Centre d'écologie appliquée du Hainaut

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jeudi 17 décembre 2009

Nous avons lu : Pierre Piérart

« Génétique du péché originel – Le poids du passé sur l’avenir de la vie »
de Christian de Duve
Prix Nobel de médecine
Editions Odile Jacob Sciences; page 167

Extrait

Christian de Duve, prix Nobel de médecine, est professeur émérite à l’Université catholique de Louvain et à l’Université Rockefeller de New York.

Christian de Duve, bien connu en Belgique pour ses recherches sur les lysosomes, a obtenu avec Albert Claude et George E. Palade, le prix Nobel de médecine en 1974.

Rappelons que les lysosomes sont de petites sphères de +/- 1µ limitées par une seule membrane et contenant de nombreuses hydrolases, enzymes capables de digérer des sucres, graisses et protéines, et qui jouent un rôle important dans la phagocytose. Les lysosomes sont particulièrement abondants dans certains types de leucocytes (globules blancs).

Son ouvrage comprend quatre parties. La première, consacrée à l’histoire de la vie, nous décrit de façon très claire la parution des premières bactéries suivies des cellules munies d’un noyau (eucaryotes). Dans la deuxième partie il nous décrit les mécanismes de l’évolution essentielle basée sur la sélection des espèces découverte par Darwin. Tous les mécanismes évoqués sont purement physicochimiques et doivent être acceptés comme tels selon l’auteur. Pour Ch. de Duve l’évolution est un fait et est parfaitement compatible avec les religions.

Dans la troisième partie il nous décrit l’aventure humaine ou phénomène d’hominisation dont les origines se trouvent en Afrique. La sélection naturelle parmi les hominidés a privilégié les traits favorisant la cohésion à l’intérieur des groupes et l’hostilité entre groupes différents. Nous reproduisons ci-dessous la page 167, passage essentiel de son ouvrage. Pour de Duve le péché originel n’est autre que la faille inscrite entre les gènes favorisant la cohésion et ceux favorisant la compétition, la haine, la violence et tout ce qui peut servir contre l’adversaire.

La sélection naturelle a privilégié les traits favorisant la cohésion à l’intérieur des groupes et l’hostilité entre groupes différents.

Sur le plan collectif, la sélection naturelle a privilégié des traits, tels que la solidarité, la coopérativité, la tolérance, la compassion, l’altruisme, allant même jusqu’au sacrifice personnel pour le bien commun, qui constituent les fondements des sociétés humaines. Mais la sélection de ces traits a généralement été limitée aux membres de groupes donnés. La contrepartie négative de ces « bons » traits a été la défensive, la méfiance, la compétitivité et l’hostilité à l’égard des membres d’autres groupes, germes des conflits et des guerres qui jalonnent toute l’histoire de l’humanité jusqu’à nos jours.

Cela remonte sans doute à l’époque où de petites bandes de préhumains se disputaient les meilleures ressources que leur offraient les forêts et les savanes africaines ; peut-être même beaucoup plus tôt, car la solidarité de groupe est une caractéristique de nombreuses sociétés animales. Au début, le groupe était défini par la parenté – avec l’accent sur la famille, le clan ou la tribu -, comme il le fallait nécessairement pour des caractères inscrits génétiquement. Plus tard, le groupe s’est étendu pour comprendre des territoires partagés, des besoins partagés, des intérêts partagés, des privilèges partagés, des croyances partagées, des valeurs partagées, des préjugés partagés, des haines partagées, soit le partage de tout ce qui pouvait servir à nous unir, « nous contre eux ». Aujourd’hui, ce sont principalement les nationalismes et les fondamentalismes religieux qui jouent ce rôle rassembleur.

Dans la quatrième partie, consacrée au défi du futur, l’auteur fait intervenir (page 202) ce qu’il appelle « récâbler le cerveau ». Etant donné que l’évolution de l’humanité conduit nécessairement à une catastrophe, principalement due au développement démographique, il utilise la notion d’épigenèse. Il s’agit d’une nouvelle forme de génétique caractérisée par des facteurs acquis au cours de la vie, sous contrôle génétique mais en réponse à des facteurs extérieurs. Cette épigenèse est rendue possible grâce au développement du cerveau humain doté d’un million de milliards de connexions interneuronales.

En résumé, la survie de l’homme ne serait possible qu’à l’épigenèse qui nous dote d’un « epsilon » de liberté et de décisions. Rappelons que le comportement est déterminé par le génome, l’environnement et les interactions génome-environnement. Pour ce qui concerne le comportement humain on peut, grâce à l’épigenèse, lui ajouter une certaine manœuvre de décisions et de liberté.

Christian de Duve ne mâche pas ses mots. Pour éviter une nouvelle guerre mondiale il faut réduire la natalité : «les allocations familiales devraient être limitées au premier enfant. A partir du troisième, un impôt, croissant avec le nombre d’enfants supplémentaires, pourrait même être prélevé » (page 223).

En conclusion, Ch. de Duve craint plus la bombe démographique que la bombe atomique. Cependant, curieusement, l’auteur ne fait pas appel à la lutte contre la pauvreté galopante dans notre monde actuel, source de l’analphabétisme souvent en corrélation avec la surnatalité.

AUTOMOBILES : CONSOMMATION D’ESSENCE ET EMISSION DE CO2 - Michel Wautelet, Damien Duvivier -

Avec la sensibilisation aux questions liées aux changements climatiques, on a l’habitude de donner le taux d’émission de gaz carbonique, exprimé en gCO2/km, des voitures. Ce CO2 provenant de la combustion de l’essence ou du diesel, il est logique de penser que consommation et émission sont proportionnelles. L’essence est constituée essentiellement d’isooctane, de formule chimique C8H18. La formule simplifiée de la réaction de combustion de l'octane dans les moteurs essence est :

2 C8H18 + 25 O2 → 16 CO2 + 18 H2O

A partir de cette réaction, on calcule que la consommation de 1L/(100km) correspond à une émission de k = 22,86 gCO2/km.

Cela correspond-il à la réalité ? Pour le vérifier, nous avons repris les données de plusieurs constructeurs automobiles. Les résultats sont repris sur le graphe ci-dessous. On voit que la quantité de CO2 émise est directement proportionnelle à la consommation en carburant du véhicule. Pour l’essence, k = 23,91 ; pour le diesel, k = 26,5. Ces valeurs sont proches de la valeur correspondant à l’octane pur. Les différences sont dues au fait qu’essence et diesel ne sont pas composés que d’octane.

Quant à la norme d’émission de 120 g CO2/km, définissant la voiture « propre », elle correspond donc à une consommation de 5 L/(100 km) d’essence, ou de 4,5 L/(100 km) de diesel.

Pour le citoyen moyen, ce qui importe généralement, c’est la consommation du véhicule. L’émission de CO2 étant proportionnelle à cette consommation, pourquoi ne pas parler de pollution en terme de consommation plutôt que d’émission de gaz carbonique ; ce qui est plus « parlant » pour le citoyen moyen ? Ou… pourquoi faire simple quand on peut faire compliqué ?

Le schéma est publié dans le bulletin du CEAH n° 64