35EME ANNIVERSAIRE DU CEAH

    C’est ce samedi 11 juin que le Centre d’Ecologie Appliquée du Hainaut a fêté son 35ème anniversaire au Relais de la Haute Sambre à Lobbes.  Une vingtaine de personnes étaient présentes pour célébrer cet événement.

  Le Président (et membre fondateur) a accueilli les participants et a rappelé dans quelles circonstances le Centre avait été créé avec Monsieur Pierre Piérart, Monsieur Jacques Duvigneaud, Monsieur Roger Vervoort et Monsieur Léon Woué.  Le CEAH à l'origine ne s'occupait que de la Province du Hainaut, il a été créé pour la sauvegarde des écosystèmes en général, pour l'aménagement des terrils et la protection des sites biologiques.  On y abordait la botanique et la géologie, ensuite une section anti-nucléaire militaire y a été rajoutée avec la création du Parc Hibakusha dans lequel chaque année se déroule une commémoration pour les victimes d'Hiroshima et de Nagasaki et une dernière section s'y est ajoutée, la mycologie.

    Monsieur Fourneau nous a ensuite présenté Monsieur Bernard Clesse, assistant au Centre Marie-Victorin, auteur de nombreux articles en mycologie et conférencier de ce jour anniversaire. (Voir compte rendu)

  Anne-Marie a ensuite remercié Monsieur Fourneau pour sa « fidélité » en tant que président, Macha Piérart pour son courage, sa gentillesse et sa générosité sans laquelle le CEAH n’aurait pu survivre à la maladie de Monsieur Piérart, Mario Lemaire qui nous a permis de continuer d’organiser les « grosses » expositions de champignons à Bon-Secours, Beloeil… et qui répond toujours présent aux sollicitations d’excursions pour le centre, Andrée et Michel Alsteen pour l’accueil qu’ils nous réservent deux semaines par an pour les animations « champignons »  et « mare » ainsi que toutes les personnes qui sont venues fêter cet anniversaire.

  Monsieur Fourneau a ensuite présenté le  montage réalisé par les techniciens de l’UMONS.  Ce film tourné au Parc Hibakusha a permis de visualiser une partie de la commémoration des bombardements sur Hiroshima et Nagasaki qui se déroule chaque année début août.  Il en a profité pour inviter les convives, le 6 août 2016, à cette cérémonie.  Une stèle en l’honneur de Pierre Piérart y a d’ailleurs été installée. 

    Est venu le temps de partager un repas convivial, avec des plats très copieux, très colorés et très bien présentés qui ont ravis les participants. La journée s’est terminée par une intéressante balade digestive  guidée par Jean-Marie Delmotte sur le site du Bois du Grand Bon Dieu à Thuin. Conférence de Bernard Clesse

  La conférence présentée par Bernard Clesse avait pour thème : « Les champignons, un patrimoine à préserver », les points principaux évoqués en étaient :

1. Petit état des lieux de la biodiversité fongique mondiale.
2. Écart entre le nombre d’espèces décrites et le nombre d’espèces potentielles : un abîme !
3. Mais pourquoi diable les gens s’intéressent-ils aux champignons ?
4. Comment améliorer la biodiversité fongique en Région wallonne ?

C’est ainsi que nous avons appris qu’en Belgique il y avait plus de 10.000 espèces de champignons répertoriés soit 7 à 8 fois plus que plantes supérieures.  A noter qu’en Flandre les inventaires sont plus avancés qu’en Wallonie, l’étendue du territoire et sa grande diversité en sont deux raisons mais également le fait qu’en Wallonie l’absence de chercheurs rémunérés par manque de fonds se fait cruellement sentir.

  Dans le monde, David L. Hawksworth, pionnier dans la recherches en matière de biodiversité fongique mondiale cite le chiffre d’environ 100.000 espèces décrites et de 1,5 millions d’espèces potentielles, seul  7% de la population mondiale de champignons sont connus, le reste est encore à découvrir si on ne détruit pas avant leur milieu comme c’est le cas pour les forêts tropicales qui constituent un énorme réservoir non seulement pour le milieu fongique mais également pour la faune et la flore.

  Bernard Clesse nous a également parlé des champignons des habitats inexplorés : les champignons hypogés, lichénicoles, ceux qu’on trouve dans les intestins des coléoptères,  les fèces et autres excréments d’animaux, les parasites de nos végétaux que sont les rouilles et oïdiums, des espèces menacées à l’échelle européenne ou en « voie de disparition », des nouvelles espèces ou « en voie de progression » sur le sol wallon. 

  Les changements climatiques s’ils affectent la faune et la flore, bouleversent également la carte de répartitions géographiques de certaines espèces.  En Belgique, les facteurs nuisibles à la biodiversité fongique sont entre autres : la régression de certains habitats semi-naturels, la gestion sylvicole,  le tassement des sols dus aux différentes activités humaines, l’agriculture intensive, le traitement sanitaire du bétail, la raréfaction des places à feu qu’affectionnent les espèces carbonicoles,…

  En conclusion, Bernard Clesse regrettait que l’on favorise actuellement les plantations de feuillus au détriment des conifères auxquels sont inféodés de nombreuses espèces d’oiseaux, d’insectes et de champignons. 

  Monsieur Fourneau a remercié Bernard Clesse pour le bel exposé.