Plutôt que de se lamenter sur la disparition annoncée de l'une ou l'autre espèce en danger (souvent parmi les plus visibles), une équipe de naturalistes a décidé de se mettre en quête d'espèces encore non identifiées. À l'issue d'une campagne de récolte et d'identification menée sur le continent africain, ces spécialistes - essentiellement entomologistes (spécialistes des insectes) - ont identifié 60 espèces nouvelles d'odonates; ce qu'en termes plus communs, on appelle les libellules et les demoiselles. 60 espèces ajoutées d'un coup aux 700 déjà connues, cela représente un accroissement de plus de 8%. Et il y a fort à parier que ce n'est qu'un début.  Les insectes ne sont à l'évidence pas les mammifères. Cependant, la réduction de population de ces derniers, quand ils sont sauvages, ne devrait pas faire oublier que les premiers cités sont aussi les plus nombreux contributeurs à la biodiversité, même s'ils n'offrent pas la même visibilité ni le même attrait «sentimental» ou anthropomorphique. Quelques entomologistes rappelleront au passage avec humour que la plus grande diversité de l'entomofaune se trouve à proximité des universités. Parce que les insectes se rapprochent des sources du savoir humain? Évidemment non ! Parce que c'est là qu'on a le plus cherché, notamment à l'occasion de travaux pratiques. Et s'il y en a beaucoup là, il y en a beaucoup ailleurs aussi. Dont acte !   Les insectes, faut-il enfin le rappeler, ont un cycle de vie court et la fréquence de mutation étant ce qu'elle est, de nouvelles populations peuvent rapidement émerger, adaptées à un milieu lui-même en évolution. Il ne faut pas courir en Afrique pour s'en rendre compte: cette réalité-là se retrouve aussi dans nos jardins. Encore faut-il prendre la peine de s'y attarder !  Athena – Juin 2016

  Une société bordelaise découvre une algue bio-pesticide prometteuse   Une petite société implantée en région bordelaise, ImmunRise, a découvert une algue microscopique produisant des molécules aux vertus bio-pesticides prometteuses, efficace à 100% contre le mildiou de la vigne en laboratoire.  Champignons  Les tests in vitro ont démontré que cette microalgue, réduite en poudre, combattait les champignons responsables des principales maladies décimant les filières de la tomate, de la pomme, de la pomme de terre, du blé, de la banane et surtout de la vigne, plus gros consommateur de produits phytosanitaires de synthèse en France. Selon les essais menés en laboratoire par l'Institut national de Recherche Agronomique (INRA) de Bordeaux, cette poudre de microalgue a 100% d'efficacité contre le mildiou, 50% sur le botrytis (une moisissure aussi appelée "pourriture grise") et sur quatre des sept champignons responsables de l'esca, une maladie du bois qui fait des ravages dans les vignobles du monde entier. Un fléau contre lequel aucun traitement n'est disponible depuis l'interdiction européenne en 2001 de l'arsénite de sodium, substance hautement toxique responsable de la mort de certains vignerons. […]  ImmunRise est-il en passe de révolutionner l'industrie des produits phytosanitaires? Pour en arriver là, il faudra passer avec succès les essais en plein champ sur les terres de l'INRA de Bordeaux, qui seront lancés lors de la prochaine campagne viticole en avril 2017. "Si les tests se confirment, ce sera très innovant", assure Marie-France Corio-Costet. "Beaucoup d'entreprises et de grandes firmes font des recherches sur les bio-pesticides et la bio-stimulation" mais "des produits homologués avec de bons résultats il y en a encore peu", précise la chercheuse.[…] Sciences et Avenir – 18 septembre 2016

  Un mois d'août caniculaire   Le mois dernier a été le mois d'août le plus chaud depuis 137 ans sur la planète, seizième record mensuel d'affilée en la matière, ce qui est sans précédent. La Terre n'avait jamais connu une aussi longue période de hausses mensuelles des températures depuis le début des relevés en 1880, a souligné mardi l'Agence océanique et atmosphérique américaine (NOAA).  Pour les huit premiers mois de 2016, la température à la surface des océans et des terres (14,1 degrés C) s'est située 1,01°C au-dessus de la moyenne du XXe siècle, surpassant le précédent record de la même période en 2015 de 0,16°C. L'année 2016 est ainsi bien partie pour battre un nouveau record annuel de chaleur, qui serait le troisième de suite.  Pour août, la température moyenne sur les terres et océans (15,6°C) a été 0,9°C supérieure à la moyenne du siècle dernier, ce qui en a fait le mois d'août le plus chaud dans les annales, battant le précédent record pour ce mois en 2015 de 0,05°C. «Le mercure a atteint des niveaux record pendant les huit premiers mois de 2016 sur l'ensemble de l'Alaska, dans l'ouest du Canada, le nord de l'Amérique du Sud, en Afrique, dans le sud de l'Europe, en Indonésie, et dans plusieurs régions d'Amérique centrale, dans les Caraïbes, l'Australie et la plupart de l'Asie », a précisé l'agence.  Faible surface de la banquise  En août, la température moyenne à la surface des océans était ainsi 0,77°C au-dessus de la moyenne du XXe siècle, la deuxième plus élevée jamais enregistrée. L'étendue des glaces arctiques a été en août 23,1% inférieur à la moyenne de 1981 à 2010. Il s'agit de la quatrième plus faible superficie de la banquise pour ce mois depuis 1979, début des observations par satellite. Les glaces arctiques ont atteint leur plus petite étendue pour l'été samedi dernier (16 septembre) avec 4,4 millions de km2 juste derrière le record de 2012 (3,39 millions de km2). Selon des chercheurs, l'océan Arctique pourrait être libéré des glaces durant l'été d'ici 2030 ce qui pourrait affecter le jet-stream et avoir un impact sur la météorologie plus au sud.  Le Soir - 22 septembre 2016

  Les gaz HFC seront bientôt bannis   Ces gaz sont 14 000 fois plus nocifs que le CO2 pour le climat.  Les gaz HFC, nocifs pour le climat, vont progressivement devoir être éliminés après un accord conclu samedi à Kigali par la communauté in-ternationale. Les hydrofluorocarbones (HFC) font partie des six grands gaz à effet de serre, responsables de la hausse accélérée de la température mondiale. S'ils restent bien moins longtemps dans l'atmosphère que le CO2, leur pouvoir de réchauffement est jusqu'à 14 000 fois supérieur.  Ces gaz synthétiques étaient employés par l'industrie chimique puis leur utilisation s'est élargie à la réfrigération, aux aérosols et à la climatisation. Ces vingt dernières années, ils ont remplacé d'autres gaz, les CFC et les HCFC   qui   détruisent   la   couche d'ozone. Un accord international signé en 1987, le Protocole de Montréal, avait décidé de la suppression des gaz CFC et de leur remplacement par les HFC, à une époque où la lutte contre le changement climatique n'était pas encore une priorité. Le trou dans la couche d'ozone a ainsi commencé à se résorber, mais il a fallu se pencher sur les moyens d'enrayer les dégâts climatiques des HFC. Leur élimination pourrait réduire de 0,5 degré le réchauffement mondial d'ici à 2100, selon une étude de l'Institute for Governance and Sustainable Development. D'ici 2036 pour les pays « développés » à 2047 pour les pays "en voie de développement, tous devront avoir réduit leur consommation de HFC de 85 %.  Comment se débarrasser des HFC  La Commission européenne explique qu'il existe une variété de solutions à appliquer en fonction des produits et des équipements mais aussi de la température du lieu où ils seront opérationnels. Ne pas utiliser de climatiseurs et de matériaux d'isolation en mousse contenant des HFC est la solution la plus efficace pour ne pas recourir à ces gaz. Pour y parvenir, surtout dans les pays aux climats chauds, il faudra investir dès la conception des bâtiments. Une aide de 80 millions de dollars (71,5 millions d'euros) a été promise même si le total nécessaire est estimé à plusieurs milliards de dollars à l'échelle mondiale. Pour les équipements réfrigérants (y compris les réfrigérateurs domestiques), des substances alternatives existent et sont déjà commercialisées. Parmi ces fluides frigorigènes figurent l'eau, l'ammoniac, l'oxyde de diméthyle ou... le dioxyde de carbone, le fameux CO2.  La Libre Belgique – 17 octobre 2016  

Nassonia a déjà ses fidèles soutiens   Rien n'est fait pour Nassonia. La commune de Nassogne, la Région wallonne et la Fondation Pairi Daiza discutent toujours de ce projet - de ce rêve -lancé par Eric Dombs l'été dernier. Rien n'est fait mais, sur le terrain, ils sont déjà des dizaines dans les starting-blocks à imaginer une forêt nouvelle. Il y a d'abord le groupe de pression « Pro-Nassonia », créé en juin dernier pour apporter un soutien marqué à l'idée alors que la forêt ne résonnait que de voix d'opposants. Il y a aussi, depuis mardi, et dans la foulée du premier, un « comité de réflexion » prêt à se mettre au service de l'opération.   Slow tourisme  Pour mémoire, avec son projet Nassonia, Eric Dombs, patron et fondateur de Pairi Daiza, voudrait soustraire 1.500 hectares de forêt communale du modèle de gestion publique classique (production « intensive » de bois et location de chasses). En lieu et place, il propose une gestion de 99 ans (via un bail emphytéotique « à l'échelle du temps forestier ») dans une optique de préservation de la biodiversité. Le site deviendrait une vitrine de la mise en œuvre de Natura 2000, il privilégierait un usage local des ressources en circuit court, il favoriserait la recherche scientifique sur les espèces et les habitats naturels, il deviendrait un outil éducatif... Mise à la mode « slow tourisme » et « slow économie », la grande forêt de Nassogne serait au cœur d'un redéploiement socio-économique de la région.  C'est parce qu'ils sont « convaincus de la réussite de ce projet» que les animateurs du « comité de réflexion » ont voulu saisir la main tendue par Eric Dombs. On y trouve des ASBL environnementales, des scientifiques, un chasseur, des acteurs touristiques... «Notre idée est de ficeler une série de projets pour être prêts dès le lancement de Nassonia, nous l'espérons, dans le courant du premier trimestre de 2017», dit Charles Piette, porte-parole de la nouvelle association. Quels projets ? Rien n'est encore décidé. Il évoque toutefois la mise en place d'un autre type de chasse, le balisage de circuits touristiques, la pose de caméras près de sites de nidification, la préparation d'animations pédagogiques... Le tout avec la bénédiction d'Eric Dombs qui représentera, au sein de ce comité, les intérêts de la Fondation Pairi Daiza.  Le Soir – 20 novembre 2016  

La pollution aux phtalates atteint aussi les réserves naturelles présumées vierges  Des chercheurs ont trouvé des traces de plastifiants chez des insectes d’une réserve naturelle guyanaise. La station des Nouragues est une base de recherche du CNRS. Elle est installée au cœur d’une réserve naturelle, dans la forêt humide guyanaise, à quelque 150 kilomètres au sud de Cayenne. Elle est nichée en pleine nature sauvage, le plus loin possible de toute forme d’activités humaines.  Interdit au public, l’accès à la réserve ne se fait que par hélicoptère, ou en remontant, à pirogue, le fleuve Approuague. Là, où tout est présumé vierge, où tout semble intact, des scientifiques du monde entier peuvent venir étudier un écosystème tropical forestier parfaitement préservé.  « Dispersion mondiale »  Parfaitement préservé? Voilà quelques mois, des chercheurs français sont venus prélever quelques fourmis aux alentours de la station pour tester une hypothèse ambitieuse : Virginie Cuvillier-Hot (CNRS, université de Lille), Alain Lenoir (CNRS, université de Tours) et leurs collègues ont fait le pari que la pollution aux phtalates – des plastifiants utilisés dans une grande variété de produits d’usage courant (cosmétiques, colles, meubles, plastiques souples, etc.) – est désormais si généralisée à la surface de la planète, qu’ils en trouveraient jusque dans les fourmis des Nouragues.  Leurs résultats, récemment publiés dans la revue Environmental Science and Pollution Research, montrent qu’ils ont (hélas !) gagné leur pari. Les insectes collectés présentaient presque tous des niveaux mesurables d’au moins un phtalate et, dans la majorité des cas, de plusieurs… Le Monde – 12 décembre 2016