Centre d'écologie appliquée du Hainaut

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lundi 25 janvier 2016

Bulletin N° 82 - Déc 2015

COMPTE-RENDU DES ANIMATIONS

Dans le cadre de Mons 2015, la Ville a sollicité notre présence aux festivités des Feux de la Saint-Jean le samedi 27 juin. L’après-midi fut dédié aux enfants avec des animations organisées autour des 4 éléments : l’eau, la terre, le feu et l’air. Bricolages, lectures de contes, jeux, spectacles… tout a été mis en oeuvre pour intéresser les plus jeunes. Le CEAH animait un stand sur le fonctionnement d’une station d’épuration (décrite dans le compte-rendu du stage de l’Abbaye de Saint-Denis). De nombreux enfants accompagnés de leurs parents ont été captivés par cette animation.

Comme les années précédentes, l’asbl Adage de Bon-Secours a sollicité très régulièrement nos services pour diverses animations sur la biodiversité, la pédofaune, la forêt par les sens, l’escale forestière…

Malgré l’annulation de l’exposition de Beloeil (suite à la suppression de la subvention du Service Public de Wallonie), l’année 2015 s’est avérée prolifique sur le plan mycologique. La poussée progressive des champignons tout au long de la saison nous a permis de proposer une récolte diversifiée aux participants. Cette année, quatre classes de l’école « L’Espérance » de Mons nous ont demandé des animations mycologiques en salle et sur le terrain. Cette école de l’enseignement libre spécialisé accueille des enfants de maternelles et de primaires de type 1,2,8. Les enseignants ont apprécié notre travail avec les enfants et ont réitéré leur demande pour l’an prochain. Ci-dessous quelques photos de nos animations mycologiques qui se sont déroulées à Saint-Ghislain, Dour, Jemappes, Ghlin, Hyon, Sars-la-Bruyère, Eugies, Mons et Epinois.

La Maison de la biodiversité (MSVT à Obourg) a décidé de dynamiser son programme et nous a demandé d’y prendre une part active pour relancer son pôle «animations» notamment pour les élèves d’humanités. Nous y proposons désormais une initiation à la mycologie, une animation sur l’entomologie, le mode de vie et de reproduction des insectes avec reconnaissance et classement. Un guide simplifié des ordres et des sous-ordres des insectes a été réalisé et est maintenant proposé à la vente (notamment à l’intention des guides et des futurs guides nature). Une autre animation sur le compost est en préparation. L’origine de nos énergies fossiles, l’industrialisation, l’impact sur l’environnement et le climat (effet de serre), la photosynthèse et le cycle du carbone suivi d’un quizz interactif est également au programme. D’autres animations sont en projet dont une sur l’empreinte écologique comparant notre impact sur le réchauffement climatique avec celui des pays pas ou moins industrialisés. Nous vous rendrons compte au cours de l’année 2016 du déroulement de ce programme.

Bulletin N° 82 - Déc 2015

VARIATIONS DU NIVEAU MARIN ET EFFET DE SERRE

- R. Fourneau -

Le zéro mètre utilisé par l'homme autrefois pour établir ses cartes à partir du niveau de la mer est tout à fait artificiel car la surface de celle-ci n'est ni stable ni fixe.

En Belgique, on a utilisé le niveau moyen des marées basses, aux Pays-Bas, le niveau moyen des moyennes de marées hautes et de marées basses, en France, on a pris le niveau moyen des marées de Méditerranée qui oscille entre 20 et 50 cm, ce qui entraîne une différence de 2,39 m entre les altitudes renseignées sur les cartes topographiques des pays voisins. D'autres pays comme ceux entourant la mer Noire ont plus de facilité car la mer est sans marée.

C'est pourquoi les cartes de l'avenir seront faites comme celles des autres planètes, qui n'ont pas de mer, par radar à partir d'un satellite se référant au centre de la planète. Ainsi, vu l'excentricité du rayon équatorial terrestre, de 20 km plus long que le rayon polaire, l'Himalaya ne sera plus le plus haut sommet terrestre mais ce seront bien les sommets andins équatoriens.

Des variations du niveau marin s'observent directement ou indirectement depuis toujours mais l'augmentation de 13 cm du niveau sur ce dernier siècle inquiète l'homme, cependant ce n'est qu'une hausse minime par rapport aux 2 mètres par siècle atteints lors d'une transgression marine typique (les phases d'élévation et de pénétration de la mer dites transgressions du Flandrien et du Dunkerquien, respectivement vers le IIe siècle B.C., puis du IVe au XIIIe et enfin au XIe siècle P.C. ne seraient peut-être finalement que des pénétrations liées à une rupture de cordon littoral, donc finalement des «pseudo-transgressions», réalisées à l'occasion de conjonction d'effets de marées et de très mauvaises conditions météorologiques).

On sait en effet que depuis les 2 ou 2,5 derniers Ma, l'alternance de grandes glaciations et de déglaciations - on en reconnaissait 4 autrefois, puis 6 et maintenant sans doute une vingtaine - a provoqué de grandes variations du niveau marin et que la dernière qui commença vers 20000 BP lentement d'abord, puis en hausse rapide de 50 cm entre 10000 et 7000 inonda des régions plates déjà occupées par l'homme comme la Mésopotamie (Éden veut dire terres plates en sumérien). D'autre part, des éruptions volcaniques plus nombreuses à cette époque qu'actuellement sont aussi responsables, par l'effondrement des appareils volcaniques, d'une élévation du niveau des mers comme ce fut le cas pour le volcan Santorin en mer Égée (voir annexe XIII).Suit

Suite de l'article dans le bulletin 82

Bulletin N° 82 - Déc 2015

Des algues au secours de la pollution Remplacer le pétrole par des algues pour fabriquer du plastique? Rémy Lucas, qui a fondé Algopack il y a cinq ans, a remporté le Grand Prix Business durable chimie verte Total-BFM 2014 avec cette idée. Bouchons d'emballage, Livebox (Sagemcom), coques de téléphone (Orange) ou jetons de chariots de supermarchés (Leclerc) : les usages de ce matériau produit à partir d'extraits d'algues de Bretagne sont multiples. La ressource existe en quantités infinies à l'état naturel et peut se cultiver, dans le respect de l'environnement : l'algue séquestre du CO2 et rejette de l'oxygène, qui favorise la biodiversité marine. Les produits finis se décomposent en douze semaines en terre, contre quatre à dix siècles pour les matières plastiques, et cinq heures en mer. Un atout quand on sait que près de 269.000 tonnes de plastique polluent la surface des océans. Le procédé va même contribuer à débarrasser les Antilles et la Guyane de la pollution par les algues sargasses, qui les envahit de façon inhabituelle actuellement. Ce dernier a également été testé avec succès sur plusieurs continents (Asie, Afrique et Amérique). Toujours en phase pilote, Algopack va passer à une production industrielle en 2016. D'où la levée de fonds actuellement en cours.
Le Soir – 21 juin 2015

Un nouveau site pour signaler une morsure de tique Cartographie. L'Institut scientifique de santé publique (ISP) ambitionne de cartographier les régions de Belgique où le risque de morsure par tique est le plus élevé, ceci afin d'améliorer la prévention contre la maladie de Lyme. L'ISP lance dans ce but un site Internet, tiquesnet.be. Les milieux favorables à la survie des tiques sont connus des scientifiques, note le Dr Sophie Quoilin de l'ISP. Il s'agit essentiellement d'endroits ombragés, couverts d'une litière végétale épaisse ou envahis par des broussailles, des fougères ou encore des herbes hautes. Mais le risque d'être mordu par une tique peut varier d'une année à l'autre, en fonction notamment des conditions climatiques." Le nombre total de morsures dont la population est victime chaque année en Belgique n'est pas connu. L'ISP invite toutes les personnes mordues par une tique à le notifier sur ce nouveau site Internet. Plus les données seront nombreuses, mieux les cartes refléteront la réalité. Au fil des ans, les données ainsi collectées permettront de déterminer les zones géographiques les plus à risque. Cela contribuera à améliorer considérablement la prévention active.
La Libre Belgique – 23 juin 2015

Evolution génétique ou épigénétique ? On estime généralement qu'une population animale évolue d'autant plus vite vers une autre espèce - ou sous-espèce -qu'elle est isolée des autres groupes de sa propre espèce. C'est ce qui arrive notamment quand une barrière naturelle (une chaîne de mon¬tagnes, par exemple) les sépare. Cette réalité est connue depuis longtemps. Cela n'empêche pas que des variations apparaissent, y compris dans un espace plus réduit et dans un temps plus court. C'est ce qu'a montré une étude récemment menée sur l’île de Santa Cruz, au large de la Californie. Elle a porté sur un geai (Aphelocoma insularis), inféodé à l'endroit. L’île a une superficie de 250 km2, ce qui ne constitue a priori pas un obstacle pour des oiseaux de la taille des geais. Ce que les chercheurs ont noté, ce sont des différences phénotypiques entre des représentants de cette espèce colonisant des forêts pourtant proches. Le bec, en particulier, apparaît systématiquement plus long chez les geais qui fréquentent des peuplements de pins, comparés à d'autres qui jettent préférentiellement leur dévolu sur les chênes. La cause de cette «évolution»? La nécessité d'accéder aux graines enfouies dans les cônes de pin, ce qui n'est pas nécessaire pour les mangeurs de glands. Et ces observations ont été faites chez des oiseaux qui colonisent des peuplements forestiers adjacents. Cette constatation mène à 3 conclusions. La première est que l'évolution n'est pas forcément tributaire du temps et de l'espace. La seconde semble montrer que même si on est un animal ailé, on ne parcourt pas obligatoirement de grands espaces. Enfin, la modification rapide du caractère pris en compte semble renforcer la théorie jadis défendue par Lamarck, qui tient à l'évolution des caractères acquis. En 2 mots, ce savant du siècle des Lumières a été largement décrié parce qu'il pensait que l'évolution tenait à des adaptations liées à la modification de l'environnement, prenant pour exemple l'allongement du cou des girafes contraintes d'aller chercher leur nourriture de plus en plus haut dans les arbres. Il s'agit vraisemblablement ici d'une évolution tout à fait normale: ont préférentiellement survécu dans les plantations de pins les geais au bec le plus long, simplement parce qu'ils sont les mieux adaptés. Ces geais-là ont donc contribué, en peu d'années, au main¬tien de l'espèce, au moins dans le peuplement de pins. C'est aussi simple. Cette différence ne signe évidemment pas encore l'apparition d'une nouvelle espèce. Mais elle pourrait, avec d'autres, y contribuer.
Athena – Juin 2015

Les Alpes toujours marquées par Tchernobyl Les Alpes gardent toujours les séquelles des retombées radioactives de l'accident de Tchernobyl, 29 ans après l'explosion du réacteur nucléaire soviétique. Selon des analyses réalisées par la Criirad (commission de recherche et d'information indépendantes sur la radioactivité) au cœur du parc national du Mercantour, entre 2.440 et 2.540 mètres d'altitude, dans le secteur du Col de la Bonette-Restefond, « à un mètre du sol, sur des centaines de mètres carrés, le niveau de radiation est toujours plus de deux fois supérieur à la normale ». Plus grave, selon le rapport, dans certaines zones (à 1.900 kilomètres de la centrale désormais ukrainienne), la radioactivité a été redistribuée et est «plusieurs dizaines de fois, voire plus de 100 fois supérieures au niveau naturel ». «Le fait de bivouaquer 2 heures sur certaines de ces zones induit toujours en 2015 une exposition non négligeable », alerte la Criirad. L'orga¬nisme indépendant, qui rappelle qu'il n'y a «pas de seuil d'innocuité » en matière de radioactivité, reconnaît que « le risque est faible mais pas inexistant». Mais il insiste pour que les autorités «surveillent les points les plus atteints ou au moins les signalent par un balisage ». La radioactivité au césium 137 de certains échantillons de sol ramenés par les experts de la Criirad dépassait 100.000 becquerels/kg, la limite officielle fixée pour qualifier un déchet radioactif. Un peu plus d'une semaine après la catastrophe, le 6 mai 1986, le ministère français de l'Agriculture affirmait que «le territoire français, en raison de son éloignement, a été totalement épargné par les retombées de radionucléides consécutives à l'accident de Tchernobyl». La Crii¬rad avait démontré à la fin des années 90 que la présence de fortes accumulations en césium 137 dans les sols «concernait de vastes secteurs des Alpes en France, Suisse, Italie et Autriche ».
Le Soir – 5 août 2015

Un important séisme lié à l'usage du gaz de schiste Un projet de fracturation hydraulique dans l'Ouest canadien est à l'origine l'an dernier d'un des plus importants séismes liés à cette technologie controversée utilisée pour l'exploitation des hydrocarbures de schiste, a annoncé mercredi la chaîne publique CBC. L'injection de fluides pendant la fracturation hydraulique par une filiale du groupe public malaisien Petronas, a provoqué ce séisme de magnitude 4,4 qui a secoué la région nord-est de la Colombie-Britannique en août 2014.
La Libre Belgique – 28 août 2015

Océans Jusqu'à un mètre de plus d'ici un à deux siècles Une montée des océans d'au moins un mètre due au réchauffement climatique est inévitable dans les 100 à 200 ans qui viennent et pourrait durement toucher de grandes villes situées en bord de mer, a prévenu la Nasa mercredi. Les glaces du Groenland et d'Antarctique fondent plus vite que jamais, mais une incertitude demeure cependant, notamment sur le calendrier exact de la montée des eaux. Les scientifiques ignorent à quelle vitesse vont fondre les principales calottes glaciaires des pôles.
La Libre Belgique – 28 août 2015

Europe Les OGM à la carte En matière d'OGM, pas question de diluer les responsabilités, de créer des flous propices aux multinationales et de mettre en péril le Marché unique. C'est le message envoyé par le Parlement européen réuni hier à Strasbourg. En cause, une proposition de la Commission visant à soumettre la commercialisation de denrées alimentaires contenant des OGM à des autorisations nationales et non communautaires. C'est à l'Europe de prendre ses responsabilités, dit une résolution adoptée par 577 voix contre 75 et 38 abstentions. Mais la Commission maintient sa proposition, qui sera débattue par les ministres des 28.
La Libre Belgique – 29 octobre 2015

Biodiversité Quarante espèces d'oiseaux menacées Le risque d'extinction a augmenté ces dernières années pour quarante espèces d'oiseaux, ressort-il de la liste rouge de l'Union internationale pour la conservation de la nature (UICN), relayée par Natuurpunt. Dans nos contrées, la tourterelle des bois, le Vanneau huppé et l'huîtrier pie sont concernés. La tourterelle des bois a toujours été très présente durant la période estivale dans l'ouest de l'Europe, mais a décliné d'au moins 30% à travers le monde ces seize dernières années.
La Libre Belgique – 30 octobre 2015

Climat Pékin et Paris pour un accord "contraignant" La Chine et la France sont tombées d'accord lundi à Pékin pour "parvenir à un accord ambitieux et juridiquement contraignant" à la conférence de Paris sur le climat, accompagné d'une clause de révision tous les cinq ans des engagements pris par les Etats. L'accord a été annoncé dans une déclaration commune des présidents chinois et français, MM. Xi Jinping et François Hollande.
La Libre Belgique – 3 novembre 2015

Les pesticides de Monsanto sont toxiques Un tribunal français a condamné, en septembre dernier, la compagnie Monsanto à indemniser un agriculteur qui s'est gravement empoisonné avec le pesticide pour maïs Lasso. Depuis 11 ans, après avoir inhalé des vapeurs dégagées par son pulvérisateur, Paul François, céréaliculteur charentais, souffre de graves troubles neurologiques. En septembre dernier, il a fait confirmer par la cour d'appel de Lyon la condamnation de la multinationale pour défaut d'information sur la toxicité de ses produits. Le Lasso était commercialisé dans l'Hexagone par Monsanto sans aucun avertissement sanitaire, alors que la toxicité avérée de ce produit avait poussé le Canada à en interdire l'usage dès 1985 et la Belgique en 1992. C'est la première fois, selon l'avocat de Paul François, qu'un fabricant de pesticides est condamné à indemniser un agriculteur, ce qui pourrait entraîner une cascade de procès. Par ailleurs Monsanto, qui est vivement critiqué pour produire des plants génétiquement modifiés, accumule les difficultés. Le glyphosate, la molécule active de son désherbant Roundup, a été déclaré probablement cancérogène par l'Organisation mondiale de la santé, ce qui pourrait lui valoir d'autres procès à l'avenir. Par ailleurs, les ventes de semences transgéniques de maïs et de soja, sa principale source de revenus, sont en perte de vitesse. Bilan, l'action Monsanto a perdu un quart de sa valeur en bourse cette année. Et si polluer ne payait plus ?
Imagine – Novembre & Décembre 2015

Bult N° 82 - Déc 2015

Chers membres,

Ce bulletin reprend une situation de l'environnement déjà alarmante dans les décennies précédentes et des articles très complets et très récents que nous ont fournis quelques chercheurs spécialisés.

Tout en nous réjouissant des premiers résultats de la COP 21, restons cependant très vigilants car ce n'est pas la première fois que de belles promesses verbales n'ont pas de suites réalisées ou réalisables.

Merci aux animatrices du Ceah pour leurs travaux respectifs.

Bonne année 2016 à tous.

Bien à vous.
Robert Fourneau.

Bult N° 82 - Déc 2015

EDITORIAL

Invitation à la prochaine Assemblée Générale le samedi 6 février 2016

ARTICLES

Variation du niveau marin et effet de serre
Robert Fourneau

Alimentation et Changements climatiques
Anne Thibaut

« Mobilité et climat : quand la machine s’emballe »
Céline Tellier

Sols étanches et tours
Hélène Ancion

Le mouvement citoyen de désinvestissement des énergies fossiles est en marche… Les politiques devront suivre !
Gaëlle Warnant

LECTURE

De terre et de Racines : Thuin
Jean-Marie Delmotte

COMPTES RENDUS

Commémoration du 70ème anniversaire de la tragédie de Hiroshima et de Nagasaki

Hommage de Ben Cramer à Pierre Piérart

Exposé de Guillaume Defossé (CNAPD)

Compte rendu du stage à l’Abbaye de Saint-Denis

Compte rendu des autres animations

NOUVEAU GUIDE SIMPLIFIÉ DES ORDRES ET DES SOUS ORDRES DES INSECTES
réalisé par le Ceah

REVUE DE LA PRESSE

 ENERGIE

Quand le biogaz devient mobile
Le Soir – 20/06/15

De l’eau et des hommes
Imagine – Juillet & Août 2015

La route solaire, une voie vers la Smart City
Le Soir – 04/12/15

 CLIMAT

Accord trouvé entre les Régions et le Fédéral
La Libre Belgique – 04/12/15

Le meilleur accord possible
La Libre Belgique – 12/12/15

 POLLUTION

Le projet de Boyan Slat pour nettoyer les océans devrait voir le jour en 2016
Le Soir – 15/06/15

La peau absorbe certains polluants de l’air : les phtalates
Sciences et Vie – 23/10/15

 BIODIVERSITE

La vie a repris après le nucléaire
Le Soir – 24/06/15

En quoi la biodiversité nous est-elle utile ?
Sciences et Vie – 18/10/15

Avec le bénévolat, la biodiversité repart
Le Soir – 18/11/15

Quatre espèces menacées
Le Soir – 18/11/15

 NOUVELLES BREVES

mercredi 13 janvier 2016

Bult N° 82 - Déc 2015

COMPTE-RENDU DU STAGE À L’ABBAYE DE SAINT-DENIS DU 13 AU 17 JUILLET
- Bernadette Lamblin -

Selon Albert Einstein, Ce qui reste éternellement incompréhensible dans la nature, c'est qu'on puisse la comprendre. Ce cinquième stage à l’Abbaye de Saint-Denis a, comme les autres années, tenu ses promesses. Dix stagiaires enthousiastes ont tenté de lever un coin du voile sur les mystères de Dame Nature. Outre les animations déjà décrites dans les différents comptes rendus des années précédentes, une nouvelle thématique est venue compléter la palette déjà très colorée de cette semaine riche en activités.

Comment fonctionne une station d’épuration (STEP), de quoi est-elle constituée, à quoi sert-elle ?

Pour mieux comprendre son fonctionnement, les enfants ont à leur disposition un bidon d’eau sale contenant de nombreux éléments mélangés que l’on peut retrouver dans nos égouts : huile, terre, sable, bois, déchets de papier et de plastique, produits de nettoyage, détergents… Pourraient y figurer également des mégots de cigarette, des excréments et autres déchets. On fait passer le bidon et on demande aux participants ce qu’ils reconnaissent dans l’échantillon. Après qu’ils aient cité les différents polluants on met à leur disposition une « boîte à outils » contenant un chinois, un racloir, un tamis, une grille, un récipient contenant des bactéries et un autre contenant des boues. On leur demande à quelle étape de l’épuration les outils correspondent et on donne l’outil à celui qui donne la réponse correcte. Dans l’ordre d’utilisation il faut choisir : la grille au dégrillage grossier, le chinois au dégrillage fin, le racloir au déshuilage, le tamis au dessablage, le récipient contenant les bactéries nécessaires au traitement biologique et le récipient contenant les boues destinées à la clarification. L’objectif était d’introduire les différentes étapes de la STEP de manière à ce qu’ils puissent reconstruire eux-mêmes la maquette.

On leur demande ensuite de reconstituer la maquette. Les enfants sont amenés à se souvenir et surtout à réfléchir et à reconstituer les étapes du traitement des eaux usées dans le bon ordre. Première étape : le « prétraitement » réalisé par le dégrillage (gros et fin). Les eaux usées qui sortent de la maison sont acheminées jusqu’à la station. Elles passent alors à travers un dégrilleur, une sorte de tamis, qui les débarrasse des matières grossières et inertes (chiffons, morceaux de bois, plastiques, feuilles,…). Après le nettoyage des grilles, les déchets sont évacués avec les ordures ménagères. Cette étape est complétée par un dégrilleur plus fin qui affine cette phase de prétraitement. Deuxième étape : le déshuilage et le dessablage qui retirent les graisses raclées en surface et le sable par décantation et pompage. Les produits récupérés sont évacués en vue d’un traitement ultérieur (traitement des boues). Troisième étape : le traitement biologique, qui est essentiel, est effectué par les bactéries qui vont digérer les impuretés et les transformer en boues. Ces techniques se réalisent avec de l’oxygène (en aérobie) ou sans oxygène (en anaérobie). Quatrième étape : la clarification qui consiste à séparer l’eau des boues ou des résidus secondaires issus de la dégradation des matières organiques. Les boues sont décantées, raclées, évacuées et traitées. L’eau peut ensuite être rejetée à la rivière si elle répond aux normes européennes. Cinquième étape : le traitement des boues qui sont déshydratées avec de la chaux et valorisées en agriculture si elles sont de bonne qualité, incinérées ou mises en décharge dans le cas contraire.

Ensuite, lorsque la station est montée, les enfants doivent replacer la maison, l’incinérateur (usine), le pêcheur, le kayak, le pont, la route, les tuyaux, le camion. On leur donne ensuite de petites étiquettes représentant des produits de la vie courante et on leur demande de les placer là où ils vont être stoppés lors de leur traitement dans la STEP. Beaucoup de produits vont se retrouver dans la rivière car ils ne sont pas ou peu dégradés par les bactéries (peinture, huile, médicaments, produits d’entretien,…). On leur donne alors un composteur et un parc à conteneurs. Les peintures, verres, déchets alimentaires peuvent être triés, traités ou valorisés.

La conclusion qu’en tirent les enfants c’est que trop de choses sont encore déversées dans nos rivières. Pour opérer un changement ils doivent réfléchir à d’autres solutions. Le seul moyen de réduire la charge polluante produite par chaque habitant est de modifier nos habitudes d’achats, d’éviter les suremballages, d’utiliser des produits (d’entretien, de lessive,…) respectueux de l’environnement et biodégradables, de composter, d’acheter en vrac fruits et légumes, d’utiliser des sacs réutilisables, de préférer les écorecharges pour les produits alimentaires ou ménagers, de stopper le gaspillage alimentaire, …

A la fin de cette semaine les enfants ont émis le souhait de revenir l’année suivante tant ils ont été enthousiasmés par cette semaine.

Prochain stage à l’Abbaye de Saint-Denis : du 11 au 15 juillet 2016