Centre d'écologie appliquée du Hainaut

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lundi 16 janvier 2017

Bulletin N° 85 - Décembre 2016

COMPTE-RENDU DES ACTIVITES DU DERNIER SEMESTRE
  -Bernadette Lamblin     -

  La période estivale de nos activités a commencé par la 7ème édition de notre stage à l’Abbaye de Saint-Denis pour les enfants de 9 à 12 ans, suivie par deux animations demandées par la Ville de Mons pour les plaines de jeux d’Havré.  Ces deux demi-jours pour les enfants de 6 à 9 ans et 9 à 12 ans se sont déroulés dans le bois d’Havré.  La Ville de Mons nous a, à nouveau, conviés à participer le 25 juin aux Feux de la Saint-Jean pour y animer un stand.

  Deux autres stages demandés par le Parc Naturel des Plaines de l’Escaut ont suivi.  Le premier pour les enfants de 9 à 12 ans, le deuxième pour les enfants de 6 à 9 ans.  Ces trois stages se sont déroulés sous une météo clémente, avec l’aide précieuse de Cindy, une stagiaire en vue de l’obtention de son brevet d’animatrice en centre de vacances (BACV).

           Une journée guidée par Monsieur Fourneau avait été programmée le 18 juin.  La matinée était consacrée à la visite du géo-sentier de Vierves et l’après-midi à l’exploration du site Le Fondry des Chiens à Nismes.  La matinée s’est  bien déroulée, mais à cause de la pluie nous avons dû renoncer à l’activité de l’après-midi pour des raisons de sécurité.

 Ce n’était que partie remise, le 17 septembre une deuxième journée a été programmée.  Au menu, le matin une excursion en Ardenne et l’après-midi en Calestienne sur les sites : le Fondry des Chiens et la Roche trouée (demander le compte-rendu de Christiane Devleminckx, élève guide-nature de la section de Bonsecours).  Les participants ont été très enthousiasmés et intéressés par ces deux journées et ont remercié chaleureusement Monsieur Founeau.

  Que la nature est belle et généreuse en cette fin d’automne, elle nous offre un tableau magnifique avec sa palette de couleurs et de formes très variées.  Il n’en a pas été de même en début de saison, nos champignons des bois se sont faits attendre nous obligeant pour la première fois à annuler des animations dans les écoles. A cause du manque de précipitations, le mycélium s’est bien gardé de nous offrir ses fructifications.  Tout est ensuite rentré dans l’ordre et la saison champignons s’est prolongée jusqu’en début novembre.

  Voici les écoles participantes : l’école communale de Flénu - vu l’absence de champignons, la directrice a demandé de remplacer les animations champignons par une découverte botanique du terril avec des explications sur le passé minier de la région.  L’école montoise l’Espérance, l’Institut Saint-Ferdinand de Jemappes où nous allons chaque automne ainsi que l’école communale de Baudour. Traditionnellement une exposition tout public était organisée à la Maison du Parc Naturel des Plaines de l’Escaut à Bonsecours mais cette année,  nous avons décidé de privilégier l’exposition et les animations uniquement auprès des écoles pendant une semaine  Cette formule ayant récolté un vif succès sera réitérée l’an prochain.  

Comme chaque année, Andrée et Michel Alsteen nous ont accueillis avec toujours la même disponibilité et de façon chaleureuse dans leur camping à Epinois pour des animations champignons à l’intention des écoles de l’entité de Binche 

    Nous avons également participé au week end au Bois qui se déroulait les 15 et 16 octobre, la Province du Hainaut et plus particulièrement la Ronde Maison de Jurbise nous avaient sollicités pour guider un public nombreux sur les chemins du bois d’Erbisoeul, les participants ont été enchantés par ces balades.  Il est également plus que probable que nous renouvellerons cette collaboration l’an prochain. 

    Durant ce semestre, plusieurs journées ont également été consacrées aux animations sur la pédofaune, l’escale forestière, les sens… au Parc Naturel des Plaines de l’Escaut à Bonsecours.

Photos dans notre bulletin N° 85

Bulletin N° 85 - Décembre 2016

ARMES NUCLÉAIRES : L’AUTRE GRAND DÉFI CLIMATIQUE     
  - Michel Wautelet, Université de Mons -

  Lorsque, en 1983, Crutzen et ses collaborateurs publient leur article sur l’hiver nucléaire, c’est au début d’une nouvelle vision des armes nucléaires que l’on assiste. Jusque là, si on connaissait les effets dévastateurs d’explosions nucléaires isolées, personne n’avait considéré les effets indirects, comme ceux liés au relâchement de poussières, suies et produits chimiques suite aux incendies résultant d’un conflit majeur. Ceux-ci pourraient obscurcir le ciel de la planète pendant plusieurs semaines, empêchant toute photosynthèse et refroidissant l’atmosphère, résultant en un hiver en plein été: l’hiver nucléaire. Les conséquences sur l’environnement, la biosphère et, partant l’humanité, seraient terribles, à savoir l’extinction de nombreuses espèces dont, peut-être, l’espèce humaine. Depuis lors, les modèles se sont affinés, mais le refroidissement généralisé suite à un conflit nucléaire impliquant moins de 1 % des arsenaux nucléaires actuels n’est plus mis en doute. Après leurs études sur l’hiver nucléaire, dès le début des années 1990, les scientifiques ont examiné d’autres phénomènes, dont les effets d’une augmentation de la concentration des gaz à effet de serre. Les résultats sont connus: les changements climatiques.

  Depuis cette époque, avec l’effondrement de l’Union soviétique et la fin de la Guerre froide, les arsenaux nucléaires des grandes puissances ont diminué. Conséquence: la forte baisse d’intérêt des responsables politiques, des médias et des citoyens pour les armes nucléaires. Pourtant, chaque année, c’est plusieurs fois que les armes nucléaires font l’actualité: explosions en Corée du Nord, nucléaire iranien, remplacement de nos F-16 par des avions porteurs d’armes nucléaires, etc. Et il y a encore plusieurs milliers d’armes nucléaires opérationnelles dans les arsenaux des puissances nucléaires. Et leur coûteuse modernisation est en cours. Le ferait-on si certains n’envisageaient pas de les employer, malgré les discours opposés. La dissuasion  nucléaire devrait se satisfaire d’une petite part des arsenaux actuels. 

  L’emploi, même limité, d’armes nucléaires ne manquerait pas d’avoir des conséquences désastreuses sur les hommes et sur l’environnement. Pour s’en convaincre, il suffit déjà de se rendre compte que l’énergie libérée par une bombe nucléaire se compte en centaines de kilotonnes. Une kilotonne correspond à l’explosion de mille tonnes d’explosif classique, comme le TNT. Militairement, la destruction de cibles enterrées est la justification officielle de telles armes. Grâce à l’amélioration de la précision des missiles nucléaires, une bombe de la puissance de celle d’Hiroshima ou Nagasaki serait suffisante. Les effets seraient pourtant désastreux : brûlures au 3ème degré pour les personnes exposées jusqu’à 2 km du lieu de l’explosion, vitres brisées (et donc personnes blessées) jusque 6 km, exposition à des doses mortelles de radiation nucléaire jusque plus d’une dizaine de km, effets sismiques comparables à un séisme de magnitude 6. Sans oublier les effets du nuage radioactif. Tout le monde se souvient de celui de Tchernobyl qui, bien qu’étant à 2000 km de chez nous, a conduit à rentrer le bétail dans les étables et à détruire nombre de légumes verts contaminés. Si une explosion nucléaire avait lieu à la même distance, selon la direction des vents, ce sont des quantités équivalentes de radioactivité (quoique de nature différente) qui nous atteindraient. Par exemple, plusieurs fois plus d’iode-131 sont émis par une explosion nucléaire qu’il n’en a été émis à Tchernobyl. Rappelons que c’est pour contrer les effets de l’iode-131 sur l’organisme que des pilules seront bientôt distribuées partout en Belgique, en cas d’accident nucléaire civil. C’est à tous les habitants des zones en conflit potentiel et éloignés qu’il faudrait distribuer de telles pilules. Dire qu’une arme nucléaire n’aurait que des effets locaux est un mensonge largement répandu, mais qui ne résiste pas à une analyse scientifique. 

  Et que dire d’un emploi massif d’armes nucléaires. La doctrine proclamée par l’OTAN et les autres grandes puissances nucléaires est le non-emploi en premier. Mais dans une étape de tension extrême requérant l’emploi possible de l’arme nucléaire, que signifie vraiment le concept? Et quid des conséquences d’un lâcher accidentel en cas de tension internationale? La riposte serait alors justifiée. Dans ce cas, les conséquences seraient mondiales. Obscurcissement et refroidissement général, pollution chimique mondiale, modification du climat. Ce serait à un scénario bien plus grave que tous ceux prédits par les modèles actuels du réchauffement climatique que l’on observerait. Avec, en prime, l’extinction  possible de l’humanité.

  Dans son récent discours à Hiroshima, Barack Obama a, très hypocritement, plaidé pour un monde dénucléarisé. Plus de septante ans après les bombardements nucléaires d’Hiroshima et de Nagasaki, alors que tout le monde connaît les effets désastreux pour l’homme et l’environnement de l’emploi, même local, des armes nucléaires, il est temps que l’on se mobilise pour éradiquer cette menace majeure sur le futur de la vie sur Terre que sont les arsenaux nucléaires. 

Carte blanche - 7 juin 2016

Bulletin N° 85 - Décembre 2016

Les Rièzes

  Au Pays des Rièzes et des Sarts - Annales d'histoire locale 30ème Année - N° 120            1990

    En parcourant le cahier n° 12 des "Etudes Ardennaises" du 1er janvier 1958, un article écrit par Monsieur Henri Manceau, portant le titre "Nos paysages chargés d'histoire" a retenu mon attention.

Je dirai même qu'une partie de cet article m'a stupéfié et m'a rempli d'étonnement puis de doute.

Monsieur Manceau décrit notre pays des Rièzes comme suit : "Une autre formation "naturelle", si l'on peut dire, c'est la Rièze des plateaux ardennais, parente de la toundra, avec, par place, ses tourbières géologiques. La rièze est à voir à tous moments de l'année : en automne, par ses brumes ou ses bourrasques; en hiver, sous la neige; en juin, quand le paysage rappelle au mieux la toundra septentrionale, que les cosses de genêts éclatent avec un bruit sec sous le soleil, que le rouge oxycoccos1 fleurit sur les coussins verts des sphaignes, quand les petits bouleaux frémissent au vent, entre les fondrières. Il suffit pourtant d'observer la carte d'Etat-Major pour deviner que la rièze représente une création humaine. La grande clairière de Rocroi où elle prend allure de boqueteaux succède, n'en doutons pas, à un défrichement très ancien, après lequel la forêt ne retrouva jamais sa vigueur primitive. Formation "secondaire", donc. Il est permis de penser qu'une partie de la rièze se constitua dans les âges néolithiques ou à l'époque du fer. De nombreuses tombes antiques dispersées à la périphérie, dans la forêt des Pothées, reportent au moins au 2ème siècle avant J.-C. Ce sont celles de chefs qui commandèrent que l'on coupe la forêt. Aujourd'hui, la rièze menace de disparaître. Elle fut conquise en partie depuis le XVIème siècle par le champ de seigle et le pâturage, malgré la difficulté de supprimer le genêt dont les paysans disent que sa graine survit dans le sol près d'un siècle. Au XXème siècle, un enrésinement systématique, après drainage, peut la supprimer de la carte, et de nos promenades, définitivement."

Monsieur Manceau termine son article en ces mots : "Achevons le propos par l'analyse d'une colonisation tardive : celle du plateau de Rocroi, aux XVIème, XVIIème et XVIIIème siècles. Bien après le défrichement néolithique et gaulois, le Plateau avait constitué, sur une profondeur de dix à vingt kilomètres, le plus magnifique exemple de ce "désert-frontière" rappelé par M. Dion dans son ouvrage intitulé "Les Frontières de France". Et cela jusqu'à François 1er. Entre l'Empire et le Royaume, les bois et les rièzes garantissaient des conflits, des provocations réciproques, jusqu'au jour de 1555 où le Roi de France-c'était son domaine-se décida à planter là la place de Rocroi, l'une des premières qui fut bastionnée, la plus ancienne qui reste.

Suite de l'article dans notre bulletin N° 85

Bulletin N° 85 - Décembre 2016

À propos du Repair Café
     https://repaircafe.org/fr/a-propos-du-repair-cafe/

  C’est quoi un Repair Café ?
Réparer ensemble gratuitement, c’est l’idée des Repair Cafés dont l’entrée est ouverte à tous. Outils et matériel sont disponibles à l’endroit où est organisé le Repair Café, pour faire toutes les réparations possibles et imaginables. Vêtements, meubles, appareils électriques, bicyclettes, vaisselle, objets utiles, jouets, et autres. D’autre part sont présents dans le Repair Café des experts bénévoles, qui ont une connaissance et une compétence de la réparation dans toutes sortes de domaines.

On y apporte des objets en mauvais état qu’on a chez soi. Et on se met à l’ouvrage avec les gens du métier. Il y a toujours quelque chose à apprendre au Repair Café. Ceux qui n’ont rien à réparer prennent un café ou un thé, ou aident à réparer un objet appartenant à un autre. On peut aussi toujours y trouver des idées à la table de lecture qui propose des ouvrages sur la réparation et le bricolage.

Il y a des centaines de Repair Cafés partout en Belgique, en France et en Suiss : https://repaircafe.org/fr/visiter/ Vous pouvez visiter un Repair Café près de chez vous, ou pourquoi pas, en organiser un vous-même!

    Pourquoi un Repair Café ?
Nous autres, Européens, jetons énormément, également ce qui est à peine abîmé et serait parfaitement utilisable après une simple réparation. Mais pour nombre d’entre-nous, réparer n’est plus chose normale. Nous ne savons plus comment faire. Le savoir-faire en la matière est en voie de disparaître. Ceux et celles qui possèdent encore ces connaissances pratiques ne sont pas toujours appréciés à leur juste valeur dans nos sociétés, et en sont même souvent exclus malgré eux. Leur expérience n’est pas ou presque pas mise à profit.

Le Repair Café change la donne! Ceux qui peut-être seraient autrement laissés pour compte retrouvent leur place. Un précieux savoir-faire se transmet. Les objets remis en état sont plus longtemps utilisables et ne sont plus jetés, réduisant la consommation de matières premières et de l’énergie nécessaires à la fabrication de nouveaux produits. Ce qui réduit aussi les émissions de CO2. Car fabriquer de nouveaux produits – et leur recyclage – produit du CO2.

Le Repair Café apprend aux gens à voir autrement ce qu’ils possèdent, et à en redécouvrir la valeur. Le Repair Café favorise un changement de mentalité, condition première à une société durable construite par tous. Le Repair Café veut surtout être une expérience ludique, et gratifiante, pour des réparations qui s’avèrent souvent très simples. Venez et essayez !

  Qui en a eu l’idée ?
Le Repair Café est une initiative de Martine Postma. Depuis 2007, elle s’investit dans la durabilité au niveau local de toutes les façons possibles. Le 18 octobre 2009, Martine a organisé le tout premier Repair Café à Amsterdam. C’était une réussite éclatante. Pour Martine, ce succès a été la raison pour créer la Fondation Repair Café. Depuis 2011, cette Fondation soutient des groupes locaux tant à l’intérieur qu’à l’extérieur qui veulent commencer leur propre Repair Café. En savoir plus sur la naissance du Repair Café? Lisez le livre (en néerlandais, pour l’instant) que Martine en a écrit. Ou invitez Martine pour donner une conférence dans votre entreprise ou organisation.

  Un mouvement mondial
Tous les Repair Cafés se sont désormais réunis dans un mouvement mondial qui s’investit pour préserver dans notre société la connaissance et le savoir-faire de la réparation. En même temps, il lutte pour la fabrication des produits qui sont mieux réparables. Outre des Repair Cafés aux Pays-Bas, il y en a en Belgique, en Allemagne, en France, en Royaume-Uni, aux États-Unis et dans plusieurs pays partout dans le monde. Le Repair Café est même arrivé en Inde et au Japon ! La Fondation Repair Café Internationale a deux partenaires en Belgique : Netwerk Bewust Verbruiken soutient la propagation du Repair Café en Flandre, Repair Together s’en occupe en Wallonie. Ces deux partenaires coopèrent à Bruxelles.

  Les réparateurs professionnels n’ont-ils pas à craindre une concurrence ?
On pose parfois à la Fondation Repair Café la question de savoir si ces rencontres de réparation gratuite ne font pas concurrence aux réparateurs professionnels. La réponse est la suivante : bien au contraire! Les Repair Cafés organisés dans tout le pays visent à porter l’attention du public sur le fait que les choses sont réparables. Les visiteurs sont régulièrement réorientés vers les (rares) réparateurs (encore) en exercice.

La plupart des clients du Repair Café ne sont pas ceux qui généralement vont chez les professionnels de réparation. Ils disent jeter généralement les choses cassées immédiatement, car les faire réparer coûte trop cher. Au Repair Café, ils découvrent qu’il y a des alternatives au tout-jetable.

Bulletin N° 85 - Décembre 2016

DÉCLARATIONS DES ASSOCIATIONS AU PARC HIBAKUSHA

  LE 6 AOÛT 2016

    Marcel Poznanski, pour le Comité Surveillance Otan

La géo-ingénierie sur le sentier de la guerre

Lors de la Journée Hiroshima, Luc Mampaey a focalisé son intervention sur l’impact des forces armées sur le changement climatique. Vous trouverez ci-dessous son article daté de décembre 2015, qui a servi de base à cette intervention.  
Ravivant le fantasme militaire d’agir sur le climat, la géo-ingénierie propose des expérimentations à grande échelle. Le droit international possède pourtant des outils limitant les manipulations de l’environnement, comme la Convention Enmod. Or, « faute d’une révision urgente », elle risque de « sombrer dans les limbes », explique Luc Mampaey dans cette tribune.
À quelques jours de l’ouverture de la 21e Conférence des parties (COP 21) à la Convention-cadre des Nations unies sur les changements climatiques (CCNUCC), prenons le temps d’évoquer ce dont elle ne parlera pas : l’impact des forces armées sur le changement climatique. Nul besoin de rappeler que les guerres et la militarisation de la planète exercent une action intrinsèquement destructrice sur nos écosystèmes. Mais on sait moins que l’environnement peut aussi devenir une arme en soi, et qu’il existe des instruments de droit qui s’attachent à prévenir ce risque.

Le droit international humanitaire dispose de deux instruments principaux pour veiller à la protection de l’environnement en situation d’hostilités. D’une portée très générale, l’article 55 du Protocole additionnel aux Conventions de Genève du 12 août 1949 (Protocole I du 8 juin 1977), précise que « la guerre sera conduite en veillant à protéger l’environnement naturel contre des dommages étendus, durables et graves. […] ». 
De l’iodure d’argent dispersé par voie aérienne

Le droit des conflits armés ira cependant plus loin que cette simple exhortation à la protection. Dès les années 1940, des recherches militaires avaient porté sur des procédés pour perturber les climatopes. Les recherches gagnèrent en intensité avec la guerre du Vietnam et le projet Popeye lancé en 1966 par les États-Unis. Son objectif était d’inonder la piste Hô-Chi-Minh pour ralentir les mouvements ennemis grâce à un accroissement des précipitations par un ensemencement des masses nuageuses avec de l’iodure d’argent dispersé par voie aérienne. L’opération fut poursuivie de 1967 à 1972.

La communauté internationale tira alors la sonnette d’alarme : la révélation de ces expériences convainquit les États réunis à la Conférence du désarmement d’adopter des dispositions interdisant d’exploiter l’environnement comme une « arme de guerre ». 
C’est l’objectif de la Convention sur l’interdiction d’utiliser des techniques de modification de l’environnement à des fins militaires ou toutes autres fins hostiles, dite Convention Enmod, adoptée à New York le 10 décembre 1976, et entrée en vigueur le 5 octobre 1978. Elle compte aujourd’hui 77 États-Parties. C’est peu, mais les puissances militaires sont là : la Russie et le Royaume-Uni ont ratifié en 1978, les États-Unis en 1980, la Chine en 2005. Pas la France, puissance nucléaire et pays hôte de COP 21 ! Voilà qui tombe mal…

En ratifiant la convention Enmod, les États-Parties s’engagent « à ne pas utiliser à des fins militaires ou toutes autres fins hostiles des techniques de modification de l’environnement ayant des effets étendus, durables ou graves, en tant que moyens de causer des destructions ou des préjudices à tout autre État-Partie » (Article 1er). L’article 2 définit une « technique de modification de l’environnement » comme, « toute technique ayant pour objet de modifier – grâce à une manipulation délibérée de processus naturels – la dynamique, la composition de la Terre, y compris ses biotopes, sa lithosphère, son hydrosphère et son atmosphère, ou l’espace extra-atmosphérique ». 

Il se risque même à en proposer une liste (dans un accord interprétatif de l’article 2), mais en confondant les techniques et leurs effets, et en total décalage par rapport aux évolutions technologiques des vingt dernières années : « Tremblements de terre ; tsunamis ; bouleversement de l’équilibre écologique d’une région ; modifications des conditions atmosphériques (nuages, précipitations, cyclones de différents types et tornades) ; modifications des conditions climatiques, des courants océaniques, de l’état de la couche d’ozone ou de l’ionosphère. »

Pour corriger ces décalages entre le texte et l’état de la science, l’article 8 de la Convention prévoit la tenue de conférences d’examen à des intervalles non inférieurs à cinq ans. La dernière (qui n’était que la seconde) remonte à 1992. Depuis, plus rien… Intérêts commerciaux et militaires 

Or, pendant ce temps, profitant du fossé entre l’extrême urgence de la lutte contre le réchauffement climatique et la timidité des mesures consenties par les gouvernements, l’ingénierie du climat (ou géo-ingénierie) – à savoir l’intervention technologique délibérée sur le système climatique afin de contrer le réchauffement de la planète ou d’en atténuer les effets – est de plus en plus envisagée par certains scientifiques comme une solution possible. Modifier la composition chimique des océans ou envelopper la planète d’une couche de particules réfléchissant les rayonnements du soleil sont deux illustrations parmi la trentaine de techniques évoquées par ces apprentis sorciers pour réduire le réchauffement et stocker le CO2, à défaut de réduire nos émissions.

Les fantasmes de prise de contrôle du temps et du climat ont toujours été étroitement liés aux intérêts commerciaux et militaires, nous rappelle l’historien des sciences James Fleming [4]. L’avenir ne sera pas différent, et l’agitation militaire de ces dernières années pour l’ingénierie climatique devrait retentir comme un nouveau signal d’alarme : faute d’une révision urgente pour prendre en compte les avancées technologiques et prévenir les usages hostiles, la convention Enmod risque de sombrer définitivement dans les limbes du droit international humanitaire.

Seul instrument juridique qui pourrait faire obstacle aux applications militaires de l’ingénierie du climat, au risque de compromettre davantage encore les fragiles équilibres de la planète, la Convention Enmod mérite un sort meilleur. La France doit la ratifier. L’Union européenne dans son ensemble doit sans délai appeler à la convocation d’une nouvelle conférence d’examen.


Luc Mampaey, 15.12.2016

    Comme nous le faisions chaque année avec feu Pierre Piérart, nous nous réunissons pour nous rappeler l'horreur d'Hiroshima, de Nagasaki et de la menace qui plane comme une épée de Damoclès sur l'humanité.

Notre parlement et notre gouvernement sont autistes en la matière, ils ne reconnaissent pas l'existence des bombes nucléaires stockées à KleineBrogel en pleine capacité d'emploi. Le gouvernement veut acheter des avions dans le simple but de transporter ces bombes pour porter la guerre à des soi-disant ennemis : la Russie, la Chine, pour ne pas les citer.

Notre parlement, notre gouvernement veulent nous faire croire que jamais cet ennemi virtuel ne nous réussira à nous envoyer une réplique de bombes nucléaires grâce au bouclier anti-missiles de l'Otan.

La Belgique est le centre névralgique de l'OTAN, nous sommes une cible toute désignée à être anéanti. La population ne se rend pas compte de cette réalité, on croit toujours que la guerre est chez les autres et sur un écran de télévision.

Nous sommes ici, peu nombreux mais déterminés à informer la population et la mobiliser pour la destruction des armes nucléaires en Belgique et dans le monde. Notre organisation, le Comité de Surveillance de l'OTAN,  dont Pierre Piérart était le président, continuera son combat pour la libération du monde de l'arme atomique.


    Paul Lannoye, président du Grappe

  A moins de faire preuve d’un optimisme béat, il est difficile de considérer le contexte géopolitique actuel comme porteur de perspectives de désengagement nucléaire et de paix dans le monde.

Le récent Sommet de l’OTAN vient de confirmer une  volonté commune d’escalade  dans l’intimidation à  l’égard de la méchante Russie et du « diabolique » Poutine. La coalition internationale contre l’Etat islamique est clairement engluée dans une guerre contre le terrorisme dont on ne voit pas l’issue. Pour terminer ce tableau bien sombre, on ne manquera pas de constater l’inquiétante réaffirmation par l’OTAN de sa stratégie nucléaire, incluant le droit de première frappe. Le contexte national belge n’apporte pas non plus de véritable éclaircie. Le gouvernement manifeste sans ambiguïté un suivisme docile à l’égard de l’OTAN et fait entendre en permanence un discours guerrier en guise de sédatif politique. Il fait face à une opposition parlementaire qu’il n’est pas injuste de qualifier de tiède en la matière.

  La question qui se pose au mouvement de paix et aux associations qui refusent le choix nucléaire est, à mon avis, la suivante : Comment ébranler la dynamique guerrière en action ?

L’argumentaire que, les uns et les autres, nous utilisons est suffisamment solide pour démonter celui des va-t’en guerre et des nucléocrates.  Il souffre malheureusement d’un grave handicap : il se heurte à des croyances certes infondées mais qui imprègnent suffisamment les esprits pour rejeter ou ignorer les faits qui les démontent. La conviction selon laquelle la dissuasion nucléaire a bien  fonctionné depuis 70 ans repose sur une lecture erronée de l’Histoire et sur la censure médiatique d’évènements majeurs, comme le refus d’obéir aux ordres de riposte du commandant Stanislas Petrov le 26/09/1983.

  A la suite de notre rendez-vous du 6 août 2015, j’ai, avec deux amis du Grappe, anciens sénateurs comme moi, Mme Dardenne et Mr Trussart, proposé à la présidente du Sénat d’organiser un débat contradictoire au sein de son institution sur la pertinence de la dissuasion nucléaire. Nous avons, à l’appui de cette demande, mentionné la prise de position de deux anciens premiers ministres français, Mrs Alain Juppé et Michel Rocard.
Cette proposition n’a pas été refusée. Elle a tout simplement été ignorée.  Il n’y a même pas  eu d’accusé de réception, malgré un rappel courtois mais pressant.  La presse, sollicitée sur le même thème, notamment à l’occasion de la journée du 26 septembre, n’a pas jugé le sujet digne d’intérêt.

  Ce message n’a pas pour objectif de répandre la morosité parmi vous.  Il est un appel aux suggestions et à la coopération. Ceci dit, je suggère moi-même d’ajouter un argument susceptible d’embarrasser le gouvernement ou, à tout le moins, d’intéresser certains journalistes : il s’agit de l’insécurité provoquée par l’existence de matières fissiles et de sites nucléarisés confrontés à l’utilisation de drones de loisir, en vente libre, par d’éventuels terroristes. On se rappellera que des survols de sites nucléaires par des drones ont eu lieu en France il y a quelques mois sans qu’on ait pu identifier les pilotes.


    Philippe de Salle, pour l'AMPGN

  Comme une  majorité de personnes ici  présentes le savent, je représente l'association médicale pour la prévention de la guerre nucléaire et dont l'acronyme de la section belge est AMPGN et sur le plan international IPPNW. Fondée en 1980 par deux cardiologues en pleine guerre froide, elle a œuvré pour une réduction drastique de l'arsenal nucléaire qui avait à l'époque atteint des proportions démentielles.

Notre association fut couronnée par le prix Nobel de la paix en 1985 et  se distingue par  sa spécificité  médicale  qui lui permet de  dénoncer l'impact humanitaire d'une  ou de plusieurs explosions nucléaires en plus  des effets néfastes  sur la santé des gens qui ont survécu aux effets  de l'explosion et de la chaleur.    Dans le contexte actuel de violence qui frappe nos régions occidentales depuis le début du XXI siècle, nous voudrions souligner qu'en face de la violence bestiale menée par des kamikaze souvent amateurs  qui frappent  à l'aveugle les populations civiles parfois de façon rudimentaire ( bombes artisanales, camions, hache  et autre arme blanche,) se trouve la coalition de  superpuissances suréquipées en matériel très sophistiqué pour effectuer  des frappes précises  sur des objectifs bien ciblés à l'aide de drones et missiles commandé parfois à des milliers de km de distance. Rien n'est plus asymétrique que cette confrontation. Un point commun toutefois, l'horreur. L'horreur suscitée par l'émotion confrontée à l'horreur inhumaine suscitée par la froide mécanique de précision. 

Les  superpuissances, je cite les Etats Unis, la Russie et la Chine, sont des nations violentes dans leur passé et leur présent. Leurs armées comme leurs armements sont surdimensionnés. Les dépenses militaires des trois puissances réunies dépassent la moitié les  revenus de la planète. Chacune a sa politique d'expansion territoriale  en plaçant partout des base militaires. Aucune de ces puissance n'est satisfaite de son armement et continue à investir pour le renforcer. Donald Trump comme Hilary Clinton ont promis de renforcer l'armée américaine qui est déjà la plus forte au monde. A Wall Street, on ne s'inquiète pas  de l'issue des élections. une chose est sûre, les valeurs de l'industrie des armes et de la sécurité vont augmenter. La politique intérieure est également violente. La peine de mort sévit encore aux USA dans  certains Etats et la Chine est le plus grand bourreau de la planète. Sur 163 nations, la criminalité  de ces trois pays atteint les niveaux les plus élevés et dépassent de loin les pays en voie de développement;  Comment s'étonner  que face à l'arrogance des ces superpuissances ne surgisse pas en retour dans un sorte  d'effet boomerang une violence brute et désespérée.  Comment espérer qu'il sorte quelque chose de rassurant pour la survie de l'humanité si l'exemple qui vient du haut ne montre  qu'une lutte pour la domination de la planète;  Violence et superpuissance sont deux mots qui vont si bien ensemble. 


    Charles Ruiz, pour le Parti Humaniste

Les plus grands attentats terroristes de l'histoire humaine ont eu lieu à Hiroshima le 6 août et à Nagasaki le 9 août 1945. Le gouvernement des Etats-Unis a lancé deux bombes atomiques sur ces villes, générant les actes terroristes les plus destructeurs à ce jour. Ce fut un génocide, un crime contre l'humanité, qui aurait dû être jugé immédiatement à la fin du conflit. Mais ceux qui gagnent les guerres sont, entre autres, ceux qui les jugent.

Aujourd'hui, nous sommes dans la situation que les pays qui ont installé le colonialisme et l'impérialisme, sont parmi les plus grands détenteurs d'armes nucléaires. Ils font ironiquement partie du Conseil de Sécurité de l'ONU.

Ces dates dont nous nous souvenons nous rapportent l'horreur du passé et nous invitent à prendre conscience du danger de la situation actuelle. Aujourd'hui on mentionne le terrorisme en tant que facteur de crise et de destruction, tout en cherchant à dissimuler les origines de celui-ci et la situation dangereuse du présent. Il y a plus de 20.000 têtes nucléaires. Plus de la moitié sont dans les mains d'une alliance militaire dont le membre principal est responsable de les avoir utilisées. En plus, il a couver la planète d'invasions et d'affrontements armés. Notre civilisation est sous la menace d'une catastrophe nucléaire civile et militaire générale, qui menace l'existence même de notre espèce.

Nous dénonçons l'hypocrisie de ces puissances qui veulent avoir le monopole des armes nucléaires, sous le couvert d'une "lutte pour la paix". Nous dénonçons en particulier le programme de modernisation entrepris par les gouvernements occidentaux avec les Etats-Unis, la France et la Grande-Bretagne, et la Belgique en tête, marquant le modèle international dans lequel, en suivant cette logique, tous les autres sont derrière. Cette dynamique ne fait qu'encourager de nouveaux pays à se doter aussi d'armes nucléaires. Aujourd'hui plus que jamais, les Humanistes avancent en affirmant et en proposant:

-le désarmement nucléaire mondial progressif et proportionnel comme un objectif fondamental
-le retrait des troupes qui envahissent les territoires
-la restitution des territoires occupés
-la dénonciation de la course aux armements, en général, comme une forme d'exploitation et d'oppression des peuples
-le réinvestissement des ressources économiques de la course aux armements, dans les domaines de la santé, de la nutrition et du développement humain des peuples
-l'utilisation de l'énergie nucléaire à des fins pacifiques

Bulletin N° 84 - Juin 2016

SAMEDI 6 AOÛT 2016

  Commémoration du 71ème Anniversaire de la Tragédie de Hiroshima et de Nagasaki

    « LE DESARMEMENT NUCLEAIRE CE N’EST PAS POUR DEMAIN ! »

    Au PARC HIBAKUSHA – UNIVERSITE DE MONS Plaine de Nimy - Chaussée de Bruxelles - Mons

11 h 00 :  Accueil des participants 

11 h 15 :  Allocution des différentes associations

11 h 45 :  Dépôt de fleurs

    1 minute de silence à la mémoire des victimes du nucléaire

12 h 00 :    Collation au forum

13 h 30 : Conférence-débat avec la participation de :

  > Luc Mampaey (GRIP) parlera de l’impact des forces armées sur le changement climatique, en temps de paix comme en temps de guerre

  > Nicolas Bárdos-Féltoronyi parlera du Sommet Otan 2016  et de sa stratégie nucléaire

  > Des associations de paix présenteront l'agenda des prochaines luttes contre l'armement nucléaire en Belgique (Bombes atomiques de Kleine Brogel, Campagne contre le renouvellement des avions de chasse …)

  Présentation : Robert Fourneau (CEAH)
Modérateur : Claudine Pôlet (Comité Surveillance Otan)
 Pour plus d’informations, vous pouvez consulter notre site : http://www.c-e-a-h.be

  Les signataires de la Convention pour la Préservation du Parc Hibakusha :

      Avec la collaboration de l’AMPGN, CEAH, CNAPD, CSO, INTAL, MCP, UMONS,  UN MONDE SANS GUERRE, VREDE, VREDESACTIE, AGIR POUR LA PAIX, COLUPA.

      Renseignements : 02 / 376 10 93   Editeur responsable : M. Piérart-Re

Bulletin N°84 - Juin 2016

COMPTE-RENDU DE L’ANIMATION « MARE »  DU  11 AU 15 AVRIL AU CAMPING D’EPINOIS
  - Bernadette Lamblin -

  Cette année, l’intérêt porté par les écoles pour l’animation sur la « mare » était tel que celle-ci s’est déroulée durant toute une semaine. De nombreuses espèces ont été pêchées dans la mare de finalisation des eaux grises du camping. Cette eau provient des sanitaires qui subit un traitement en anaérobie (absence d’oxygène) puis en aérobie (présence d’oxygène). Bien qu’à ce stade elle soit biocompatible en termes d’analyse, elle est transférée dans un bac filtrant contenant des plantes avant d’être acheminée dans la mare. On y retrouve entre autres des daphnies, des gerris, des limnées, des larves d’éphémères, de libellules, de demoiselles, de chironomes, des sangsues, des têtards, des notonectes, des trichoptères à fourreau, des vers, des tritons… Cette diversité démontre bien la biocompatibilité de l’eau qui est assainie par divers traitements déjà expliqués dans de précédents bulletins.

  Les trichoptères constituent un ordre d’insectes holométaboles (métamorphose complète en quatre étapes).  Les larves de trichoptères sont aquatiques et très bien adaptées à la vie en eau douce.  Dans cette mare, c’est une espèce très commune.   Certaines espèces se construisent un fourreau de soie protecteur sur lequel elles fixent divers matériaux : petites pierres, débris végétaux, sable, brindilles.  

Suivant le matériel qu’elles utilisent ce fourreau peut avoir des formes très diverses.   Le corps de la larve ne quitte jamais cet étui, seuls sortent la tête et le thorax.  Un peu comme l’escargot, elles se promènent avec leur maison.  On lui donne parfois le surnom de « porte-bois ».  La larve possède des pièces buccales de type broyeur, elle se nourrit de débris organiques et donnera naissance après plusieurs mues et un stade nymphal à un adulte qui ne se nourrit pratiquement pas.  Sa courte vie consiste à assurer la survie de l’espèce.   Le cycle se déroule sur une année.  Lorsqu’on observe les ailes de l’adulte, on remarque qu’elles sont couvertes de poils d’où leur nom (tricho = poil).  Les trichoptères sont d’excellents indicateurs de qualité d’eau, une quinzaine de taxons sont utilisés dans les calculs d’indices biotiques.

Mes remerciements à Andrée et Michel pour leur accueil et leur gentillesse.

Bulletin N°84 - Juin 2016

A LA DECOUVERTE DU BOIS DU GRAND BON DIEU A THUIN
  - Jean-Marie Delmotte  -

    S'il est à Thuin un endroit propice à la promenade en famille, c'est bien le Bois du Grand Bon Dieu. Sillonné en tous sens par chemins et sentiers, il s'appelait jadis « Bois de l'Ermitage » à cause de la proximité, en bord de Biesmelle, d'un ermitage dédié à Saint Antoine. La présence d'un imposant calvaire daté de 1725 lui vaut son appellation actuelle.

  Le Bois du Grand Bon Dieu, c'est un plateau boisé de 16 hectares, entouré de toutes parts de vallées profondes formées par un large méandre de la Biesmelle, affluent de la Sambre, et le ruisseau de La Goulette, ou du Petit Paradis, ou du Houillon (c'est au choix), affluent de la Biesmelle. Ce plateau semble avoir été occupé par l'homme depuis une époque se perdant dans la nuit des temps, probablement le néolithique, il y a +/- 5000 années, ainsi qu'en témoigne le matériel lithique découvert sur place: haches et outils divers en pierre polie.

  Cette occupation humaine se serait poursuivie sous forme d'oppidum jusqu'à l'époque gauloise et même gallo-romaine, donc bien avant la fondation de la ville de Thuin sur son éperon rocheux.

  L'accès le plus aisé au bois se fait à l'ombre de beaux platanes, à partir du parking situé au lieu-dit « Petit Paradis », Route de Biesme. Une petite nécropole gallo-romaine a été découverte à cet endroit et fouillée au début des années soixante par les services du musée de Mariemont.

  Sur la droite, les vestiges d'une levée de terre sont nettement visibles, qui protégeait le seul point vulnérable de l'oppidum. Sur la gauche, un vaste terre-plein aménagé offre un magnifique point de vue sur la vallée de la Biesmelle et notamment sur la vieille forge du « « Haut Marteau ».

  Le Bois du Grand Bon Dieu est établi sur un massif rocheux constitué de poudingues, datant de l'emsien, de couleur rouge-grenat caractéristique. Formé d'un conglomérat de galets roulés cimentés naturellement, le poudingue est un véritable béton que l'érosion n'entame que très difficilement, ce qui explique le grand méandre de la Biesmelle défendant le site.

  Le sol peu profond du plateau ne permet pas le bon développement de la strate arborescente. L'essence dominante est le chêne pédonculé, le charme non exploité atteint ici des dimensions exceptionnelles.

  La strate arbustive est dominée par le houx et le néflier. Bourdaine, viorne obier, sorbier des oiseleurs, sureau à grappes, chèvrefeuille témoignent de l'acidité du sol. Peu de résineux épars, épicéas et douglas; quelques massifs d'ifs peuvent être observés à l'extrémité de l'allée centrale.

  La state herbacée est remarquable: grande luzule, oxalis, houlque molle, linaire commune, stellaire holostée, brunelle, flouve odorante, mélampyre des près, euphorbe des bois, gouet, germandrée scorodoine... et bien d'autres. Le printemps offre au promeneur un spectacle féerique dès la fin mars: ficaires anémones, jonquilles et surtout une mer azurée et odorante de jacinthes des bois...

  Extrait du texte de présentation d'un circuit "Handi-Rando" au Bois du Grand Bon Dieu réalisé par JM Delmotte en 2005.

Bulletin N°84 - Juin 2016

35EME ANNIVERSAIRE DU CEAH

    C’est ce samedi 11 juin que le Centre d’Ecologie Appliquée du Hainaut a fêté son 35ème anniversaire au Relais de la Haute Sambre à Lobbes.  Une vingtaine de personnes étaient présentes pour célébrer cet événement.

  Le Président (et membre fondateur) a accueilli les participants et a rappelé dans quelles circonstances le Centre avait été créé avec Monsieur Pierre Piérart, Monsieur Jacques Duvigneaud, Monsieur Roger Vervoort et Monsieur Léon Woué.  Le CEAH à l'origine ne s'occupait que de la Province du Hainaut, il a été créé pour la sauvegarde des écosystèmes en général, pour l'aménagement des terrils et la protection des sites biologiques.  On y abordait la botanique et la géologie, ensuite une section anti-nucléaire militaire y a été rajoutée avec la création du Parc Hibakusha dans lequel chaque année se déroule une commémoration pour les victimes d'Hiroshima et de Nagasaki et une dernière section s'y est ajoutée, la mycologie.

    Monsieur Fourneau nous a ensuite présenté Monsieur Bernard Clesse, assistant au Centre Marie-Victorin, auteur de nombreux articles en mycologie et conférencier de ce jour anniversaire. (Voir compte rendu)

  Anne-Marie a ensuite remercié Monsieur Fourneau pour sa « fidélité » en tant que président, Macha Piérart pour son courage, sa gentillesse et sa générosité sans laquelle le CEAH n’aurait pu survivre à la maladie de Monsieur Piérart, Mario Lemaire qui nous a permis de continuer d’organiser les « grosses » expositions de champignons à Bon-Secours, Beloeil… et qui répond toujours présent aux sollicitations d’excursions pour le centre, Andrée et Michel Alsteen pour l’accueil qu’ils nous réservent deux semaines par an pour les animations « champignons »  et « mare » ainsi que toutes les personnes qui sont venues fêter cet anniversaire.

  Monsieur Fourneau a ensuite présenté le  montage réalisé par les techniciens de l’UMONS.  Ce film tourné au Parc Hibakusha a permis de visualiser une partie de la commémoration des bombardements sur Hiroshima et Nagasaki qui se déroule chaque année début août.  Il en a profité pour inviter les convives, le 6 août 2016, à cette cérémonie.  Une stèle en l’honneur de Pierre Piérart y a d’ailleurs été installée. 

    Est venu le temps de partager un repas convivial, avec des plats très copieux, très colorés et très bien présentés qui ont ravis les participants. La journée s’est terminée par une intéressante balade digestive  guidée par Jean-Marie Delmotte sur le site du Bois du Grand Bon Dieu à Thuin. Conférence de Bernard Clesse

  La conférence présentée par Bernard Clesse avait pour thème : « Les champignons, un patrimoine à préserver », les points principaux évoqués en étaient :

1. Petit état des lieux de la biodiversité fongique mondiale.
2. Écart entre le nombre d’espèces décrites et le nombre d’espèces potentielles : un abîme !
3. Mais pourquoi diable les gens s’intéressent-ils aux champignons ?
4. Comment améliorer la biodiversité fongique en Région wallonne ?

C’est ainsi que nous avons appris qu’en Belgique il y avait plus de 10.000 espèces de champignons répertoriés soit 7 à 8 fois plus que plantes supérieures.  A noter qu’en Flandre les inventaires sont plus avancés qu’en Wallonie, l’étendue du territoire et sa grande diversité en sont deux raisons mais également le fait qu’en Wallonie l’absence de chercheurs rémunérés par manque de fonds se fait cruellement sentir.

  Dans le monde, David L. Hawksworth, pionnier dans la recherches en matière de biodiversité fongique mondiale cite le chiffre d’environ 100.000 espèces décrites et de 1,5 millions d’espèces potentielles, seul  7% de la population mondiale de champignons sont connus, le reste est encore à découvrir si on ne détruit pas avant leur milieu comme c’est le cas pour les forêts tropicales qui constituent un énorme réservoir non seulement pour le milieu fongique mais également pour la faune et la flore.

  Bernard Clesse nous a également parlé des champignons des habitats inexplorés : les champignons hypogés, lichénicoles, ceux qu’on trouve dans les intestins des coléoptères,  les fèces et autres excréments d’animaux, les parasites de nos végétaux que sont les rouilles et oïdiums, des espèces menacées à l’échelle européenne ou en « voie de disparition », des nouvelles espèces ou « en voie de progression » sur le sol wallon. 

  Les changements climatiques s’ils affectent la faune et la flore, bouleversent également la carte de répartitions géographiques de certaines espèces.  En Belgique, les facteurs nuisibles à la biodiversité fongique sont entre autres : la régression de certains habitats semi-naturels, la gestion sylvicole,  le tassement des sols dus aux différentes activités humaines, l’agriculture intensive, le traitement sanitaire du bétail, la raréfaction des places à feu qu’affectionnent les espèces carbonicoles,…

  En conclusion, Bernard Clesse regrettait que l’on favorise actuellement les plantations de feuillus au détriment des conifères auxquels sont inféodés de nombreuses espèces d’oiseaux, d’insectes et de champignons. 

  Monsieur Fourneau a remercié Bernard Clesse pour le bel exposé.

Bulletin N°84 - Juin 2016

YCERYA PURCHASI, LA COCHENILLE AUSTRALIENNE
  - Bernadette Lamblin -

    Ycerya purchasi est un hexapode (insecte) qui fait partie de l’ordre des hémiptères, du sous-ordre des Sternorrhynches, c’est une cochenille de la famille des Margarodidae.  Elle est originaire d’Australie. 

  Au-delà d’une sorte de croûte brun-rouge, on observe une masse blanche cannelée à 16 sillons hérissée de filaments blancs.  C’est l’ovisac que la femelle secrète pour héberger ses œufs, il peut en contenir plusieurs centaines.  Plus la femelle pond et plus le sac grossit, le corps de la femelle se relève de plus en plus. 

  Les œufs fécondés donnent des femelles et les œufs non fécondés des mâles qui sont peu nombreux et n’ont qu’un rôle minime voire nul dans la reproduction.  Le cycle de développement des larves dure trois mois et passe par trois stades.

Suite de l'article et photos dans notre bulletin n°84

Bulletin N°84 - Juin 2016

LA TERRE "PRESSÉE" PAR LE CAPITALISME 

Alain Geerts  -  Fédération Inter-Environnement Wallonie

  Difficile de fêter cette magnifique planète qu’est la Terre sans avoir une pensée pour la pression dont elle est l’objet de manière croissante depuis les débuts de la révolution industrielle et l’avènement du capitalisme. Cette pression sera probablement ce qui amènera ledit capitalisme à s’autodétruire pour faire place à une sobriété qui nous sera imposée précisément par les limites de la planète.

  Démographie : une pression complexe à réduire Les publications relativement récentes en matière de démographie [1] montre que :
* la population mondiale augmente de manière très importante depuis peu. Elle a triplé en moins d’un siècle, passant de 2 milliards en 1930 à 6 milliards en l’an 2000 et a encore fait un bond d’un milliard en une décennie ; * les spécialistes de la question démographique doivent - les données prospectives les plus récentes en attestent - ajuster en permanence leurs projections, et plutôt à la hausse qu’à la baisse ; * l’Afrique, qui se caractérise par l’espérance de vie la plus basse et un taux de mortalité infantile le plus élevé, a un taux de croissance de sa population qui demeurera très élevé ; * les nantis s’angoissent du fait d’une prise de conscience des "effets secondaires" d’une dénatalité constatée (en Europe, Japon, Corée du sud…) susceptible de générer des problèmes socio-économiques de taille. La cause de ladite dénatalité serait notamment le stress lié aux modes de vie occidentaux (travail, difficulté économique,…). Lutter contre cette implosion démographique en stimulant la natalité s’avère par ailleurs complexe et jusqu’à présent assez inefficace. L’évolution de la démographie constitue donc une réelle pression sur la planète, mais il serait particulièrement vain de vouloir résoudre le problème en s’attaquant de front à celle-ci.

Nous avons atteint (voire dépassé) les limites de notre planète

Suite de l'article dans notre bulletin N° 84

Bulletin N° 85 - Décembre 2016

  Plutôt que de se lamenter sur la disparition annoncée de l'une ou l'autre espèce en danger (souvent parmi les plus visibles), une équipe de naturalistes a décidé de se mettre en quête d'espèces encore non identifiées. À l'issue d'une campagne de récolte et d'identification menée sur le continent africain, ces spécialistes - essentiellement entomologistes (spécialistes des insectes) - ont identifié 60 espèces nouvelles d'odonates; ce qu'en termes plus communs, on appelle les libellules et les demoiselles. 60 espèces ajoutées d'un coup aux 700 déjà connues, cela représente un accroissement de plus de 8%. Et il y a fort à parier que ce n'est qu'un début.  Les insectes ne sont à l'évidence pas les mammifères. Cependant, la réduction de population de ces derniers, quand ils sont sauvages, ne devrait pas faire oublier que les premiers cités sont aussi les plus nombreux contributeurs à la biodiversité, même s'ils n'offrent pas la même visibilité ni le même attrait «sentimental» ou anthropomorphique. Quelques entomologistes rappelleront au passage avec humour que la plus grande diversité de l'entomofaune se trouve à proximité des universités. Parce que les insectes se rapprochent des sources du savoir humain? Évidemment non ! Parce que c'est là qu'on a le plus cherché, notamment à l'occasion de travaux pratiques. Et s'il y en a beaucoup là, il y en a beaucoup ailleurs aussi. Dont acte !   Les insectes, faut-il enfin le rappeler, ont un cycle de vie court et la fréquence de mutation étant ce qu'elle est, de nouvelles populations peuvent rapidement émerger, adaptées à un milieu lui-même en évolution. Il ne faut pas courir en Afrique pour s'en rendre compte: cette réalité-là se retrouve aussi dans nos jardins. Encore faut-il prendre la peine de s'y attarder !  Athena – Juin 2016

  Une société bordelaise découvre une algue bio-pesticide prometteuse   Une petite société implantée en région bordelaise, ImmunRise, a découvert une algue microscopique produisant des molécules aux vertus bio-pesticides prometteuses, efficace à 100% contre le mildiou de la vigne en laboratoire.  Champignons  Les tests in vitro ont démontré que cette microalgue, réduite en poudre, combattait les champignons responsables des principales maladies décimant les filières de la tomate, de la pomme, de la pomme de terre, du blé, de la banane et surtout de la vigne, plus gros consommateur de produits phytosanitaires de synthèse en France. Selon les essais menés en laboratoire par l'Institut national de Recherche Agronomique (INRA) de Bordeaux, cette poudre de microalgue a 100% d'efficacité contre le mildiou, 50% sur le botrytis (une moisissure aussi appelée "pourriture grise") et sur quatre des sept champignons responsables de l'esca, une maladie du bois qui fait des ravages dans les vignobles du monde entier. Un fléau contre lequel aucun traitement n'est disponible depuis l'interdiction européenne en 2001 de l'arsénite de sodium, substance hautement toxique responsable de la mort de certains vignerons. […]  ImmunRise est-il en passe de révolutionner l'industrie des produits phytosanitaires? Pour en arriver là, il faudra passer avec succès les essais en plein champ sur les terres de l'INRA de Bordeaux, qui seront lancés lors de la prochaine campagne viticole en avril 2017. "Si les tests se confirment, ce sera très innovant", assure Marie-France Corio-Costet. "Beaucoup d'entreprises et de grandes firmes font des recherches sur les bio-pesticides et la bio-stimulation" mais "des produits homologués avec de bons résultats il y en a encore peu", précise la chercheuse.[…] Sciences et Avenir – 18 septembre 2016

  Un mois d'août caniculaire   Le mois dernier a été le mois d'août le plus chaud depuis 137 ans sur la planète, seizième record mensuel d'affilée en la matière, ce qui est sans précédent. La Terre n'avait jamais connu une aussi longue période de hausses mensuelles des températures depuis le début des relevés en 1880, a souligné mardi l'Agence océanique et atmosphérique américaine (NOAA).  Pour les huit premiers mois de 2016, la température à la surface des océans et des terres (14,1 degrés C) s'est située 1,01°C au-dessus de la moyenne du XXe siècle, surpassant le précédent record de la même période en 2015 de 0,16°C. L'année 2016 est ainsi bien partie pour battre un nouveau record annuel de chaleur, qui serait le troisième de suite.  Pour août, la température moyenne sur les terres et océans (15,6°C) a été 0,9°C supérieure à la moyenne du siècle dernier, ce qui en a fait le mois d'août le plus chaud dans les annales, battant le précédent record pour ce mois en 2015 de 0,05°C. «Le mercure a atteint des niveaux record pendant les huit premiers mois de 2016 sur l'ensemble de l'Alaska, dans l'ouest du Canada, le nord de l'Amérique du Sud, en Afrique, dans le sud de l'Europe, en Indonésie, et dans plusieurs régions d'Amérique centrale, dans les Caraïbes, l'Australie et la plupart de l'Asie », a précisé l'agence.  Faible surface de la banquise  En août, la température moyenne à la surface des océans était ainsi 0,77°C au-dessus de la moyenne du XXe siècle, la deuxième plus élevée jamais enregistrée. L'étendue des glaces arctiques a été en août 23,1% inférieur à la moyenne de 1981 à 2010. Il s'agit de la quatrième plus faible superficie de la banquise pour ce mois depuis 1979, début des observations par satellite. Les glaces arctiques ont atteint leur plus petite étendue pour l'été samedi dernier (16 septembre) avec 4,4 millions de km2 juste derrière le record de 2012 (3,39 millions de km2). Selon des chercheurs, l'océan Arctique pourrait être libéré des glaces durant l'été d'ici 2030 ce qui pourrait affecter le jet-stream et avoir un impact sur la météorologie plus au sud.  Le Soir - 22 septembre 2016

  Les gaz HFC seront bientôt bannis   Ces gaz sont 14 000 fois plus nocifs que le CO2 pour le climat.  Les gaz HFC, nocifs pour le climat, vont progressivement devoir être éliminés après un accord conclu samedi à Kigali par la communauté in-ternationale. Les hydrofluorocarbones (HFC) font partie des six grands gaz à effet de serre, responsables de la hausse accélérée de la température mondiale. S'ils restent bien moins longtemps dans l'atmosphère que le CO2, leur pouvoir de réchauffement est jusqu'à 14 000 fois supérieur.  Ces gaz synthétiques étaient employés par l'industrie chimique puis leur utilisation s'est élargie à la réfrigération, aux aérosols et à la climatisation. Ces vingt dernières années, ils ont remplacé d'autres gaz, les CFC et les HCFC   qui   détruisent   la   couche d'ozone. Un accord international signé en 1987, le Protocole de Montréal, avait décidé de la suppression des gaz CFC et de leur remplacement par les HFC, à une époque où la lutte contre le changement climatique n'était pas encore une priorité. Le trou dans la couche d'ozone a ainsi commencé à se résorber, mais il a fallu se pencher sur les moyens d'enrayer les dégâts climatiques des HFC. Leur élimination pourrait réduire de 0,5 degré le réchauffement mondial d'ici à 2100, selon une étude de l'Institute for Governance and Sustainable Development. D'ici 2036 pour les pays « développés » à 2047 pour les pays "en voie de développement, tous devront avoir réduit leur consommation de HFC de 85 %.  Comment se débarrasser des HFC  La Commission européenne explique qu'il existe une variété de solutions à appliquer en fonction des produits et des équipements mais aussi de la température du lieu où ils seront opérationnels. Ne pas utiliser de climatiseurs et de matériaux d'isolation en mousse contenant des HFC est la solution la plus efficace pour ne pas recourir à ces gaz. Pour y parvenir, surtout dans les pays aux climats chauds, il faudra investir dès la conception des bâtiments. Une aide de 80 millions de dollars (71,5 millions d'euros) a été promise même si le total nécessaire est estimé à plusieurs milliards de dollars à l'échelle mondiale. Pour les équipements réfrigérants (y compris les réfrigérateurs domestiques), des substances alternatives existent et sont déjà commercialisées. Parmi ces fluides frigorigènes figurent l'eau, l'ammoniac, l'oxyde de diméthyle ou... le dioxyde de carbone, le fameux CO2.  La Libre Belgique – 17 octobre 2016  

Nassonia a déjà ses fidèles soutiens   Rien n'est fait pour Nassonia. La commune de Nassogne, la Région wallonne et la Fondation Pairi Daiza discutent toujours de ce projet - de ce rêve -lancé par Eric Dombs l'été dernier. Rien n'est fait mais, sur le terrain, ils sont déjà des dizaines dans les starting-blocks à imaginer une forêt nouvelle. Il y a d'abord le groupe de pression « Pro-Nassonia », créé en juin dernier pour apporter un soutien marqué à l'idée alors que la forêt ne résonnait que de voix d'opposants. Il y a aussi, depuis mardi, et dans la foulée du premier, un « comité de réflexion » prêt à se mettre au service de l'opération.   Slow tourisme  Pour mémoire, avec son projet Nassonia, Eric Dombs, patron et fondateur de Pairi Daiza, voudrait soustraire 1.500 hectares de forêt communale du modèle de gestion publique classique (production « intensive » de bois et location de chasses). En lieu et place, il propose une gestion de 99 ans (via un bail emphytéotique « à l'échelle du temps forestier ») dans une optique de préservation de la biodiversité. Le site deviendrait une vitrine de la mise en œuvre de Natura 2000, il privilégierait un usage local des ressources en circuit court, il favoriserait la recherche scientifique sur les espèces et les habitats naturels, il deviendrait un outil éducatif... Mise à la mode « slow tourisme » et « slow économie », la grande forêt de Nassogne serait au cœur d'un redéploiement socio-économique de la région.  C'est parce qu'ils sont « convaincus de la réussite de ce projet» que les animateurs du « comité de réflexion » ont voulu saisir la main tendue par Eric Dombs. On y trouve des ASBL environnementales, des scientifiques, un chasseur, des acteurs touristiques... «Notre idée est de ficeler une série de projets pour être prêts dès le lancement de Nassonia, nous l'espérons, dans le courant du premier trimestre de 2017», dit Charles Piette, porte-parole de la nouvelle association. Quels projets ? Rien n'est encore décidé. Il évoque toutefois la mise en place d'un autre type de chasse, le balisage de circuits touristiques, la pose de caméras près de sites de nidification, la préparation d'animations pédagogiques... Le tout avec la bénédiction d'Eric Dombs qui représentera, au sein de ce comité, les intérêts de la Fondation Pairi Daiza.  Le Soir – 20 novembre 2016  

La pollution aux phtalates atteint aussi les réserves naturelles présumées vierges  Des chercheurs ont trouvé des traces de plastifiants chez des insectes d’une réserve naturelle guyanaise. La station des Nouragues est une base de recherche du CNRS. Elle est installée au cœur d’une réserve naturelle, dans la forêt humide guyanaise, à quelque 150 kilomètres au sud de Cayenne. Elle est nichée en pleine nature sauvage, le plus loin possible de toute forme d’activités humaines.  Interdit au public, l’accès à la réserve ne se fait que par hélicoptère, ou en remontant, à pirogue, le fleuve Approuague. Là, où tout est présumé vierge, où tout semble intact, des scientifiques du monde entier peuvent venir étudier un écosystème tropical forestier parfaitement préservé.  « Dispersion mondiale »  Parfaitement préservé? Voilà quelques mois, des chercheurs français sont venus prélever quelques fourmis aux alentours de la station pour tester une hypothèse ambitieuse : Virginie Cuvillier-Hot (CNRS, université de Lille), Alain Lenoir (CNRS, université de Tours) et leurs collègues ont fait le pari que la pollution aux phtalates – des plastifiants utilisés dans une grande variété de produits d’usage courant (cosmétiques, colles, meubles, plastiques souples, etc.) – est désormais si généralisée à la surface de la planète, qu’ils en trouveraient jusque dans les fourmis des Nouragues.  Leurs résultats, récemment publiés dans la revue Environmental Science and Pollution Research, montrent qu’ils ont (hélas !) gagné leur pari. Les insectes collectés présentaient presque tous des niveaux mesurables d’au moins un phtalate et, dans la majorité des cas, de plusieurs… Le Monde – 12 décembre 2016

Bulletin N° 85 - Décembre 2016

EDITORIAL

  Invitation à la prochaine Assemblée Générale le samedi 4 février 2017

    ARTICLES  

  Les Rièzes

  Armes nucléaires : l’autre grand défi climatique
Michel Wautelet

  Le Champignon qui hallucine la Chine
Harold Thibault

  Un abri pour d’autres vies
Bernadette Lamblin

    COMPTES RENDUS

  Commémoration du 71ème anniversaire de la tragédie de Hiroshima et de Nagasaki

  Déclarations des associations

  La géo-ingénierie sur le sentier de la guerre

  Compte rendu des activités du dernier semestre

  REVUE DE LA PRESSE

  * ENERGIE

  Le pic du pétrole, c’est dépassé ?
La Libre Belgique – 22/10/16

Les restes de poissons peuvent être transformés en énergie
Science et Vie – 12/09/16

  * CLIMAT

  A Phoenix, un été à 45°C
Le Monde – 09/09/16

2015, année de tous les désordres climatiques
Le Soir – 04/08/2016

Réchauffement : 86 grandes villes veulent bousculer les Etats
Le Monde – 02/12/16

  * ENVIRONNEMENT

  12% des tiques provoquent la maladie de Lyme
Le Vlan – 05/10/16

La plus vaste aire marine du monde est créée au large de l’Antarctique
Greenpeace  – 28/10/16

  * NATURE

  La spatule fait son nid
La Libre Belgique – 21/08/16

Le souffle de la nature en voie de disparition
Le Soir – 01/09/16

Les champignons : un règne à redécouvrir
Agenda Plus – Octobre 2016

Natura 2000 - Le gouvernement a désigné les 97 derniers sites à préserver
Le Soir – 02/12/16

  * POLLUTION

  Un océan de mégots empoisonne la vie marine
Le Soir – 07/07/16

  * BIODIVERSITE

  Trente-sept espèces exotiques considérées comme nuisibles à la nature
Le Soir – 14/07/16

Chimay au chevet de l’abeille noire
Le Soir – 27/09/16

Les populations de vertébrés en danger
Le Soir – 28/10/16

Qu’il est vert mon terril
Imagine Novembre/Décembre 2016

  * NOUVELLES BREVES 

  * Réparer ensemble gratuitement dans les Repair Café

Bulletin N° 85 - Décembre 2016

Chers membres,

    J'ai le plaisir de vous présenter les déclarations des associations au sujet des problèmes nucléaires, réalisées par les soins de nos collègues lors de la commémoration des catastrophes nucléaires au parc Hibakusha, créé par feu le professeur Piérart.

D'autre part, certains seront peut-être intéressés par les aspects de l'extrémité méridionale de l'Entre - Sambre - et - Meuse, la région des Rièzes et pour les mycologues, des précisions sur le champignon spécial tibéto-chinois que nous a présenté en photo le spécialiste en cette matière du Centre Marie Victorin, Bernard Clesse,  lors de son exposé à la journée d'anniversaire du C.E.A.H le 11 juin.

Tous nos remerciements à Mr. Wautelet qui nous a aidés pendant une dizaine d'années par des articles fort intéressants dans ce bulletin ainsi qu'aux animatrices pour leurs prestations à des journées d'animation pour des Jeunes intéressés par l'environnement.

Bonne lecture et bonnes fêtes de fin d'année à tous.

  Robert Fourneau.


        INVITATION A  L’ASSEMBLEE GENERALE

  Tous nos membres en règle de cotisation sont cordialement invités à assister à  l’Assemblée générale qui aura lieu

  le samedi 4  février 2017 à 14h30

  Rue des Dominicains, 24 – 7000 Mons

  - 1er étage -

Bulletin N° 84 - Juin 2016

EDITORIAL

  Stage « Découverte de la nature » à l’Abbaye de Saint-Denis
  Commémoration au Parc Hibakusha – samedi 6 août

  ARTICLES

  Ycerya purchasi, la cochenille australienne
Bernadette Lamblin

  Vertueuses légumineuses
Camille Stassart

  La terre « pressée » par le capitalisme
Alain Geerts

  Une 6e extinction : bluff ou réalité ?
Paul Devuyst

  COMPTE RENDU

  35ème anniversaire de CEAH

  Compte rendu de la conférence « Les champignons, un patrimoine à préserver »

  A la découverte du Bois du Grand Bon Dieu à Thuin – J.-M. Delmotte

  Animations « mare » au camping d’Epinois

  REVUE DE LA PRESSE

  * NUCLEAIRE

  Tchernobyl, une catastrophe invisible ?
La Libre Belgique – 03/05/16

La bombe A, un siècle encore
Le Soir  – 28 & 29/05/16

 « Prolonger le nucléaire belge ?!  L’AIE a une vision énergétique obsolète »
IEW – 19/05/16

  * ENERGIE

  Agrodiesel : le remède empire l’état du malade
IEW – 25/04/16

Mer du Nord : neuf pays s’entendent pour développer l’éolien
Le Soir – 07/06/16

  * ENVIRONNEMENT

  Les abeilles habitent au 100, rue Royale
Le Soir – 12/04/16

Un premier pas pour l’Arctique
Le Soir – 25/05/16

TTIP : pas de nivellement par le bas de nos normes !
Greenpeace – 31/05/16

L’agriculture de demain sera précise et durable
La Libre Belgique – 27/05/16

  * POLLUTION

  La pollution de l’air touche huit citadins sur dix
Le Monde – 13/05/16

  * BIODIVERSITE

  Comment les ichtyosaures ont disparu
Le Soir – 09/03/16

Un verger conservatoire pour sauvegarder notre terroir
Le Soir – 07/04/16

Les céphalopodes envahissent tous les océans du globe
Le Soir  – 28 & 29/05/16

  * NOUVELLES BREVES