Centre d'écologie appliquée du Hainaut

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jeudi 11 mai 2017

Bulletin N° 86 - Mars 2017

Nicolas Hulot, Marion Cotillard, Pierre Rabhi... signent l’appel du monde de demain

Militants, artistes et membres des mouvements associatifs lancent un appel aux citoyens comme aux candidats à se mobiliser et à imaginer qu’un autre monde est possible

Par Collectif

Par Collectif Nous, signataires de cet appel, ne croyons pas que les responsables politiques seuls ont le pouvoir de transformer la société. Il n’existe pas d’homme ou de femme providentiels.

Pour que les responsables politiques et économiques engagent des changements, ils ont besoin d’être portés, accompagnés, contraints parfois, par un mouvement puissant, par des millions de personnes qui s’unissent et s’engagent dans leur quotidien.

Nous sommes face à un choix historique.

Choisir le monde dans lequel nous vivrons dans les décennies qui viennent ou ne pas choisir et laisser les événements suivre leur cours.

Ce qui, au regard de l’écrasante majorité des données scientifiques que nous connaissons, ressemblera à peu près à cela: disparition d’une grande part des animaux sauvages, des forêts, de milliers d’espèces sur terre et dans les mers, augmentation des sécheresses, des inondations, des tornades, des typhons, territoires submergés, millions de réfugiés lancés sur les routes à la recherche d’un endroit où vivre, de moins en moins d’eau, des émeutes de la faim, des conflits pour s’approprier les ressources naturelles, une aggravation des inégalités, des tensions sociales et géopolitiques, des violences de toutes sortes parmi lesquelles le terrorisme, une explosion de la dette, des chocs économiques à répétition, du chômage… Inutile de continuer, et de dire où pourrait nous conduire cette litanie. Nous le savons. Ou nous devrions le savoir.

Alors qu’attendons-nous ?

Nous connaissons la plupart des solutions à nos problèmes, mais nous ne les mettons pas en place parce que les responsables politiques ne sont pas d’accord, parce que les grands industriels, les syndicats ou les administrations ne sont pas d’accord, parce que nous n’avons pas le temps, parce que c’est trop cher, parce que c’est compliqué, parce que, tout de même, nous ne sommes pas vraiment certains que tout cela soit si catastrophique…

En réalité, nous attendons souvent que quelqu’un s’y mette pour nous.

Nous en avons assez d’attendre que la catastrophe arrive.

Nous avons tant de choses à faire et tellement de potentialités pour y parvenir. Nettoyer les océans, replanter les forêts, produire une nourriture saine pour tous, en régénérant les sols et la biodiversité, faire en sorte que chaque être humain soit abrité, soigné, éduqué, produire de l’énergie renouvelable en abondance sans détruire les écosystèmes, réduire drastiquement notre consommation, trouver les moyens de fabriquer les objets de demain avec les déchets d’aujourd’hui, inventer les moyens les plus simples et les plus sains de vivre sur cette petite planète sans en épuiser les ressources ou en perturber les équilibres.

Nous savons faire tout cela. Peut-être pas encore aussi bien qu’il le faudrait, mais ce n’est qu’une question de temps et d’investissement. Nous réussissons ce que nous choisissons d’entreprendre, l’Histoire nous l’a montré, maintes fois. Nous avons calculé que toutes ces activités peuvent créer des centaines de millions d’emplois passionnants à travers le monde, redonner du sens à nos existences, à nos sociétés, y apporter la sécurité et la paix…

La question est de savoir ce que nous voulons vraiment.

Oui, mais comment démarrer ?

Nous sommes nombreux à être traversés par le découragement, la résignation, le cynisme parfois. Nous serions trop petits, trop faibles face aux gigantesques mécanismes à l’œuvre. Mais personne n’a traversé les océans, aboli l’esclavage, trouvé des traitements à des maladies en se répétant que rien ne changera jamais. Aujourd’hui, nous avons besoin de nous mobiliser comme jamais aucune communauté humaine avant nous. Nous avons besoin de déployer des trésors de créativité, de solidarité, d’intelligence. De sortir de nos intérêts personnels pour embrasser l’intérêt de tous. D’une certaine façon, rien n’est plus exaltant. Il y a là de quoi satisfaire nos besoins d’héroïsme bien plus intelligemment que toutes les guerres de ces derniers millénaires.

Le chemin ne sera ni court ni facile.

Nous aurons besoin de remporter des luttes démocratiques, de traverser des ruptures, d’avoir des idées radicalement nouvelles, d’apprendre à travailler ensemble malgré nos différences…

Nous aurons besoin de tous : élus, entrepreneurs, salariés, fonctionnaires, penseurs, artistes, mères ou pères au foyer, retraités, enfants, riches, pauvres, Français et étrangers…

Nous aurons besoin de projets pionniers et de lois accélérant la transition, d’investissements financiers et de changements personnels.

La bonne nouvelle est que nous sommes des millions en France, des milliards dans le monde et qu’en quelques décennies nous pourrions réorienter l’Histoire.

Aujourd’hui, nous vous appelons à rejoindre les millions de personnes qui se sont déjà mises au travail.

Nous vous appelons à vous informer, à lire, à écouter, à rencontrer, pour vous faire votre propre idée sur toutes ces questions.

Nous vous appelons à faire tout ce qui est possible dans votre quotidien, pour limiter notre impact sur la planète et les êtres humains.

Nous vous appelons à repenser votre métier : à faire ce qui vous passionne, ce pour quoi vous êtes vraiment doué et de vous servir de ce talent pour construire un monde plus juste et plus durable.

Nous vous appelons à vous regrouper, là où vous vivez, là où vous travaillez, pour porter des projets d’avenir, pour réunir ceux qui sont séparés, pour aider ceux qui sont les plus fragiles.

Nous vous appelons à vous mobiliser pour vous opposer aux lois qui exploitent la nature ou les êtres humains, pour porter de nouvelles idées jusque dans les sphères politiques.

Nous vous appelons à soutenir ceux qui portent déjà ces idées dans le champ politique, économique ou associatif.

Nous appelons les candidats partageant ces idées à se rassembler et à porter ensemble un projet pour transformer la France et l’Europe.

Nous vous appelons à rêver qu’un autre monde est possible.

Et à vous unir pour concrétiser ce rêve.

Signataires : Cyril Dion (auteur, réalisateur, cofondateur du mouvement Colibris), Pierre Rabhi (écrivain, agroécologiste, fondateur du mouvement Colibris), Nicolas Hulot (président de la Fondation Nicolas Hulot), Thierry Kuhn (président d’Emmaüs), Jean-François Julliard (directeur général de Greenpeace France), Cyril Lage (fondateur de Parlement & citoyens), Maxime de Rostolan (directeur de Fermes d’avenir), Martin Rieussec (Les Jours heureux), Thierry Salomon (viceprésident de l’Association négaWatt), Patrick Viveret (philosophe), Matthieu Chedid (chanteur, auteur compositeur), Marion Cotillard (actrice), Gaël Faure (chanteur), Arthur H (chanteur, auteur compositeur), Nancy Huston (écrivain), Mélanie Laurent (actrice, réalisatrice), Emily Loizeau (chanteuse, auteurcompositrice), Pierre Niney (acteur), Jérôme Pitorin (animateur et réalisateur), Marie-Monique Robin (auteur et réalisatrice), Olivier De Schutter (ancien rapporteur de l’ONU pour le droit à l’alimentation), Joël Labbé (sénateur), Eric Piolle (maire de Grenoble), Françoise Nyssen (présidente d’Actes Sud), Emmanuel Druon (président de Pocheco), Eric de Kermel (directeur de Bayard Nature et territoires), François Lemarchand (fondateur de Nature et découvertes), Christophe André (auteur et psychiatre).

Le Monde – 1er février 2017

Bulletin N° 86 - Mars 2017

« POUR UNE ÉCONOMIE NON-VIOLENTE »

- Cécile Lamarque - Les Amis de la Terre -

« Penser globalement, agir localement » est un slogan qui caractérise les Amis de la Terre depuis leur création. Cette revue, intitulée « Pour une économie non-violente », est une nouvelle illustration de ce besoin de disposer d’une analyse globale du monde dans lequel nous vivons afin d’en comprendre les grands enjeux et de définir des pistes douces ou radicales de changements à tous les niveaux d’engagement : individuel, collectif, sociétal. Cela faisait longtemps que nous n’avions pas pris à bras le corps cet énorme morceau qu’est devenu notre système économique capitaliste qui a envahi presque tous les coins de la planète et presque toutes les dimensions de notre vie : tout s’achète et tout se vend. La redéfinition, l’année passée, de nos trois grands axes de travail pour les années 2016-2020 (1) a ramené sur le devant de la scène notre besoin de redéfinir notre rapport au système économique à travers l’axe « Pour une économie non-violente ». Et comment mieux entamer nos réflexions et nos actions qu’à partir d’une revue qui brosse la situation actuelle de notre économie en n’oubliant pas de mettre en évidence les alternatives enthousiasmantes à cette Méga-machine.

Pour une économie non-violente, c’est d’abord prendre conscience que nous vivons dans une économie violente et les exemples ne manquent pas :
En 2015, 62 personnes possédaient autant de richesses que 3,6 milliards de personnes (soit la moitié la plus pauvre de l'humanité).

- En 2014, la part, toujours croissante, du patrimoine mondial détenu par les 1 % les plus fortunés a atteint 48 %. La quasi-totalité des 52 % de patrimoine restant est aux mains des 20 % les plus riches. 80 % de la population mondiale doit donc se contenter de 5,5 % des richesses. Les politiques des gouvernements et institutions internationales (FMI, Banque mondiale, etc.), qui se gargarisent de lutter contre la pauvreté, engendrent des inégalités jamais atteintes dans l’histoire.

- La spéculation financière, qui provoqua, entre autres tributs, la crise alimentaire de 2007-2008, a fait basculer plus de 100 millions de personnes dans la misère et la faim.

- Des centaines de millions d’hectares sont consacrés à la production massive d’agrocarburants en dépossédant des dizaines de millions de paysans de leurs terres, en détruisant la biodiversité, en polluant les sols et contaminant les eaux.

- L’émission de gaz à effet de serre ne cesse de croître tout en dévastant les puits de leur absorption (les forêts, les océans).

- La fragilisation des écosystèmes est telle qu’une vague d'extinction des espèces vivantes sans précédent depuis la disparition des dinosaures, il y a 65 millions d'années, est en cours.

Et tout cela s’appuie sur des lobbys auprès des parlementaires, des gouvernements, des instances régionales et internationales, qui visent à ce que les droits du marché prévalent sur ceux de la vie. Mais aussi sur l’érection de murs, sur la mobilisation des forces de l’ordre pour exclure des populations qui fuient les conditions de misère provoquées en grande partie par ceux-là même qui les excluent. Ou encore sur des bases militaires présentent partout sur la planète qui assurent le contrôle des ressources naturelles. Et enfin, sur le déclenchement de guerres pour garantir ce contrôle quand cela s’impose !

Promouvoir une économie qui crée d’immenses richesses en ignorant les externalités, c’est-à-dire les dommages écologiques et sociaux qui n’entrent pas dans le calcul économique, est intolérable.

La liste des méfaits et autres crimes contre l'humanité et la nature menés par une minorité égoïste et avide est longue. Elle recouvre les cinq siècles écoulés, marqués par l’imposition au monde du mode de production capitaliste. En effet, si la violence est omniprésente dans l’histoire de l’humanité, la découverte du « nouveau monde » en 1492 est souvent présentée comme la date symbolique qui a vu basculer le monde dans un processus de spoliation des peuples et des ressources sans précédent, et qui perdure encore aujourd’hui.

La vie prospère sur notre planète depuis près de 4 milliards d'année. Contrairement à ce qu’affirment certains idéologues, le capitalisme n’est pas la destinée « naturelle » de toute société humaine ; il est plutôt une erreur historique relativement récente. Rien d’incongru, donc, à imaginer son abandon et à tordre le cou à la célèbre expression de Margaret Thatcher « There Is No Alternative ».

L’absurdité et la violence intrinsèque de notre système économique, qui fait proliférer des biens inutiles, ignore les vrais besoins humains, exploite impunément la nature et amplifie les inégalités entre les individus, est inacceptable. En outre, sur une planète dont les limites ont déjà été dépassées, sortir d'un système qui compromet dangereusement le fragile équilibre écologique et la vie sur terre n'est pas une option mais une nécessité.

Face à cette économie de prédation et de dépossession, nous proposons et soutenons une « économie non-violente ». Encourager l'émergence d'une « économie non-violente », c'est inviter à un changement radical de direction. Le point de départ est l'inévitable réduction de la pression sur la biosphère. Si notre espèce veut perdurer, il est nécessaire de replacer l'économie au service de la vie : ce qui est produit doit satisfaire les besoins humains selon des critères d'équité et dans le respect des limites écologiques locales et globales.

Il est nécessaire, aussi, de reconsidérer le rapport entre l’humain et la nature : passer de son exploitation à son respect comme source de la vie. Replacer l'humain au sein de la nature, c'est-à-dire comme appartenant à la nature au même titre que les autres espèces. Il peut dès lors y laisser son empreinte pourvu qu'elle ne soit pas néfaste pour l’environnement, et donc pour lui-même.

Cela implique, enfin, de reconsidérer nos relations les uns à l'égard des autres. Cette économie se veut centrée sur la satisfaction des besoins, pas des désirs : la préoccupation collective de premier ordre est non plus la croissance mais l'amélioration de la qualité de vie et du bien-être de toutes et tous.

La non-violence, comme dimension constitutive des rapports humains, exige que l’on mette un terme aux causes de la violence, c’est-à-dire aux structures économiques, sociales et politiques qui oppriment les personnes et les peuples. À cette fin, précisons que la non-violence, ce n'est pas éviter ou ignorer les conflits, tout du contraire. C’est rejeter la passivité et la soumission, c'est mener des actions efficaces quand il s'agit de s'opposer à des injustices et défendre les droits humains, c'est agir positivement pour résister à l’oppression et faire naître le changement.

Concevoir de nouvelles formes d'organisations sociales et économiques, compatibles avec l'épanouissement de toutes et tous, est nécessaire mais non suffisant. La violence de la société est le reflet d'une violence qui existe aussi à l'intérieur de nous. Dès lors, cette volonté de transformation sociétale doit aller de pair avec une transformation intérieure, avec une autre manière d'être au monde, de la part de chacune et chacun d'entre nous.

Utopie tout cela ? Utopie nécessaire pour assurer la survie de l’humanité et de la planète. Et cette utopie est déjà là en germe. Partout sur la planète, des femmes et des hommes refusent et combattent l'injustice. Partout, des alternatives sociales, économiques, démocratiques et écologiques se mettent en place. Bien que partielles et insuffisantes, ces alternatives nous aident à rompre avec le fatalisme et constituent des sources d'inspiration pour nos actions individuelles et collectives. Beaucoup sont simples, cohérentes et pourraient être mises en œuvre dès aujourd’hui avec un peu de volonté politique.

Cette revue se veut une contribution à cette utopie souhaitable et nécessaire. Elle invite à découvrir et apprécier ce « déjà-là », les germes de ce que pourrait être une « économie non-violente ». Nous l'avons articulée autour du « REV » (Résistance, Expérimentation, Vision) proposé par Patrick Viveret. Le REV pose le caractère inséparable et interdépendant de ces trois éléments pour atteindre un trépied émancipateur : « Une résistance sans perspective et sans expérimentation devient une simple révolte souvent désespérée et désespérante. Une vision transformatrice sans résistance et sans expérimentation devient un simple horizon idéal sans traduction incarnée. Une expérimentation coupée de la résistance créative et de la vision transformatrice devient une soupape de sûreté ou une caution du système dominant sans capacité à le transformer ».

Cette revue se veut inclusive et rassembleuse. Du fait des contraintes éditoriales, il y a pourtant de nombreux absents. Du Buen Vivir des peuples autochtones andins aux principes gandhiens de Sarvodaya et Satyagraha portés par les mouvements populaires en Inde, nombre de visions et mouvements, porteurs de cette nouvelle humanité, n'ont pu y être présentés. Ils nourrissent néanmoins notre engagement.

Les questions des normes véhiculées par nos sociétés, celles de la reconnaissance, de l'inclusion et de l'épanouissement de toutes et tous - indépendamment des cultures, des religions, des différences, des handicaps, etc. - sont au cœur des défis à relever pour une nouvelle humanité. La société à laquelle nous aspirons est une société avec, par et pour les « sans » (terre, « papier », toit, etc.), les exclus, les opprimés, les marginalisés, les mis à l'écart, les niés, les passés sous silence, etc. À défaut de pouvoir mettre suffisamment de mots sur ces questions, ces vécus, ces combats, nous proposons une courte mais vivifiante traversée en images au côté du Créahm et de ses artistes. Le Créahm est une association dont l’objectif est de révéler et de déployer des formes d’art produites par des personnes handicapées mentales. L'objectif artistique est aussi sociétal et politique : l’espoir et la volonté de tendre vers une société où la différence - ici celle du handicap mental - est véritablement accueillie. Vous pourrez apprécier au fil des pages les créations de certains de ces artistes : des univers artistiques d’une extrême richesse.

Enfin, si cette transition peut parfois nous sembler lente et laborieuse, les Amis de la Terre souhaitent, par cette revue, en faire partager l’urgence et l’heureuse nécessité !

Le générique masculin est utilisé dans cette revue sans aucune discrimination et uniquement dans le but d’alléger le texte.

(1) « Pour une Terre vivante », « Pour une vie plus simple », « Pour une économie non-violente ».

Les Amis de la Terre - Belgique
ASBL, Rue Nanon, 98 à 5000 Namur

081 39 06 39 - contact chez amisdelaterre.be

Banque Triodos - IBAN BE65.5230.8002.7196 - BIC TRIOBEBB - « TVA » BE 0416.061.803

Bulletin N° 86 - Mars 2017

Du nectar et des données Si les abeilles, avec leur miel, nous nourrissent depuis des siècles, elles nous fourniront également désormais des informations capitales quant à la qualité de notre environnement. Pouvant butiner annuellement jusqu'à 4 milliards de fleurs sur une surface moyenne de 1,5 km, les abeilles ramènent, au sein de la ruche, du nectar et de l'eau prélevés sur ces fleurs. D'où l'idée de relever des échantillons, de les analyser et de récolter ainsi de précieuses données relatives aux pesticides et métaux lourds ainsi qu'à la diversité végétale et à sa qualité nutritionnelle pour les pollinisateurs. Une fois traitées, ces informations ser-viront à dresser un état des lieux afin de prendre éventuellement des mesures en cas d'atteintes à l'environnement. C'est ce que conduit actuellement Beeodiversity, au niveau de la Région de Bruxelles-Capitale, en coopération avec des entreprises comme Ella, Tractebel, Sodexo, etc. Ce monitoring permettra de cartographier les zones à risques; d'aménager les espaces verts; d'informer les autorités et les for vives ou encore, d'identifier l'origine des pesticides et métaux lourds. Si actuellement, Beeodiversity a installé 10 places de monitoring, l'ambition du projet est d'avoir une quinzaine de sites de veille en région bruxelloise et de couvrir 80% de la région. www.beeodiversity.com Athena – Décembre 2016

Les feux d'artifice provoquent un pic de pollution Les feux d'artifice du réveillon ont provoqué un dangereux pic de pollution dans plusieurs villes allemandes. Les activistes environnementaux veulent en restreindre l'utilisation future par la loi. A Munich, la pollution de l'air mesurée était 26 fois supérieure à la limite européenne recommandée. Les feux d'artifice ont émis 4.000 tonnes de particules fines (PM10) dans l'air, soit l'équivalent de 15% des émissions annuelles des véhicules. Les particules fines sont particulièrement nuisibles aux personnes atteintes d'asthme ou de problèmes cardiaques. Le problème ne s'est par contre pas posé en Belgique, selon Frans Fierens de la Cellule interrégionale de l'environnement (CELINE). Le Soir – 5 janvier 2017

Le mystère des nuages est en voie de résolution La compréhension fine de la formation des nuages est à ce jour le principal verrou pour la prédiction du climat de demain. Les chercheurs peinent en effet à comprendre comment les multiples molécules chimiques peuplant l'atmosphère commencent à agréger des molécules d'eau, un processus baptisé nucléation, qui conduit à la formation des nuages. Une expérience baptisée Cloud, menée au Cern de Genève, et qui reproduit en laboratoire aussi fidèlement que possible les conditions de la haute atmosphère (froid extrême, rayonnement ultraviolet intense, flux de particules énergétiques, gaz multiples à une densité très faible), vient de livrer des résultats fascinants sur la question. "Nous avons constaté que le soufre, que nous pensions indispensable à la nucléation, ne l'est pas, et que des composés organiques, naturels ou d'origine humaine, jouent un rôle important. Cela suggère qu'il y avait plus de nuages avant la révolution industrielle que ce que nous croyions", indique Urs Baltensperger, l'un des auteurs de ce travail, qui est en train de confirmer ces résultats avec des mesures dans des sites d'altitude. "Cela pourrait rendre moins probables les réchauffements les plus extrêmes prévus par les modèles climatiques. " Science & Vie – Janvier 2017

C'est prouvé: la santé d'une forêt est liée à la diversité de ses arbres Plus une parcelle forestière contient d'espèces, plus elle est productive - autrement dit, plus elle fabrique de matière végétale au mètre carré. Voilà ce que vient d'établir une étude d'une ampleur inédite conduite par le projet international GFBI (Global Forest Biodiversity Initiative), à partir des données de 780 000 parcelles réparties dans 44 pays. En dépit de la grande diversité de forêts impliquées, qui vont de l'Amazonie à l'Arctique, en passant par la Méditerranée, la règle s'est confirmée partout, avec plus ou moins de force. « C'est quelque chose que l'on soupçonnait, car plus d'espèces signifie une meilleure exploitation des ressources et une meilleure résistance aux chocs écologiques, comme les sécheresses ou les maladies », précise Bruno Hérault, chercheur au Cirad en Guyane et coauteur de l'étude. Mais de l'avoir démontré à pareille échelle devrait définitivement tordre le cou à l'idée, répandue selon lui parmi les forestiers, que la parcelle la plus productive est celle où tous les arbres appartiennent à la même espèce. « De plus, rappelle-t-il, la biodiversité est une assurance contre le changement climatique : si l'on a plus d'espèces, on a plus de chances que la forêt résiste bien au réchauffement. » Science & Vie – Janvier 2017

Le plus grand sanctuaire marin en Antarctique La mer de Ross, une immense baie de l'Antarctique, accueillera le plus grand sanctuaire marin, vaste de plus de 1,55 million de kilomètres carrés (soit presque 50 fois la taille de la Belgique), dont 1,12 million de kilomètres carrés interdits à la pêche. L'océan Antarctique couvre 15 % de la surface des océans. Il abrite des écosystèmes exceptionnels et accueille plus de 10 000 espèces uniques. La mer de Ross, particulièrement éloignée des routes maritimes, est restée jusqu'à présent remarquablement préservée, mais commençait à être menacée par les pêcheurs industriels qui venaient s'approvisionner en légine, poisson à haute valeur commerciale en raison de sa chair blanche, en krill (minuscules crevettes dévorées par les baleines) et en petits rorquals australs particulièrement prisés au Japon. Ce projet, défendu par les Etats-Unis et la Nouvelle-Zélande et approuvé par la Commission pour la conservation de la faune et de la flore marines de l'Antarctique, prendra effet en octobre prochain pour une durée de 35 ans. La France et l'Australie proposent maintenant de créer une seconde zone marine, dans l'est de l'Antarctique, couvrant un million de kilomètres carrés. Le projet pourrait être accepté à la fin de l'année. Imagine – Janvier/Février 2017

Il sera difficile de faire rentrer le génie génétique dans sa lampe… Elles sont 150 ONG, toutes signataires d'une pétition appelant à un moratoire sur le "forçage génétique" (gène drives, en anglais). One toute récente technique, qui permet d'imposer un caractère nouveau à la totalité d'une espèce sauvage. Au point, potentiellement, de la détruire - comme le proposent certains projets de lutte contre les moustiques ou les souris. Pour ces ONG, les conséquences d'une modification du patrimoine génétique d'une espèce entière sont imprévisibles. Ne risque-t-elle pas d'être transmise à d'autres espèces au gré d'hybridations incontrôlables? Par quoi seraient remplacées les espèces éliminées? Comment gérer une espèce nuisible ici, mais bénéfique ailleurs? Qui serait responsable juridiquement en cas de dégâts? Autant de questions auxquelles il est urgent de répondre. Pourtant, le moratoire demandé a peu de chances de voir le jour. Le génie génétique sera bien difficile à faire rentrer dans sa lampe! D'abord parce que la mise en œuvre du forçage génétique n'a plus rien d'un secret bien gardé: elle a déjà été dévoilée en détail dans la littérature scientifique publique. De plus, elle est largement facilitée par la technologie de "réécriture" du génome CRISPR-Cas9, dont beaucoup d'équipes profitent déjà. Enfin, certaines recherches travaillent désormais à la fabrication d'antidotes génétiques au for-çage... ce qui suppose justement de manipuler ces technologies. Une nouvelle illustration que la biologie devient de plus en plus difficile à réguler, alors même que ses pouvoirs inédits nécessiteraient davantage de contrôle. Science & Vie – Février 2017

3,8% C’est le plafond que veut fixer Bruxelles pour la part des biocarburants de première génération dans les transports d’ici à 2030 (7% en 2020). Prenant ainsi acte de leurs mauvais chiffres en termes d’émissions de gaz à effet de serre. Science & Vie – Février 2017

En Europe, l'éolien dépasse le charbon Les capacités installées en Europe d'énergie éolienne ont dépassé en 2016 celles des centrales à charbon, selon des données publiées jeudi 9 février par les industriels du secteur. Avec une capacité installée totale de 153,7 gigawatts (GW), l'énergie éolienne dépasse désormais le charbon pour devenir le deuxième plus grand parc de capacité de production d'électricité en Europe. En 2016, 12,5 GW de nouvelles capacités éoliennes ont été installées, en baisse de 3% sur un an, mais elles ont représenté plus de la moitié (51 %) de l'ensemble des nouvelles capacités de production de courant mises en service, toutes énergies confondues. Cependant, l'énergie du vent n'a représenté que 10,4% de la consommation européenne d'électricité, du fait d'un rendement inférieur aux énergies conventionnelles. Le Monde – 10 février 2017

Fukushima: chiffres clés pour le sixième anniversaire Le 11 mars 2011 débutait l’accident nucléaire de Fukushima, un accident industriel majeur qui a débuté le 11 mars 2011 au Japon, à la suite du séisme et du tsunami de 2011. Depuis, on ne fait que ce rendre compte que les conséquences sont terribles. Un accident nucléaire est possible et est une véritable catastrophe. Le nier comme le font le secteur et les pro-nucléaires est quasi criminel. Le nucléaire est une erreur du passé. L’avenir c’est la sobriété et les énergies renouvelables. Un site internet fait un suivi scrupuleux de l’évolution des choses : l’ACROnique de Fukushima, la catastrophe au jour le jour. Inter Environnement Wallonie – 11 mars 2017

Le Parlement européen balise le chemin vers une économie circulaire Ce mardi 14 mars, les membres du Parlement européen ont procédé à un vote important visant une utilisation des ressources plus efficace. Quatre rapports sur des piliers essentiels du Paquet Economie Circulaire ont été adoptés en plénière. Les ambitions soutenues par le Parlement constituent un signal fort pour mettre fin au gaspillage de ressources en Europe. Après un faux départ et plus de deux ans de discussions, le Parlement européen a adopté hier en plénière différents rapports, pièces maîtresses concrétisant la transition vers une économie plus circulaire. Les réformes touchent la Directive Cadre sur les déchets, la directive sur les emballages, les véhicules hors d’usage et les déchets électriques et électroniques (DEEE). Les eurodéputés ont appuyé une série d’objectifs ambitieux notamment en matière de recyclage et de gaspillage alimentaire. A l’horizon 2030, sont visés : Un objectif de 70% de recyclage des déchets municipaux (contre 65% visés au cours des discussions précédentes); Un objectif de 80% de recyclage des emballages; Un plafond de 5% des déchets qui pourront être mis en décharge; Une collecte sélective obligatoire pour les déchets organiques, les textiles et les huiles usagées; Un renforcement d’instruments économiques décourageant la mise en CET et l’incinération ou incitant au mécanisme de consignes; Des restrictions quant à la présence de substances dangereuses dans les déchets. En matière de gaspillage alimentaire, les députés ont également fait preuve d’ambition avec un objectif de réduire de 50% le gaspillage de nourriture pour 2030… mais celui-ci n’est actuellement pas contraignant. Une clause propose néanmoins un réexamen en 2020 pour rendre cet objectif contraignant. Autre regret, les députés n’ont pas soutenu un objectif de réduction des déchets marins alors que ceux-ci constituent un problème environnemental majeur. Ce vote lance toutefois un signal important vers les décideurs européens et il reste à espérer que les discussions en trilogue (Conseil européen, Commission, Parlement) ces prochains mois n’affaibliront pas ces objectifs. Inter Environnemnt Wallonie – 16 mars 2017

Bulletin N° 86 - Mars 2017

EDITORIAL

Animations sur l’écosystème « mare »
au Camping d’Epinois du 2 au 5 mai

Stage Découverte de la nature
à l’Abbaye de Saint-Denis du 10 au 14 juillet

ARTICLES

Nicolas Hulot, Marion Cotillard, Pierre Rabhi…
signent l’appel du monde de demain

Pour une économie non violente
Cécile Lamarque

COP 22 : il est urgent d’agir
Paul Devuyst

Faire revenir à la vie des sols presque morts
Entretien avec Claude Grison

Une planète à la mer
Camille Delannois

Pollution – Elle s’attaque aux cerveaux
L’événement S&V - Janvier 2017

REVUE DE LA PRESSE

 ENERGIE

Se chauffer avec les entrailles de la Terre
Imagine – Mars/Avril 2017

Fukushima, 100% renouvelable en 2040
Imagine – Mars/Avril 2017

 CLIMAT

Quinze mois au pôle Nord pour capter son climat
Le Soir – 02/03/17

« Les concentrations de méthane sont reparties à la hausse depuis 2007 »
La Recherche - Février 2017

 ENVIRONNEMENT

Allô la Terre, ici les plantes…
La Libre Belgique – 02/01/17

Trop de smartphones nuit à la planète
Le Soir – 28/02/17

 AGROECOLOGIE

Permaculture : un autre regard sur la vie
L’Avenir – 13/02/17

L’agriculture s’invite en ville
Le Vif – 17/02/17

L’agroécologie peut réconcilier tous les acteurs
Le Monde – 04/03/17

Les pesticides ne sont pas indispensables
Le Soir – 08/03/17

 BIODIVERSITÉ

Un retour probable du canis lupus en Wallonie
Imagine – Janvier/Février 2017

Où trouver les richesses naturelles aclotes
Le Soir – 02/03/17

 POLLUTION

Initiative citoyenne contre le glyphosate
Le Monde – 10/02/17

Les abysses souillés par la pollution humaine
Le Soir – 15/02/17

 NOUVELLES BREVES

Manifeste pour une finance responsable et solidaire, respectueuse de l’homme et de l’environnement Lisez et, si vous êtes d’accord, signez-le et renvoyez-le à Financité

Bulletin N° 86 - Mars 2017

Chers membres, Voici un bulletin qui plaira certainement à tous les écologues soucieux de l'environnement global puisqu'il y est totalement consacré, en espérant que les lecteurs envisagent ces articles avec réflexion.

Je me permets de souligner la lecture de l'interview de Madame Claude Grison concernant la mise en recherche d'expériences sur les plantes susceptibles de dépolluer les sols gorgés d'éléments lourds d'autant plus que feu Monsieur Duvigneaud, botaniste éminent et moi-même avions déjà proposé ce genre d'expérience pour les haldes calaminaires de l'extrême est de la Wallonie il y a une vingtaine d'années mais qu'à notre connaissance aucun jeune botaniste n'a encore envisagé chez nous. Espérons que cet article soit un appel à ce genre d'étude.

Bonne saison de printemps-été à tous.

Le Président