VOLCANS - CEUX QUE L'ON AURAIT PU AVOIR ET CEUX QUI POURRAIENT ÊTRE À L' ORIGINE DE LA VIE
- Robert Fourneau -

Au milieu de l'ère primaire, des appareils volcaniques énormes ont percé les terrains des plis calédoniens, mais l'érosion les a depuis complètement arasés. On ne retrouve que leurs cheminées complètement solidifiées en roches de type granitique ou de coulées basaltiques interstratifiées dans les terrains sédimentaires proches, essentiellement en Brabant wallon occidental et Hainaut septentrional. Les cheminées solidifiées et arasées ont été exploitées verticalement pour en faire les pavés belges foncés (« porphyre » de Lessines et Quenast ; roche microdiorite quartzifère et les clairs: rhyolite à Gembloux, Ecaussines, Malonne et ce en petites cheminées ou à front de carrière à roches sédimentaires.

Mais à peine à 1 ou 2 kilomètres de la frontière belgo-allemande (localité d'Ormont), en Eifel prolongeant les terrains du Devonien inférieur de l'Ardenne, apparaissent dans le paysage de facettes horizontales de pénéplanation, toute une série d'appareils volcaniques de deux types: des buttes de différentes formes en relief positif, élevé de quelques dizaines de mètres et des creux subcirculaires perçant les surfaces planes et parfois ceinturées d'un rempart de quelques mètres de hauteur, appelés maar(e) en allemand, maar(s) en français, et dont le fond actuel est occupé par une masse lacustre ou palustre.

Certains sont apparus dès le Miocène au Tertiaire, mais la plupart des 200 volcans de l'Eifel ont fonctionné entre 30 Ka BP et l0 Ka BP, et en fonction de leur périodicité de phases actives, rien n'indique qu'ils soient définitivement éteints. Leur localisation dans cette partie des massifs dus au plissement hercynien semble d'une part liée à une plus faible épaisseur de l'écorce terrestre en cet endroit (50 kilomètres par rapport aux 70 de l'Ardenne) et d'autre part à l'existence de nombreuses failles proches du graben rhénan. Toutefois dans le Massif central français et dans la partie méridionale du Massif de Bohême, sont apparus également des appareils volcaniques à travers une écorce épaisse de 70 à 90 kilomètres, mais il est vrai que ces massifs sont plus proches des parties sud-occidentale et orientale des Alpes que l'Ardenne. Les Alpes en effet se sont formées en phases successives étalées sur des millions d'années sous l'effet des poussées des plaques méridionales méditerranéennes et africaines et les contrecoups se sont manifestés eux-aussi vers le nord en autant de phases soulevant les vieux massifs caledono-hercyniens septentrionaux ou les fracturant en laissant se développer différentes phases d'activité volcanique au fil du temps.

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