A LA DECOUVERTE DU BOIS DU GRAND BON DIEU A THUIN
  - Jean-Marie Delmotte  -

    S'il est à Thuin un endroit propice à la promenade en famille, c'est bien le Bois du Grand Bon Dieu. Sillonné en tous sens par chemins et sentiers, il s'appelait jadis « Bois de l'Ermitage » à cause de la proximité, en bord de Biesmelle, d'un ermitage dédié à Saint Antoine. La présence d'un imposant calvaire daté de 1725 lui vaut son appellation actuelle.

  Le Bois du Grand Bon Dieu, c'est un plateau boisé de 16 hectares, entouré de toutes parts de vallées profondes formées par un large méandre de la Biesmelle, affluent de la Sambre, et le ruisseau de La Goulette, ou du Petit Paradis, ou du Houillon (c'est au choix), affluent de la Biesmelle. Ce plateau semble avoir été occupé par l'homme depuis une époque se perdant dans la nuit des temps, probablement le néolithique, il y a +/- 5000 années, ainsi qu'en témoigne le matériel lithique découvert sur place: haches et outils divers en pierre polie.

  Cette occupation humaine se serait poursuivie sous forme d'oppidum jusqu'à l'époque gauloise et même gallo-romaine, donc bien avant la fondation de la ville de Thuin sur son éperon rocheux.

  L'accès le plus aisé au bois se fait à l'ombre de beaux platanes, à partir du parking situé au lieu-dit « Petit Paradis », Route de Biesme. Une petite nécropole gallo-romaine a été découverte à cet endroit et fouillée au début des années soixante par les services du musée de Mariemont.

  Sur la droite, les vestiges d'une levée de terre sont nettement visibles, qui protégeait le seul point vulnérable de l'oppidum. Sur la gauche, un vaste terre-plein aménagé offre un magnifique point de vue sur la vallée de la Biesmelle et notamment sur la vieille forge du « « Haut Marteau ».

  Le Bois du Grand Bon Dieu est établi sur un massif rocheux constitué de poudingues, datant de l'emsien, de couleur rouge-grenat caractéristique. Formé d'un conglomérat de galets roulés cimentés naturellement, le poudingue est un véritable béton que l'érosion n'entame que très difficilement, ce qui explique le grand méandre de la Biesmelle défendant le site.

  Le sol peu profond du plateau ne permet pas le bon développement de la strate arborescente. L'essence dominante est le chêne pédonculé, le charme non exploité atteint ici des dimensions exceptionnelles.

  La strate arbustive est dominée par le houx et le néflier. Bourdaine, viorne obier, sorbier des oiseleurs, sureau à grappes, chèvrefeuille témoignent de l'acidité du sol. Peu de résineux épars, épicéas et douglas; quelques massifs d'ifs peuvent être observés à l'extrémité de l'allée centrale.

  La state herbacée est remarquable: grande luzule, oxalis, houlque molle, linaire commune, stellaire holostée, brunelle, flouve odorante, mélampyre des près, euphorbe des bois, gouet, germandrée scorodoine... et bien d'autres. Le printemps offre au promeneur un spectacle féerique dès la fin mars: ficaires anémones, jonquilles et surtout une mer azurée et odorante de jacinthes des bois...

  Extrait du texte de présentation d'un circuit "Handi-Rando" au Bois du Grand Bon Dieu réalisé par JM Delmotte en 2005.