COMPTE-RENDU DU STAGE À L’ABBAYE DE SAINT-DENIS DU 13 AU 17 JUILLET
- Bernadette Lamblin -

Selon Albert Einstein, Ce qui reste éternellement incompréhensible dans la nature, c'est qu'on puisse la comprendre. Ce cinquième stage à l’Abbaye de Saint-Denis a, comme les autres années, tenu ses promesses. Dix stagiaires enthousiastes ont tenté de lever un coin du voile sur les mystères de Dame Nature. Outre les animations déjà décrites dans les différents comptes rendus des années précédentes, une nouvelle thématique est venue compléter la palette déjà très colorée de cette semaine riche en activités.

Comment fonctionne une station d’épuration (STEP), de quoi est-elle constituée, à quoi sert-elle ?

Pour mieux comprendre son fonctionnement, les enfants ont à leur disposition un bidon d’eau sale contenant de nombreux éléments mélangés que l’on peut retrouver dans nos égouts : huile, terre, sable, bois, déchets de papier et de plastique, produits de nettoyage, détergents… Pourraient y figurer également des mégots de cigarette, des excréments et autres déchets. On fait passer le bidon et on demande aux participants ce qu’ils reconnaissent dans l’échantillon. Après qu’ils aient cité les différents polluants on met à leur disposition une « boîte à outils » contenant un chinois, un racloir, un tamis, une grille, un récipient contenant des bactéries et un autre contenant des boues. On leur demande à quelle étape de l’épuration les outils correspondent et on donne l’outil à celui qui donne la réponse correcte. Dans l’ordre d’utilisation il faut choisir : la grille au dégrillage grossier, le chinois au dégrillage fin, le racloir au déshuilage, le tamis au dessablage, le récipient contenant les bactéries nécessaires au traitement biologique et le récipient contenant les boues destinées à la clarification. L’objectif était d’introduire les différentes étapes de la STEP de manière à ce qu’ils puissent reconstruire eux-mêmes la maquette.

On leur demande ensuite de reconstituer la maquette. Les enfants sont amenés à se souvenir et surtout à réfléchir et à reconstituer les étapes du traitement des eaux usées dans le bon ordre. Première étape : le « prétraitement » réalisé par le dégrillage (gros et fin). Les eaux usées qui sortent de la maison sont acheminées jusqu’à la station. Elles passent alors à travers un dégrilleur, une sorte de tamis, qui les débarrasse des matières grossières et inertes (chiffons, morceaux de bois, plastiques, feuilles,…). Après le nettoyage des grilles, les déchets sont évacués avec les ordures ménagères. Cette étape est complétée par un dégrilleur plus fin qui affine cette phase de prétraitement. Deuxième étape : le déshuilage et le dessablage qui retirent les graisses raclées en surface et le sable par décantation et pompage. Les produits récupérés sont évacués en vue d’un traitement ultérieur (traitement des boues). Troisième étape : le traitement biologique, qui est essentiel, est effectué par les bactéries qui vont digérer les impuretés et les transformer en boues. Ces techniques se réalisent avec de l’oxygène (en aérobie) ou sans oxygène (en anaérobie). Quatrième étape : la clarification qui consiste à séparer l’eau des boues ou des résidus secondaires issus de la dégradation des matières organiques. Les boues sont décantées, raclées, évacuées et traitées. L’eau peut ensuite être rejetée à la rivière si elle répond aux normes européennes. Cinquième étape : le traitement des boues qui sont déshydratées avec de la chaux et valorisées en agriculture si elles sont de bonne qualité, incinérées ou mises en décharge dans le cas contraire.

Ensuite, lorsque la station est montée, les enfants doivent replacer la maison, l’incinérateur (usine), le pêcheur, le kayak, le pont, la route, les tuyaux, le camion. On leur donne ensuite de petites étiquettes représentant des produits de la vie courante et on leur demande de les placer là où ils vont être stoppés lors de leur traitement dans la STEP. Beaucoup de produits vont se retrouver dans la rivière car ils ne sont pas ou peu dégradés par les bactéries (peinture, huile, médicaments, produits d’entretien,…). On leur donne alors un composteur et un parc à conteneurs. Les peintures, verres, déchets alimentaires peuvent être triés, traités ou valorisés.

La conclusion qu’en tirent les enfants c’est que trop de choses sont encore déversées dans nos rivières. Pour opérer un changement ils doivent réfléchir à d’autres solutions. Le seul moyen de réduire la charge polluante produite par chaque habitant est de modifier nos habitudes d’achats, d’éviter les suremballages, d’utiliser des produits (d’entretien, de lessive,…) respectueux de l’environnement et biodégradables, de composter, d’acheter en vrac fruits et légumes, d’utiliser des sacs réutilisables, de préférer les écorecharges pour les produits alimentaires ou ménagers, de stopper le gaspillage alimentaire, …

A la fin de cette semaine les enfants ont émis le souhait de revenir l’année suivante tant ils ont été enthousiasmés par cette semaine.

Prochain stage à l’Abbaye de Saint-Denis : du 11 au 15 juillet 2016