OGM Le Vermont relève la tête contre Monsanto La marche mondiale contre Monsanto, qui a mobilisé des militants du monde entier le 24 mai dernier, a eu une saveur toute particulière pour les habitants du Vermont, petit Etat américain limitrophe du Québec. Ces derniers ont en effet réussi à faire passer une loi qui oblige l'étiquetage des produits OGM vendus à l'intérieur de leurs frontières. C'est une première aux Etats-Unis; le Maine et le Connecticut avaient déjà promulgué des lois similaires, mais elles ne pouvaient prendre effet qu'à condition que d'autres Etats américains s'engagent dans la même direction. Autant dire que la situation était bloquée, les gouvernements craignant de devoir affronter, à coups de liasses de billets, le puissant lobby agroalimentaire devant les tribunaux. Mais le Vermont, petit territoire montagneux et agricole peuplé d'amateurs de bons fromages et de produits naturels, a relevé la tête pour engager le combat. « Les habitants du Vermont considèrent avec sérieux la nourriture et la manière dont elle est produite, et nous croyons que nous avons le droit de savoir ce qu'il y a dans les produits que nous achetons », a déclaré le démocrate Peter Shumiin, gouverneur de l'Etat, en apposant sa signature sur le texte de loi le 8 mai dernier.
L'encre était à peine sèche quand la riposte a fusé. La Grocery Manufacturer Association, qui réunit de grosses multinationales comme Monsanto, Dow, Kellogg's et Coca-cola, a annoncé qu'elle poursuivrait le Vermont. Elle se plaint notamment que l'obligation d'étiquetage viole la liberté d'expression commerciale. Mais le Vermont, qui s'y attendait, a déjà préparé la contre-attaque en créant un fonds lui permettant de bien préparer sa défense et de faire face aux frais de justice. Il est actuellement en train de récolter des dons. IMAGINE - Août 2014

La planète Terre vit à crédit Les ressources s'épuisent A partir de ce 19 août, l'humanité entre en déficit éco-logique. La population mondiale a consommé la totalité des ressources naturelles que la Terre est capable de renouveler en l'espace d'une année. C'est un jour plus tôt qu'en 2013 et près d'un mois et demi plus tôt qu'en 2000, avertit le Fonds mondial pour la Nature (WWF) dans un communiqué. L'association appelle le futur gouvernement fédéral à inscrire la transition écologique à son agenda. Le « Earth Overshoot Day » est la date à laquelle l'empreinte de l'humanité dans une année donnée excède ce que la Terre peut régénérer durant cette même période. La date fatidique ne cesse d'avancer. Alors qu'en 1961, l'humanité n'utilisait que trois quarts de sa capacité régénératrice pour produire sa consommation annuelle, la croissance économique et démographique mondiale du début des années 70 a alourdi l'empreinte de l'humanité, avec pour conséquence le dépassement de ce plafond pour la première fois le 19 décembre 1987. A l'heure actuelle, 86 % de la population mondiale vit dans des pays qui demandent plus à la nature que ce que leur propre écosystème peut renouveler. Selon le Fonds, il faudrait une planète et demie pour produire les ressources écologiques renouvelables nécessaires au soutien de l'empreinte de l'humanité. La Belgique est également loin d'être une bonne élève en termes d'empreinte écologique. Dans le dernier rapport Planète vivante (2012), elle occupait la sixième place du classement mondial. «La surface bâtie dans notre pays est sept fois plus dense que la moyenne mondiale et l'isolation est loin d'être optimale », relève Stéphanie Laduron du WWF. Le Soir – 19 août 2014

Des pesticides au spectre accru Les néonicotinoïdes constituent la famille de pesticides la plus largement utilisée aujourd'hui pour protéger les cultures contre l'attaque des insectes parasites; leur production en Europe serait d'ailleurs toujours en hausse. Pourtant, plusieurs molécules de cette famille de puissants neurotoxiques ont été incriminées dans la diminution des populations d'abeilles. Outre le manque à gagner pour les apiculteurs, c'est tout l'écosystème qui est affecté puisque, ce n'est une révélation pour personne, les abeilles sont aussi butineuses. Moins d'abeilles, c'est donc aussi potentiellement moins de fruits. Les insectes en général sont-ils seuls à subir les effets de ces pesticides? Jusqu'il y a peu, on pensait que oui. Or, une étude néerlandaise tend à montrer qu'il existe un lien étroit entre la quantité de néonicotinoïdes utilisés et la taille des populations d'oiseaux. L'information est certes étayée par une étude scientifique, mais sur le fond, ce n'est pas réellement surprenant puisque nombre d'oiseaux sont insectivores. Leur potentiel nutritif diminue, du fait de l'action des pesticides; mais les insectes ingérés peuvent aussi être déjà contaminés par le produit toxique, lequel se retrouve accumulé chez le consommateur secondaire qu'est l'oiseau. D'autre part, on aurait montré qu'après un épandage, 85 à 98% du produit actif épandu passerait dans le sol - plutôt que dans les plantes traitées - où il suit une filière qui n'est pas nécessairement celle qui était attendue: lessivage vers les eaux profondes, écoulement dans celles de surface, volatilisation dans l'atmosphère en cas de sécheresse, etc. Bref, tout l'écosystème en profite. La demi-vie de ces produits étant de 3 ans en moyenne, une accumulation est donc prévisible, d'année en année. Face aux risques affectant les seules abeilles, la Commission européenne a décidé un moratoire de 2 ans pour l'usage des produits concernés. Sera-ce suffisant pour quantifier le risque environnemental que présente l'usage répété de ces pesticides? C'est du domaine du possible. Cela va-t-il mener à des mesures restrictives? Ça, c'est une tout autre histoire... ATHENA - Septembre 2014

Quand les plastiques deviennent des textiles Pour que, demain, la Terre reste viable, de nouveaux gestes du quotidien sont, dès aujourd'hui, souhaitables. Chaque semaine, on vous offre une bonne idée pour installer au cœur de votre vie le développement durable. L'an dernier, en Belgique, une seconde vie a été donnée à 62.903 tonnes de bouteilles et flacons en plastique. Parmi ceux-ci, 78 % sont des PET (polyéthylène téréphtalate), soit majoritairement des bouteilles transparentes de boissons, et 22 % des HDPE (polyéthylène à haute densité). Ces derniers se retrouvent dans les poubelles PMC sous forme de plastiques opaques contenant du lait, du shampoing, des produits de lessive ou du savon. Broyés en fines paillettes, les plastiques ménagers se muent en une matière première utilisée dans la fabrication d'articles à haute valeur ajoutée. Des fibres textiles de polyester sont conçues à partir de ce qui fut une bouteille d'eau minérale dans une autre vie. On estime qu'il en faudrait 27 unités pour concevoir un pull polaire. En effet, ces fibres seront finalement tissées en fleece, un tissu qui apporte douceur et chaleur aux vêtements polaires. « Elles entrent dans la composition de langes et de masques médicaux, explique Youri Sloutzky, responsable des relations publiques chez Post-Plus. Les bandes de cerclage qui entourent les colis, du moins si elles sont vertes, sont également faites à partir de fibres PET. » La filière comprend également une section « bottle-to-bottle », où les bouteilles usagées sont réduites en fins copeaux qui seront remodelés en une nouvelle bouteille. D'autres emballages, comme les barquettes transparentes pour les fruits et légumes, sont réalisés à partir de feuilles de PET. « Une autre application, pour le moins surprenante, concerne les revêtements de toit plat en gros rouleaux macadamisés. Inséré au cœur du matériau, un tissu de plastique tressé lui donne sa résistance et sa rigidité», ajoute Youri Sloutzky. Quid du recyclage des plastiques à haute densité? Ils trouvent une seconde vie sous la forme de tuyaux de drainage pour collecter les eaux usées ou protéger un ensemble de câbles, mais également de récipients rigides de couleur noire ou grisâtre. Le recyclage pourrait être encore plus efficace si l'effort de tri était plus homogène entre régions. Sur les 15 kg de PMC collectés annuellement par habitant en Wallonie et en Flandre, environ 6 kg seront des plastiques recyclés. Par contre, à Bruxelles, ce chiffre tombe à 3,3 kg/an/ habitant. Et pour cause, les sacs PMC y sont moins remplis (11 kg) et contiennent en outre 25 % de déchets inopportuns. Le Soir – 25 septembre 2014

Le FMI juge « utile » la taxe carbone Le Fonds monétaire international (FMI) a estimé jeudi que l'instauration d'une taxe carbone pourrait être « utile » pour freiner le réchauffement climatique sans avoir d'effets «négatifs» sur la croissance économique. «La taxe carbone peut être efficace (...). C'est un des outils qui peut être utile pour contribuer à freiner le changement climatique sans avoir d'impact négatif sur la croissance », a déclaré le porte-parole du Fonds, Gerry Rice, lors d'une conférence de presse. Réunis à l'ONU mardi, les dirigeants mondiaux se sont engagés à New York à redoubler d'efforts pour lutter contre le ré¬chauffement climatique même si les résultats de ce sommet semblent maigres. En prélude à ce sommet, 73 pays et plus de 1.000 entreprises s'étaient déclarés favorables à un système per-mettant de faire payer la pollution au CO2 via une taxe carbone ou un système de quotas échangeables. S'agissant de la taxe carbone, le porte-parole du FMI a toutefois ajouté qu'elle ne serait efficace que si elle était «proprement conçue et mise en œuvre ». Fin 2013, le gouvernement français envisageait une contribution carbone trois ans après le rejet d'un précédent projet de taxe sur les émissions de C02. En juillet, l'Australie a aboli une taxe carbone vivement critiquée par les groupes miniers. Le Soir – 26 septembre 2014

Prix de l'environnement Le château-ferme de Baya récompensé Le prix InBev-Baillet Latour 2014, le plus important pour l'environnement en Belgique a été remis jeudi au couple de Quirini pour leur réhabilitation écologique du château-ferme de Baya à Goesnes (province de Namur). La plantation de haies, de 270 noyers greffés et de trente pommiers haute tige, le maraîchage en culture biologique, la création de deux étangs et sept mares, l'implantation de 8,5 hectares de taillis à courte rotation et une gestion agricole suivant une culture raisonnée font partie des aménagements entrepris ces douze dernières années. La Libre Belgique – 3 octobre 2014

Tchernobyl rend les rennes radioactifs 28 ans après l'accident nucléaire de Tchernobyl, des rennes de Norvège montrent une poussée de radioactivité qui les rend impropres à la consommation. La région concernée a été la plus touchée du pays par le nuage radioactif. Les rennes raffolent des champignons, plus nombreux cette année. Or, les champignons se nourrissent dans les couches du sol contaminées par les retombées radioactives. La Libre Belgique – 10 octobre 2014

France Vers une réduction du nucléaire Les députés français ont voté vendredi la réduction de la part du nucléaire dans la production d'électricité du pays de 75 % à 50 % en 2025, avalisant une promesse phare du président socialiste François Hollande avant son élection en 2012. Ce vote, dans le cadre d'un ambitieux projet de loi sur la transition énergétique, s'est déroulé dans une atmosphère tendue au lendemain d'une reculade controversée du gouvernement sur un autre dossier écologique sensible, l'instauration abandonnée d'une taxe poids lourds. La Libre Belgique – 12 octobre 2014

Les fermes laitières se veulent durables En Belgique, l'ensemble de la filière laitière a lancé, en janvier 2014, un programme de monitoring de la durabilité. Huit mois plus tard, plus de 800 exploitations laitières de Wallonie ont été analysées; celles-ci réalisent en moyenne 10 initiatives en matière de durabilité. Le programme de monitoring, initié notamment par la Confédération belge de l'industrie laitière, propose à chaque producteur laitier une liste de 35 initiatives. Les plus courantes concernent la santé animale, le bien-être animal, l'environnement et l'alimentation des vaches. La Libre Belgique – 21 octobre 2014

1880 Début des relevés de température Septembre 2014 a été le mois de septembre le plus chaud du monde sur terre et à la surface des océans depuis le début des relevés de température en 1880, a annoncé lundi l'Agence américaine océanographique et atmosphérique. La Libre Belgique – 21 octobre 2014

Fin de l'extraction de sable au large de Coxyde Pour la première fois, une zone d'extraction de sable en mer du Nord sera fermée définitivement. Elle se situe sur le banc de sable du "Buiten Ratel" au large de Coxyde, où l'on a atteint la profondeur maximale d'exploitation de cinq mètres. L'extraction de sable marin est en croissance. En 2013, quatre millions de mètres cubes de sable ont été extraits dans la partie belge de la mer du Nord, ce qui constitue un record. Ce sable est principalement utilisé dans le secteur de la construction, mais également pour la protection du littoral. La Libre Belgique – 21 octobre 2014

Les Etats-Unis Le « miracle » du schiste Des cours du pétrole au-dessus de 100 dollars pendant des années: les Américains n'en demandaient pas tant. Ajoutés au progrès de la technologie de fracturation hydraulique des roches, ils ont permis à l'Oncle Sam de quasiment doubler sa production, s'appuyant pour une large part sur les pétroles de schiste. De 2009 à aujourd'hui, la production de brut américain est passée de 4,9 à 8,9 mb/j. Et cette croissance devrait se poursuivre au rythme annuel de 1,3 mb/j dans les années à venir. Si l'on ajoute à ce pétrole brut les autres liquides extraits des forages (condensats), les Etats-Unis sont même devenus, depuis le premier semestre 2014, le premier producteur d'hydrocarbures du monde. Certes, les Américains sont encore loin d'être indépendants énergétiquement, puisqu'ils consomment 19 mb/j rien qu'en pétrole. Mais pour celui-ci, Washington ne dépend déjà plus qu'à hauteur de 10 % des importations en provenance du Moyen-Orient (ses premiers fournisseurs sont le Canada et le Mexique). Dans ces conditions, la faiblesse actuelle des cours ne serait pas rédhibitoire pour les Etats-Unis. Tant qu'on reste au-dessus des 80 dollars le baril, la rentabilité de, leurs puits est protégée. Mais surtout, la baisse parallèle des prix à la pompe (15 % depuis juin) donne un coup de pouce bienvenu à la consommation intérieure, et donc à la croissance US. Enfin, les Etats-Unis ne verraient pas d'un mauvais œil les difficultés qu'un baril à 80 dollars fait naître pour les budgets russe et iranien. D'aucuns y voient d'ailleurs le fruit d'un complot ourdi entre Washington et Riyad, pourtant désormais féroces concurrents commerciaux sur le marché pétrolier, mais politiquement convergents sur ces deux dossiers. Le Soir – 22 octobre 2014

Japon Une première centrale nucléaire redémarre Une ville du japon a approuvé mardi le redémarrage d'une centrale nucléaire située sur son territoire, une première depuis la catastrophe de Fukushima en mars 2011. Le conseil municipal de Satsumasendai s'est prononcé à une large majorité en faveur de la remise en service des deux réacteurs de la centrale de Sendai, importante source de revenus et d'emplois pour cette ville située à un millier de kilomètres au sud-ouest de Tokyo. Le redémarrage de la centrale ne devrait toutefois pas intervenir avant l'année prochaine, son exploitant, la compagnie Kyushu Electric Power, devant au préalable la soumettre à des tests de sécurité. Le Japon a progressivement mis à l'arrêt ses 48 réacteurs nucléaires à la suite de la catastrophe de Fukushima. La Libre Belgique – 29 octobre 2014

La Chine dit non aux OGM La nouvelle est tombée à la fin du mois d'août: la Chine a refusé le renouvellement de leur licence à trois organismes génétiquement modifiés, à savoir deux variétés de riz et une de maïs. Dans un pays où le tout-à-la-technologie a longtemps été le leitmotiv, cette information est importante. Même si, dans la meilleure tradition de l'Empire du Milieu, elle n'a pas été publiquement motivée, une telle décision est en effet de nature à inquiéter les infatigables défenseurs de l'agriculture transgénique... D'autant plus qu'elle s'inscrit dans une série de mesures prises à la suite des scandales alimentaires qui ont secoué le pays ces dernières années. La population chinoise est de plus en plus revendicative sur les questions environnementales et alimentaires, ce qui laisse augurer de nouvelles victoires dans les années à venir. De quoi inspirer les décideurs européens, trop enclins à céder du terrain face aux offensives américaines dans le domaineIMAGINE - Décembre 2014