Centre d'écologie appliquée du Hainaut

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lundi 14 janvier 2013

SI TU VEUX LA PAIX, REFUSE LA GUERRE ! - Michel Wautelet, Université de Mons -

La guerre, personne n’en veut. Pourtant, il y en a. Les responsables politiques disent tout faire pour l’éviter, mais ce sont eux qui la déclarent. Les élus ne veulent pas la guerre, mais ils votent les énormes budgets des armées. Les militaires prétendent ne pas vouloir combattre, mais ils s’y entraînent. Les industriels de l’armement se défendent de vouloir fabriquer des armes dont la fonction est de tuer, mais ils en vivent. Les citoyens ont les guerres en horreur, mais ils applaudissent aux défilés militaires et se délectent de films de combat.

Pourtant, la guerre n’est pas la préparation de la paix, comme le voudrait le slogan bien connu : Si tu veux la paix, prépare la guerre. Non ! La guerre repose sur un postulat faux : la guerre serait un moyen d’arriver à une paix durable. L’histoire et les évènements que nous voyons tous les jours nous disent le contraire : la violence engendre la violence. La guerre, c’est tuer, blesser, détruire, humilier. Comment, dès lors, espérer qu’il n’y ait pas de haine après une guerre? La guerre engendre la guerre.

Certes, en Europe, nous savons que nous devons la paix, la démocratie aux combats guerriers de nos pères. Mais, après la seconde Guerre mondiale, les pères de l’Europe, qui avaient vécu ces années horribles, ont bien compris que la guerre est trop monstrueuse pour être la solution. Ils ont compris qu’il leur fallait aller contre leurs idées revanchardes et celles de leurs contemporains. Il fallait oser parler entre ennemis d’hier, sinon la spirale armée qui avait conduit au conflit mondial se reproduirait un jour. Ils se sont parlé et cela a mené à plusieurs décennies de paix en Europe. Leur philosophie de paix a été appliquée, de telle sorte que, depuis plus de soixante ans, tuer son adversaire n’est plus vu comme une solution. Chez nous. Car exporter la guerre reste d’application.

Suite de l'article dans notre bulletin n° 73

L’ARBRE DE LA PAIX - Maria Piérart-Re

Voici une histoire émouvante qui concerne les terribles bombardements des deux villes japonaises Hiroshima et Nagasaki: le Kaki Tree Project «Renaissance du temps».

En 1994 le botaniste Ebinuma Masayuki découvrit qu’un kaki, avait miraculeusement survécu au bombardement de Nagasaki mais il n’était pas en bon état et était couvert de cicatrices. Le botaniste décida de le soigner et il le fit si bien qu’il réussit à le sauver et à obtenir de nouvelles plantes à partir des semences des petits fruits produits par l’arbre malade.

En 1995 un artiste, Miyajima Tatsuo, très touché par la tragédie nucléaire subie par son pays, visita Nagasaki avec le projet d’y organiser une exposition de ses œuvres. Il apprit l’histoire de l’arbre de kaki. Il en fut très ému et décida de rencontrer le "père" de ces « arbres juniors du kaki bombardé », le professeur Ebinuma. Il apprit que celui-ci distribuait depuis un bon moment les petites plantes, comme symbole de paix aux enfants qui visitaient Nagasaki. Il demanda alors au professeur de lui permettre de l’aider dans son œuvre en réalisant un projet qui lie les enfants aux arbres du kaki, avec l’art, sur base du thème : "la Renaissance du Temps". "Faire revivre l’espoir en le substituant à l’esprit satanique de l’homme qui a donné vie au monstre de la bombe atomique". Le professeur fut tout de suite d’accord et c’est ainsi que fut créé, avec d’autres personnes, le Comité d’Organisation du Kaki Tree project "La Renaissance du Temps".

Depuis, ce projet s’est développé et les petites plantes ont actuellement été distribuées dans plusieurs pays du monde (y compris au Jardin japonais de la ville de Hasselt en Belgique) pour sensibiliser les enfants à la Paix.

C’est ainsi que, grâce à Tiziana Volta (une participante à la Marche Mondiale de la Paix et la Non-violence qui a eu lieu d’octobre 2009 à janvier 2010), une de ces plantules de kaki est arrivée à Trieste, le chef-lieu de la région d’Italie du Nord, Friuli-Venezia Giulia. Elle a été plantée le 14 avril 2012 en présence du botaniste Masayuki Ebinuma, dans le "parterre de la mémoire"(photos ci-dessous), créé dans le Parc de San Giovanni, près de l’Université, pour nous rappeler, ainsi qu’aux générations futures, les désastres de la guerre et la force suprême de la vie. La cérémonie a été accompagnée, entre autres, par les élèves des classes de 1ère et 5ème de l’Ecole Primaire Giacomo Veneziani de Prosecco qui y ont présenté des illustrations.

La pierre qui contourne le petit parterre où a été planté l’arbre porte l’inscription suivante :

Le Kaki (Diospyros kaki) – l’unique arbre qui a survécu à l’explosion atomique de Nagasaki en 1945

Je remercie très vivement Susanna et Giuliano Del Pin-Baldo (ma nièce et son époux) qui m’ont mise au courant de cet évènement important et qui, lors d’un de mes voyages dans la région, m’ont accompagnée au Parc San Giovanni de Trieste pour voir et photographier le petit kaki, leçon vivante des forces de la vie et de la renaissance du temps.

LA BIODIVERSITÉ FONGIQUE - Bernard Clesse

1. Préalable

Avant de parler de biodiversité fongique, il est important de rappeler ce que l’on entend par cham¬pignon et envisager, de façon simple, la classification des champignons.
Majoritairement pluricellulaires, ces organismes se reproduisent par spores (voie sexuée) et/ou par conidies (voie asexuée).
Dépendants d’une source extérieure de carbone pour leur croissance et leur métabolisme (on dit qu’ils sont hétérotrophes vis-à-vis du carbone), ils doivent chercher de la matière organique dans leur environnement immédiat. Ils se nourrissent par absorption, après avoir libéré des enzymes qui vont, en quelque sorte, «liquéfier» les matières carbonées fabriquées par d’autres êtres vivants.
Sans entrer dans les détails et surtout dans les arcanes des classifications les plus actualisées, le Règne fongique se découpe en 4 divisions:

a) les Chytridiomycètes: champignons terrestres ou aquatiques (surtout présents dans les eaux douces) et possédant des spores à un flagelle ; on rencontre des parasites de végétaux (ex.: lahernie du chou) comme d’animaux (ex.: Batrachochytrium dendrobatidis qui tue les batraciens en bloquant leur système respiratoire), beaucoup sont saprophytes. Ils ne forment pas de véritable mycélium, leur taille est microscopique et certaines espèces peuvent être unicellulaires;

b) les Zygomycètes : également de taille pour la plupart microscopique, ce sont des champignons à spores dépourvues de flagelles, dans lesquels les cellules ne sont pas séparées par des cloisons (on parle de thalle siphonné). Les trois modes de vie (parasitisme, saprophytisme et symbiose) se rencontrent chez ces petits champignons qui, s’ils possèdent une reproduction sexuée, sont également caractérisés par une reproduction asexuée très performante et une croissance rapide qui leur permettent de coloniser rapidement leur milieu tels les Mucor et Rhizopus qui se présentent comme des poils translucides terminés par une petite boule noire, le fameux «poil de chat» du pain, des fromages…Certains se sont spécialisés sur les excréments tels les Pilobolus, d’autres encore s’attaquent aux insectes (ex.:les Entomophthorales) ou aux champignons (ex.: Spinellus fusiger);

Suite de l'article avec de nombreuses photos dans notre bulletin n° 73

INITIATION À LA GÉOMORPHOLOGIE DE LA WALLONIE (1er partie) - Robert Fourneau

La géomorphologie est une science de la Terre qui, en plus de décrire les aspects du relief, apporte une connaissance de son origine et de son âge en faisant appel à des notions de géologie, de paléoclimatologie, de climatologie, de pédologie et à l’influence de l’action de l’homme au fil du temps.

1. L’Ardenne

L'Ardenne est la plus grande région géomorphologique de Belgique.
Sur une superficie de 5000 km2, elle est constituée par l'ensemble des plus hautes surfaces de la région. Ces surfaces sont les restes d'un haut plateau unique s'élevant d'ouest en est, de près de 390 m dans le sud de l'Entre-Sambre-et-Meuse à Oignies à près de 700 m aux environs de l'Eifel allemand.

Ce haut plateau ainsi incliné résulte de l’érosion totale (pénéplanation) d’une chaîne de montagnes moyennement élevées, réalisée à la fin de l’ère primaire, il y a environ 280 millions d’années (Ma.) par le plissement hercynien varisque.

Ce n’est que dans les 20 derniers Ma. qu’il fut soulevé aux altitudes actuelles, basculé puis disséqué en plusieurs entités, toujours en surfaces planes, par l’incision profonde mais saccadée de plusieurs rivières comme la Meuse, la Lesse, l’Ourthe, l’Amblève..., qui suivirent le soulèvement et ensuite modifièrent leur cours en fonction des rivages marins voisins puis des périodes glaciaires et interglaciaires.

Malgré une composition de roches généralement très résistantes à l’érosion, qui apparaissent particulièrement bien dans les versants des vallées encaissées comme les rochers quartzitiques de Hourt (les plus vieilles roches de Belgique) ou le poudingue de Muno à la Roche à l’Appel, correspondant bien à de très vieux bouleversements de l’écorce terrestre dont les nombreuses sources minérales ou thermales en sont les témoins, des modelés locaux se spécifièrent en fonction des climats contrastés qui se succédèrent notamment pendant les phases de climat périglaciaire où les hivers très longs avec gel profond succédaient à de courts étés de dégel superficiel.

2. Hautes-fagnes

Ainsi par exemple, le plateau des Hautes Fagnes lui doit sa morphologie de surface. Ce plateau, le plus élevé, recouvert d’une végétation particulière donnant naissance à des tourbières, présente les formes rares de buttes en remparts annulaires formés par les soulèvements et glissements successifs des parties meubles du sol central sous l’effet de la formation de petites lentilles de glace de ségrégation durant les hivers périglaciaires. Ce sont des palses ou lithalses.
Les gros blocs de quartzite épars sur cette surface résultent aussi de l’action de ce climat qui les a détachés des combles des bancs du socle rocheux en les soulevant et en les dégageant de la matrice d’éléments fins grâce à laquelle bon nombre d’entre eux ont pu également glisser par les couloirs des vallées préexistantes jusqu’à très loin du plateau et constituer des amas actuellement inamovibles comme aux Fonds de Quarreux par exemple.

Suite de l'article avec de nobreuses photos dans notre bulletin n° 73