Centre d'écologie appliquée du Hainaut

Aller au contenu | Aller au menu | Aller à la recherche

jeudi 5 juillet 2012

DE L'OBSERVATION DES CHAMPIGNONS LIGNICOLES A LA NECESSITE DE CONSERVER DES BOIS MORTS - Bernard Clesse

Préambule

Le simple tableau idyllique offert par ces champignons poussant en touffes sur un tronc mort de feuillu, a quelque chose de magique en soi et pourrait suffire amplement au naturaliste contemplatif. Est-ce cette croissance cespiteuse et étagée des champignons « qui fait penser à une grande famille » ? Le doux tapis de mousses qui leur sert d’écrin ? La fin de vie et le retour progressif à la terre d’un vieil arbre qui augure une sorte de résurrection avec tout le cortège d’êtres vivants qui va se succéder ou en profiter ? Ou, encore, la légère pénombre empreinte de mystère qui baigne l’ensemble ? Qui sait… mais probablement un peu de tout cela. Les nombreux signaux anthropomorphiques (odeurs, silhouettes, saveurs…) et l’esthétisme qui caractérisent le monde des champignons (et qui en font une grande part de leur attraction vis-à-vis des naturalistes et du grand public), ne doivent pas occulter les menaces qui pèsent sur pas mal d’entre eux, dans nos forêts où le bois mort peine à avoir droit au chapitre et où le mot bois prend une autre signification à une époque de crise des produits pétroliers…

1. Champignons « usines chimiques » et types de pourriture

Quoique dépendant, comme les animaux, de matière organique préformée (par les végétaux et autres organismes chlorophylliens) pour leur croissance et leur développement, les champignons peuvent être considérés comme de véritables usines chimiques, fabriquant notamment des molécules très complexes (il suffit, pour s’en convaincre, de sentir les innombrables parfums qu’ils exhalent) et en biodétruisant d’autres. Avec les insectes et les bactéries (principalement), certains champignons jouent un grand rôle dans la décomposition du bois et donc dans le cycle du carbone puisqu’ils permettent de libérer le carbone organique piégé dans le bois. Ce dernier est en effet principalement constitué de matières organiques : cellulose (40 à 50 %), hémicellulose (15 à 25 %) et lignines (20 à 30 %) et d'un faible pourcentage d'éléments minéraux (1 à 1,5 %). Il contient également une part variable d’eau. Via les enzymes (molécules permettant d'accélérer jusqu'à des millions de fois les réactions chimiques du métabolisme et donc catalyseurs biologiques ou biocatalyseurs) qu’ils produisent, ces champignons sont capables de détricoter de longues chaînes de molécules complexes telles la cellulose et l’hémicellulose (glucides constituant la paroi des cellules végétales) et les lignines (composés chimiques qui se déposent dans la paroi secondaire de certaines cellules végétales, leur conférant ainsi une meilleure solidité et un fort pouvoir d’imperméabilisation). On trouve des parois imprégnées de lignine (lignifiées) dans les cellules de tissus servant au soutien de la plante (sclérenchyme) ou au transport de l’eau et des sels minéraux (xylème).
Selon les matières attaquées (cellulose et hémicellulose ou lignines) par ces enzymes, l’altération du bois (ou carie du bois) prendra des formes et des couleurs différentes.
Les champignons aux enzymes cellulolytiques auront comme effet d’augmenter la teneur relative du bois en lignines ; le bois prendra alors une teinte brun-rouge et se fragmentera en éléments ± cubiques durs. On parlera alors de pourriture rouge cubique. (n.b. : les conifères sont ici majoritairement concernés). Beaucoup de polypores (s.l.) et de « croûtes » sont responsables de ce type de pourriture.

Suite de l'article avec nombreuses photos dans notre bulletin n° 72

PLAGE ET DUNES AUX ENVIRONS DE LA PANNE- Jean-Jacques Cuvelier

Les eaux de la Mer du Nord charrient continuellement du sable qui les colore de gris, tranchant ainsi avec la blancheur de l'écume des vagues.

Au gré des marées, la plage étroite se fait immensité. Le sable lisse, dur et humide sur lequel meurent les vagues fait place aux rides creusées par les allées et venues de l'eau qui se retire à marée basse. Ici et là subsistent des mares plus ou moins profondes. Parfois, la tempête fait rage et la plage se couvre de coquillages et d'objets longtemps flottés et façonnés par l'eau.

Vers le haut de la plage, en dehors de la zone intertidale, le sable reste sec et se laisse sculpter par le vent. La silhouette des dunes qui le bordent est continuellement remodelée mais l'oyat résiste.

Plus à l'intérieur des terres, les dunes se font mosaïques de surfaces au sable mobile et de zones fixées, couvertes de buissons. Entre ces deux extrêmes s'étendent des lieux en cours de stabilisation. Les saules nains, l'argousier et bien d'autres espèces stabilisent le sable et créent les conditions propices au développement d'une mosaïque de végétations frugales soumises à l'érosion, à la sècheresse et aux embruns.

Suite de l'article avec nombreuses photos dans notre bulletin n° 72