Le Parc Hibakusha de l’Université de Mons est un lieu de commémoration de la tragédie de Hiroshima et de Nagasaki. Et aussi un moment de réflexion, d’échanges d’idées, de recherche d’actions pour le désarmement nucléaire mondial et l’abolition des guerres. Cette année encore, avec la collaboration de l’AMPGN, CEAH, CNAPD, COLUPA, CSO, EUROPEFORPEACE, INTAL, MCP, MIR-IRG, UMONS, VREDE, VREDESACTIE, ACTIONS POUR LA PAIX a lieu un rassemblement à la mémoire des victimes du nucléaire, suivi d’une conférence le samedi 10 août.

Le Parc Hibakusha, a été créé dans l'enceinte de l'Université de Mons à l'initiative de feu le professeur Pierre Piérart. Chaque année, à la date anniversaire des bombardements nucléaires US sur Hiroshima et Nagasaki, plusieurs associations qui luttent contre la guerre, pour le désarmement nucléaire et pour la paix mondiale se rassemblent pour commémorer ces tragiques événements et rendre hommage aux victimes japonaises des bombardements nucléaires et de leurs conséquences désastreuses, et à toutes les victimes des essais nucléaires dans le monde (1).

La conférence-débat qui a suivi la commémoration a été l'occasion de tirer des conclusions de l'état du monde depuis la fin de la deuxième Guerre Mondiale, et de débattre des projets et des perspectives du combat du mouvement de la paix pour en finir avec l'arme nucléaire et avec les guerres.

Nicolas Bardos (Cnapd), Georges Spriet (Vrede) et Pierre Villard (ICAN) ont apporté des analyses et réflexions qui ont permis un échange d'idées très animé entre les participants. Pour prendre connaissance de leurs différents points de vue, nous invitons à consulter leurs publications (2).

La question du désarmement nucléaire mondial est à replacer dans le cadre de la guerre en général. Chaque intervenant ne donne pas la même importance à l'armement nucléaire, il n'y a pas d'armes absolues ou intelligentes. Les armes ne sont qu'un moyen pour assurer une domination politique. A la fin de la première guerre mondiale, les pacifistes disaient déjà « plus jamais ça »… et aujourd'hui, la guerre est répandue sur toute la surface du globe. De là l'importance de ne pas isoler le combat, nécessaire par ailleurs, pour le désarmement nucléaire, du combat politique général pour prévenir, empêcher, arrêter les guerres d'aujourd’hui, qui se basent certes sur la menace nucléaire, mais ont recours à toutes sortes d'armes très sophistiquées, dites « conventionnelles », qui détruisent les humains avec une grande cruauté.

Dans les guerres d'aujourd'hui, la Belgique – ou plutôt les gouvernements belges et les puissants de notre pays – a une bonne part de responsabilité. Sa participation zélée à l'OTAN en est la preuve : l'armée belge est de toutes les « opérations militaires » otaniennes : Irak, Afghanistan, Libye. La Belgique finance le bouclier anti-missiles de l'Otan – qui continue à se déployer. Quant aux armes nucléaires : le stockage de la vingtaine de bombes atomiques à la base de Kleine Brogel n'est plus un mystère pour personne. Et la Belgique souscrit à la stratégie nucléaire de l'Otan qui s'attribue toujours le « droit de frapper le premier ».

Tous les participants à la journée ne sont pas convaincus qu'un nouveau Traité sur le désarmement nucléaire serait une garantie contre l'utilisation de l'arme atomique. Cependant, tout ce que le mouvement de la paix peut faire pour avancer vers des mesures de désarmement nucléaire est important.

De là la nécessité de soutenir et de participer au succès de la campagne ICAN, réseau auquel prend part la Cnapd, non seulement contre la « modernisation » des bombes atomiques et contre l'achat de nouveaux avions F-35 servant à leur utilisation, mais pour le retrait immédiat et inconditionnel des bombes nucléaires de Kleine Brogel.

(1). Le collectif se compose de : Umons (Université de Mons), CEAH (Centre d'Ecologie Appliquée du Hainaut), CSO (Comité de Surveillance de l'Otan), AMPGN (Association des Médecins pour la Prévention de la Guerre Nucléaire).

(2). A lire : «L'Europe et la Paix » , Nicolas Bárdos-Féltoronyi ; « Als de Navo de Passie preekt » , Georges Spriet et Ludo de Brabander ; «Pour en finir avec l'arme nucléaire » , Pierre Villard