilles, du groupe allemand BASF. Cette décision s'ajoute à la mise à l'index partielle de trois autres pesticides néonicotinoïdes. A compter du 31 décembre, son usage sera banni pour deux ans pour le traitement des semences de maïs et tournesols. Il ne pourra plus être utilisé que pour certaines cultures sous serre. Cette substance était critiquée de longue date par les apiculteurs, finalement rejoints par l'Autorité européenne de sécurité des aliments en mai dernier. La Libre Belgique – 17 juillet 2013


La menace des tiques est sous-estimée chez nous Les tiques seraient responsables d'un millier de cas de maladie de Lyme chaque année en Belgique, mais ces chiffres seraient sous-estimés, affirme la chercheuse Valérie Obsomer, chercheuse à l’UCL, mercredi dans "L'Avenir". Mme Obsomer plaide dès lors pour une meilleure étude du phénomène et une plus grande sensibilisation de la population. "On a pu mettre en évidence que les tiques vectrices de maladies se trouvaient un peu partout sur le territoire, même dans la zone côtière. Il existe aussi des zones où les tiques sont très abondantes. Et la troisième chose, c'est qu'on a trouvé dans les tiques en Belgique de nombreux autres pathogènes et pas seulement la maladie de Lyme". La chercheuse demande à la population d'indiquer, dès qu'elle le peut, le lieu où une personne a été mordue par une tique via www.tekentiques.be. La Libre Belgique – 25 juillet 2013

Davantage de renouvelable en Belgique dès 2017 Selon Elia, le gestionnaire du réseau électrique belge, les centrales nucléaires représentent 55% de notre production électrique lorsqu'elles tournent à plein régime, le gaz 39%, l'éolien 4% et le charbon 4,5%. En cas de pic de demande ou lorsque certaines centrales nucléaires sont à l'arrêt, comme ce fût le cas pour Doel 3 et Tihange 2, la production est complétée par des importations venues essentiellement des Pays-Bas, de France et d'Allemagne, dont il est impossible d'identifier la source. Quand on sait que près de 50% de l'électricité allemande est produite par du charbon et du lignite, cela vient certainement alourdir notre bilan énergétique. Il n'en reste pas moins que la quantité de charbon utilisée en Belgique reste relativement faible et que le plan Wathelet de sortie du nucléaire à l'horizon 2025 prévoit d'investir essentiellement dans un mix de gaz et de renouvelable. Pour Claude Adams, conseiller "Energie" pour le SPF Economie, "la part du renouvelable dans le mix énergétique devrait d'ailleurs croître de manière exponentielle à partir de 2017-2018 grâce au renforcement du réseau électrique qui permettra de rapatrier l'énergie produite par les parcs éoliens en mer du Nord et de raccorder les productions d'énergie décentralisées dont font partie l'éolien, le solaire et d'autres formes d'énergie renouvelable. Ce n'est pas encore possible pour l'instant. " Plusieurs projets belges ont par ailleurs bénéficié de financements de la BEI, principalement dans la construction de parcs éoliens en mer, et la Banque a récemment ouvert la possibilité de financer à hauteur de 300 millions d'euros un projet de construction et de rénovation d'écoles en Wallonie et à Bruxelles. "L'amélioration de l'efficacité énergétique des bâtiments est très importante, mais cela prend énormément de temps et nécessite des investissements importants", ajoute Claude Adams. D'où l'importance, de pouvoir compter sur des fonds extérieurs. La Libre Belgique – 26 juillet 2013

Sécurité alimentaire Du Bisphénol A dans votre ticket de caisse L'EFSA, l'Autorité européenne pour la sécurité des aliments, a pointé jeudi les risques d'exposition au Bisphénol A (BPA) découlant de l'usage du papier thermique, notamment pour les tickets de caisse. Elle souligne que le papier thermique "représente la deuxième source la plus importante de BPA après l'alimentation, pouvant représenter jusqu'à 15% de l'exposition totale dans certains groupes de population". "Des incertitudes quant à la source d'exposition du papier thermique ont toutefois été soulevées et des données supplémentaires doivent être recueillies, en particulier sur l'absorption cutanée du BPA et les habitudes de manipulation des tickets de caisse." La Libre Belgique – 26 juillet 2013

Réduction de 80 à 95% des gaz à effet de serre La Région wallonne se dote d’une feuille de route pour diminuer les gaz à effet de serre de 80 à 95 % d’ici à 2050. Un décret climat coule ainsi les objectifs 2020 et 2050 en texte légal, peut-on lire mardi dans Le Soir. Ce décret prévoit une méthode de travail. Le gouvernement wallon fixera tous les cinq ans, des « budgets » carbone pour les principaux secteurs de la société (énergie, industrie, résidentiel, transport, agriculture, déchets). Il élaborera par ailleurs des « plans air-climat-énergie » à cinq ans chiffrant les budgets et précisant les mesures à prendre pour les respecter. Chaque année, le gouvernement devra rendre compte des progrès au parlement wallon. Un suivi sous la responsabilité de l’administration sera par ailleurs instauré. La Libre Belgique – 31 juillet 2013

France Plantes modifiées pour tolérer les herbicides Dix organisations de défense de l'environnement ont dénoncé la culture en France de "colzas et tournesols tolérants aux herbicides" qu'ils considèrent comme des "OGM cachés". "A l'instar de la plupart des OGM, ces plantes ont été génétiquement manipulées pour pouvoir survivre, tout en étant traitées avec des herbicides. Mais ce sont des OGM cachés, car elles ont été arbitrairement exclues du champ d'application de la réglementation sur les OGM", assurent ces organisations dans une lettre ouverte au ministre de l'Agriculture Stéphane Le Foll. La Libre Belgique – 31 juillet 2013

Inde Des pesticides tuent 23 écoliers L'Organisation des Nations unies pour l'Agriculture et l'Alimentation réclame l'élimination des pesticides dangereux dans les pays en développement, après la mort de 23 écoliers intoxiqués. « La tragédie de Bihar, où 23 écoliers sont morts après avoir mangé à la cantine un repas contenant du monocrotophos, rappelle l'urgence d'accélérer le retrait des pesticides hautement toxiques des marchés des pays en développement. Le monocrotophos est un insecticide organophosphoré jugé particulièrement dangereux par la PAO et l'Organisation mondiale de la santé » a déclaré la FAO, qui déplore que de telles substances soient toujours distribuées notamment aux petits agriculteurs, alors qu'elles sont « hautement toxiques" » et « mettent souvent en péril la santé publique et l'environnement ». De nombreux gouvernements ont déjà interdit ce produit. La Libre Belgique – 31 juillet 2013

Comment repérer et éviter les plantes invasives ? Les plantes invasives sont des plantes exotiques introduites par l'homme, volontairement ou non, et qui deviennent envahissantes. Elles s'échappent des jardins et des parcs, et s'étendent rapidement dans l'environnement au détriment des espèces locales. La berce du Caucase, la renouée asiatique ou la balsamine de l'Himalaya sont quelques exemples bien connus. Elles contribuent à la dégradation des écosystèmes, au déclin de la biodiversité et peuvent poser des problèmes de santé publique. La sève de la berce du Caucase, par exemple, provoque de graves brûlures. La lutte contre ces nuisances a un coût très important pour la société. La prévention, plus efficace, revêt donc une importance cruciale. En effet, la plupart des invasives sont des plantes horticoles. La majorité d'entre elles sont toujours en vente dans les jardineries et chez les pépiniéristes, sans aucune information sur leur caractère envahissant. Afin de réduire leur introduction dans les jardins et de mieux faire connaître cette problématique et la liste des cinquante-sept plantes concernées, le projet national AlterIAS a développé un code de conduite approuvé par les professionnels du secteur. Les vendeurs participants s'engagent à informer les particuliers et à proposer des alternatives à ces plantes. Ce code peut également être signé par les particuliers s'engageant à s'informer, éviter les plantes invasives, ne pas les disséminer dans la nature, via leurs déchets verts, et sensibiliser leur entourage. La liste des plantes posant problème (avec photos et infos), le répertoire des professionnels ayant signé le code, et des informations pour venir à bout des invasives déjà présentes dans votre jardin sur www.alterias.be. Pas d'accès à Internet? "écoconso" peut vous renseigner par téléphone : 081/730 730 (www.ecoeonso.be). La Libre Belgique – 12 août 2013

Découverte d'un canyon géant sous les glaces du Groenland Un canyon d'au moins 750 km de long et 800 mètres de profondeur par endroits a été découvert sous les glaces du Groenland grâce à des observations satellitaires, ont indiqué jeudi des chercheurs. Cette formation géologique comparable en partie au Grand Canyon du fleuve Colorado, dans l'ouest américain, existait probablement avant que les glaces ne recouvrent le Groenland au cours des derniers millions d'années. "Notre découverte montre qu'il reste encore beaucoup de choses à découvrir sur notre planète", a commenté le professeur Jonathan Bamber, de l'Université de Bristol, principal auteur de cette recherche. Selon les chercheurs, ce canyon joue un rôle important pour transporter des eaux subglaciales de l'intérieur de la calotte glaciaire jusqu'à l'océan. Même avant la présence de la glace au Groenland il y a au moins quatre millions d'années, tout indique que ce canyon formait un important système fluvial transportant l'eau de l'intérieur de l'île à la côte. La Libre Belgique – 1er septembre 2013

Les grues apprennent à migrer grâce à leurs aînées Les grues américaines apprennent à naviguer pour leur migration annuelle avec les plus âgées de leur groupe, révèle une étude publiée jeudi qui lève le voile sur le mystère de ces mouvements migratoires. Des chercheurs de l'Université du Maryland, ont montré que ces oiseaux -les plus grands d'Amérique du nord- qui vivent plus de 30 ans, acquéraient ce savoir de leurs anciens et s'amélioraient avec les années. Des groupes de grues américaines qui comptaient un membre adulte âgé de sept ans déviait 38 % moins de leur route migratoire en ligne droite entre le Wisconsin où ils se reproduisent et la Floride, leur résidence d'hiver, montre cette étude parue dans la revue américaine. La Libre Belgique – 1er septembre 2013

Méthane bovin Modifier l'alimentation pour moins d'émissions La principale piste étudiée pour diminuer l'émission de méthane chez les bovins est l'alimentation. Une expérience menée à l'Institut des sciences de la vie de l'UCL a permis de réduire de 15 % les émissions de méthane chez des vaches laitières en ajoutant un complément de graines de lin extradées dans leur ration alimentaire. Au Centre wallon de recherches agronomiques, une expérience similaire a été menée durant toute la phase de production de taurillons blanc-bleu-belge. Là, avec une croissance similaire aux animaux témoins, ceux nourris avec un complément de lin ont vu leurs émissions de méthane baisser de 12 à 20 %. L’Avenir – 27 septembre 2013

Climat Niveau record des mers en 2013 Selon les chiffres provisoires diffusés par l'Organisation météorologique mondiale, 2013 est en passe de devenir l'une des dix années les plus chaudes depuis le début des relevés modernes en 1850. "Le niveau moyen de la mer a atteint un nouveau record en mars 2013", indiquent les experts. "Ce niveau s'est élevé à un rythme moyen de 3,2 millimètres par an [...], ce qui est proche du rythme d'environ 3 mm/an observé pendant la décennie 2001-2010 et correspond au double de celui enregistré au XXe siècle, qui est de 1,6 mm/an", avertissent-ils. Les neuf premiers mois de l'année se situent, à égalité avec 2003, au septième rang des plus chauds à ce jour. La Libre Belgique – 14 novembre 2013

Gaz de schiste : la fête est finie Ecologistes et tenants du « peak oil » pavoisent déjà : la révolution du gaz de schiste touche à sa fin, tuée par un effondrement des prix lié à la surproduction. Depuis plus d’un an, ils constatent un « plateau » dans les volumes extraits de la roche mère de cet hydrocarbure qui a inondé le marché américain ces cinq dernières années et modifié en profondeur les flux énergétiques mondiaux. Les grandes compagnies pétrolières (ExxonMobil, BP, Total, Shell, ENI…), qui ont succombé trop vite à l’appât du gain, y ont englouti des sommes folles avant de réduire la voilure et de réorienter investissements et appareils de forage (rigs) vers les régions où l’on a découvert des condensats (gaz liquides) et du pétrole de schiste – bien mieux valorisés sur le marché. Le Monde – 29 novembre 2013

Reforestation La revanche des forêts ? La planète perd, chaque année, une surface forestière équivalente à une fois et demie la Belgique, a calculé l'Organisation des Nations Unies pour l'alimentation (PAO). Mais le mouvement est en train de s'enrayer. Il était temps. Les forêts regagnent du terrain dans les pays du Nord, ainsi qu'en Chine et en Inde. En Chine précisément, elles ont doublé de superficie depuis 1949, selon la PAO. « La Chine a connu plusieurs inondations dramatiques, note Patrick Meyfroidt, géographe à l'UCL. Ce qui a poussé le pays à replanter les flancs de montagne et les terres dégradées. Mais attention, une forêt replantée ne rend pas les mêmes services écologiques qu'une forêt ancienne. Une plantation d'eucalyptus, ou d'épicéas chez nous, ne laisse passer aucune lumière, ce qui empêche le développement d'un sous-bois qui servira de sanctuaire à la biodiversité. Le bilan déforestation-reforestation n'est donc pas égal. En Chine, même si l'on replante, les forêts primaires continuent à reculer.» Le Brésil, pays le plus touché par la déforestation, affiche également des résultats spectaculaires. Le pays perdait, selon Greenpeace, l'équivalent d'un terrain de football toute les huit secondes. Ce n'est plus vrai. « L'année dernière, la forêt brésilienne s'est même légèrement étendue, poursuit Patrick Meyfroidt. Il est un peu tôt pour dire que la courbe s'est définitivement inversée, mais il y a un vrai mouvement de fond.» La cause de cette évolution? Les pressions des organisations environnementales, la volonté politique du gouvernement brésilien qui a placé sa forêt sous surveillance satellite et interdit l'arrachage des arbres sous peine de sanction. Et une régulation par les acteurs du marché eux-mêmes. Les courtiers refusent désormais d'acheter une production agricole plantée sur une terre déboisée après 2006. En Asie, le président indonésien, dont le pays voit ses forêts céder la place à des plantations de palmier à huile, a émis un moratoire sur l'attribution de nouvelles concessions forestières. Une mesure prolongée encore cette année. Pour le meilleur des mondes? Pas si vite. Un moratoire n'est pas une interdiction formelle. Et les concessions déjà attribuées ne sont pas suspendues et continuent à tailler dans les forêts… Imagine – Novembre & Décembre 2013

COMMEMORATION DU 68EME ANNIVERSAIRE DE LA TRAGEDIE DE HIROSHIMA ET DE NAGASAKI - Claudine Pôlet -

Le Parc Hibakusha de l’Université de Mons est un lieu de commémoration de la tragédie de Hiroshima et de Nagasaki. Et aussi un moment de réflexion, d’échanges d’idées, de recherche d’actions pour le désarmement nucléaire mondial et l’abolition des guerres. Cette année encore, avec la collaboration de l’AMPGN, CEAH, CNAPD, COLUPA, CSO, EUROPEFORPEACE, INTAL, MCP, MIR-IRG, UMONS, VREDE, VREDESACTIE, ACTIONS POUR LA PAIX a lieu un rassemblement à la mémoire des victimes du nucléaire, suivi d’une conférence le samedi 10 août.

Le Parc Hibakusha, a été créé dans l'enceinte de l'Université de Mons à l'initiative de feu le professeur Pierre Piérart. Chaque année, à la date anniversaire des bombardements nucléaires US sur Hiroshima et Nagasaki, plusieurs associations qui luttent contre la guerre, pour le désarmement nucléaire et pour la paix mondiale se rassemblent pour commémorer ces tragiques événements et rendre hommage aux victimes japonaises des bombardements nucléaires et de leurs conséquences désastreuses, et à toutes les victimes des essais nucléaires dans le monde (1).

La conférence-débat qui a suivi la commémoration a été l'occasion de tirer des conclusions de l'état du monde depuis la fin de la deuxième Guerre Mondiale, et de débattre des projets et des perspectives du combat du mouvement de la paix pour en finir avec l'arme nucléaire et avec les guerres.

Nicolas Bardos (Cnapd), Georges Spriet (Vrede) et Pierre Villard (ICAN) ont apporté des analyses et réflexions qui ont permis un échange d'idées très animé entre les participants. Pour prendre connaissance de leurs différents points de vue, nous invitons à consulter leurs publications (2).

La question du désarmement nucléaire mondial est à replacer dans le cadre de la guerre en général. Chaque intervenant ne donne pas la même importance à l'armement nucléaire, il n'y a pas d'armes absolues ou intelligentes. Les armes ne sont qu'un moyen pour assurer une domination politique. A la fin de la première guerre mondiale, les pacifistes disaient déjà « plus jamais ça »… et aujourd'hui, la guerre est répandue sur toute la surface du globe. De là l'importance de ne pas isoler le combat, nécessaire par ailleurs, pour le désarmement nucléaire, du combat politique général pour prévenir, empêcher, arrêter les guerres d'aujourd’hui, qui se basent certes sur la menace nucléaire, mais ont recours à toutes sortes d'armes très sophistiquées, dites « conventionnelles », qui détruisent les humains avec une grande cruauté.

Dans les guerres d'aujourd'hui, la Belgique – ou plutôt les gouvernements belges et les puissants de notre pays – a une bonne part de responsabilité. Sa participation zélée à l'OTAN en est la preuve : l'armée belge est de toutes les « opérations militaires » otaniennes : Irak, Afghanistan, Libye. La Belgique finance le bouclier anti-missiles de l'Otan – qui continue à se déployer. Quant aux armes nucléaires : le stockage de la vingtaine de bombes atomiques à la base de Kleine Brogel n'est plus un mystère pour personne. Et la Belgique souscrit à la stratégie nucléaire de l'Otan qui s'attribue toujours le « droit de frapper le premier ».

Tous les participants à la journée ne sont pas convaincus qu'un nouveau Traité sur le désarmement nucléaire serait une garantie contre l'utilisation de l'arme atomique. Cependant, tout ce que le mouvement de la paix peut faire pour avancer vers des mesures de désarmement nucléaire est important.

De là la nécessité de soutenir et de participer au succès de la campagne ICAN, réseau auquel prend part la Cnapd, non seulement contre la « modernisation » des bombes atomiques et contre l'achat de nouveaux avions F-35 servant à leur utilisation, mais pour le retrait immédiat et inconditionnel des bombes nucléaires de Kleine Brogel.

(1). Le collectif se compose de : Umons (Université de Mons), CEAH (Centre d'Ecologie Appliquée du Hainaut), CSO (Comité de Surveillance de l'Otan), AMPGN (Association des Médecins pour la Prévention de la Guerre Nucléaire).

(2). A lire : «L'Europe et la Paix » , Nicolas Bárdos-Féltoronyi ; « Als de Navo de Passie preekt » , Georges Spriet et Ludo de Brabander ; «Pour en finir avec l'arme nucléaire » , Pierre Villard

Bulletin N° 76 - Décembre 2013

LES ALGOCARBURANTS - Michel Wautelet, Université de Mons, Septembre 2013 -

Le pétrole est un élément essentiel au développement de notre société occidentale et à l’alimentation de la planète. Depuis quelques années, de plus en plus de voix se font entendre, prévenant de la fin plus ou moins proche du pétrole abondant et bon marché. Parmi les alternatives proposées, les agrocarburants ont d’abord enthousiasmé beaucoup de gens. Il s’est ensuite révélé que tout n’est pas rose avec les agrocarburants. Depuis quelques années, une nouvelle catégorie, les algocarburants (carburants tirés des micro-algues) est apparue, avec des qualités intéressantes. Dans cette note, les particularités des algocarburants sont discutées.

Les agrocarburants

Les agrocarburants (que certains continuent d’appeler biocarburants) sont des carburants obtenus à partir de la biomasse. Le point de départ est la fixation de l’énergie reçue du Soleil en énergie chimique via la photosynthèse :

6 CO2 + 6 H20 → C6H1206 + 6 O2.

La photosynthèse est caractérisée par un très faible rendement énergétique : de 0,5 à 2% de l’énergie solaire incidente est stockée sous forme d’énergie chimique. Il faut donc de vastes aires cultivées pour obtenir des quantités notables d’énergie utilisable. Mondialement, toute la biomasse capte de 7 à 10 fois ce que consomme l’humanité annuellement.

On comprend rapidement l’intérêt des micro-algues, à la base des algocarburants : leur production à l’hectare est environ 10 fois celle des agrocarburants cultivés sur terre. Pour mieux appréhender les espoirs portés, rappelons brièvement quelques caractéristiques des agrocarburants :

Suite de l'article dans notre bulletin n° 76

Bulletin N° 76 - Décembre 2013

LE VALLON KARSTIQUE DE MARCINELLE-LOVERVAL - Robert Fourneau -

Descendant de la crête de Haute-Marlagne (vers 220 mètres), un ruisseau pérenne coulant du sud vers le nord dans les terrains gréseux avec poches de minerai de fer du Devonien, le Ruisseau de la Ferrée sur le territoire de Nalinnes, atteint à la limite de cette localité et de celles de Loverval à l'ouest et de Marcinelle à l'est, la zone des terrains calcaires du Carbonifère viséen de la Basse-Marlagne située quelques dizaines de mètres plus bas. Là il s'engouffre dans toute une série de chantoirs impressionnants par leur profondeur et leur largeur de plus de 5 mètres chacun en devenant une rivière souterraine mais dont un cours aérien très intermittent a réalisé un vallon sec dans le même axe, appelé le Ruisseau de Borgnery.

Dans ce vallon le nombre de phénomènes karstiques est considérable à partir de là où il réapparaît en une première résurgence au pied de la carrière abandonnée de Borgnery de triste réputation pour avoir servi de lieu d'exécution par les Nazis de résistants locaux à la fin de la seconde guerre mondiale et auxquels un monument rend hommage.

Dans cette vallée à ruisseau à nouveau pérenne devenu le Ruisseau des Haies, plusieurs autres résurgences apparaissent surtout du côté du versant oriental et le chemin qui suit le fond de la vallée est souvent affecté par des incisions concaves de la berge sous l'effet de l'érosion régressive correspondant au recul des cours souterrains de ces petits affluents résurgents suite à l'érosion régressive normale de chaque cours d'eau. Certaines de ces petites résurgences ne sont actives qu'en période de forte pluviosité mais à quelques mètres de hauteur par rapport à ces petites résurgences actives, à flanc de versant, s'ouvrent quatre cavités importantes connues dans la région sous le nom de Grottes des Sarrasins, espacées entre elles d'une dizaine de mètres et de quelques mètres en altitude de l'amont vers l'aval. Toutes portent des traces d'écoulements d'eau anciens sortant du plateau calcaire dominant et se terminant par une corniche partiellement démantelée. La plus importante est la plus septentrionale par son couloir désobstrué sur une dizaine de mètres horizontalement et se terminant à l'orifice par une série de coups de gouge, petites incisions parallèles superposées et concaves sur le flanc méridional du couloir, témoins du clapotis des sorties d'eau à ces niveaux successifs autrefois; un cône de déjection prolonge cette grotte-abri sous roche à ses pieds et les contours rocheux enserrant cette résurgence fossile témoignent par la disposition des anciennes parois d'un grande voûte qui s'avançait autrefois beaucoup plus près du centre de la vallée.

A la fin de la zone calcaire vers le sud, la vallée appelée alors définitivement Ruisseau des Haies, s'élargit fortement mais de façon asymétrique laissant le calcaire sur sa rive occidentale et dégageant les terrains de sa rive orientale en suivant une faille de décrochage entre des entités géologiques différentes. Là les terrains sont en versants particulièrement abrupts dans une première rive concave façonnés dans les grès à phtanites du Houiller inférieur.

Au-delà des calcaires de la rive occidentale, dans les schistes du Houiller cette fois, s'est modelé un vallon sans nom au départ suivant une faille oblique rejoignant la faille principale sud-nord. Ce vallon à ruisseau pérenne que nous appellerons vallon des Templiers, à fond imperméable a permis à des moines-Templiers de réaliser des petits barrages pour étangs de pisciculture près de l'installation de leur obédience sur l'éperon calcaire qui le domine en site de défense. De nombreuses traces de leurs anciens bâtiments dont les vestiges de la base de leur chapelle sont encore visibles.

De plus le groupe des participants a pu voir perdus dans les hautes herbes et peu connus du grand public, les restes fracturés à la fin du XIXème siècle par les autorités religieuses locales, d'un menhir en roche du type bloc mamelonné de grès pédologique landenien, pris dans les terrains meubles du plateau surincombant, attestant ainsi d'une occupation humaine très ancienne sur cet éperon calcaire.

Avec ses grottes où on y a découvert des restes d'hommes préhistoriques ce vallon et ses versants ont favorisé des époques d'occupation humaine pratiquement permanente depuis sa formation; c'est maintenant un site classé et un trajet de promenade pédagogique d'importance dans la ceinture verte botanique et forestière au sud de Charleroi mais il y a quelques dizaines d'années, il y avait un gros problème de pollution. En effet la vallée du Ruisseau des Haies aboutit avant sa confluence avec la Sambre dans les étangs d'agrément du Centre de délassement de Marcinelle. Ils ont été ainsi pollués sans savoir pourquoi par les organisateurs de ces activités en aval puisque les eaux sortaient "normalement" de "sources" en amont au niveau des grottes. L'étude du vallon karstique a montré qu'elles sortaient en réalité de résurgences du Ruisseau souterrain de Borgnery-la Ferrée et que celles-ci étaient alimentées au grand chantoir de La Ferrée (perte d'eau en région wallonne) par les eaux du même ruisseau venant de Nalinnes dans lequel se déversaient les eaux usées laiteuses d'une laverie de laiterie qui traversaient en souterrain les terrains calcaires pour alimenter les résurgences. Heureusement ce problème a été actuellement résolu.

Bulletin N° 76 - Décembre 2013

Compte-rendu du stage à L’Abbaye de Saint-Denis du 8 au 12 juillet - Bernadette Lamblin -

Pour la troisième fois nous avons donné rendez-vous au Petit Prince de Saint-Exupéry à l’Abbaye de Saint-Denis pour qu’il rythme nos journées d’animations au gré de son imagination. 13 enfants ont ainsi pu découvrir au fil des jours quelques petits secrets de cette si belle nature et surtout se rendre compte de la fragilité de l’équilibre de la biodiversité et de l’importance de respecter notre environnement et de le protéger.

L’année dernière, suite à une période très humide nous avions baptisé ce stage « année des escargots ». Cette fois c’était plutôt l’année des abeilles… En effet, nous étions dans la cour lorsqu’un essaim d’abeilles a commencé à tournoyer autour de nous. Il s’agissait de l’essaimage d’une ruche située dans l’enceinte même de l’Abbaye et appartenant à Muriel Baudouin qui est arrivée très rapidement sur les lieux. Les enfants étaient aux premières loges pour assister à la récupération de l’essaim. Malheureusement en vain car il était placé très haut (plus de 6 mètres) et, après plusieurs essais, l’essaim s’est envolé. Quelques jours après, Muriel Baudouin est revenue sur le site visiter ses ruches et elle en a profité pour apporter aux stagiaires un pot du miel de ses abeilles. Ils l’ont dévoré en 20 minutes…

Merci beaucoup à Claude Laitem, qui fait partie des amis de l’Abbaye de Saint-Denis, et aux habitants du site qui nous accueillent chaque année de manière très sympathique et avec qui nous développons de plus en plus de contacts.

Annonce : notre prochain stage à l’Abbaye de Saint-Denis se déroulera du 14 au 18 juillet 2014.

Bulletin N° 76 - Décembre 2013

NOS POUBELLES DEBORDENT…

Compte-rendu de la journée d’animation avec les guides composteurs de l’Hygea de Cuesmes à Bonsecours - Bernadette Lamblin -

La gestion des déchets coûte de plus en plus cher à la communauté mais également à notre portefeuille. Il est indispensable de réduire nos déchets pour préserver nos écosystèmes. Chaque jour l’ensemble des habitants de la planète produit des millions de tonnes d’ordures ménagères. En 2007, l’Office des statistiques de l’Union européenne a publié des chiffres sur la production et le traitement des déchets ménagers des pays de l’UE. Avec 39%, la Belgique occupe la deuxième place en matière de recyclage des déchets ménagers, derrière l’Allemagne. Chaque Etat membre de l’UE a produit en moyenne 522 kg de déchets ménagers par habitant, la Belgique arrive à 492 kg. Les déchets ménagers peuvent être traités de plusieurs façons : en les destinant à l'enfouissement, en les incinérant, en les recyclant et en les compostant. En 2007, la répartition pour l'UE était en moyenne : 40 % d'enfouissement, 20 % d'incinération, 22 % de recyclage et 17 % de compostage. En Belgique, ces chiffres étaient les suivants : 4 % d'enfouissement, 34 % d'incinération, 39 % de recyclage et 23 % de compostage. La Belgique est donc également le deuxième meilleur élève de l'Europe lorsque l'on considère le recyclage et le compostage (62 %) .

Comment réduire nos déchets ? En choisissant des produits adaptés dès leur achat, en évitant les emballages inutiles, en optant pour des sacs réutilisables ou biodégradables, en réparant les appareils électroménagers lorsque c’est possible. Les déchets organiques et alimentaires représentent souvent plus de 30% du contenu de nos poubelles ; stopper le gaspillage alimentaire constitue souvent un début de solution mais on dispose encore d’une autre alternative qui est le compostage des déchets organiques, une excellente manière pour diminuer de 40 kg notre quota de déchets annuellement jetés.

Si beaucoup d’entre nous sont convaincus du bien-fondé du compostage, il n’est pas toujours évident de savoir comment « bien faire » un bon compost, comment procéder, ce que l’on peut y mettre, ce qui est à proscrire… ce sont les questions les plus fréquemment posées aux « guides composteurs ». Eh oui, cela existe. Qui sont-ils ? A l’image d’un voisin de confiance, le guide composteur peut facilement vous convaincre de l’utilité du compostage, vous aider de façon concrète et vous soutenir dans vos efforts. Bénévole, le guide composteur reçoit gratuitement une formation sur les aspects théoriques et pratiques du compostage, il acquiert les techniques et aussi la méthode pour transmettre son savoir et son expérience. En contrepartie, une fois « diplômé », le guide composteur, s’engage à mettre à disposition quelques heures de son temps libre pour assurer la diffusion du message « compostage à domicile » auprès de la population locale. Sensibiliser un plus grand nombre de foyers et maintenir le geste du compostage dans la durée est également l’un de ses rôles. Ces bénévoles assurent un relais de proximité et garantissent ainsi la pérennité des actions en faveur du compostage domestique.

Ce samedi 15 juin, une quarantaine de guides ou futurs guides composteurs du Hainaut sont venus à Bonsecours. Après avoir été accueilli par Pierre Delcambre, chargé de mission à la Maison du Parc naturel des plaines de l’Escaut, la moitié du groupe l’a suivi pour une visite guidée de l’Escale forestière avant de se rendre sur le promenoir des Cimes pour y observer la canopée et s’informer ensuite du fonctionnement de la Chaufferie Bois-Energie qui alimente le Parc Naturel des Plaines de l’Escaut. Des saules têtards pour chauffer la Maison du Parc naturel… En 2003, le Parc Naturel des Plaines l'Escaut (PNPE) a initié ce projet de chaufferie au bois dans le contexte d’une réflexion plus large sur l’intégration des énergies renouvelables au sein de la Maison du Parc naturel. Cette option répondait à une double préoccupation : valoriser les tailles de saules têtards nombreux sur le territoire du Parc naturel et ainsi participer à la gestion du paysage et au maintien du patrimoine naturel, et d’autre part, développer, dans un deuxième temps, une filière économique locale pour l’approvisionnement en bois-énergie. Cette chaufferie au bois a, de ce fait, un rôle pilote vis-à-vis des communes, entreprises, collectivités et particuliers de la région pour les lancer, eux aussi, dans cette démarche.

Le programme de l’autre groupe était tout autre. En effet, s’ils ont l’habitude de composter dans leur jardin, la plupart d’entre eux ne savent pas comment le compostage à grande échelle s’effectue dans nos forêts. Nous nous sommes rendus à plusieurs endroits pour l’observer.

Le sol n’est pas quelque chose d’inerte, il n’est pas un support, il est une source de vie. Si l’on compare un champ avec un sol forestier on remarque une chose essentielle : il y a nettement plus de matière organique dans nos forêts que dans nos campagnes.

Le sol, c’est la couche supérieure de l’écorce terrestre soumise aux intempéries et donc à l’érosion mécanique et chimique. Il est le résultat de l’action des animaux et des végétaux aboutissant à l’altération des roches sous-jacentes. Il faut plus de 500 ans pour qu’un sol arable se constitue. En dessous, c’est la roche mère.

C’est dans la couche supérieure que l’on va trouver une activité biologique intense. C’est là que les racines des plantes puisent leur nourriture et que des millions d’organismes vivent. On va parler de pédologie (étude des sols) et de pédofaune (la faune du sol).

C’est au niveau de la litière que se joue toute la survie de la forêt ; elle est la source de l’alimentation car elle réutilise ses « déchets » pour continuer à croître. Elle recycle la litière. La pluie d’automne avant la chute des feuilles active les différents organismes, et, par la suite, la pluie va faire pénétrer par ruissellement toute cette matière organique décomposée pour être réutilisée par les végétaux.

Dans nos régions tempérées, il tombe de 3 à 5 tonnes de feuilles par an. 5% de la production végétale est consommée par les herbivores, 95% constitue la litière. 40 à 90% de celle-ci est décomposée en 1 an. L’accumulation des « déchets » dans un écosystème (biotope qui est le support + biocénose qui est le vivant) constitue une stagnation du carbone, élément indispensable pour former la matière vivante. La litière est en quelque sorte un stock de matières premières mais à l’état de « détritus », ce carbone ne peut servir. La décomposition de la matière organique produit du CO2 et libère des éléments minéraux emprisonnés dans cette matière qui retournent dans le sol.

L’intérêt de la visite du jour était de comparer le sol d’une chênaie avec celui d’une hêtraie en forêt de Bonsecours. Les participants ont commencé par observer la litière de la chênaie : très aérée, peu de feuilles encore entières et seulement quelques centimètres de débris végétaux, pas ou presque pas d’horizon noir qui serait le signe d’un horizon organique. Il s’agit d’un « Mull » et donc d’un très bon humus, la litière se dégrade rapidement et les différents éléments sont rapidement remis à disposition dans le sol. Outre la strate herbacée, quelques plantes caractéristiques sont répertoriées telles que la jacinthe des bois (Hyacinthoides non-scripta) et le sceau de Salomon commun (Polygonatum multiflorum). Selon le répertoire des groupes écologiques du fichier écologique des essences édité par le ministère de la Région Wallonne en 1995, nous nous trouvons pour la jacinthe des bois dans le groupe 9 des mull acides et pour le Sceau de Salomon dans le groupe 8, celui des mull mésotrophes à large amplitude. Le pH acide ainsi que les observations confirment bien ce type de sol.

Dans la hêtraie, les choses se passent différemment. Peu ou pas de strate herbacée, les feuilles sur les hêtres forment une voûte qui empêche la lumière de passer et donc ne permet pas aux végétaux de réaliser leur photosynthèse. De nombreuses feuilles non décomposées sont encore présentes sur plusieurs centimètres. Pour trouver les feuilles fragmentées et l’humus il faut « creuser » à plus de 10 cm. Le sol est très sec et la pédofaune n’aime pas vraiment ça. Nous nous trouvons cette fois en présence d’un sol « moder-mor » ce qui est confirmé par la présence de la bruyère commune ou callune (Calluna vulgaris) en quantité importante. Elle fait partie, toujours selon le répertoire des groupes écologiques, du groupe 4, celui du moder-mor assez sec.

Durant cette journée, il était également intéressant « d’identifier » les différents intervenants dans la décomposition de la litière. Quelques petits indices nous ont mis sur la piste. En cherchant dans la litière, nous avons trouvé des feuilles « blanchies ». Il s’agit du mycélium des macro-champignons (basidiomycètes) qui dégrade la lignine, une substance hautement résistante entrant dans la composition de la feuille. Les grosses molécules sont coupées en plus petites. Les micro-champignons (moisissures) et les bactéries vont dégrader la cellulose et la pectine. Tous trois sont des constituants des feuilles et surtout des grandes molécules chimiques, qui « emprisonnent » une partie des éléments minéraux (calcium, potassium, sodium, magnésium, soufre, phosphore,…) utiles au fonctionnement des écosystèmes.

Nous avons également trouvé des feuilles « en dentelle ». Cette fois ce sont principalement des arthropodes et surtout les collemboles qui sont responsables de la décomposition des feuilles. Ils sont aidés par toute une série de bactéries qui agissent indirectement lors de la digestion de ces débris dans le tractus intestinal des animaux eux-mêmes. Et enfin des feuilles « fragmentées ». Il s’agit cette fois d’une désintégration mécanique : ce sont principalement les animaux du sol qui fragmentent les feuilles en morceaux plus petits, mais il faut aussi prendre en compte les alternances de température et de degrés d’humidité. Le résultat de cette fragmentation est une augmentation de la surface des feuilles (chaque fragment de feuille présente un contour possédant une épaisseur de quelques dixièmes de millimètres, c’est principalement la surface représentée par ce contour qui augmente avec la fragmentation) et donc de nouveaux points « d’attaques » pour les bactéries et les champignons qui prennent le relais.

Riches de toutes ces observations, il ne nous restait plus qu’à comprendre pourquoi la décomposition de la litière d’une chênaie se faisait en deux ans tandis que celle d’une hêtraie prenait trois ans. Le tableau reprenant la densité moyenne au m² des arthropodes présents dans ces deux milieux nous a fourni la réponse. Au moyen d’un appareil de Berlez, nous avons pu « piéger » ces invertébrés pour ensuite les observer à la loupe binoculaire, ce qui terminait l’animation.

Après le repas, les deux groupes ont terminé la journée en suivant l’autre animation.