COMPTE-RENDU DU STAGE A L’ABBAYE DE SAINT-DENIS DU 14 AU 18 JUILLET
- Bernadette Lamblin -

« Va prendre tes leçons dans la nature, c’est là notre futur », conseillait Léonard de Vinci à ses élèves. C’est là encore une preuve de son esprit visionnaire… Quelques siècles plus tard le message est passé par le « biomimétisme » qui est une pratique scientifique qui vise à copier des organismes naturels pour créer des innovations technologiques tel que le velcro ou encore les aiguilles inspirées des moustiques, les LEDs des lucioles, le radar des chauves-souris... La Nature et la technologie n’ont jamais été aussi présentes dans notre vie qu’à notre époque. Cette nature à la fois simple et complexe nous offre une palette de formes et de couleurs en perpétuel renouvellement. On ne peut pas vivre déconnecté de la technologie et des moyens d’information et de communication qui envahissent notre vie quotidienne. L’envie de découvrir, de partager, d’être attentif à la Nature qui nous entoure pour mieux la comprendre et la respecter, c’est le but même de ce 4ème stage à la découverte de la Nature sur les traces du Petit Prince de Saint-Exupéry à l’Abbaye de Saint-Denis.

Pour éviter les gouttes, la troisième semaine de juillet était celle qu’il ne fallait pas rater en ce mois de juillet pluvieux. Les 10 aventuriers ont commencé par « construire » une maison pour les lombrics et les escargots de Bourgogne. Ils ont mis sous cloche une algue afin d’y observer la respiration des végétaux grâce aux bulles formées dans le ballon. Ils ont extrait la chlorophylle, pigment indispensable intervenant dans la photosynthèse des végétaux, en faisant macérer un broyat de feuilles vertes dans de l’acétone. Très rapidement, le liquide se colore intensément en vert, c’est « la chlorophylle brute » qui est en réalité un mélange de divers pigments contenus dans les cellules. Ils ont pu observer jour après jour un nid de fourmis en activité avec les œufs, les larves, les nymphes et la reine.

L’arbre transpire. En enfermant une branche avec des feuilles il est aisé de l’observer. Les enfants ont placé un sac en plastique bien fermé à deux endroits opposés du chêne pour récolter l’eau provenant de la transpiration de l’arbre. A l’aide d’une boussole ils ont déterminé l’orientation des deux pièges, l’un se trouvait au nord et l’autre au sud. Chaque jour à la même heure, l’eau était récoltée et mesurée à l’aide d’une éprouvette graduée. Les deux premiers jours, assez nuageux, aucune transpiration n’a pu être mesurée au nord et seul 6 et 5 ml ont pu être récoltés au sud. Le troisième et quatrième jour, par de belles journées chaudes et ensoleillées, la récolte au nord fut deux fois de 6 ml alors qu’au sud de 21 et 16 ml. Le soleil se levant à l’est, il fut aisé d’en conclure que la transpiration de l’arbre était directement proportionnelle à la durée et à l’intensité de l’ensoleillement.

Ce chêne isolé trônant au milieu de la cour nous a donné également l’occasion d’en mesurer la hauteur, ce que chacun des participants a fait grâce au dendromètre de Franck (décrit dans le bulletin du CEAH n° 78) et à la croix du bûcheron.

Pour la mesure à l’aide de la croix du bûcheron, l’observateur place deux baguettes perpendiculairement l’une à l’autre. Une des deux baguettes est maintenue parallèlement au sol et tenue par une extrémité près de l’œil. L’observateur pointe en même temps le sommet de la plus haute branche et la base de l’arbre. Il se déplace de telle manière qu’il puisse voir à la fois le sommet et la base de l’arbre dans le prolongement des extrémités de la baguette verticale. Dans cette position, il se trouve à une distance de l’arbre qui équivaut à sa hauteur totale qu’il suffit de mesurer. Huit mesures ont été réalisées grâce aux deux méthodes, la comparaison des moyennes de chacune d’entre elles ont montré une différence de 1 mètre.

L’après-midi était consacrée à un jeu de piste à la découverte de l’Abbaye elle-même, de son passé historique et de son évolution au fil du temps avec les différents personnages du livre du Petit-Prince comme fil conducteur.

Le lendemain, Jacques et Rita Danvin-Vanrechem sont venus durant deux heures nous parler de leur passion : les abeilles. Ils ont animé cet atelier qui a eu beaucoup de succès car tous ont pu revêtir « la coiffe » de l’apiculteur et même jouer son rôle avec une véritable ruche et tous les accessoires. Seules absentes : les abeilles qui ne pouvaient être déplacées à cette époque à cause de la miellée trop proche. N’oublions pas le moment fort : la dégustation. Les enfants se sont délectés d’un pot de miel de 500 g en quelques heures.

Merci à Jacques et Rita du rucher-école de Mons pour leur animation.

Pour le reste de la semaine, c’est à travers de nombreux jeux que plusieurs thèmes ont été abordés : la biodiversité pour révéler la diversité des espèces et les liens existants entre les êtres vivants au fil des saisons dans divers milieux : bois, étang,…; l’éveil sensoriel et imaginaire au travers de la découverte du milieu par les sens, pour penser le monde autrement et tisser d’autres liens avec son environnement ; l’appropriation d’un territoire inconnu pour expérimenter d’autres façons de faire et adapter son comportement à l’environnement et bien d’autres choses.

Merci aussi aux habitants de l’Abbaye toujours aussi souriants et avenants vis-à-vis des enfants.

Soyons attentifs, notre futur est dans la Nature…