Centre d'écologie appliquée du Hainaut

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lundi 31 août 2015

Bulletin N° 81 - Juin 2015

L’ÉRABLE À FEUILLES DE VIGNE ACER RUFINERVE
- Bernadette Lamblin -

L’Acer rufinerve, synonymes : Acer pensylvanicum ssp. rufinerve, A. cucullobracteatum, plus communément appelé érable jaspé de gris, ou encore érable à feuille de vigne est originaire du Japon. C’est un arbre vivace invasif qui est sur « liste grise » des espèces à surveiller. Cette espèce ne figure généralement pas sur la liste des plantes invasives dans les autres pays européens. Comme dans beaucoup de cas, il est arrivé chez nous pour être planté dans des jardins botaniques et plus particulièrement à Bonsecours dans l’arboretum dans les années 1950-1970. Il fut introduit en Europe en 1879 par Ch. Maries pour les pépinières Veitch.

C’est un arbre d’ornement qui peut atteindre 15 à 20 mètres, de couleur verte. L’écorce est dite « à peau de serpent » à cause de ses rayures blanches caractéristiques. Ses feuilles ont 3 à 5 lobes et ne sont pas persistantes.

Cette plante dioïque se reproduit par des graines qui sont disséminées par le vent parfois bien loin de la plante d’origine mais également par multiplication végétative. Les tiges couchées s'enracinent facilement et génèrent rapidement de nouveaux individus. Les jeunes individus rejettent abondamment de la souche une fois la tige principale coupée.

Les bourgeons sont verts en hiver et rouges au début du printemps. Les fruits sont constitués de samares ailées.

Le milieu forestier est son terrain privilégié. A. rufinerve se développe très bien dans les sous-bois, les clairières et les lisières forestières sur des sols pauvres et sableux à sablo-limoneux. En Belgique il peut pousser en compagnie d’un autre arbre invasif présent également en forêt de Bonsecours : le cerisier tardif (Prunus serotina). Dans les conditions favorables, il peut former des peuplements denses en-dessous desquels peu d’espèces herbacées poussent. De par sa forte capacité de multiplication végétative c’est une espèce difficile à gérer.

Un code de conduite des plantes invasives existe. Chaque professionnel et particulier peut y souscrire ; ce projet est proposé par : AlterIAS (2010 – 2013), il est coordonné par l’Unité Biodiversité & Paysage de l’Université de Liège Gembloux Agro Bio-Tech (ULg GxABT), en collaboration avec le Centre Technique Horticole de Gembloux (CTH) et le Centre de Recherche sur les Plantes ornementales (PCS).

Ce code de conduite préconise l’adoption de bonnes pratiques pour limiter les introductions et la dispersion des plantes invasives. C’est un outil d’auto-régulation basé sur la sensibilisation et l’éducation grâce au volontariat.

Les professionnels doivent :
1. Se tenir informés de la liste des plantes invasives en Belgique
2. Stopper la vente et/ou la plantation de certaines plantes invasives
3. Diffuser de l'information sur les plantes invasives aux clients ou aux citoyens
4. Promouvoir l'utilisation des plantes alternatives non invasives
5. Participer à la détection précoce

Pour les particuliers :
1. Informez-vous à propos de la liste des plantes invasives en Belgique
2. Evitez d'acheter ou de planter certaines plantes invasives
3. Choisissez de préférence des plantes alternatives non invasives
4. Ne jetez pas vos déchets verts dans la nature, dans les rivières ou dans les terrains vagues
5. Partagez vos connaissances et votre sensibilisation avec votre entourage

Le contenu du code a été approuvé par les principales fédérations et associations horticoles professionnelles actives dans le pays (Wallonie, Flandre, Bruxelles). Ce code est activement soutenu par les administrations régionales et fédérale en charge de l'environnement en Belgique (Agentshap voor Natuur en Bos, Bruxelles Environnement – Leefmilieu Brussel, Service Public Fédéral - Santé Publique, Sécurité de la Chaîne alimentaire et Environment – DG Environment, Service Public de Wallonie). Il est recommandé par le Conseil de l'Europe, l'Organisation Internationale des Jardins Botaniques (BGCI) et l'Organisation Européenne et Méditerranéenne pour la Protection des Plantes (EPPO).

La faculté universitaire des Sciences agronomiques de Gembloux a rendu son rapport final en novembre 2009. Elle a testé des méthodes de gestion sur trois plantes invasives en Région wallonne (Acer rufinerve, Cotoneaster horizontales et Spiraea spp.) et elle a également sensibilisé des agents de la DNF à la problématique des invasions biologiques.

Le site d’étude pour la mise en place des tests de gestion pour Acer rufinerve se situe dans la forêt domaniale de Bonsecours. Plusieurs techniques ont été testées : l’arrachage manuel, le gyrobroyage profond, le gyrobroyage superficiel avec un débroussaillage, un gyrobroyage profond couplé avec un arrachage manuel.

Le gyrobroyage superficiel seul (sans débroussaillage) ne semble pas efficace à court terme. L’érable jaspé de gris rejette abondamment après une seule coupe, et le taux de survie des tiges est élevé, même après avoir subi des dégâts importants. De plus, les tiges couchées par le passage des machines génèrent des racines adventives d’où vont émerger des rejets verticaux. Si la végétation est laissée à elle-même pendant 3 à 4 ans, il en résulterait très probablement un fourré tout aussi dense qu’à l’état initial. En 2009, un suivi rapide des zones gérées par un seul passage au gyrobroyeur a montré qu’elles présentaient toujours un recouvrement élevé. La hauteur et le nombre des tiges avaient diminué, mais pas la classe d’abondance.

L’efficacité de l’arrachage est satisfaisante. Il est facile à pratiquer, car l’espèce présente un système racinaire superficiel. Les tiges sont extraites sans aucune difficulté (ce qui constitue un avantage non négligeable par rapport à d’autres plantes invasives). Les tiges arrachées sont accrochées à la végétation existante afin d’éviter qu’elles ne restent en contact avec le sol et puissent dès lors « rejeter ». La technique est sélective et permet un développement rapide de la flore indigène, qui pourra former un tapis permettant de concurrencer les éventuels plants d’érable exotique subsistants. Le principal inconvénient réside dans le faible rendement de la technique. Dès lors, la gestion de vastes superficies envahies nécessiterait la mise en place de plusieurs campagnes d’arrachage avec une importante main d’œuvre à mobiliser. Un suivi des souches des semenciers abattus a également été réalisé. Sur 88 souches suivies, 28 présentaient des rejets, soit environ 32%. Ce sont principalement les jeunes semenciers qui rejettent, c’est-à-dire ceux d’un diamètre inférieur à 15 cm. Environ 42% d’entre eux rejettent, soit près de la moitié. Les semenciers de plus grande taille semblaient définitivement morts après la coupe.

Le gyrobroyage superficiel, couplé à un débroussaillage 2 mois plus tard, donne de meilleurs résultats (réduction de 60% des effectifs). Pour réduire davantage les effectifs, il faut probablement répéter l’opération durant plusieurs années (au moins 2 ans). Il n’est toutefois pas certain que cette modalité de gestion permette d’éradiquer la population étant donné la forte résistance de la plante à des coupes successives. Si cette modalité est choisie, il faudra certainement la combiner avec de l’arrachage manuel car il est impossible de passer avec les machines dans toutes les zones envahies.

Le gyrobroyage profond utilisé seul montre une très bonne efficacité et un bon rendement, mais c’est une technique qui perturbe fortement le milieu. Il n’apparaît pas envisageable de l’appliquer sur de vastes superficies. Cette méthode pourrait être préconisée sur des superficies limitées, dans des zones fortement envahies qu’il faut prioritairement reboiser ou restaurer. Il est préférable de l’appliquer dans des zones suffisamment dégagées pour permettre à l’engin de manœuvrer correctement et de bien couvrir la zone. Pour éliminer les individus résiduels inaccessibles à la machine, il est nécessaire de procéder à une finition manuelle, ce qui réduit sensiblement le rendement.

L’arrachage manuel montre également de très bons résultats, mais son faible rendement nécessite une mobilisation importante en main d’œuvre, il convient de repasser sur les rejets de souches des jeunes semenciers abattus afin de les éliminer définitivement. Un traitement chimique pourrait être envisagé. Un plan d’éradication sectorisé et pluriannuel paraît réalisable, moyennant la poursuite des tests et quelques données complémentaires à collecter sur l’écologie de l’espèce.

Actuellement une gestion réalisée par la cellule d’appui à la lutte contre les plantes invasives (DNF/PNPE) est toujours en cours. La zone en rouge foncé est une zone tellement « infectée » qu’il semble impossible de la gérer.

Bibliographie :

http://www.alterias.be/fr/que-pouvons-nous-fairen/les-codes-de-conduite-sur-les-plantes-invasives

M. Halford, Tests de méthodes de gestion sur trois plantes invasives en Région wallonne (Acer rufinerve, Cotoneaster horizontalis et Spiraea spp.) et sensibilisation des agents DNF à la problématique des invasions biologiques, rapport final, 2009, Gembloux agro-bio tech, Université de Liège.

Cartes et photos dans le bulletin N° 81 du CEAH

Bulletin N° 81 - Juin 2015

GASPARD DEMOULIN, UN COLLECTIONNEUR MONTOIS MECONNU
- Michel Wautelet, Université de Mons -

Si les sciences se sont développées grâce à de nombreux scientifiques, elles avancent aussi grâce à quantité de gens discrets et méconnus. Il en est ainsi de collectionneurs qui, avec passion et grâce à une fortune considérable, ont accumulé des trésors, légués plus tard à des institutions scientifiques importantes. Gaspard Demoulin (Mons, 1812 – 1881) fait partie de cette catégorie de collectionneurs éclairés, discrets et méconnus.

Né à Mons le 12 février 1812, Gaspard Demoulin est le fils de Gaspard Joseph Demoulin (1770-1850). Après des études secondaires, il est envoyé à Douai pour faire des études de philosophie, puis à Paris pour des études de droit. Tout jeune, passionné d’entomologie, il parcourt la campagne à la recherche d’insectes rares. Après ses études, il complète ses collections entomologiques par des achats et des échanges. Il porte un grand soin à leur classification. Plus tard, devenues trop importantes, il en fait don au Musée de la ville de Mons.

Membre de la commission administrative de ce même musée, il se charge, seul, du classement des oiseaux et mammifères.

Mais c’est la passion des plantes qui va bientôt le dévorer. Après son mariage avec Marie Derbaix (1820-1913), en 1845, et le décès de son père, en 1850, il se retrouve à la tête d’une belle fortune. Il est aussi propriétaire d’une maison de campagne à Ghlin (actuellement rue du Festinoy). Il y fait des plantations diverses et y bâtit de vastes serres.
«Presque aucun genre de plantes ne lui était étranger. Dans son jardin on remarquait de curieuses collections de Conifères, de Crataegus, de Vitis, de Fougères rustiques, de plantes alpines, etc. Dans la serre chaude des Palmiers, Fougères, Cycadées, Aroïdées, Orchidées, Gloxinia, Achimènes, Amaryllis, etc., tandis que les Camellia, les Azalea, les arbustes de la Nouvelle Hollande, les Cyclamen, les Bouvardia, les Cineraires, les Fuchsia, lui faisaient une serre froide toujours fleurie. Mais il affectionnait tout particulièrement les Pelargonium… » (De Puydt, 1882).

Mais ce qui fit surtout la réputation de Demoulin, c’est sa collection de cactées. Au départ de plantes grasses trouvées dans la serre paternelle, il développe une collection de cactées, qu’il cultive dans ses serres de Ghlin. « Cette collection de Cactées s’était étendue et complétée à tel point qu’aucune autre en Europe n’eût pu lui être comparée. Tous les genres s’y accumulaient en superbes exemplaires; des Opuntia colosses s’y couvraient de fleurs et de fruits; les Cereus s’y élevaient jusqu’à quatre ou cinq mètres de hauteur et y prodiguaient leurs belles et étranges fleurs. Des Echinopsis, des Echinocactus y dépassaient la grosseur d’une tête humaine. Jusqu’aux tout petits genres simplement curieux, les Rhipsalis, les Phyllanthus, etc., avaient leur place dans cet ensemble. Mais une autre tribu partageait les faveurs de Demoulin, celle des Agavées. Aucune belle espèce ne manquait à sa collection et les amateurs ont pu admirer le colossal développement de quelques-unes des plus remarquables. Enfin, les Aloë, dont la réunion est très intéressante, les Stapelia et, en un mot, toutes les plantes charnues étaient soigneusement réunies dans les serres. » (De Puydt, 1882).

Les plantes provenaient de diverses sources: de voyageurs belges (Verheyen, Tonel au Mexique); lors de ses voyages en France (Paris, Lyon, Lille).

Connu des spécialistes, Demoulin est appelé dans de nombreux jurys d’horticulture. Lui-même n’aime pas concourir. Ce qui ne l’empêche pas de s’occuper activement de sociétés locales: il est nommé président de la Société royale d’horticulture de Mons en 1865.

Mais Demoulin n’est pas que collectionneur. Il s’implique dans la vie de Mons. Il est conseiller communal de Mons pendant 35 ans; il est un des collaborateurs les plus dévoués de François Dolez, lorsque celui-ci est bourgmestre de Mons (de 1866 à 1879). Il apprécie les questions budgétaires. Il quitte l’administration communale avec Dolez.

Il est chevalier de l’Ordre de Léopold, membre de l’Administration du Mont-de-Piété de Mons pendant 30 ans, de la Société des Sciences, Arts et Lettres du Hainaut.

Après son décès à Mons, le 14 novembre 1881, sa veuve fait don de sa collection de plantes grasses au Jardin botanique de l’Etat, à Bruxelles. Elle comprend environ 900 espèces, qui constituent le véritable départ de la serre des plantes grasses.

Bibliographie

Ces publications sont dans les Fonds anciens de la Bibliothèque de l’Université de Mons.

- P.E. de Puydt, Notice sur Gaspard Demoulin, in: Bull. Fédération des Sociétés d’horticulture de Belgique, pour 1881, pp. 5 – 17.

- Jean Massart, Notice sur la serre des plantes grasses au Jardin botanique de l’Etat, in: Bull. du Jardin botanique de l’Etat à Bruxelles, Vol 1, fasc 6 (Mai 1905), pp. 355 – 385.

- Gazette de Mons, 16/11/1881.

- Journal de Mons et du Hainaut, 20/11/1881.

Bulletin N° 81 - Juin 2015

De Terre et de Racines - Vagabondages en Haute Sambre
- Jean-Marie Delmotte -

Voir le bulletin n°80

Avant-propos

Enfant de la terre, la terre de « Thudinie »... j'ai grandi dans des odeurs d'étables aux parfums mêlés de bouse et de lait chaud : remugles, miasmes pour les uns, fumets capiteux pour les autres... dont je suis! Je garde au fond de ma mémoire la fragrance aigrelette émanant de la commissure des lèvres des chevaux à l'herbage quand, au jour-levant des petits matins blafards d'août, j'accompagnais Roger tout au bout de la prairie baignée de rosée - là où sourd le ruisseau de Villers - avertir Bella et l'Gris d'un furtif baiser sur le chanfrein, qu'un jour nouveau, prometteur de labeur, venait de débuter.

Ma Thudinie. je ne l'ai jamais quittée. Elle est tellement prenante pour qui sait la prendre et la comprendre... cette Thudinie liégeoise. Des p'tits coins d'paradis perdus au Pays de Haute Sambre. Des toponymes évocateurs de passés oubliés. Des noms qui parlent, même si souvent, ils restent pour nous des énigmes : A L'Euse, Monplaisir, Plomb Fondu, Omboie, Tint Cu! C'est beau, ça chante, ça claironne et ça fleure bon la campagne!... Bon-air, La Couturelle, Le Hututu. Pont Crotté, Dansonspène, Les Marwèles, Tacfesse... Ces coins-là, il faut aller les voir, les pratiquer à pied. Arriver par derrière, sans bruit, pour les surprendre, les sentir, les toucher, écouter leur musique... Arriver par derrière, sans bruit... pour en douceur leur dire tout simplement: «Je vous aime!»... Je l'ai arpentée en tous sens, cette Thudinie liégeoise, sans jamais me lasser. Encore, et encore, et toujours je l'arpente. J'ai commencé très tôt l’étude de mon milieu, ce que l'école appelle aujourd'hui « EdM » : Étude du Milieu. Mais cette EdM, scolaire et encadrée, n'a rien à voir avec mon EdM à moi, celle que j'ai faite sur le terrain lors de mes longues courses secrètes et solitaires, à pied ou à vélo... lors de mes évasions « buissonnières ». Je peux l'avouer maintenant, il y a prescription. J'étais un adepte de l'école buissonnière!...

Découvrir et redécouvrir sans cesse ce pays fascinant, celui de mon enfance : les grandes plaines battues des vents, les vallées encaissées, les ruisseaux bondissants, la Sambre et les péniches, les sentiers boueux, les forêts inquiétantes pour l'enfant que j'étais... les soleils, les brouillards, les ondées, les brouillasses, les décors enneigés; les oiseaux, les arbres, les carrières, les fleurs. L'exotisme à portée de la main. Et aussi les potales, les croix d'occis, les chapelles, les clochers, les grandes fermes blanches. Bien plus tard, je me suis aventuré dans des contrées de plus en plus lointaines : le pays de Beaumont, celui de Walcourt, celui de Cerfontaine, celui de Philippeville. Et puis, de plus en plus loin : Chimay, la Calestienne, la Famenne, l'Ardenne. Et le tour de Belgique, à pied sur la frontière, d'une borne à la suivante, et par monts et par vaux. Et puis...
La Vallée du Viroin, celle de la Molignée, celle de la Lesse et celle de L'Ourthe. Et les « Plus Beaux Villages de Wallonie », jusqu'à Wéris et ses dolmens et, jusqu'à La Forêt... la Semois! Et Soulme, Fagnolle, Crupet, Chardeneux, Celles, Mozet, Lompret, Sohier et... J'en oublie sûrement...
Enfin j'ai franchi la frontière du beau pays de France : exploré l'Avesnois perdu dans son bocage, apprécié son «Maroille», découvert la Thiérache, ses églises fortifiées, l'Oise, la Forêt de Saint Michel, Guise et son château...
En 1967, je guidais un groupe de randonneurs à la découverte des paysages de la Haute Sambre. C'était un jour d'hiver, un samedi de février éclatant de lumière glaciale! Dans le grand silence des campagnes givrées, figées, endormies, nous avons cheminé de l'abbaye d'Aulne à l'abbaye de Bonne-Espérance en passant par celle de Lobbes. Le chemin des trois abbayes! Ce jour-là, c'était la toute première fois. La toute première d'une longue série de guidances qui devaient s'enchaîner pendant plus de 45 années! Devenu guide-nature en 1984, à l'issue d'une formation assurée par les Cercles des Naturalistes de Belgique, la passion de la guidance-nature allait conduire mes pas; une passion que j'ai voulu partager en proposant moult excursions naturalistes, en particulier en Haute Sambre... mais pas seulement ! Que de découvertes, que de confirmations, que de petits et grands bonheurs partagés, que de souvenirs gravés dans ma mémoire, que de traces abandonnées dans la boue ou la poussière! Des traces éphémères, des moments de vie que je me devais de pérenniser...

Un jour, le hasard m’a fait découvrir la « Maison du Conte de Namur ». Emerveillé, je me suis souvenu des veillées contées de mon enfance autour de Tante Nelly, conteuse hors-pair. Et mes balades sont devenues « ballades contées ». Arpenter, musarder, patauger, encore et encore, et encore. Errer, flâner, vagabonder au hasard des sentiers, des chemins creux, des haies et des buissons... pour ne pas oublier...

Pour ne pas oublier les odeurs, les couleurs, les musiques, les saveurs changeantes des saisons. Pour ne pas oublier la fragrance aigrelette émanant de la commissure des lèvres des chevaux à l'herbage.
Partager tous les petits bonheurs entassés dans la cale de mes souvenirs. Laisser l'empreinte de mes pas dans tous ces chemins tracés, écrits dans la poussière et la sueur, siècle après siècle... pour que d'autres, après moi, puissent les cheminer...

Sommaire

- Préface 5
- Remerciements 7
- Avertissement 8
- Avant-propos 10
- Prologue 12
- 1. A Thuin... les sept cols 20
- 1bis. La vallée de la Bième-l'Eau, la rivière aux castors 33
- 2. A Merbes-le Château... de Bringuette à La Clicotte 39
- 3. A Lobbes... vers l'Ermitage 46
- 4. A Thuin, vers Biesme-sous Thuin par Maladrie et Ragnies 58
- 5. A Bersillies-1'Abbaye (Erquelinnes)... aux Grands Chênes 75
- 6. A Solre-sur-Sambre (Erquelinnes) vers Ram'quin 82
- 7. Aux Waibes (Thuin)... vers Hourpes 88
- 8. A Strée (Beaumont)... vers le Bois des Agaises 94
- 9. A Walcourt... vers Silenrieux 99
- 10. A Jamioulx (Ham-sur-Heure-Nalinnes)... vers Beignée 105
- 11. A Pry (Walcourt)... vers Fontenelle et Rognée 116
- 12. A Thy-le-Château (Walcourt)... vers Baconval 124
- 13. A Ragnies (Thuin)... vers Gravelotte et Biesmelle 130
- 14. A Landelies (Montigny-le-Tilleul)... Wespes et Domaniale 140
- 15. A Hantes-et-Wihéries (Erquelines)... de Bringuette à Ranchère 48
- 16. A Thuillies (Thuin)... par Donstiennes et Ossogne 162
- 17. A Aulne (Thuin)... de Beaudribus à l'Ermitage 174
- 18. A Lobbes... vers Forestaille et le Bois du Baron 189
- 19. A Fontaine-Valmont (Merbes-Ste Marie)... vers Grignart 204
- Epilogue 219
- Postfaces 220
- Index 221
- Illustrations photographiques 228
- Bibliographie – Sources 232
- Annexes : Notes historiques 233

Disponible auprès de l’auteur au prix de 16,00€ (20,00€, port inclus, à verser sur le compte BE09 0631 5568 7257)

Renseignements : 071/593495 ou jmdelmotte@voo.be

Bulletin N° 81 - Juin 2015

COMPTE RENDU DE LA VISITE DU JARDIN BOTANIQUE DE MEISE
- Jérôme Degreef -

Ce 16 mai, les participants à la visite du Jardin Botanique de Meise ont eu la chance de découvrir le patrimoine unique de ce lieu et de pénétrer les coulisses de cette institution de renommée internationale grâce à la gentillesse et aux compétences de notre guide Jérôme Degreef, Directeur scientifique du département botanique du Jardin.

Le Jardin botanique de Meise, anciennement Jardin botanique national de Belgique, est une institution scientifique de premier plan dans le domaine de la botanique. Il mène ses missions de recherche, de conservation de la biodiversité et d’éducation à l’environnement grâce aux collections uniques qu’il abrite et à ses spécificités, à savoir :

- 18.000 espèces de plantes dans les collections vivantes, ce qui en fait l'une des cinq plus riches du monde, déployées dans un domaine historique de 92 ha

- Un complexe d'un hectare de serres (13 serres publiques et 48 serres de conservation, de multiplication, de recherche scientifique), le « Palais des plantes »

- Une gigantesque banque de données scientifiques sous la forme de 4 millions de plantes séchées, étudiées par les scientifiques du monde entier (il se place parmi les 20 plus grands herbiers du monde). Il inclut plus de 30.000 "types", un "type" étant l'exemplaire de référence scientifique unique au niveau mondial

- Un lieu de conservation indispensable au niveau mondial pour les espèces menacées ou déjà éteintes: conservation d'ADN, de graines, de plantes sur pied parmi lesquelles des espèces rares et menacées de notre pays

- Une banque de graines de plantes rares et menacées, en provenance du monde entier (2 millions de graines conservées à - 20 °)

- La collection de référence de Phaséolinées sauvages, d'importance scientifique et agronomique mondiale dans la perspective d'une adaptation de l'agriculture aux différentes conditions écoclimatiques locales

- Une bibliothèque spécialisée de plus de 200.000 volumes, ainsi qu’une réserve précieuse de 2.000 ouvrages (dont de splendides impressions naturelles de végétaux), et 6.000 périodiques (c'est l'une des plus importantes d'Europe) dont le catalogue informatisé est accessible sur internet.

- Une iconothèque comprenant des milliers de photos, aquarelles, dessins de végétaux dont les célèbres aquarelles de roses de Redouté (27 ouvrages en 50 volumes en édition originale)

- Un outil éducatif extraordinaire pour l'éveil à la biologie et à la botanique des petits jusqu'à l'apprentissage universitaire, avec depuis peu une Serre de l'Evolution unique au monde retraçant 500 millions d'histoire de l'évolution du Règne végétal.

Merci Jérôme pour cette visite appréciée par tous les participants qui a permis de découvrir, entre autres, l’envers du décor.

Bulletin N° 80 - Mars 2015

19 mars 2015

COMMUNIQUÉ DE PRESSE

L’Université de Mons cède un important herbier au Jardin botanique Meise

L’Université de Mons a décidé de céder au Jardin botanique Meise l’important herbier scientifique réalisé par le Prof. Piérart au cours des années 70 et 80 dans le cadre de ses enseignements et recherches en botanique au sein de la Faculté des Sciences. Cet herbier volumineux est constitué d’une quarantaine de caisses et renferme plus de 3.000 échantillons de plantes récoltées dans la région de Mons mais aussi lors de diverses missions scientifiques notamment dans le Sud de la France ou en Italie. L’herbier cédé par l’UMONS ira accroître les impressionnantes collections du Jardin botanique Meise qui compte déjà près de 4 millions de spécimens, ce qui le classe parmi les 10 plus importants herbiers au monde.

Pourquoi ce don? La conservation de l’herbier hérité du Prof. Piérart nécessite des conditions de stockage très spécifiques (notamment taux d’humidité, désinsectisation, et respect des normes de protection contre le feu). Or, l’Université de Mons ne dispose pas des moyens pour assurer cette conservation. Pour éviter que ce patrimoine unique ne se détériore ou soit irrémédiablement perdu, l’institution a donc tout naturellement sollicité le Jardin botanique Meise qui s’est évidemment montré intéressé par ce don. Une convention a été signée entre les deux institutions ce 17 mars 2015. Dans cet accord, les responsables du Jardin botanique s’engagent à assurer la conservation de l’herbier dans des conditions optimales et à en garantir son accès gratuitement, tant aux chercheurs et étudiants montois qu’à l’ensemble de la communauté scientifique. Les herbiers sont d’une importance capitale pour l’étude et la connaissance de la Flore et nul doute que celui du Prof. Piérart y contribuera d’une manière significative.

Contacts :
Université de Mons
Dr. Denis Michez
Chef de travaux - Assistant professor
Laboratory of Zoology, Chav. 5
Tél : +32.(0)65.373803 ou +32.(0)478.376625
http://www.zoologie.umh.ac.be/hymenoptera/
http://www.zoologie.umh.ac.be/index.html

Jardin botanique Meise
Franck Hidvegi, chargé de communication - Tél. 02/260 09 49
franck.hidvegi@br.fgov.be - www.jardinbotanique.be

Bulletin N° 80 - Mars 2015

TERRE FROIDE
- Robert Fourneau -

En ces temps où tout le monde (l’ensemble de la planète) stresse par les variations climatiques qui apportent soit de bonnes conditions pour l’homme mais plus souvent de mauvaises, il est normal que s’inquiètent de nombreux scientifiques de toutes disciplines pour essayer de rassurer un maximum de population.

Ces dernières glaciations qui fondent et font varier les rivages ou les conditions de vie en montagne modifient les conditions de vie en beaucoup d’endroits du monde. Mais il ne faut pas oublier que des glaciations peuvent revenir dans peu de temps géologiques (11-20-60 ans) c’est-à-dire un avenir géologiquement rapproché mais qu’elles ne seront rien eu égard aux périodes très anciennes dont il reste encore des traces vers 8-10 millions d’années et …. que de possibilités intermédiaires peuvent encore être trouvées. Selon le géologue Paul Hoffman de Harvard et quelques autres, la Terre n'aurait connu qu'au moins cinq fois des glaciations dont une extraordinairement développée au Néoprotérozoïque - Précambrien, il y a environ 7 à 600 Ma. et qui aurait fait de la Terre une " boule de neige" glacée pendant 10 Ma. Des traces de cette glaciation se retrouvent dans beaucoup de régions du globe, principalement dans les régions désertiques comme la Côte des Squelettes au nord-ouest de la Namibie : ce sont des dépôts fossilisés d'une " farine" de roches, de l'argile à blocaux, striés, des "tillites"; ils furent ensuite recouverts de dépôts carbonates d'origine océanique, très riches en oxygène indiquant un passage rapide d'une période très froide à un monde chaud et humide. À première vue ces dépôts semblent liés à la dérive des plaques continentales, mais une analyse très fine du paléomagnétisme montre par l'orientation des particules de fer que les dépôts ont été réalisés dans la zone intertropicale proche de l'équateur. Une étude mathé¬matique de la formation d'une glaciation a montré d'autre part qu'il existe un point de rupture théorique à partir duquel, lorsqu'une glaciation est commencée, celle-ci s'étend de plus en plus loin jusqu'à pouvoir recouvrir la Terre entière. Cet emballement glaciaire qui aurait duré si longtemps aurait été contré par la permanence de l'activité volcanique et du dégazage de la planète perçant la couverture gelée, accumulant petit à petit dans l'atmosphère une quantité de C02 allant jusqu'à 10 %, créant un effet de serre avec des températures atteignant 50° et provoquant évaporation et précipitations en pluies acides attaquant les roches primitives à calcium (par exemple: feldspaths) et créant finalement des dépôts de ces roches décomposées sur les fonds d'océans, tièdes mais agités d'ouragans et de vagues atteignant 100 mètres de hauteur pendant au moins un siècle, dépôts que l'on retrouve actuellement sous forme de roches carbonatées recouvrant donc les moraines fossiles de Namibie, elles-mêmes résultant de l'érosion par les masses glaciaires (exaration). La vie primitive, unicellulaire semble-t-il, existant dans les fonds océaniques antérieurs et constituée essentiellement d'algues vertes et de cyanobactéries aurait pu subsister sous la glace car celle-ci, constituée de cristaux formés lentement, donc clairs et purs, laisse filtrer la lumière solaire lorsqu'elle est peu épaisse et permet ainsi la photosynthèse, mais lorsqu'elle a plusieurs kilomètres d'épaisseur, comme le montrent actuellement les sondages réalisés à travers les 3 à 4 kilomètres de l'inlandsis antarctique, recouvrant le lac Vostok, une vie sans lumière peut aussi sans doute s'être développée autour de fumeurs noirs et blancs des grandes fosses océaniques pourvoyeuses d'H2S, ouvertes ou piégées sous la glace. Cette hypothèse est d'ailleurs corroborée par la découverte dans une grotte fermée de Roumanie d'une vie primitive qui s'est maintenue depuis des millions d'années en utilisant des bactéries et champignons s'alimentant eux-mêmes de rejets sulfureux de profondeur par chimiosynthèse. Pour les spécialistes de l'évolution et du développement des espèces, cette nouvelle vie de la Terre aurait été le stimulant dopant l'explosion de la vie sur la planète. C'est en effet à partir de ce moment que les espèces pluricellulaires se développent à grande vitesse à tel point que depuis longtemps ces transformations successives et de plus en plus rapides ont servi de repères à la création des grandes ères paléontologiques et géologiques.

Géomorphologie et patrimoine culturel

Les entreprises de l'homme ont toujours été conditionnées par le milieu environnant: roches meubles ou résistantes, sols, climat, hydrographie, végétation... Les chercheurs - toutes disciplines confondues - dont la motivation, souvent considérée superflue ou onirique aux yeux de la société de consommation de notre époque, tentent de restituer l'histoire de la Terre et ce que l'anthrope y a fait et laissé depuis qu'il l'occupe, au bénéfice de tous les hommes, présents et à venir. Les analyses montrent ainsi qu'il est bouleversant de constater que l'homme qui vivait il y a 100 000, 10 000, 5 000 ou 2 000 ans dans des niveaux d'évolution différents, est si proche de l'homme moderne dans ses préoccupations fondamentales, comme le désir de compagnie, d'amitié, d'amour, la peur de la mort et l'aspiration à l'immortalité. Devant cette mort, l'anthrope a toujours tenté de trouver un sens à sa vie, une ligne de conduite, y apportant des réponses diverses: création et adoration d'une divinité, morale épicurienne, recherche d'un meilleur bien-être à tout prix... Les témoignages qui nous en restent attestent de cette très lointaine quête, depuis la protohistoire même et partout dans le monde; ils seront envisagés ci-après, mais plus particulièrement en région wallonne lorsque l'exemple en sera possible.

Suite dans le bulletin N°80 du CEAH

Bulletin N° 80 - Mars 2015

Grand entretien

Hubert Reeves
« L’humanité va utiliser son intelligence pour rester terrienne »

« Un astrophysicien est à l’aise avec les chiffres astronomiques », explique à Imagine Hubert Reeves. Prendre de la hauteur par rapport à l’obscurantisme qui, en ce début d’année, a assombri notre horizon pour nous tourner du côté de l’intelligence et de la vie : c’est la voie que nous avons voulu explorer en réalisant ce grand entretien avec un homme de science et de paix. Voyage du côté des poussières d’étoiles, dont tous les hommes sont faits.

Hubert Reeves sera l’un des grands écrivains présents à Bruxelles, entre le 26 et le 29 mars, à l’occasion du festival littéraire Passa Porta. Voici le grand entretien accordé à Imagine.

Dans votre dernier livre, Là où croît le péril… croît aussi ce qui sauve, vous réalisez la performance de nous expliquer les rapports entre le Big Bang et l’époque contemporaine. Entre l’astronomie et les enjeux liés à l’écologie. Entre la « belle-histoire », comme vous l’appelez, celle qui raconte comment la matière s’est progressivement organisée pour donner naissance à la vie, et la « moins-belle-histoire », marquée par la mise à sac progressive des écosystèmes planétaires par l’être humain, la structure la plus évoluée existant aujourd’hui. Comment expliquer ce dérapage qui a de quoi étonner au regard de l’évolution de l’intelligence dans la nature ? – L’espèce humaine est actuellement présente sur la planète malgré tous les handicaps qu’elle a eu à surmonter. Sans ailes pour échapper à des poursuivants, sans carapace protectrice, sans griffes et sans crocs, elle a dû sa survie à un cadeau élaboré par la nature et déposé dans le cerveau de ses représentants : l’intelligence. Elle a fabriqué des pièges et des armes de plus en plus perfectionnées. Elle a mis au point toutes sortes de moyens pour améliorer ses conditions de vie. Loin de la caverne mal chauffée, elle est maintenant dans un appartement ignorant les températures hivernales. Elle est savante et a du mal à s’étonner encore des découvertes de ses meilleurs chercheurs, tant elle est habituée à toujours plus de connaissances et de retombées bénéfiques… Elle a agi comme si rien n’avait de limites. Mais voilà qu’elle réalise qu’il y en a. La photo de la Terre vue de l’espace a réduit l’impression d’immensité. Notre planète est comme une bille dans le cosmos. Et déjà des Terriens révisent leur position. Il faut ménager nos ressources, préserver la biosphère, cesser de dilapider les richesses de la biodiversité. S’adapter aux nouvelles données est une attitude que notre intelligence nous amène à adopter. Nous en avons toutes les aptitudes. Si nous les bafouons, nous ne serons pas dignes du cadeau que nous avons reçu.

Ce que l’on appelle le « choc archéologique » montre que, depuis cent mille ans, partout où l’homme s’est répandu, il a systématiquement détruit d’autres espèces vivantes, souvent très grandes et emblématiques, depuis les mastodontes (ces ancêtres lointains des mammouths), jusqu’au couguar de l’Est l’américain, disparu très récemment. L’accélération du phénomène est spectaculaire et touche tous les organismes vivants : si, selon les paléontologues, il s’écoulait auparavant 400 ans entre deux disparitions d’espèces, aujourd’hui on ne compterait plus que 4 heures. Cette hécatombe se déroule dans un silence presque total. Comment amener à prendre conscience de ce que nous faisons ?

– L’érosion de la biodiversité est souvent présentée comme une liste nécrologique qui remonte en effet à il y a bien longtemps, mais qui s’allonge de plus en plus vite. Toutefois, le problème est bien plus complexe. Le faire comprendre est difficile, car il n’est pas spectaculaire ni photogénique. Le dérèglement climatique est illustré, sur nos écrans de télévision, par des images de catastrophes de mégadimension. Impossible d’obtenir une audience équivalente pour le péril de la perte de biodiversité. Le traiter médiatiquement nécessite une volonté rare, si rare qu’elle semble ne pas exister au niveau requis par la gravité de la situation. L’association que je préside se voue à sensibiliser l’opinion. Elle élabore des dossiers à présenter au grand public ou aux grands décideurs. Il faut des comparaisons pour aider à comprendre. Toutes les espèces sont interdépendantes et en éliminer une, c’est provoquer un accroc dans le tissu du vivant. Trop d’accrocs et c’est la catastrophe. Pour le dire autrement, supprimer les espèces en charge de la pollinisation – bon nombre d’insectes jouent ce rôle – et adieu pommes, poires et tous les fruits… Tuer les vers de terre et le sol sera moins propice aux récoltes de blé nécessaires à notre pain quotidien.

Suite dans le bulletin N°80 du CEAH

Article paru dans le magazine Imagine demain le monde, de mars-avril 2015. www.imagine-magazine.com