TERRE FROIDE
- Robert Fourneau -

En ces temps où tout le monde (l’ensemble de la planète) stresse par les variations climatiques qui apportent soit de bonnes conditions pour l’homme mais plus souvent de mauvaises, il est normal que s’inquiètent de nombreux scientifiques de toutes disciplines pour essayer de rassurer un maximum de population.

Ces dernières glaciations qui fondent et font varier les rivages ou les conditions de vie en montagne modifient les conditions de vie en beaucoup d’endroits du monde. Mais il ne faut pas oublier que des glaciations peuvent revenir dans peu de temps géologiques (11-20-60 ans) c’est-à-dire un avenir géologiquement rapproché mais qu’elles ne seront rien eu égard aux périodes très anciennes dont il reste encore des traces vers 8-10 millions d’années et …. que de possibilités intermédiaires peuvent encore être trouvées. Selon le géologue Paul Hoffman de Harvard et quelques autres, la Terre n'aurait connu qu'au moins cinq fois des glaciations dont une extraordinairement développée au Néoprotérozoïque - Précambrien, il y a environ 7 à 600 Ma. et qui aurait fait de la Terre une " boule de neige" glacée pendant 10 Ma. Des traces de cette glaciation se retrouvent dans beaucoup de régions du globe, principalement dans les régions désertiques comme la Côte des Squelettes au nord-ouest de la Namibie : ce sont des dépôts fossilisés d'une " farine" de roches, de l'argile à blocaux, striés, des "tillites"; ils furent ensuite recouverts de dépôts carbonates d'origine océanique, très riches en oxygène indiquant un passage rapide d'une période très froide à un monde chaud et humide. À première vue ces dépôts semblent liés à la dérive des plaques continentales, mais une analyse très fine du paléomagnétisme montre par l'orientation des particules de fer que les dépôts ont été réalisés dans la zone intertropicale proche de l'équateur. Une étude mathé¬matique de la formation d'une glaciation a montré d'autre part qu'il existe un point de rupture théorique à partir duquel, lorsqu'une glaciation est commencée, celle-ci s'étend de plus en plus loin jusqu'à pouvoir recouvrir la Terre entière. Cet emballement glaciaire qui aurait duré si longtemps aurait été contré par la permanence de l'activité volcanique et du dégazage de la planète perçant la couverture gelée, accumulant petit à petit dans l'atmosphère une quantité de C02 allant jusqu'à 10 %, créant un effet de serre avec des températures atteignant 50° et provoquant évaporation et précipitations en pluies acides attaquant les roches primitives à calcium (par exemple: feldspaths) et créant finalement des dépôts de ces roches décomposées sur les fonds d'océans, tièdes mais agités d'ouragans et de vagues atteignant 100 mètres de hauteur pendant au moins un siècle, dépôts que l'on retrouve actuellement sous forme de roches carbonatées recouvrant donc les moraines fossiles de Namibie, elles-mêmes résultant de l'érosion par les masses glaciaires (exaration). La vie primitive, unicellulaire semble-t-il, existant dans les fonds océaniques antérieurs et constituée essentiellement d'algues vertes et de cyanobactéries aurait pu subsister sous la glace car celle-ci, constituée de cristaux formés lentement, donc clairs et purs, laisse filtrer la lumière solaire lorsqu'elle est peu épaisse et permet ainsi la photosynthèse, mais lorsqu'elle a plusieurs kilomètres d'épaisseur, comme le montrent actuellement les sondages réalisés à travers les 3 à 4 kilomètres de l'inlandsis antarctique, recouvrant le lac Vostok, une vie sans lumière peut aussi sans doute s'être développée autour de fumeurs noirs et blancs des grandes fosses océaniques pourvoyeuses d'H2S, ouvertes ou piégées sous la glace. Cette hypothèse est d'ailleurs corroborée par la découverte dans une grotte fermée de Roumanie d'une vie primitive qui s'est maintenue depuis des millions d'années en utilisant des bactéries et champignons s'alimentant eux-mêmes de rejets sulfureux de profondeur par chimiosynthèse. Pour les spécialistes de l'évolution et du développement des espèces, cette nouvelle vie de la Terre aurait été le stimulant dopant l'explosion de la vie sur la planète. C'est en effet à partir de ce moment que les espèces pluricellulaires se développent à grande vitesse à tel point que depuis longtemps ces transformations successives et de plus en plus rapides ont servi de repères à la création des grandes ères paléontologiques et géologiques.

Géomorphologie et patrimoine culturel

Les entreprises de l'homme ont toujours été conditionnées par le milieu environnant: roches meubles ou résistantes, sols, climat, hydrographie, végétation... Les chercheurs - toutes disciplines confondues - dont la motivation, souvent considérée superflue ou onirique aux yeux de la société de consommation de notre époque, tentent de restituer l'histoire de la Terre et ce que l'anthrope y a fait et laissé depuis qu'il l'occupe, au bénéfice de tous les hommes, présents et à venir. Les analyses montrent ainsi qu'il est bouleversant de constater que l'homme qui vivait il y a 100 000, 10 000, 5 000 ou 2 000 ans dans des niveaux d'évolution différents, est si proche de l'homme moderne dans ses préoccupations fondamentales, comme le désir de compagnie, d'amitié, d'amour, la peur de la mort et l'aspiration à l'immortalité. Devant cette mort, l'anthrope a toujours tenté de trouver un sens à sa vie, une ligne de conduite, y apportant des réponses diverses: création et adoration d'une divinité, morale épicurienne, recherche d'un meilleur bien-être à tout prix... Les témoignages qui nous en restent attestent de cette très lointaine quête, depuis la protohistoire même et partout dans le monde; ils seront envisagés ci-après, mais plus particulièrement en région wallonne lorsque l'exemple en sera possible.

Suite dans le bulletin N°80 du CEAH