Des algues au secours de la pollution Remplacer le pétrole par des algues pour fabriquer du plastique? Rémy Lucas, qui a fondé Algopack il y a cinq ans, a remporté le Grand Prix Business durable chimie verte Total-BFM 2014 avec cette idée. Bouchons d'emballage, Livebox (Sagemcom), coques de téléphone (Orange) ou jetons de chariots de supermarchés (Leclerc) : les usages de ce matériau produit à partir d'extraits d'algues de Bretagne sont multiples. La ressource existe en quantités infinies à l'état naturel et peut se cultiver, dans le respect de l'environnement : l'algue séquestre du CO2 et rejette de l'oxygène, qui favorise la biodiversité marine. Les produits finis se décomposent en douze semaines en terre, contre quatre à dix siècles pour les matières plastiques, et cinq heures en mer. Un atout quand on sait que près de 269.000 tonnes de plastique polluent la surface des océans. Le procédé va même contribuer à débarrasser les Antilles et la Guyane de la pollution par les algues sargasses, qui les envahit de façon inhabituelle actuellement. Ce dernier a également été testé avec succès sur plusieurs continents (Asie, Afrique et Amérique). Toujours en phase pilote, Algopack va passer à une production industrielle en 2016. D'où la levée de fonds actuellement en cours.
Le Soir – 21 juin 2015

Un nouveau site pour signaler une morsure de tique Cartographie. L'Institut scientifique de santé publique (ISP) ambitionne de cartographier les régions de Belgique où le risque de morsure par tique est le plus élevé, ceci afin d'améliorer la prévention contre la maladie de Lyme. L'ISP lance dans ce but un site Internet, tiquesnet.be. Les milieux favorables à la survie des tiques sont connus des scientifiques, note le Dr Sophie Quoilin de l'ISP. Il s'agit essentiellement d'endroits ombragés, couverts d'une litière végétale épaisse ou envahis par des broussailles, des fougères ou encore des herbes hautes. Mais le risque d'être mordu par une tique peut varier d'une année à l'autre, en fonction notamment des conditions climatiques." Le nombre total de morsures dont la population est victime chaque année en Belgique n'est pas connu. L'ISP invite toutes les personnes mordues par une tique à le notifier sur ce nouveau site Internet. Plus les données seront nombreuses, mieux les cartes refléteront la réalité. Au fil des ans, les données ainsi collectées permettront de déterminer les zones géographiques les plus à risque. Cela contribuera à améliorer considérablement la prévention active.
La Libre Belgique – 23 juin 2015

Evolution génétique ou épigénétique ? On estime généralement qu'une population animale évolue d'autant plus vite vers une autre espèce - ou sous-espèce -qu'elle est isolée des autres groupes de sa propre espèce. C'est ce qui arrive notamment quand une barrière naturelle (une chaîne de mon¬tagnes, par exemple) les sépare. Cette réalité est connue depuis longtemps. Cela n'empêche pas que des variations apparaissent, y compris dans un espace plus réduit et dans un temps plus court. C'est ce qu'a montré une étude récemment menée sur l’île de Santa Cruz, au large de la Californie. Elle a porté sur un geai (Aphelocoma insularis), inféodé à l'endroit. L’île a une superficie de 250 km2, ce qui ne constitue a priori pas un obstacle pour des oiseaux de la taille des geais. Ce que les chercheurs ont noté, ce sont des différences phénotypiques entre des représentants de cette espèce colonisant des forêts pourtant proches. Le bec, en particulier, apparaît systématiquement plus long chez les geais qui fréquentent des peuplements de pins, comparés à d'autres qui jettent préférentiellement leur dévolu sur les chênes. La cause de cette «évolution»? La nécessité d'accéder aux graines enfouies dans les cônes de pin, ce qui n'est pas nécessaire pour les mangeurs de glands. Et ces observations ont été faites chez des oiseaux qui colonisent des peuplements forestiers adjacents. Cette constatation mène à 3 conclusions. La première est que l'évolution n'est pas forcément tributaire du temps et de l'espace. La seconde semble montrer que même si on est un animal ailé, on ne parcourt pas obligatoirement de grands espaces. Enfin, la modification rapide du caractère pris en compte semble renforcer la théorie jadis défendue par Lamarck, qui tient à l'évolution des caractères acquis. En 2 mots, ce savant du siècle des Lumières a été largement décrié parce qu'il pensait que l'évolution tenait à des adaptations liées à la modification de l'environnement, prenant pour exemple l'allongement du cou des girafes contraintes d'aller chercher leur nourriture de plus en plus haut dans les arbres. Il s'agit vraisemblablement ici d'une évolution tout à fait normale: ont préférentiellement survécu dans les plantations de pins les geais au bec le plus long, simplement parce qu'ils sont les mieux adaptés. Ces geais-là ont donc contribué, en peu d'années, au main¬tien de l'espèce, au moins dans le peuplement de pins. C'est aussi simple. Cette différence ne signe évidemment pas encore l'apparition d'une nouvelle espèce. Mais elle pourrait, avec d'autres, y contribuer.
Athena – Juin 2015

Les Alpes toujours marquées par Tchernobyl Les Alpes gardent toujours les séquelles des retombées radioactives de l'accident de Tchernobyl, 29 ans après l'explosion du réacteur nucléaire soviétique. Selon des analyses réalisées par la Criirad (commission de recherche et d'information indépendantes sur la radioactivité) au cœur du parc national du Mercantour, entre 2.440 et 2.540 mètres d'altitude, dans le secteur du Col de la Bonette-Restefond, « à un mètre du sol, sur des centaines de mètres carrés, le niveau de radiation est toujours plus de deux fois supérieur à la normale ». Plus grave, selon le rapport, dans certaines zones (à 1.900 kilomètres de la centrale désormais ukrainienne), la radioactivité a été redistribuée et est «plusieurs dizaines de fois, voire plus de 100 fois supérieures au niveau naturel ». «Le fait de bivouaquer 2 heures sur certaines de ces zones induit toujours en 2015 une exposition non négligeable », alerte la Criirad. L'orga¬nisme indépendant, qui rappelle qu'il n'y a «pas de seuil d'innocuité » en matière de radioactivité, reconnaît que « le risque est faible mais pas inexistant». Mais il insiste pour que les autorités «surveillent les points les plus atteints ou au moins les signalent par un balisage ». La radioactivité au césium 137 de certains échantillons de sol ramenés par les experts de la Criirad dépassait 100.000 becquerels/kg, la limite officielle fixée pour qualifier un déchet radioactif. Un peu plus d'une semaine après la catastrophe, le 6 mai 1986, le ministère français de l'Agriculture affirmait que «le territoire français, en raison de son éloignement, a été totalement épargné par les retombées de radionucléides consécutives à l'accident de Tchernobyl». La Crii¬rad avait démontré à la fin des années 90 que la présence de fortes accumulations en césium 137 dans les sols «concernait de vastes secteurs des Alpes en France, Suisse, Italie et Autriche ».
Le Soir – 5 août 2015

Un important séisme lié à l'usage du gaz de schiste Un projet de fracturation hydraulique dans l'Ouest canadien est à l'origine l'an dernier d'un des plus importants séismes liés à cette technologie controversée utilisée pour l'exploitation des hydrocarbures de schiste, a annoncé mercredi la chaîne publique CBC. L'injection de fluides pendant la fracturation hydraulique par une filiale du groupe public malaisien Petronas, a provoqué ce séisme de magnitude 4,4 qui a secoué la région nord-est de la Colombie-Britannique en août 2014.
La Libre Belgique – 28 août 2015

Océans Jusqu'à un mètre de plus d'ici un à deux siècles Une montée des océans d'au moins un mètre due au réchauffement climatique est inévitable dans les 100 à 200 ans qui viennent et pourrait durement toucher de grandes villes situées en bord de mer, a prévenu la Nasa mercredi. Les glaces du Groenland et d'Antarctique fondent plus vite que jamais, mais une incertitude demeure cependant, notamment sur le calendrier exact de la montée des eaux. Les scientifiques ignorent à quelle vitesse vont fondre les principales calottes glaciaires des pôles.
La Libre Belgique – 28 août 2015

Europe Les OGM à la carte En matière d'OGM, pas question de diluer les responsabilités, de créer des flous propices aux multinationales et de mettre en péril le Marché unique. C'est le message envoyé par le Parlement européen réuni hier à Strasbourg. En cause, une proposition de la Commission visant à soumettre la commercialisation de denrées alimentaires contenant des OGM à des autorisations nationales et non communautaires. C'est à l'Europe de prendre ses responsabilités, dit une résolution adoptée par 577 voix contre 75 et 38 abstentions. Mais la Commission maintient sa proposition, qui sera débattue par les ministres des 28.
La Libre Belgique – 29 octobre 2015

Biodiversité Quarante espèces d'oiseaux menacées Le risque d'extinction a augmenté ces dernières années pour quarante espèces d'oiseaux, ressort-il de la liste rouge de l'Union internationale pour la conservation de la nature (UICN), relayée par Natuurpunt. Dans nos contrées, la tourterelle des bois, le Vanneau huppé et l'huîtrier pie sont concernés. La tourterelle des bois a toujours été très présente durant la période estivale dans l'ouest de l'Europe, mais a décliné d'au moins 30% à travers le monde ces seize dernières années.
La Libre Belgique – 30 octobre 2015

Climat Pékin et Paris pour un accord "contraignant" La Chine et la France sont tombées d'accord lundi à Pékin pour "parvenir à un accord ambitieux et juridiquement contraignant" à la conférence de Paris sur le climat, accompagné d'une clause de révision tous les cinq ans des engagements pris par les Etats. L'accord a été annoncé dans une déclaration commune des présidents chinois et français, MM. Xi Jinping et François Hollande.
La Libre Belgique – 3 novembre 2015

Les pesticides de Monsanto sont toxiques Un tribunal français a condamné, en septembre dernier, la compagnie Monsanto à indemniser un agriculteur qui s'est gravement empoisonné avec le pesticide pour maïs Lasso. Depuis 11 ans, après avoir inhalé des vapeurs dégagées par son pulvérisateur, Paul François, céréaliculteur charentais, souffre de graves troubles neurologiques. En septembre dernier, il a fait confirmer par la cour d'appel de Lyon la condamnation de la multinationale pour défaut d'information sur la toxicité de ses produits. Le Lasso était commercialisé dans l'Hexagone par Monsanto sans aucun avertissement sanitaire, alors que la toxicité avérée de ce produit avait poussé le Canada à en interdire l'usage dès 1985 et la Belgique en 1992. C'est la première fois, selon l'avocat de Paul François, qu'un fabricant de pesticides est condamné à indemniser un agriculteur, ce qui pourrait entraîner une cascade de procès. Par ailleurs Monsanto, qui est vivement critiqué pour produire des plants génétiquement modifiés, accumule les difficultés. Le glyphosate, la molécule active de son désherbant Roundup, a été déclaré probablement cancérogène par l'Organisation mondiale de la santé, ce qui pourrait lui valoir d'autres procès à l'avenir. Par ailleurs, les ventes de semences transgéniques de maïs et de soja, sa principale source de revenus, sont en perte de vitesse. Bilan, l'action Monsanto a perdu un quart de sa valeur en bourse cette année. Et si polluer ne payait plus ?
Imagine – Novembre & Décembre 2015