Du nectar et des données Si les abeilles, avec leur miel, nous nourrissent depuis des siècles, elles nous fourniront également désormais des informations capitales quant à la qualité de notre environnement. Pouvant butiner annuellement jusqu'à 4 milliards de fleurs sur une surface moyenne de 1,5 km, les abeilles ramènent, au sein de la ruche, du nectar et de l'eau prélevés sur ces fleurs. D'où l'idée de relever des échantillons, de les analyser et de récolter ainsi de précieuses données relatives aux pesticides et métaux lourds ainsi qu'à la diversité végétale et à sa qualité nutritionnelle pour les pollinisateurs. Une fois traitées, ces informations ser-viront à dresser un état des lieux afin de prendre éventuellement des mesures en cas d'atteintes à l'environnement. C'est ce que conduit actuellement Beeodiversity, au niveau de la Région de Bruxelles-Capitale, en coopération avec des entreprises comme Ella, Tractebel, Sodexo, etc. Ce monitoring permettra de cartographier les zones à risques; d'aménager les espaces verts; d'informer les autorités et les for vives ou encore, d'identifier l'origine des pesticides et métaux lourds. Si actuellement, Beeodiversity a installé 10 places de monitoring, l'ambition du projet est d'avoir une quinzaine de sites de veille en région bruxelloise et de couvrir 80% de la région. www.beeodiversity.com Athena – Décembre 2016

Les feux d'artifice provoquent un pic de pollution Les feux d'artifice du réveillon ont provoqué un dangereux pic de pollution dans plusieurs villes allemandes. Les activistes environnementaux veulent en restreindre l'utilisation future par la loi. A Munich, la pollution de l'air mesurée était 26 fois supérieure à la limite européenne recommandée. Les feux d'artifice ont émis 4.000 tonnes de particules fines (PM10) dans l'air, soit l'équivalent de 15% des émissions annuelles des véhicules. Les particules fines sont particulièrement nuisibles aux personnes atteintes d'asthme ou de problèmes cardiaques. Le problème ne s'est par contre pas posé en Belgique, selon Frans Fierens de la Cellule interrégionale de l'environnement (CELINE). Le Soir – 5 janvier 2017

Le mystère des nuages est en voie de résolution La compréhension fine de la formation des nuages est à ce jour le principal verrou pour la prédiction du climat de demain. Les chercheurs peinent en effet à comprendre comment les multiples molécules chimiques peuplant l'atmosphère commencent à agréger des molécules d'eau, un processus baptisé nucléation, qui conduit à la formation des nuages. Une expérience baptisée Cloud, menée au Cern de Genève, et qui reproduit en laboratoire aussi fidèlement que possible les conditions de la haute atmosphère (froid extrême, rayonnement ultraviolet intense, flux de particules énergétiques, gaz multiples à une densité très faible), vient de livrer des résultats fascinants sur la question. "Nous avons constaté que le soufre, que nous pensions indispensable à la nucléation, ne l'est pas, et que des composés organiques, naturels ou d'origine humaine, jouent un rôle important. Cela suggère qu'il y avait plus de nuages avant la révolution industrielle que ce que nous croyions", indique Urs Baltensperger, l'un des auteurs de ce travail, qui est en train de confirmer ces résultats avec des mesures dans des sites d'altitude. "Cela pourrait rendre moins probables les réchauffements les plus extrêmes prévus par les modèles climatiques. " Science & Vie – Janvier 2017

C'est prouvé: la santé d'une forêt est liée à la diversité de ses arbres Plus une parcelle forestière contient d'espèces, plus elle est productive - autrement dit, plus elle fabrique de matière végétale au mètre carré. Voilà ce que vient d'établir une étude d'une ampleur inédite conduite par le projet international GFBI (Global Forest Biodiversity Initiative), à partir des données de 780 000 parcelles réparties dans 44 pays. En dépit de la grande diversité de forêts impliquées, qui vont de l'Amazonie à l'Arctique, en passant par la Méditerranée, la règle s'est confirmée partout, avec plus ou moins de force. « C'est quelque chose que l'on soupçonnait, car plus d'espèces signifie une meilleure exploitation des ressources et une meilleure résistance aux chocs écologiques, comme les sécheresses ou les maladies », précise Bruno Hérault, chercheur au Cirad en Guyane et coauteur de l'étude. Mais de l'avoir démontré à pareille échelle devrait définitivement tordre le cou à l'idée, répandue selon lui parmi les forestiers, que la parcelle la plus productive est celle où tous les arbres appartiennent à la même espèce. « De plus, rappelle-t-il, la biodiversité est une assurance contre le changement climatique : si l'on a plus d'espèces, on a plus de chances que la forêt résiste bien au réchauffement. » Science & Vie – Janvier 2017

Le plus grand sanctuaire marin en Antarctique La mer de Ross, une immense baie de l'Antarctique, accueillera le plus grand sanctuaire marin, vaste de plus de 1,55 million de kilomètres carrés (soit presque 50 fois la taille de la Belgique), dont 1,12 million de kilomètres carrés interdits à la pêche. L'océan Antarctique couvre 15 % de la surface des océans. Il abrite des écosystèmes exceptionnels et accueille plus de 10 000 espèces uniques. La mer de Ross, particulièrement éloignée des routes maritimes, est restée jusqu'à présent remarquablement préservée, mais commençait à être menacée par les pêcheurs industriels qui venaient s'approvisionner en légine, poisson à haute valeur commerciale en raison de sa chair blanche, en krill (minuscules crevettes dévorées par les baleines) et en petits rorquals australs particulièrement prisés au Japon. Ce projet, défendu par les Etats-Unis et la Nouvelle-Zélande et approuvé par la Commission pour la conservation de la faune et de la flore marines de l'Antarctique, prendra effet en octobre prochain pour une durée de 35 ans. La France et l'Australie proposent maintenant de créer une seconde zone marine, dans l'est de l'Antarctique, couvrant un million de kilomètres carrés. Le projet pourrait être accepté à la fin de l'année. Imagine – Janvier/Février 2017

Il sera difficile de faire rentrer le génie génétique dans sa lampe… Elles sont 150 ONG, toutes signataires d'une pétition appelant à un moratoire sur le "forçage génétique" (gène drives, en anglais). One toute récente technique, qui permet d'imposer un caractère nouveau à la totalité d'une espèce sauvage. Au point, potentiellement, de la détruire - comme le proposent certains projets de lutte contre les moustiques ou les souris. Pour ces ONG, les conséquences d'une modification du patrimoine génétique d'une espèce entière sont imprévisibles. Ne risque-t-elle pas d'être transmise à d'autres espèces au gré d'hybridations incontrôlables? Par quoi seraient remplacées les espèces éliminées? Comment gérer une espèce nuisible ici, mais bénéfique ailleurs? Qui serait responsable juridiquement en cas de dégâts? Autant de questions auxquelles il est urgent de répondre. Pourtant, le moratoire demandé a peu de chances de voir le jour. Le génie génétique sera bien difficile à faire rentrer dans sa lampe! D'abord parce que la mise en œuvre du forçage génétique n'a plus rien d'un secret bien gardé: elle a déjà été dévoilée en détail dans la littérature scientifique publique. De plus, elle est largement facilitée par la technologie de "réécriture" du génome CRISPR-Cas9, dont beaucoup d'équipes profitent déjà. Enfin, certaines recherches travaillent désormais à la fabrication d'antidotes génétiques au for-çage... ce qui suppose justement de manipuler ces technologies. Une nouvelle illustration que la biologie devient de plus en plus difficile à réguler, alors même que ses pouvoirs inédits nécessiteraient davantage de contrôle. Science & Vie – Février 2017

3,8% C’est le plafond que veut fixer Bruxelles pour la part des biocarburants de première génération dans les transports d’ici à 2030 (7% en 2020). Prenant ainsi acte de leurs mauvais chiffres en termes d’émissions de gaz à effet de serre. Science & Vie – Février 2017

En Europe, l'éolien dépasse le charbon Les capacités installées en Europe d'énergie éolienne ont dépassé en 2016 celles des centrales à charbon, selon des données publiées jeudi 9 février par les industriels du secteur. Avec une capacité installée totale de 153,7 gigawatts (GW), l'énergie éolienne dépasse désormais le charbon pour devenir le deuxième plus grand parc de capacité de production d'électricité en Europe. En 2016, 12,5 GW de nouvelles capacités éoliennes ont été installées, en baisse de 3% sur un an, mais elles ont représenté plus de la moitié (51 %) de l'ensemble des nouvelles capacités de production de courant mises en service, toutes énergies confondues. Cependant, l'énergie du vent n'a représenté que 10,4% de la consommation européenne d'électricité, du fait d'un rendement inférieur aux énergies conventionnelles. Le Monde – 10 février 2017

Fukushima: chiffres clés pour le sixième anniversaire Le 11 mars 2011 débutait l’accident nucléaire de Fukushima, un accident industriel majeur qui a débuté le 11 mars 2011 au Japon, à la suite du séisme et du tsunami de 2011. Depuis, on ne fait que ce rendre compte que les conséquences sont terribles. Un accident nucléaire est possible et est une véritable catastrophe. Le nier comme le font le secteur et les pro-nucléaires est quasi criminel. Le nucléaire est une erreur du passé. L’avenir c’est la sobriété et les énergies renouvelables. Un site internet fait un suivi scrupuleux de l’évolution des choses : l’ACROnique de Fukushima, la catastrophe au jour le jour. Inter Environnement Wallonie – 11 mars 2017

Le Parlement européen balise le chemin vers une économie circulaire Ce mardi 14 mars, les membres du Parlement européen ont procédé à un vote important visant une utilisation des ressources plus efficace. Quatre rapports sur des piliers essentiels du Paquet Economie Circulaire ont été adoptés en plénière. Les ambitions soutenues par le Parlement constituent un signal fort pour mettre fin au gaspillage de ressources en Europe. Après un faux départ et plus de deux ans de discussions, le Parlement européen a adopté hier en plénière différents rapports, pièces maîtresses concrétisant la transition vers une économie plus circulaire. Les réformes touchent la Directive Cadre sur les déchets, la directive sur les emballages, les véhicules hors d’usage et les déchets électriques et électroniques (DEEE). Les eurodéputés ont appuyé une série d’objectifs ambitieux notamment en matière de recyclage et de gaspillage alimentaire. A l’horizon 2030, sont visés : Un objectif de 70% de recyclage des déchets municipaux (contre 65% visés au cours des discussions précédentes); Un objectif de 80% de recyclage des emballages; Un plafond de 5% des déchets qui pourront être mis en décharge; Une collecte sélective obligatoire pour les déchets organiques, les textiles et les huiles usagées; Un renforcement d’instruments économiques décourageant la mise en CET et l’incinération ou incitant au mécanisme de consignes; Des restrictions quant à la présence de substances dangereuses dans les déchets. En matière de gaspillage alimentaire, les députés ont également fait preuve d’ambition avec un objectif de réduire de 50% le gaspillage de nourriture pour 2030… mais celui-ci n’est actuellement pas contraignant. Une clause propose néanmoins un réexamen en 2020 pour rendre cet objectif contraignant. Autre regret, les députés n’ont pas soutenu un objectif de réduction des déchets marins alors que ceux-ci constituent un problème environnemental majeur. Ce vote lance toutefois un signal important vers les décideurs européens et il reste à espérer que les discussions en trilogue (Conseil européen, Commission, Parlement) ces prochains mois n’affaibliront pas ces objectifs. Inter Environnemnt Wallonie – 16 mars 2017