Centre d'écologie appliquée du Hainaut

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jeudi 15 janvier 2015

Bulletin N° 79 - Décembre 2014

OGM Le Vermont relève la tête contre Monsanto La marche mondiale contre Monsanto, qui a mobilisé des militants du monde entier le 24 mai dernier, a eu une saveur toute particulière pour les habitants du Vermont, petit Etat américain limitrophe du Québec. Ces derniers ont en effet réussi à faire passer une loi qui oblige l'étiquetage des produits OGM vendus à l'intérieur de leurs frontières. C'est une première aux Etats-Unis; le Maine et le Connecticut avaient déjà promulgué des lois similaires, mais elles ne pouvaient prendre effet qu'à condition que d'autres Etats américains s'engagent dans la même direction. Autant dire que la situation était bloquée, les gouvernements craignant de devoir affronter, à coups de liasses de billets, le puissant lobby agroalimentaire devant les tribunaux. Mais le Vermont, petit territoire montagneux et agricole peuplé d'amateurs de bons fromages et de produits naturels, a relevé la tête pour engager le combat. « Les habitants du Vermont considèrent avec sérieux la nourriture et la manière dont elle est produite, et nous croyons que nous avons le droit de savoir ce qu'il y a dans les produits que nous achetons », a déclaré le démocrate Peter Shumiin, gouverneur de l'Etat, en apposant sa signature sur le texte de loi le 8 mai dernier.
L'encre était à peine sèche quand la riposte a fusé. La Grocery Manufacturer Association, qui réunit de grosses multinationales comme Monsanto, Dow, Kellogg's et Coca-cola, a annoncé qu'elle poursuivrait le Vermont. Elle se plaint notamment que l'obligation d'étiquetage viole la liberté d'expression commerciale. Mais le Vermont, qui s'y attendait, a déjà préparé la contre-attaque en créant un fonds lui permettant de bien préparer sa défense et de faire face aux frais de justice. Il est actuellement en train de récolter des dons. IMAGINE - Août 2014

La planète Terre vit à crédit Les ressources s'épuisent A partir de ce 19 août, l'humanité entre en déficit éco-logique. La population mondiale a consommé la totalité des ressources naturelles que la Terre est capable de renouveler en l'espace d'une année. C'est un jour plus tôt qu'en 2013 et près d'un mois et demi plus tôt qu'en 2000, avertit le Fonds mondial pour la Nature (WWF) dans un communiqué. L'association appelle le futur gouvernement fédéral à inscrire la transition écologique à son agenda. Le « Earth Overshoot Day » est la date à laquelle l'empreinte de l'humanité dans une année donnée excède ce que la Terre peut régénérer durant cette même période. La date fatidique ne cesse d'avancer. Alors qu'en 1961, l'humanité n'utilisait que trois quarts de sa capacité régénératrice pour produire sa consommation annuelle, la croissance économique et démographique mondiale du début des années 70 a alourdi l'empreinte de l'humanité, avec pour conséquence le dépassement de ce plafond pour la première fois le 19 décembre 1987. A l'heure actuelle, 86 % de la population mondiale vit dans des pays qui demandent plus à la nature que ce que leur propre écosystème peut renouveler. Selon le Fonds, il faudrait une planète et demie pour produire les ressources écologiques renouvelables nécessaires au soutien de l'empreinte de l'humanité. La Belgique est également loin d'être une bonne élève en termes d'empreinte écologique. Dans le dernier rapport Planète vivante (2012), elle occupait la sixième place du classement mondial. «La surface bâtie dans notre pays est sept fois plus dense que la moyenne mondiale et l'isolation est loin d'être optimale », relève Stéphanie Laduron du WWF. Le Soir – 19 août 2014

Des pesticides au spectre accru Les néonicotinoïdes constituent la famille de pesticides la plus largement utilisée aujourd'hui pour protéger les cultures contre l'attaque des insectes parasites; leur production en Europe serait d'ailleurs toujours en hausse. Pourtant, plusieurs molécules de cette famille de puissants neurotoxiques ont été incriminées dans la diminution des populations d'abeilles. Outre le manque à gagner pour les apiculteurs, c'est tout l'écosystème qui est affecté puisque, ce n'est une révélation pour personne, les abeilles sont aussi butineuses. Moins d'abeilles, c'est donc aussi potentiellement moins de fruits. Les insectes en général sont-ils seuls à subir les effets de ces pesticides? Jusqu'il y a peu, on pensait que oui. Or, une étude néerlandaise tend à montrer qu'il existe un lien étroit entre la quantité de néonicotinoïdes utilisés et la taille des populations d'oiseaux. L'information est certes étayée par une étude scientifique, mais sur le fond, ce n'est pas réellement surprenant puisque nombre d'oiseaux sont insectivores. Leur potentiel nutritif diminue, du fait de l'action des pesticides; mais les insectes ingérés peuvent aussi être déjà contaminés par le produit toxique, lequel se retrouve accumulé chez le consommateur secondaire qu'est l'oiseau. D'autre part, on aurait montré qu'après un épandage, 85 à 98% du produit actif épandu passerait dans le sol - plutôt que dans les plantes traitées - où il suit une filière qui n'est pas nécessairement celle qui était attendue: lessivage vers les eaux profondes, écoulement dans celles de surface, volatilisation dans l'atmosphère en cas de sécheresse, etc. Bref, tout l'écosystème en profite. La demi-vie de ces produits étant de 3 ans en moyenne, une accumulation est donc prévisible, d'année en année. Face aux risques affectant les seules abeilles, la Commission européenne a décidé un moratoire de 2 ans pour l'usage des produits concernés. Sera-ce suffisant pour quantifier le risque environnemental que présente l'usage répété de ces pesticides? C'est du domaine du possible. Cela va-t-il mener à des mesures restrictives? Ça, c'est une tout autre histoire... ATHENA - Septembre 2014

Quand les plastiques deviennent des textiles Pour que, demain, la Terre reste viable, de nouveaux gestes du quotidien sont, dès aujourd'hui, souhaitables. Chaque semaine, on vous offre une bonne idée pour installer au cœur de votre vie le développement durable. L'an dernier, en Belgique, une seconde vie a été donnée à 62.903 tonnes de bouteilles et flacons en plastique. Parmi ceux-ci, 78 % sont des PET (polyéthylène téréphtalate), soit majoritairement des bouteilles transparentes de boissons, et 22 % des HDPE (polyéthylène à haute densité). Ces derniers se retrouvent dans les poubelles PMC sous forme de plastiques opaques contenant du lait, du shampoing, des produits de lessive ou du savon. Broyés en fines paillettes, les plastiques ménagers se muent en une matière première utilisée dans la fabrication d'articles à haute valeur ajoutée. Des fibres textiles de polyester sont conçues à partir de ce qui fut une bouteille d'eau minérale dans une autre vie. On estime qu'il en faudrait 27 unités pour concevoir un pull polaire. En effet, ces fibres seront finalement tissées en fleece, un tissu qui apporte douceur et chaleur aux vêtements polaires. « Elles entrent dans la composition de langes et de masques médicaux, explique Youri Sloutzky, responsable des relations publiques chez Post-Plus. Les bandes de cerclage qui entourent les colis, du moins si elles sont vertes, sont également faites à partir de fibres PET. » La filière comprend également une section « bottle-to-bottle », où les bouteilles usagées sont réduites en fins copeaux qui seront remodelés en une nouvelle bouteille. D'autres emballages, comme les barquettes transparentes pour les fruits et légumes, sont réalisés à partir de feuilles de PET. « Une autre application, pour le moins surprenante, concerne les revêtements de toit plat en gros rouleaux macadamisés. Inséré au cœur du matériau, un tissu de plastique tressé lui donne sa résistance et sa rigidité», ajoute Youri Sloutzky. Quid du recyclage des plastiques à haute densité? Ils trouvent une seconde vie sous la forme de tuyaux de drainage pour collecter les eaux usées ou protéger un ensemble de câbles, mais également de récipients rigides de couleur noire ou grisâtre. Le recyclage pourrait être encore plus efficace si l'effort de tri était plus homogène entre régions. Sur les 15 kg de PMC collectés annuellement par habitant en Wallonie et en Flandre, environ 6 kg seront des plastiques recyclés. Par contre, à Bruxelles, ce chiffre tombe à 3,3 kg/an/ habitant. Et pour cause, les sacs PMC y sont moins remplis (11 kg) et contiennent en outre 25 % de déchets inopportuns. Le Soir – 25 septembre 2014

Le FMI juge « utile » la taxe carbone Le Fonds monétaire international (FMI) a estimé jeudi que l'instauration d'une taxe carbone pourrait être « utile » pour freiner le réchauffement climatique sans avoir d'effets «négatifs» sur la croissance économique. «La taxe carbone peut être efficace (...). C'est un des outils qui peut être utile pour contribuer à freiner le changement climatique sans avoir d'impact négatif sur la croissance », a déclaré le porte-parole du Fonds, Gerry Rice, lors d'une conférence de presse. Réunis à l'ONU mardi, les dirigeants mondiaux se sont engagés à New York à redoubler d'efforts pour lutter contre le ré¬chauffement climatique même si les résultats de ce sommet semblent maigres. En prélude à ce sommet, 73 pays et plus de 1.000 entreprises s'étaient déclarés favorables à un système per-mettant de faire payer la pollution au CO2 via une taxe carbone ou un système de quotas échangeables. S'agissant de la taxe carbone, le porte-parole du FMI a toutefois ajouté qu'elle ne serait efficace que si elle était «proprement conçue et mise en œuvre ». Fin 2013, le gouvernement français envisageait une contribution carbone trois ans après le rejet d'un précédent projet de taxe sur les émissions de C02. En juillet, l'Australie a aboli une taxe carbone vivement critiquée par les groupes miniers. Le Soir – 26 septembre 2014

Prix de l'environnement Le château-ferme de Baya récompensé Le prix InBev-Baillet Latour 2014, le plus important pour l'environnement en Belgique a été remis jeudi au couple de Quirini pour leur réhabilitation écologique du château-ferme de Baya à Goesnes (province de Namur). La plantation de haies, de 270 noyers greffés et de trente pommiers haute tige, le maraîchage en culture biologique, la création de deux étangs et sept mares, l'implantation de 8,5 hectares de taillis à courte rotation et une gestion agricole suivant une culture raisonnée font partie des aménagements entrepris ces douze dernières années. La Libre Belgique – 3 octobre 2014

Tchernobyl rend les rennes radioactifs 28 ans après l'accident nucléaire de Tchernobyl, des rennes de Norvège montrent une poussée de radioactivité qui les rend impropres à la consommation. La région concernée a été la plus touchée du pays par le nuage radioactif. Les rennes raffolent des champignons, plus nombreux cette année. Or, les champignons se nourrissent dans les couches du sol contaminées par les retombées radioactives. La Libre Belgique – 10 octobre 2014

France Vers une réduction du nucléaire Les députés français ont voté vendredi la réduction de la part du nucléaire dans la production d'électricité du pays de 75 % à 50 % en 2025, avalisant une promesse phare du président socialiste François Hollande avant son élection en 2012. Ce vote, dans le cadre d'un ambitieux projet de loi sur la transition énergétique, s'est déroulé dans une atmosphère tendue au lendemain d'une reculade controversée du gouvernement sur un autre dossier écologique sensible, l'instauration abandonnée d'une taxe poids lourds. La Libre Belgique – 12 octobre 2014

Les fermes laitières se veulent durables En Belgique, l'ensemble de la filière laitière a lancé, en janvier 2014, un programme de monitoring de la durabilité. Huit mois plus tard, plus de 800 exploitations laitières de Wallonie ont été analysées; celles-ci réalisent en moyenne 10 initiatives en matière de durabilité. Le programme de monitoring, initié notamment par la Confédération belge de l'industrie laitière, propose à chaque producteur laitier une liste de 35 initiatives. Les plus courantes concernent la santé animale, le bien-être animal, l'environnement et l'alimentation des vaches. La Libre Belgique – 21 octobre 2014

1880 Début des relevés de température Septembre 2014 a été le mois de septembre le plus chaud du monde sur terre et à la surface des océans depuis le début des relevés de température en 1880, a annoncé lundi l'Agence américaine océanographique et atmosphérique. La Libre Belgique – 21 octobre 2014

Fin de l'extraction de sable au large de Coxyde Pour la première fois, une zone d'extraction de sable en mer du Nord sera fermée définitivement. Elle se situe sur le banc de sable du "Buiten Ratel" au large de Coxyde, où l'on a atteint la profondeur maximale d'exploitation de cinq mètres. L'extraction de sable marin est en croissance. En 2013, quatre millions de mètres cubes de sable ont été extraits dans la partie belge de la mer du Nord, ce qui constitue un record. Ce sable est principalement utilisé dans le secteur de la construction, mais également pour la protection du littoral. La Libre Belgique – 21 octobre 2014

Les Etats-Unis Le « miracle » du schiste Des cours du pétrole au-dessus de 100 dollars pendant des années: les Américains n'en demandaient pas tant. Ajoutés au progrès de la technologie de fracturation hydraulique des roches, ils ont permis à l'Oncle Sam de quasiment doubler sa production, s'appuyant pour une large part sur les pétroles de schiste. De 2009 à aujourd'hui, la production de brut américain est passée de 4,9 à 8,9 mb/j. Et cette croissance devrait se poursuivre au rythme annuel de 1,3 mb/j dans les années à venir. Si l'on ajoute à ce pétrole brut les autres liquides extraits des forages (condensats), les Etats-Unis sont même devenus, depuis le premier semestre 2014, le premier producteur d'hydrocarbures du monde. Certes, les Américains sont encore loin d'être indépendants énergétiquement, puisqu'ils consomment 19 mb/j rien qu'en pétrole. Mais pour celui-ci, Washington ne dépend déjà plus qu'à hauteur de 10 % des importations en provenance du Moyen-Orient (ses premiers fournisseurs sont le Canada et le Mexique). Dans ces conditions, la faiblesse actuelle des cours ne serait pas rédhibitoire pour les Etats-Unis. Tant qu'on reste au-dessus des 80 dollars le baril, la rentabilité de, leurs puits est protégée. Mais surtout, la baisse parallèle des prix à la pompe (15 % depuis juin) donne un coup de pouce bienvenu à la consommation intérieure, et donc à la croissance US. Enfin, les Etats-Unis ne verraient pas d'un mauvais œil les difficultés qu'un baril à 80 dollars fait naître pour les budgets russe et iranien. D'aucuns y voient d'ailleurs le fruit d'un complot ourdi entre Washington et Riyad, pourtant désormais féroces concurrents commerciaux sur le marché pétrolier, mais politiquement convergents sur ces deux dossiers. Le Soir – 22 octobre 2014

Japon Une première centrale nucléaire redémarre Une ville du japon a approuvé mardi le redémarrage d'une centrale nucléaire située sur son territoire, une première depuis la catastrophe de Fukushima en mars 2011. Le conseil municipal de Satsumasendai s'est prononcé à une large majorité en faveur de la remise en service des deux réacteurs de la centrale de Sendai, importante source de revenus et d'emplois pour cette ville située à un millier de kilomètres au sud-ouest de Tokyo. Le redémarrage de la centrale ne devrait toutefois pas intervenir avant l'année prochaine, son exploitant, la compagnie Kyushu Electric Power, devant au préalable la soumettre à des tests de sécurité. Le Japon a progressivement mis à l'arrêt ses 48 réacteurs nucléaires à la suite de la catastrophe de Fukushima. La Libre Belgique – 29 octobre 2014

La Chine dit non aux OGM La nouvelle est tombée à la fin du mois d'août: la Chine a refusé le renouvellement de leur licence à trois organismes génétiquement modifiés, à savoir deux variétés de riz et une de maïs. Dans un pays où le tout-à-la-technologie a longtemps été le leitmotiv, cette information est importante. Même si, dans la meilleure tradition de l'Empire du Milieu, elle n'a pas été publiquement motivée, une telle décision est en effet de nature à inquiéter les infatigables défenseurs de l'agriculture transgénique... D'autant plus qu'elle s'inscrit dans une série de mesures prises à la suite des scandales alimentaires qui ont secoué le pays ces dernières années. La population chinoise est de plus en plus revendicative sur les questions environnementales et alimentaires, ce qui laisse augurer de nouvelles victoires dans les années à venir. De quoi inspirer les décideurs européens, trop enclins à céder du terrain face aux offensives américaines dans le domaineIMAGINE - Décembre 2014

Bulletin N° 79 - Décembre 2014

DÉCOUVERTE D'UN LECCINUM CROCIPODIUM EN FORÊT DE BON-SECOURS
- Eddy Calonne –

Tous les deux ans, le premier week-end octobre, le Centre d’Écologie Appliquée du Hainaut en collaboration avec les sections Hellébore et Tournaisis des Cercles des Naturalistes de Belgique ainsi que du Parc Naturel des Plaines de l'Escaut organise à la fois une exposition de champignons, une sortie familiale et une balade d'initiation à la mycologie. C'est le samedi 4 octobre dernier que s'est déroulée cette dernière activité. C'est toujours très agréable de guider à cette occasion car ce sont des personnes très motivées et très intéressées.

Situons nous : Bonsecours se trouve dans l'entité de Péruwelz, petite ville frontalière. Au nord, nous avons Gand, au sud Reims, à l'ouest Lille et à l'Est, Mons. La Maison du Parc Naturel est érigée au pied de la forêt de Bon-Secours qui s'étend sur une superficie transfrontalière de 1200 hectares.

On y rencontre principalement deux «membres» géologiques différents: la butte, composée de sable landénien datant du tertiaire (membre GRA) et au sud, un substrat plus limoneux issu des érosions différenciées du quaternaire avec sous-jacent du tuffeau argileux et du sable fin plus ou moins argileux (membre CHE). La butte est principalement composée d'un taillis de châtaigniers (Castanea sativa) sous futée de hêtres (Fagus sylvatica) avec dans les éclaircies le bouleau verruqueux (Betula pendula). Plus bas, dans la zone limoneuse humide, on retrouve un taillis d'érables sycomores (Acer pseudoplatanus), de frênes élevés (Fraxinus excelsior) sous futée de chênes (Quercus robur) avec en alternance quelques peupliers (Populus sp.) ainsi que plusieurs mélèzes (Larix decidua). Voilà, sommairement, la présentation du site visité lors de la balade.

Je propose chaque fois aux participants d'effectuer eux-mêmes la cueillette des espèces que nous allons déterminer. Je les invite donc à se disperser dans la forêt pendant un laps de temps défini et de me retrouver avec leur récolte.

Après une grosse poussée dans le courant du mois d'août, les sporophores se font clairsemés, cela n'empêche pas quelques belles trouvailles et en particulier une espèce considérée comme rare en Wallonie, le Leccinum crocipodium. C'est au niveau de la chênaie que l'un des participants a trouvé le champignon aussi rare qu'impressionnant.

De la grande famille des Boletaceae, ce leccinum répandu dans toute l'Europe est par contre peu fréquent. Le chapeau se présente d'abord beige jaunâtre légèrement cabossé pour ensuite se craqueler. Les pores sont jaune vif et le pied blanc jaunâtre, d'abord ventru pour s'affiner et devenir « fusoïde ». Ridé verticalement, il se salira de noir au toucher. On peut ajouter que la chair d'abord pâle puis violet noirâtre se rougira au contact du formol et se garnira de vert clair au contact du sulfate de fer.

En espérant que notre belle forêt de Bonsecours continuera longtemps à nous donner ces magnifiques moments d'observation et de convivialité.

Bibliographie :
Guide des champignons de France et d'Europe R. Courtecuisse B. Duhem. Editeurs : Delachaux Niestlé.

Bulletin N° 79 - Décembre 2014

LA FORÊT DOMANIALE DE BONSECOURS
- Bernadette Lamblin -

Nous tenons à préciser que depuis de nombreuses années, nous avons le privilège de travailler en collaboration avec la Maison du Parc naturel des Plaines de l’Escaut. Toutes les animations décrites précédemment ont été réalisées par Monsieur Pierre Delcambre, chargé de mission et Madame Maga Sirjacobs, animatrice au PCDN. Nous profitons de cette note pour les remercier ainsi que Monsieur Reinold Leplat, directeur administratif.

Bonsecours, c’est, entre autres, un massif forestier qui regroupe sans interruption une forêt domaniale belge de 297 hectares et une forêt domaniale française de 470 hectares ainsi que de nombreux bois particuliers, le tout atteignant 1200 hectares. Depuis 1918, la forêt est devenue domaine de l’Etat et est gérée par les administrations belge et française des Eaux et Forêt depuis 1929.

Au néolitique (8000 ans avant J.C.), la forêt de Bonsecours était constituée d’une chênaie Atlantique mais l’action humaine et les brusques variations de climat l’ont fait évoluer vers une hêtraie devenue dominante.

Au Moyen-âge, les manants creusaient le sable et ramassaient les grès pour bâtir leur maison. Dans toute l’Europe, le Moyen-âge est l’époque des grands défrichements. Les activités jointes à l’exploitation des grès Landéniens amèneront un recul de la forêt et la formation de landes sur la crête de Bonsecours, là où furent érigées successivement des chapelles avant la construction de la basilique de Bonsecours vouée au culte de la Vierge. C’est à cette époque que le hameau de Bonsecours est né, entouré par la forêt.

Cette forêt très riche attira les ducs de Croÿ qui vinrent s’installer au cœur du massif forestier dans un ancien pavillon de chasse familial. Ils y firent construire plus tard un château imposant ainsi que plusieurs dépendances. Les habitants de Bonsecours travaillaient dans les bois, au château ou dans les mines de charbon.

Le besoin en bois pour étançonner les galeries de mines exploitées à quelques kilomètres de là fit rechercher une espèce donnant un bon taillis. Elle ne devait pas être exigeante car elle devait se satisfaire d’un sol pauvre, acide, fait de sable et de cailloux (grès). C’est le châtaignier (Castanea sativa) qui fut donc la première essence forestière introduite à Bonsecours. Il fut exploité en taillis car il rejette très bien de souche.

Le duc Emmanuel de Croÿ, Maréchal de France, parvint à devenir propriétaire de toute la forêt qui entourait le relais de chasse où son père avait résidé : le lieu-dit l’Hermitage. C’est lui qui avait fait planter des pins. Cette pinède devint très belle et, par erreur, on parla de « plaine des sapins » (nom qui lui est resté à ce jour et sur lequel fut bâtie la Maison de la Forêt) au lieu de « plaine des pins ». Durant la guerre 14-18, les pins furent abattus.

Notons, pour la petite ou la grande histoire, que le prince Emmanuel de Croÿ était Grand Veneur héréditaire du Hainaut. Excellent chasseur, il abattit un sanglier à une distance considérable, en 1751. Il fit placer deux bornes : la borne du Maréchal « icy étoit P. de Croÿ » et la borne du sanglier « tué le 28/8BRE/1751 de 342 pieds (sic) de France » c’est-à-dire à 111 mètres. Les bornes furent placées à une distance exagérée.

Cette forêt est actuellement peuplée en grande partie par des hêtres qui en imposent par l’ambiance de leur futaie et par leur couvert très épais. Ils empêchent toute concurrence, créant, entre leurs cimes de rare endroit où le soleil peut s’aventurer pour permettre aux plantes herbacées de s’épanouir à leur tour. La particularité du hêtre (Fagus sylvatica) est de n’avoir pas besoin de beaucoup de lumière dans les premières années de sa vie. C’est une espèce dite « sciaphile », ce n’est que bien plus tard qu’il cherche la lumière.

Les autres espèces arborescentes principales étant le chêne sessile (Quercus petraea), le chêne pédonculé (Quercus robur), le chêne d’Amérique (Quercus rubra) et le frêne (Fraxinus excelsior).

Le sol d’une forêt est très peuplé. Sa formation à partir de la roche mère est très lente, 1000 années pour que la vie s’y installe et 7000 années pour obtenir une épaisseur de 20 cm. Il est évident que l’on comprend très bien le danger que représentent pour la forêt les prélèvements sauvages d’humus malheureusement trop fréquents.

Pour obtenir un sol, il faut que la roche mère soit soumise en premier aux attaques chimique et mécanique, ensuite des bactéries et des virus qui préparent un terrain favorable pour les premiers organismes végétaux (lichens et mousses) qui vont amender le sol et permettre l’installation de végétaux de plus grandes tailles. Les mousses sont très importantes en forêt et sont protégées car elles absorbent suivant les espèces jusqu’à 20 fois leur volume en eau lors de fortes pluies et elles restituent progressivement cette eau au milieu forestier lorsque le sol devient plus sec.

Que peut-on trouver en forêt de Bonsecours et qui peut-on y rencontrer ?

De nombreux insectes et chenilles qui feront le bonheur des mésanges charbonnière, noire, bleue, nonnette huppée et à longue queue à l’époque où il faut rassasier les oisillons ainsi que le pinson des arbres, le pouillot siffleur, fitis et véloce ou encore le geai des chênes, le rouge-gorge, le troglodyte, le pipit, le merle noir, les grives, la fauvette à tête noire, le coucou gris, le roitelet huppé, le pigeon ramier, la chouette hulotte et le hibou moyen-duc, l’épervier, les pics et bien d’autres…

La luzule printanière, l’épilobe en épis, première plante colonisatrice des sols dénudés, la fougère aigle, la canche flexueuse et autres ronces, myrtilles, callune fausse-bruyère sont abondamment représentés. Parmi les insectes typiques des milieux sablonneux notons, au niveau des landes à bruyère, la présence de la cicindèle champêtre (Cicindela campestris) et du minotaure typhée (Typhaeus typhaeus). Celui-ci est un fouisseur acharné, il creuse des galeries atteignant souvent un mètre de long au fond desquelles il pond ses œufs. La femelle s’occupe des petits pendant que le mâle apporte des « crottes » de lapin, de mouton, de cervidés,… dont ils se délectent. La cicindèle champêtre dont les élytres vert mat présentent chacune 6 tâches d’un blanc ivoire est un insecte carnassier très rapide à la course qui aime se « dorer » au soleil durant la journée. La larve également carnassière s’installe dans un « puits » vertical creusé dans le sol d’où elle guette ses proies.

Il n’est pas rare non plus d’observer un « serpent de verre », l’orvet, qui est en fait un lézard sans patte il possède la même caractéristique que les lézards à savoir, la possibilité en cas de danger de vous laisser sa queue entre les mains (c’est l’autotomie caudale). Chose qu’il faut évidemment éviter car la perte de cette partie de queue peut entrainer des conséquences importantes sur la santé du reptile. Elle contient les réserves de graisses et la perte de celle-ci peut causer du tort au reptile en particulier lorsque la nourriture est rare. Après 30 jours environ, elle aura repoussé mais elle est différente de l’ancienne. Elle est plus courte et les nombreux petits os sont remplacés par un seul tube de cartilage. Les mouvements de la nouvelle queue seront donc moins précis.

Parmi les mammifères, rencontrer un chevreuil de bon matin est chose courante. Le lapin de garenne est fort répandu si l’on en juge par les crottes qui parsèment le sol et les dégâts occasionnés aux jeunes plants, surtout les années de forte abondance. La musaraigne carrelet y est également présente ainsi que le muscardin et l’écureuil roux.

Les batraciens profitent de la mare située près de la maison du parc ainsi que des mares temporaires dispersées dans la forêt. La salamandre noire et jaune nous rend régulièrement visite aux abords du bâtiment ainsi que des tritons et des grenouilles.

C’est un lieu à découvrir en famille en respectant le site trop souvent souillé par les promeneurs. Tout au long de l’année la végétation évolue très vite rendant la promenade chaque fois agréable. Rendez-vous à la Maison du Parc de Bonsecours : de nombreux circuits vous y seront proposés.

Bibliographie

C. Keulen, Guide pour une promenade en forêt de Bon-Secours (Péruwelz), 1986, Liège-Environnement

A. Quintart, Une maison pour une forêt – Approche et compréhension de la vie dans une forêt, 1980, Les Naturalistes belges, 61, 149-233.

Bulletin N° 79 - Décembre 2014

TRAME VERTE ET BLEUE, DES ENJEUX AUX ACTIONS
« Parc naturel transfrontalier du Hainaut » "Extrait du recueil Nature et biodiversité

La mise en place de la trame verte et bleue a pour objectif d’enrayer la perte de biodiversité due à la fragmentation du territoire causée par les activités humaines. Cela passe par la préservation, la gestion et la remise en bon état des milieux nécessaires aux continuités écologiques, tout en prenant en compte les activités humaines, et notamment agricoles, en milieu rural. Dans le cadre du projet pilote « Cartographie fine de la trame écologique sur l’axe Escaut transfrontalier France-Wallonie » du projet Interreg Dostrade, une cartographie des continuités est réalisée depuis janvier 2013 à l’échelle du parcellaire (5.000e). Elle a pour objectifs de préciser la trame écologique mise en place à l’échelle du Parc naturel transfrontalier du Hainaut (territoire associant le Parc naturel des Plaines de l’Escaut et le Parc naturel régional Scarpe-Escaut) et de proposer des aménagements de préservation, restauration et création d’éléments écologiques (mares, haies...).

La méthodologie suivie repose sur différentes étapes. Tout d’abord une analyse des données SIG (Système d’Information Géographique) existantes (photos aériennes, occupation du sol, données environnementales et administratives, données du Parc naturel…) est réalisée.

Les données écologiques locales sont créées par photo interprétation. Ensuite une vérification et une évaluation écologique de ces éléments sont réalisées sur le terrain.

Puis ces données sont reportées sous SIG pour créer trois types de cartes : une carte représentant l’intérêt écologique des entités inventoriées, une carte faisant une synthèse du diagnostic et présentant les corridors et zones d’intérêt écologique locales et enfin une carte proposant des actions de création, de préservation et de restauration des éléments écologiques, comme le projet d’aménagement d’une frayère à brochet dans une prairie bordant la Verne de Bury à Wiers ou encore la création et la restauration de mares en faveur du Triton crêté.

Un porter à connaissances est réalisé pour chaque commune cartographiée. L’objectif étant que ces communes puissent intégrer ce document dans leur stratégie territoriale.

Enfin, des fiches didactiques seront réalisées sur les trames spécifiques à certaines espèces représentatives du territoire (Chevêche d’Athéna, Murin des marais, Triton crêté, …).

Bulletin N° 79 - Décembre 2014

A 69 ANS DES BOMBARDEMENTS NUCLÉAIRES SUR HIROSHIMA ET NAGASAKI
- Claudine Pôlet –

A Mons, la commémoration des bombardements nucléaires américains sur Hiroshima et Nagasaki en août 1945 a commencé par l’inauguration d’une stèle consacrée à Pierre Piérart, professeur à l’université de Mons, fondateur du Parc Hibakusha, décédé en 2010. Celle-ci fait face au mémorial en hommage « aux victimes de Hiroshima et Nagasaki et des essais nucléaires ».

Macha Re-Piérart a dévoilé la stèle dans laquelle un fidèle portrait était gravé par Monsieur Giuseppe Giudice (artiste de la région de Mons : www.sculpture-en-marbre.be) ainsi que les inscriptions : « Le Parc Hibakusha a été créé par le Pr Pierre Piérart en 1989 », « Lutter contre l’armée nucléaire, c’est lutter pour la vie », « Si tu veux la paix, prépare la paix ». L’émotion de tous les participants à la cérémonie s’est muée en réflexion et en fraternité en écoutant une des chansons préférées de Pierre Piérart : « Le Déserteur » de Boris Vian, interprétée par son auteur.

Des amis et collègues du Professeur Piérart ont ensuite pris la parole, ainsi que des représentants de plusieurs associations de paix – tant flamandes que francophones - . Les textes des discours d’Eduard Kusters de l’IPPNW, d’Antoine Baguet de INTAL, d’Edouard Brion du MCP et de Guillaume Defossé de la CNAPD se trouvent sur le site du CEAH (http://www.c-e-a-h.be).

Devant le mémorial, un dépôt de fleurs a précédé la minute de silence à la mémoire des victimes des bombardements nucléaires de Hiroshima et Nagasaki et aussi avec une pensée pour toutes les victimes des guerres actuelles, nucléaires ou pas.

La conférence de l’après-midi s’est efforcée de faire un bilan de l’état du désarmement nucléaire en 2014 avec les contributions très intéressantes des trois conférenciers qui ont introduit le débat : Luc Mampaey (directeur du GRIP), Michel Wautelet (membre du CEAH et de l’UMONS), Ludo De Brabander (responsable de VREDE). Nous renvoyons à leurs textes publiés intégralement dans les articles de ce bulletin afin de ne pas déformer leurs idées par un résumé trop court.

Quelques pistes de réflexion sont apparues : même si, selon certains intervenants, des progrès se sont accomplis vers un relatif désarmement nucléaire, cela ne représente pas pour autant un progrès vers la paix dans le monde; les armes « conventionnelles » se produisent et circulent massivement et causent des désastres dans des conflits de plus en plus nombreux sur toute la planète; des armes nucléaires, aussi miniaturisées qu’elles puissent être, sont toujours des armes de destruction massive, un missile ou une bombe nucléaire n’est jamais « une arme tactique »; l’Otan (27 pays membres, d’Europe et d’Amérique du Nord, sur les 198 pays de l’ONU) développe sans cesse sa stratégie nucléaire, possède l’arsenal d’armes le plus puissant du monde, et s’arroge toujours le droit « de la première frappe nucléaire ».

La conférence s’est conclue sur l’engagement des participants, -associations et personnes-, à ne jamais laisser tomber dans l’oubli les Hibakusha, ni les victimes des guerres d’aujourd’hui et à poursuivre le combat pour la paix uni à celui pour la justice sociale dans le monde.

Parmi les interventions de la matinée, nous publions celle du Dr. Kusters qui décrit bien l'enthousiasme du Prof. Piérart.

Chers collègues, chers sympathisants, chère Macha,

Mon nom est Eduard Kusters. Je suis un membre de l'aile belge de l’IPPNW - International Physicians for the Prevention of Nuclear War. Aujourd'hui, je suis surtout ici pour la mémoire de Pierre Piérart. Je connaissais Pierre personnellement. Nous avons été ensemble à de nombreuses réunions de l’IPPNW.

Je voudrais vous raconter un événement, dont je me souviens très bien, c'était à l'époque de Gorbatchev. L'IPPNW avait reçu une invitation à visiter les champs d'essais des explosions nucléaires au Kazakhstan. Il y avait des centaines de représentants de différents pays. Nous voyagions dans une longue colonne d'autobus de Alma-Ata, -à l'époque, capitale de Kazakhstan-, à Semipalatinsk où les essais avaient eu lieu. Le paysage entre Alma-Ata et Semipalatinsk est une énorme vaste plaine.

A un moment, tout à coup la caravane s'était arrêtée. Je voyais Pierre quitter l'autobus et la colonne et courir dans la vaste plaine. Les guides étaient inquiets. Pierre n'était plus qu'une petite figure dans l'énorme plaine. Finalement, il revint avec dans ses mains une plante spéciale. Je ne me souviens plus du nom de cette plante, mais je me souviens très bien du visage enthousiaste de Pierre quand il la montrait. Cet enthousiasme était typique pour lui. Il avait cet enthousiasme dans toutes les actions de l'IPPNW.

Maintenant, les temps ont changé. Pourtant, les problèmes des guerres et le danger des armes nucléaires restent les mêmes. Nous avons besoin de l'enthousiasme de Pierre si nous voulons réaliser quelque chose.

Bulletin N° 79 - Décembre 2014

COMPTE-RENDU DU STAGE A L’ABBAYE DE SAINT-DENIS DU 14 AU 18 JUILLET
- Bernadette Lamblin -

« Va prendre tes leçons dans la nature, c’est là notre futur », conseillait Léonard de Vinci à ses élèves. C’est là encore une preuve de son esprit visionnaire… Quelques siècles plus tard le message est passé par le « biomimétisme » qui est une pratique scientifique qui vise à copier des organismes naturels pour créer des innovations technologiques tel que le velcro ou encore les aiguilles inspirées des moustiques, les LEDs des lucioles, le radar des chauves-souris... La Nature et la technologie n’ont jamais été aussi présentes dans notre vie qu’à notre époque. Cette nature à la fois simple et complexe nous offre une palette de formes et de couleurs en perpétuel renouvellement. On ne peut pas vivre déconnecté de la technologie et des moyens d’information et de communication qui envahissent notre vie quotidienne. L’envie de découvrir, de partager, d’être attentif à la Nature qui nous entoure pour mieux la comprendre et la respecter, c’est le but même de ce 4ème stage à la découverte de la Nature sur les traces du Petit Prince de Saint-Exupéry à l’Abbaye de Saint-Denis.

Pour éviter les gouttes, la troisième semaine de juillet était celle qu’il ne fallait pas rater en ce mois de juillet pluvieux. Les 10 aventuriers ont commencé par « construire » une maison pour les lombrics et les escargots de Bourgogne. Ils ont mis sous cloche une algue afin d’y observer la respiration des végétaux grâce aux bulles formées dans le ballon. Ils ont extrait la chlorophylle, pigment indispensable intervenant dans la photosynthèse des végétaux, en faisant macérer un broyat de feuilles vertes dans de l’acétone. Très rapidement, le liquide se colore intensément en vert, c’est « la chlorophylle brute » qui est en réalité un mélange de divers pigments contenus dans les cellules. Ils ont pu observer jour après jour un nid de fourmis en activité avec les œufs, les larves, les nymphes et la reine.

L’arbre transpire. En enfermant une branche avec des feuilles il est aisé de l’observer. Les enfants ont placé un sac en plastique bien fermé à deux endroits opposés du chêne pour récolter l’eau provenant de la transpiration de l’arbre. A l’aide d’une boussole ils ont déterminé l’orientation des deux pièges, l’un se trouvait au nord et l’autre au sud. Chaque jour à la même heure, l’eau était récoltée et mesurée à l’aide d’une éprouvette graduée. Les deux premiers jours, assez nuageux, aucune transpiration n’a pu être mesurée au nord et seul 6 et 5 ml ont pu être récoltés au sud. Le troisième et quatrième jour, par de belles journées chaudes et ensoleillées, la récolte au nord fut deux fois de 6 ml alors qu’au sud de 21 et 16 ml. Le soleil se levant à l’est, il fut aisé d’en conclure que la transpiration de l’arbre était directement proportionnelle à la durée et à l’intensité de l’ensoleillement.

Ce chêne isolé trônant au milieu de la cour nous a donné également l’occasion d’en mesurer la hauteur, ce que chacun des participants a fait grâce au dendromètre de Franck (décrit dans le bulletin du CEAH n° 78) et à la croix du bûcheron.

Pour la mesure à l’aide de la croix du bûcheron, l’observateur place deux baguettes perpendiculairement l’une à l’autre. Une des deux baguettes est maintenue parallèlement au sol et tenue par une extrémité près de l’œil. L’observateur pointe en même temps le sommet de la plus haute branche et la base de l’arbre. Il se déplace de telle manière qu’il puisse voir à la fois le sommet et la base de l’arbre dans le prolongement des extrémités de la baguette verticale. Dans cette position, il se trouve à une distance de l’arbre qui équivaut à sa hauteur totale qu’il suffit de mesurer. Huit mesures ont été réalisées grâce aux deux méthodes, la comparaison des moyennes de chacune d’entre elles ont montré une différence de 1 mètre.

L’après-midi était consacrée à un jeu de piste à la découverte de l’Abbaye elle-même, de son passé historique et de son évolution au fil du temps avec les différents personnages du livre du Petit-Prince comme fil conducteur.

Le lendemain, Jacques et Rita Danvin-Vanrechem sont venus durant deux heures nous parler de leur passion : les abeilles. Ils ont animé cet atelier qui a eu beaucoup de succès car tous ont pu revêtir « la coiffe » de l’apiculteur et même jouer son rôle avec une véritable ruche et tous les accessoires. Seules absentes : les abeilles qui ne pouvaient être déplacées à cette époque à cause de la miellée trop proche. N’oublions pas le moment fort : la dégustation. Les enfants se sont délectés d’un pot de miel de 500 g en quelques heures.

Merci à Jacques et Rita du rucher-école de Mons pour leur animation.

Pour le reste de la semaine, c’est à travers de nombreux jeux que plusieurs thèmes ont été abordés : la biodiversité pour révéler la diversité des espèces et les liens existants entre les êtres vivants au fil des saisons dans divers milieux : bois, étang,…; l’éveil sensoriel et imaginaire au travers de la découverte du milieu par les sens, pour penser le monde autrement et tisser d’autres liens avec son environnement ; l’appropriation d’un territoire inconnu pour expérimenter d’autres façons de faire et adapter son comportement à l’environnement et bien d’autres choses.

Merci aussi aux habitants de l’Abbaye toujours aussi souriants et avenants vis-à-vis des enfants.

Soyons attentifs, notre futur est dans la Nature…

Bulletin N° 79 - Décembre2014

COMPTE RENDU DE LA SAISON « CHAMPIGNONS »
- Bernadette Lamblin -

Comme chaque année, septembre sonne le coup d’envoi de la saison des champignons. Le mois d’août très clément pour ceux-ci a « réveillé » le mycélium de façon prématurée et nous avons connu quelques difficultés à les débusquer pour organiser les premières expositions dans les écoles. Notre « périple » commencé par l’Ecole communale de Flénu puis Basècles, s’est poursuivi par l’exposition de Bonsecours (voir le compte-rendu ci-après) et le camping de la Sablière à Epinois. Traditionnellement Andrée et Michel invitent un groupe d’adultes qui cette année encore s’est montré très intéressé tant par l’animation en salle que par la visite « mycologique » du camping. Pour terminer la saison nous nous sommes rendues à Jemappes. Voici quelques photos prises lors de ces différentes animations.

EXPOSITION DE CHAMPIGNONS À LA MAISON DU PARC NATUREL DES PLAINES DE L’ESCAUT À BONSECOURS
DU 4 AU 7 OCTOBRE


Notre exposition bisannuelle s’est bien déroulée grâce à notre équipe de mycologues Mario Lemaire, Marianne Mabille et Daniel Druart. Le samedi une initiation à la mycologie était organisée en forêt de Bonsecours par le cercle des naturalistes de Belgique (section Hélébore) sous la guidance de Eddy Calonne. Un champignon Leccinum crocipodium assez peu courant a été découvert par un participant lors cette sortie en forêt. Ce champignon à chair de couleur blanchâtre à crème, rosissant puis noircissant rapidement à la coupe et dont les tubes deviennent brunâtres au toucher se développe plus volontiers sur des sols argilo-calcaires ou sablonneux. C'est un bon comestible que certains n'apprécient pas car mangeant avec les yeux, la chair noircissante à la coupe en effraie plus d'un... Voir l’article qui lui est consacré.

Le dimanche le CEAH proposait une sortie familiale dans la forêt de Stambruges sous la guidance de Mario Lemaire, Daniel Druart et Thierry Van de Sype. Tous pouvaient ensuite visiter l’exposition ouverte au public dès le samedi midi et y découvrir les nombreuses espèces trouvées lors des récoltes (voir la liste ci-après). Les lundis et mardis étant consacrés à l’initiation à la mycologie pour les différentes écoles de la région.

Aleuria aurantia, Amanita citrina, A. citrina var. alba, A. fulva, A. lividopallescens, A. musacaria, A. rubescens, A. spissa, A. vaginata, Auricularia auricula-judae, Baeospora myosura, Bolbitius vitellinus, Boletus edulis, B. erythropus, B. pulverulentus, Calocera viscosa, Calvatia excipuliformis, Cantharellus tubaeformis, Clavaria cinerea, Claviceps purpurea, Clavulina cristata, Clitocybe clavipes, C. fragrans, C. nebularis, C. odora, Clitopilus prunulus, Collybia butyracea, C. confluens, C. dryophila, C. fusipes, C. maculata, C. kuehneriana, C. peronata, Conocybe arrhenii, Coprinus atramentarius, C. micaceus, C. picaceus, Cortinarius armillatus, Craterellus cornucopioides, Crepidotus variabilis, Crucibulum laeve, Cyathus striatus, Cystoderma amianthinum, Cystolepiota aspera, Daedaleopsis confragosa, Daldinia concentrica, Echinoderma aspera, Entoloma rhodopolium, Entoloma rhodopolium var. nidorosum, Flammulina velutipes, Fomes fomentarius, Fomitopsis pinicola, Ganoderma applanatum, G. lucidum, Geastrum triplex, Grifola frondosa, Gymnopilus penetrans, Gyroporus cyanescens, Hapalopilus rutilans, Hebeloma sinapizans, Helvella crispa, H. macropus, H. sulcata, Heterobasidion annosum, Hydnum repandum, Hygrophoropsis aurantiaca, Hypholoma fasciculare, Hypoxylon fragiforme, Inocybe asterospora, I. geophylla, I. lilacina, I. maculata, Laccaria amethystea, Lactarius blennius, L. camphoratus, L. helvus, L. pyrogalus, L. quietus, L. rufus, L. tabidus, Leccinum aurantiaca, L. crocipoduim, L. scabra, Lenzites betulina, Lepiota cristata, L. ventriosospora, Lepista inversa, Leucocoprinus brebissonii, Lycoperdon foetidum, L. perlatum, Macrolepiota fuliginosa, Marasmiellus ramealis, Marasmius cohaerens, Megacollybia platyphylla, Meripilus giganteus, Mycena epipterygia, Mycena galericulata, M. pura, M. pura var. rosea, M. vitilis, Nectria cinnabarina, Oligoporus tephroleucus, Otidea onotica, Oudemansiella mucida, O. radicata, Panellus stypticus, Paxillus involutus, Phallus impudicus, Phellinus igniarius, Pholiota apicrea, Pholiota gummosa, Physisporinus sanguinolentus, Piptoporus betulinus, plicaturopsis crispa, Pluteus romellii, P. leoninus, P. cervinus, Polyporus varius, Polyporus varius var.nummularius, Postia caesia, Psathyrella candolleana, P. lacrymabunda, P. prona, Ramaria abietina, Ramaria stricta, Rhytisma acerinum, Russula albonigra, R. brunneoviolacea, R. claroflava, R. drimeia, R. exalbicans, R. fageticola, R. fellea, R. heterophylla, R. krombholzii, R. nigricans, R. ochroleuca, R. parazurea, Rutstroemia echinophila, Scleroderma citrinum, S. verrucosum, Suillus bovinus, S. grevillei, S. luteus, Trametes gibbosa, T. versicolor, Tricholoma pseudoalbum, T. sulphureum, T. ustale, Tubaria conspersa, Tylopilus felleus, Ustillago maydis, Volvariella speciosa, Xerocomus badius, Xerocomus chrysenteron, X. parasiticus, X. pruinatus, Xylaria hypoxylon, X. polymorpha.

Bulletin N° 79 - Décembre 2014

Chers membres,

Certains trouveront peut-être ce bulletin hétéroclite ou très égaré dans leur optique écologique mais il avait été convenu dès le début de cette année qu’il serait consacré essentiellement au quatrième volet de nos activités au sein du CEAH.

C’est pourquoi en ayant laissé quelques pages aux compte-rendus habituels et à quelques articles mycologiques nous avons consacré la plus grande partie de ce bulletin aux commémorations des catastrophes humanitaires liées à l’utilisation du nucléaire et tout d’abord pour rendre hommage au Prof. P. Piérart fondateur du parc commémoratif dans un espace fourni par l’UMons, nous avons décidé de remplacer l’affiche-papier qui le renseignait habituellement par la réalisation d’une stèle en pierre bleue à son effigie associée à une de ses sentences privilégiées. Tout ce travail pour la date commémorative a été réussi grâce au travail actif de nombreux collaborateurs et notamment des animatrices du CEAH que nous remercions particulièrement. Après l’inauguration de ce travail exceptionnel, les différents représentants des sociétés qui luttent contre l’armement nucléaire et ses conséquences ont pris la parole au sein de l’amphithéâtre présentés chacun par M. Fourneau, président en soulignant l’aspect humanitaire de l’époque ou des conséquences actuelles. Ensuite l’assemblée a déposé des fleurs et s’est soumise à un recueillement auprès du monument érigé depuis la création du parc Hibakusha à la mémoire de toutes les victimes du nucléaire. Une vidéo de la cérémonie de l’an dernier a été réalisée par un technicien de l’UMons et envoyée au Maire d’Hiroshima qui nous a remerciés chaleureusement malgré l’éloignement dans le temps et l’espace de ces catastrophes inadmissibles.

L’après-midi de cette journée commémorative a été occupé par des exposés de conférenciers très compétents dont vous trouverez les textes dans ce bulletin qui devient ainsi copieux mais qui rapporte à certains points des vues nouvelles sur des articles du nucléaire mal connu surtout dans notre pays.

Bonne lecture et bonne fin d’année à tous en espérant une année sans problème nucléaire.

Le Président, Robert Fourneau.


INVITATION A L’ASSEMBLEE GENERALE

Tous nos membres en règle de cotisation sont cordialement invités à assister à l’Assemblée générale qui aura lieu

le samedi 7 février 2015 à 14h30

Rue des Dominicains, 24 – 7000 Mons
- 1er étage -

Bulletin N° 79 - Décembre 2014

EDITORIAL

Invitation à la prochaine Assemblée Générale le 5 février 2015

ARTICLES

Découverte d'un Leccinum crocipodium en forêt de Bon-Secours
Eddy Calonne

La forêt domaniale de Bon-Secours
Bernadette Lamblin

Trame verte et bleue, des enjeux aux actions
Parc naturel transfrontalier du Hainaut

Exposé à la Commémoration au Parc Hibakusha
Luc Mampaey

Des armes nucléaires plus précises. Cela sert à quoi ?
Michel Wautelet

La stratégie nucléaire de l’OTAN
Ludo De Brabander

COMPTES RENDUS

A 69 ans des bombardements nucléaires sur Hiroshima et Nagasaki
Claudine Pôlet

Compte rendu du stage à l’Abbaye de Saint-Denis
Bernadette Lamblin

Compte rendu des animations de la saison « Champignons »
Bernadette Lamblin

REVUE DE LA PRESSE

NUCLEAIRE

Sortir du nucléaire : « La Belgique doit bouger »
La Libre Belgique – 02/11/14

ENERGIE

Energies durables : La Wallonie en pointe dans certains secteurs
Réactif – Juin, Juillet, Août 14
Mettez de l’huile de cuisson dans votre avion
La Libre Belgique – 30/10/14

CLIMAT

Un accord européen de basse intensité
La Libre Belgique – 26/10/14
Climat : la science rappelle l’urgence
Le Soir – 03/11/14
Le Pérou en campagne nationale contre le dérèglement climatique
Imagine – Juillet & Août 2014

ENVIRONNEMENT

Déchets : la Commission veut accentuer le recyclage
Le Soir – 01/07/14
La plus vaste réserve marine du monde
Le Soir – 26/09/14
Les parasites exotiques attaquent
La Libre Belgique – 26/09/14
Sur la piste du bois illégal
La Libre Belgique – 15/10/14
Cultures OGM : les Etats auront le choix
Le Soir – 10 &11/11/14

DEVELOPPEMENT DURABLE

Ayons le courage de passer de l’agrobusiness à l’agro-écologie
La Libre Belgique – 16/10/14
Les 5 bons choix qui sauveront la planète
La Libre Belgique – 30/09/14

BIODIVERSITE

Pertes d’abeilles : fongicides suspects
Le Soir – 23/07/14
En Alaska, 35 000 morses sur une plage faute de banquise
Le Monde – 03/10/14

NOUVELLES BREVES