Centre d'écologie appliquée du Hainaut

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mercredi 4 avril 2012

CES VOLCANS QUE NOUS AURIONS PU AVOIR - Robert Fourneau -

En fonction d'articles de presse un peu alarmistes d'origine allemande, il me semble utile de faire une mise au point concernant la présence de volcans récents (à l'échelle géologique) proches de la frontière orientale de notre pays en se souvenant qu'une dernière éruption datant d'environ 5.000 ans a projeté par un vent favorable des poussières que l'on retrouve actuellement dans les loess superficiels jusqu'à la région du Borinage.

Il faut aussi rappeler que ces types de volcans n'ont rien à voir avec les appareils géants de l'axe brabançon, d'il y a quelque 400 millions d'années complètement arasés par l'érosion de la pénéplanation posthercynienne et dont le contenu des cheminées solidifiées affleurant en surface ont été exploitées ponctuellement verticalement dans tout l'axe brabançon pour en faire les pavés de nos routes, les sombres en "porphyre" ou microdiorite quartzifère, les clairs en rhyolites à Lessines, Quenast, Bierghes, Nivelles, Gembloux.

À peine à 1 ou 2 kilomètres de la frontière belgo-allemande (localité d'Ormont), en Eifel prolongeant les ter¬rains du Dévonien inférieur de l'Ardenne, apparaissent dans le paysage horizontal de facettes de pénéplanation, toute une série d'appareils volcaniques de deux types : des buttes de différentes formes en relief positif, élevé de quelques dizaines de mètres et des creux subcirculaires perçant les surfaces planes et parfois ceinturées d'un rem¬part de quelques mètres de hauteur, appelés maar(e) en allemand, maar(s) en français, et dont le fond actuel est occupé par une masse lacustre ou palustre.

Suite de l'article dans notre bulletin n° 71

LES EFFETS DES FAIBLES DOSES DE RADIOACTIVITÉ SUR LA SANTÉ - Michel Wautelet, Université de Mons -

Il est connu depuis longtemps que la radioactivité peut avoir des effets néfastes sur la santé. Comme le rappelait Paul Lannoye, en 1895, Rontgen étudie les rayons X. Dès 1896, des effets de fortes doses sur la santé sont constatés. Au début du vingtième siècle, le radium est utilisé comme matériau émetteur naturel de lumière dans les montres et autres accessoires. Mais le radium est radioactif. En 1925, on constate des cancers de la mâchoire chez les femmes qui appliquent le radium sur divers accessoires en utilisant leur langue. Dans les années 1930, la radioactivité est présentée comme bénéfique. On ne compte plus les publicités vantant les eaux minérales contenant de la radioactivité. En 1958, on analyse les effets de faibles doses sur la leucémie des enfants. D’autres effets néfastes sont constatés depuis lors. Malgré diverses études, le sujet est encore très controversé aujourd’hui. C’est afin de faire le point sur la question que, le 2 mars 2012, le Grappe (Groupe de Réflexion et d’Action Pour une Politique Ecologique) organisait un colloque international sur le thème Radioactivité et Santé. Faibles doses : risques et radioprotection. Force est de reconnaître, après cette journée, qu’il s’agit d’un sujet où subsistent bien des zones d’ombre.


• Quelques définitions

L’unité de mesure de l’activité d’une substance est le becquerel (Bq). 1 Bq correspond à la désintégration d’un noyau par seconde, qu’il s’agisse de radioactivité α (noyaux d’hélium) ou β (électrons).

La dose absorbée représente la quantité d’énergie absorbée par unité de masse. L’unité de mesure est le joule par kilo, ou Gray (Gy).

L’équivalent de dose est la dose absorbée en moyenne par un tissu ou un organe pondérée pour tenir compte du type de rayonnement. L’unité d’équivalent de dose est le sievert (Sv).

Selon Michel Sonck (AFCN), en moyenne, chaque être humain reçoit une dose d’environ 5 mSv/an. De ceux-ci, plus du tiers proviennent du secteur médical (radiologies diverses). Environ 3 mSv/an viennent du rayonnement naturel, dont le radon et le thorium pour 62%, les rayons cosmiques pour 13%, le corps humain (Ben oui, nous sommes naturellement radioactifs !) pour 11%.

Suite de l'article dans notre bulletin n° 71

JARDINS AU NATUREL 2ième partie - Brigitte Durant -

Le potager

C’est certainement le milieu où l’intervention de l’homme est la plus importante, puisqu’il s’agit de produire légumes, plantes condimentaires et fruits pour la consommation. Ce sera à chacun de juger si cette productivité est une priorité par rapport à la protection de la biodiversité… et d’adapter ses interventions.

La culture biologique préconise d’employer des matériaux renouvelables, de recycler au maximum les matières organiques et de réduire l’usage des pesticides. Pour maintenir la fertilité du sol, il faudra sans doute l’amender : les engrais et fumures organiques ont beaucoup d’avantages sur les engrais de synthèse.

Suite de l'article dans notre bulletin n°71

TUBER AESTIVUM VITT. - Alfred Loss -

Souvenirs d’aventures et commentaires parfois impertinents d’un vieux maraudeur !

La truffe d’été appelée aussi truffe de la Saint-Jean, car elle fructifie généralement de juin à fin septembre début octobre dans nos régions, semble avoir été trouvée pour la première fois en 1964 à la Montagne-au-Buis, lieu bien connu de tous les mycologues belges. Elle fut retrouvée quasi au même endroit sur le territoire de Fagnolle en 1968. Albert Marchal le relate dans un article des Naturalistes Belges (Truffes et Mycologie au Pays de Couvin). Le regretté Paul Heinemann confirme la chose et dépose l’échantillon dans l’herbier du Jardin Botanique de Bruxelles. Albert Marchal conduit P. Heinemann sur le site. Ce dernier en donne une parfaite description dans un article des Naturalistes Belges sous le titre, Les Truffes (Tubérales) de Belgique. Cet article met nettement en évidence que Tuber aestivum croît très près de la surface du sol et finit souvent par montrer une surface de quelques cm² qu’un œil exercé peut apercevoir. Point n’est donc besoin de chien pour trouver la truffe d’été! J’ai eu la certitude ce jour-là, il y a de cela environ 15 ans, que je trouverai un jour Tuber aestivum. Je commence par acheter plusieurs livres dont le sujet est la truffe et constate que Tuber aestivum est cultivée dans beaucoup de régions d’Italie et spécialement en Toscane, Ombrie, Marche, Abruzzes etc. En France par contre, elle est volontairement bannie, dépréciée pour éviter au maximum de la mettre en concurrence avec Tuber melanosporum et lui garantir un prix fort. En 1997, après une étude approfondie, je décide d’orienter mes vacances vers l’Ombrie, Marche et le Parc National dei Monti Sibillini, dont je ne soupçonnais pas la beauté incomparable. J’ai la chance de trouver une maison à flanc de colline, à Pievebovigliana, exactement dans la partie Nord des Sibillini. Une Belge loue son habitation qui offre tout le confort raffiné d’une bourgeoise nantie. Région remarquable, gîte de grand confort dans un hameau comprenant quelques maisons anciennes et une petite église. Au pied de la maison en contrebas, les sangliers s’en donnent à cœur joie à la recherche de pommes de terres, voire de truffes, qui sait ? Mon épouse et mes enfants passeront de superbes vacances, mais je n’aurais jamais osé dire au départ que j’avais choisi cette région pour la Truffe! Déjà qu’on passe souvent pour des « djondus » en temps ordinaire avec nos réactifs, nos microscopes et tout le bazar…


A la recherche de Tuber aestivum

Après une escale réparatrice chez un ami de Bergamo, nous voilà partis à la recherche de Tuber aestivum. Nous arrivons à Pievebovigliana et que vois-je? Des panneaux partout signalant que la récolte de la truffe est interdite et punissable par la loi. Je crois rêver, j’ai tapé dans le mille! De la truffe, il y en a puisqu’ils le disent! Ils sont fous ces Italiens! Demain, j’irai à la truffe! A la nuit tombée, en savourant l’air pur du soir, je salue un petit vieux du hameau et lui dis que le lendemain j’irai chercher des truffes. « Tu peux y aller! Mais sans chien, tu ne peux pas en trouver! Bonne soirée à demain! » Dès potron-minet, me voilà parti! Pas loin, à 300 m. de mon logis! Une heure après, je reviens avec un fameux paquet de truffes, sûrement un gros kilo. En remontant le sentier, je les montre au petit vieux : « Porca miseria!!! » Je crois qu’il va faire une attaque! Après avoir récupéré tous ses esprits, il me dit : « si tu y vas encore, je viens aussi avec ma femme, nous ferons le guet, car je n’ai pas les moyens mais j’aimerais quand même avant de mourir, en manger au moins une fois dans ma vie! On dit que c’est si bon? »

Suite de l'article dans notre bulletin n° 71

LA SARDAIGNE, POUBELLE DE L’OTAN ET DU COMPLEXE MILITARO-INDUSTRIEL - Carla Goffi et Ria Verjauw -

Dans ALERTE OTAN n°42, nous rendions compte d’une rencontre-débat à Bruxelles, organisée à l’initiative de plusieurs associations italiennes sur « le cas de la Sardaigne – le polygone de la mort ». A la mi-octobre, Carla Goffi (Mouvement Chrétien pour la Paix) et Ria Verjauw (Coalition pour l’abolition des armes à uranium) ont rejoint en Sardaigne les militants en lutte contre la militarisation de l’île. L’article ci-dessous est un résumé de leur action.

Sur les bords enchantés de la Méditerranée, derrière le rideau invisible des radiations nucléaires émises suite à l’usage d’armes à l’uranium, est apparu un immense paysage de désolation, pleins de secrets maléfiques. Plantons le décor. C’est en Sardaigne. Là, un territoire d’une superficie de 35.000 hectares est loué aux installations militaires. Sur l’île, on trouve des polygones de tir (Perdasdefogu), des exercices de feu (capo Teulada), des polygones pour exercices aériens (capo Frasca), des aéroports militaires (Decimomannu) et des dépôts de carburant (dans le cœur de Cagliari, alimentés par une conduite qui traverse la ville, sans compter de nombreuses casernes et sièges de commandement militaire (Aéronautique, marine) Il s’agit d’infrastructures des forces armées italiennes et de l’OTAN.

Quelques chiffres : le polygone de Salto de Quirra- Perdasdefogu (Sardaigne orientale) de 12.700 hectares et le polygone de Teulada de 7.200 hectares sont les deux premiers polygones italiens en extension, alors que le polygone OTAN de Capo Frasca (côte occidentale) en compte 1.400. A cela on doit ajouter l'ex-base Otan de 'la Maddalena', à jamais polluée militairement. Pendant les exercices militaires, on y interdit la navigation et la pêche sur une étendue marine de plus de 20.000 km2, une superficie presque égale à celle de la Sardaigne.

Que découvre-t-on? Cette vallée de Quirra, l’une des zones les plus belles et encore sauvages de la Sardaigne, a été transformée en coffre-fort de poisons à ciel ouvert. Pendant des années on a mis le couvercle sur la marmite des ‘poudres de guerre’ qui a décimé nombre d’habitants et militaires qui vivaient et travaillaient dans le polygone et les villages des environs. Mais maintenant, grâce à un Procureur, Domenico Fiordalisi, déterminé à suivre les plaintes des nombreuses victimes, la vérité commence à percer. Les ‘secrets ‘ sont enfin en train de se dissoudre à la lumière de la justice.

Suite de l'article dans notre bulletin n° 71