Centre d'écologie appliquée du Hainaut

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lundi 16 janvier 2017

Bulletin N° 85 - Décembre 2016

ARMES NUCLÉAIRES : L’AUTRE GRAND DÉFI CLIMATIQUE     
  - Michel Wautelet, Université de Mons -

  Lorsque, en 1983, Crutzen et ses collaborateurs publient leur article sur l’hiver nucléaire, c’est au début d’une nouvelle vision des armes nucléaires que l’on assiste. Jusque là, si on connaissait les effets dévastateurs d’explosions nucléaires isolées, personne n’avait considéré les effets indirects, comme ceux liés au relâchement de poussières, suies et produits chimiques suite aux incendies résultant d’un conflit majeur. Ceux-ci pourraient obscurcir le ciel de la planète pendant plusieurs semaines, empêchant toute photosynthèse et refroidissant l’atmosphère, résultant en un hiver en plein été: l’hiver nucléaire. Les conséquences sur l’environnement, la biosphère et, partant l’humanité, seraient terribles, à savoir l’extinction de nombreuses espèces dont, peut-être, l’espèce humaine. Depuis lors, les modèles se sont affinés, mais le refroidissement généralisé suite à un conflit nucléaire impliquant moins de 1 % des arsenaux nucléaires actuels n’est plus mis en doute. Après leurs études sur l’hiver nucléaire, dès le début des années 1990, les scientifiques ont examiné d’autres phénomènes, dont les effets d’une augmentation de la concentration des gaz à effet de serre. Les résultats sont connus: les changements climatiques.

  Depuis cette époque, avec l’effondrement de l’Union soviétique et la fin de la Guerre froide, les arsenaux nucléaires des grandes puissances ont diminué. Conséquence: la forte baisse d’intérêt des responsables politiques, des médias et des citoyens pour les armes nucléaires. Pourtant, chaque année, c’est plusieurs fois que les armes nucléaires font l’actualité: explosions en Corée du Nord, nucléaire iranien, remplacement de nos F-16 par des avions porteurs d’armes nucléaires, etc. Et il y a encore plusieurs milliers d’armes nucléaires opérationnelles dans les arsenaux des puissances nucléaires. Et leur coûteuse modernisation est en cours. Le ferait-on si certains n’envisageaient pas de les employer, malgré les discours opposés. La dissuasion  nucléaire devrait se satisfaire d’une petite part des arsenaux actuels. 

  L’emploi, même limité, d’armes nucléaires ne manquerait pas d’avoir des conséquences désastreuses sur les hommes et sur l’environnement. Pour s’en convaincre, il suffit déjà de se rendre compte que l’énergie libérée par une bombe nucléaire se compte en centaines de kilotonnes. Une kilotonne correspond à l’explosion de mille tonnes d’explosif classique, comme le TNT. Militairement, la destruction de cibles enterrées est la justification officielle de telles armes. Grâce à l’amélioration de la précision des missiles nucléaires, une bombe de la puissance de celle d’Hiroshima ou Nagasaki serait suffisante. Les effets seraient pourtant désastreux : brûlures au 3ème degré pour les personnes exposées jusqu’à 2 km du lieu de l’explosion, vitres brisées (et donc personnes blessées) jusque 6 km, exposition à des doses mortelles de radiation nucléaire jusque plus d’une dizaine de km, effets sismiques comparables à un séisme de magnitude 6. Sans oublier les effets du nuage radioactif. Tout le monde se souvient de celui de Tchernobyl qui, bien qu’étant à 2000 km de chez nous, a conduit à rentrer le bétail dans les étables et à détruire nombre de légumes verts contaminés. Si une explosion nucléaire avait lieu à la même distance, selon la direction des vents, ce sont des quantités équivalentes de radioactivité (quoique de nature différente) qui nous atteindraient. Par exemple, plusieurs fois plus d’iode-131 sont émis par une explosion nucléaire qu’il n’en a été émis à Tchernobyl. Rappelons que c’est pour contrer les effets de l’iode-131 sur l’organisme que des pilules seront bientôt distribuées partout en Belgique, en cas d’accident nucléaire civil. C’est à tous les habitants des zones en conflit potentiel et éloignés qu’il faudrait distribuer de telles pilules. Dire qu’une arme nucléaire n’aurait que des effets locaux est un mensonge largement répandu, mais qui ne résiste pas à une analyse scientifique. 

  Et que dire d’un emploi massif d’armes nucléaires. La doctrine proclamée par l’OTAN et les autres grandes puissances nucléaires est le non-emploi en premier. Mais dans une étape de tension extrême requérant l’emploi possible de l’arme nucléaire, que signifie vraiment le concept? Et quid des conséquences d’un lâcher accidentel en cas de tension internationale? La riposte serait alors justifiée. Dans ce cas, les conséquences seraient mondiales. Obscurcissement et refroidissement général, pollution chimique mondiale, modification du climat. Ce serait à un scénario bien plus grave que tous ceux prédits par les modèles actuels du réchauffement climatique que l’on observerait. Avec, en prime, l’extinction  possible de l’humanité.

  Dans son récent discours à Hiroshima, Barack Obama a, très hypocritement, plaidé pour un monde dénucléarisé. Plus de septante ans après les bombardements nucléaires d’Hiroshima et de Nagasaki, alors que tout le monde connaît les effets désastreux pour l’homme et l’environnement de l’emploi, même local, des armes nucléaires, il est temps que l’on se mobilise pour éradiquer cette menace majeure sur le futur de la vie sur Terre que sont les arsenaux nucléaires. 

Carte blanche - 7 juin 2016

Bulletin N° 85 - Décembre 2016

Les Rièzes

  Au Pays des Rièzes et des Sarts - Annales d'histoire locale 30ème Année - N° 120            1990

    En parcourant le cahier n° 12 des "Etudes Ardennaises" du 1er janvier 1958, un article écrit par Monsieur Henri Manceau, portant le titre "Nos paysages chargés d'histoire" a retenu mon attention.

Je dirai même qu'une partie de cet article m'a stupéfié et m'a rempli d'étonnement puis de doute.

Monsieur Manceau décrit notre pays des Rièzes comme suit : "Une autre formation "naturelle", si l'on peut dire, c'est la Rièze des plateaux ardennais, parente de la toundra, avec, par place, ses tourbières géologiques. La rièze est à voir à tous moments de l'année : en automne, par ses brumes ou ses bourrasques; en hiver, sous la neige; en juin, quand le paysage rappelle au mieux la toundra septentrionale, que les cosses de genêts éclatent avec un bruit sec sous le soleil, que le rouge oxycoccos1 fleurit sur les coussins verts des sphaignes, quand les petits bouleaux frémissent au vent, entre les fondrières. Il suffit pourtant d'observer la carte d'Etat-Major pour deviner que la rièze représente une création humaine. La grande clairière de Rocroi où elle prend allure de boqueteaux succède, n'en doutons pas, à un défrichement très ancien, après lequel la forêt ne retrouva jamais sa vigueur primitive. Formation "secondaire", donc. Il est permis de penser qu'une partie de la rièze se constitua dans les âges néolithiques ou à l'époque du fer. De nombreuses tombes antiques dispersées à la périphérie, dans la forêt des Pothées, reportent au moins au 2ème siècle avant J.-C. Ce sont celles de chefs qui commandèrent que l'on coupe la forêt. Aujourd'hui, la rièze menace de disparaître. Elle fut conquise en partie depuis le XVIème siècle par le champ de seigle et le pâturage, malgré la difficulté de supprimer le genêt dont les paysans disent que sa graine survit dans le sol près d'un siècle. Au XXème siècle, un enrésinement systématique, après drainage, peut la supprimer de la carte, et de nos promenades, définitivement."

Monsieur Manceau termine son article en ces mots : "Achevons le propos par l'analyse d'une colonisation tardive : celle du plateau de Rocroi, aux XVIème, XVIIème et XVIIIème siècles. Bien après le défrichement néolithique et gaulois, le Plateau avait constitué, sur une profondeur de dix à vingt kilomètres, le plus magnifique exemple de ce "désert-frontière" rappelé par M. Dion dans son ouvrage intitulé "Les Frontières de France". Et cela jusqu'à François 1er. Entre l'Empire et le Royaume, les bois et les rièzes garantissaient des conflits, des provocations réciproques, jusqu'au jour de 1555 où le Roi de France-c'était son domaine-se décida à planter là la place de Rocroi, l'une des premières qui fut bastionnée, la plus ancienne qui reste.

Suite de l'article dans notre bulletin N° 85

Bulletin N° 85 - Décembre 2016

À propos du Repair Café
     https://repaircafe.org/fr/a-propos-du-repair-cafe/

  C’est quoi un Repair Café ?
Réparer ensemble gratuitement, c’est l’idée des Repair Cafés dont l’entrée est ouverte à tous. Outils et matériel sont disponibles à l’endroit où est organisé le Repair Café, pour faire toutes les réparations possibles et imaginables. Vêtements, meubles, appareils électriques, bicyclettes, vaisselle, objets utiles, jouets, et autres. D’autre part sont présents dans le Repair Café des experts bénévoles, qui ont une connaissance et une compétence de la réparation dans toutes sortes de domaines.

On y apporte des objets en mauvais état qu’on a chez soi. Et on se met à l’ouvrage avec les gens du métier. Il y a toujours quelque chose à apprendre au Repair Café. Ceux qui n’ont rien à réparer prennent un café ou un thé, ou aident à réparer un objet appartenant à un autre. On peut aussi toujours y trouver des idées à la table de lecture qui propose des ouvrages sur la réparation et le bricolage.

Il y a des centaines de Repair Cafés partout en Belgique, en France et en Suiss : https://repaircafe.org/fr/visiter/ Vous pouvez visiter un Repair Café près de chez vous, ou pourquoi pas, en organiser un vous-même!

    Pourquoi un Repair Café ?
Nous autres, Européens, jetons énormément, également ce qui est à peine abîmé et serait parfaitement utilisable après une simple réparation. Mais pour nombre d’entre-nous, réparer n’est plus chose normale. Nous ne savons plus comment faire. Le savoir-faire en la matière est en voie de disparaître. Ceux et celles qui possèdent encore ces connaissances pratiques ne sont pas toujours appréciés à leur juste valeur dans nos sociétés, et en sont même souvent exclus malgré eux. Leur expérience n’est pas ou presque pas mise à profit.

Le Repair Café change la donne! Ceux qui peut-être seraient autrement laissés pour compte retrouvent leur place. Un précieux savoir-faire se transmet. Les objets remis en état sont plus longtemps utilisables et ne sont plus jetés, réduisant la consommation de matières premières et de l’énergie nécessaires à la fabrication de nouveaux produits. Ce qui réduit aussi les émissions de CO2. Car fabriquer de nouveaux produits – et leur recyclage – produit du CO2.

Le Repair Café apprend aux gens à voir autrement ce qu’ils possèdent, et à en redécouvrir la valeur. Le Repair Café favorise un changement de mentalité, condition première à une société durable construite par tous. Le Repair Café veut surtout être une expérience ludique, et gratifiante, pour des réparations qui s’avèrent souvent très simples. Venez et essayez !

  Qui en a eu l’idée ?
Le Repair Café est une initiative de Martine Postma. Depuis 2007, elle s’investit dans la durabilité au niveau local de toutes les façons possibles. Le 18 octobre 2009, Martine a organisé le tout premier Repair Café à Amsterdam. C’était une réussite éclatante. Pour Martine, ce succès a été la raison pour créer la Fondation Repair Café. Depuis 2011, cette Fondation soutient des groupes locaux tant à l’intérieur qu’à l’extérieur qui veulent commencer leur propre Repair Café. En savoir plus sur la naissance du Repair Café? Lisez le livre (en néerlandais, pour l’instant) que Martine en a écrit. Ou invitez Martine pour donner une conférence dans votre entreprise ou organisation.

  Un mouvement mondial
Tous les Repair Cafés se sont désormais réunis dans un mouvement mondial qui s’investit pour préserver dans notre société la connaissance et le savoir-faire de la réparation. En même temps, il lutte pour la fabrication des produits qui sont mieux réparables. Outre des Repair Cafés aux Pays-Bas, il y en a en Belgique, en Allemagne, en France, en Royaume-Uni, aux États-Unis et dans plusieurs pays partout dans le monde. Le Repair Café est même arrivé en Inde et au Japon ! La Fondation Repair Café Internationale a deux partenaires en Belgique : Netwerk Bewust Verbruiken soutient la propagation du Repair Café en Flandre, Repair Together s’en occupe en Wallonie. Ces deux partenaires coopèrent à Bruxelles.

  Les réparateurs professionnels n’ont-ils pas à craindre une concurrence ?
On pose parfois à la Fondation Repair Café la question de savoir si ces rencontres de réparation gratuite ne font pas concurrence aux réparateurs professionnels. La réponse est la suivante : bien au contraire! Les Repair Cafés organisés dans tout le pays visent à porter l’attention du public sur le fait que les choses sont réparables. Les visiteurs sont régulièrement réorientés vers les (rares) réparateurs (encore) en exercice.

La plupart des clients du Repair Café ne sont pas ceux qui généralement vont chez les professionnels de réparation. Ils disent jeter généralement les choses cassées immédiatement, car les faire réparer coûte trop cher. Au Repair Café, ils découvrent qu’il y a des alternatives au tout-jetable.

Bulletin N°84 - Juin 2016

YCERYA PURCHASI, LA COCHENILLE AUSTRALIENNE
  - Bernadette Lamblin -

    Ycerya purchasi est un hexapode (insecte) qui fait partie de l’ordre des hémiptères, du sous-ordre des Sternorrhynches, c’est une cochenille de la famille des Margarodidae.  Elle est originaire d’Australie. 

  Au-delà d’une sorte de croûte brun-rouge, on observe une masse blanche cannelée à 16 sillons hérissée de filaments blancs.  C’est l’ovisac que la femelle secrète pour héberger ses œufs, il peut en contenir plusieurs centaines.  Plus la femelle pond et plus le sac grossit, le corps de la femelle se relève de plus en plus. 

  Les œufs fécondés donnent des femelles et les œufs non fécondés des mâles qui sont peu nombreux et n’ont qu’un rôle minime voire nul dans la reproduction.  Le cycle de développement des larves dure trois mois et passe par trois stades.

Suite de l'article et photos dans notre bulletin n°84

Bulletin N°84 - Juin 2016

LA TERRE "PRESSÉE" PAR LE CAPITALISME 

Alain Geerts  -  Fédération Inter-Environnement Wallonie

  Difficile de fêter cette magnifique planète qu’est la Terre sans avoir une pensée pour la pression dont elle est l’objet de manière croissante depuis les débuts de la révolution industrielle et l’avènement du capitalisme. Cette pression sera probablement ce qui amènera ledit capitalisme à s’autodétruire pour faire place à une sobriété qui nous sera imposée précisément par les limites de la planète.

  Démographie : une pression complexe à réduire Les publications relativement récentes en matière de démographie [1] montre que :
* la population mondiale augmente de manière très importante depuis peu. Elle a triplé en moins d’un siècle, passant de 2 milliards en 1930 à 6 milliards en l’an 2000 et a encore fait un bond d’un milliard en une décennie ; * les spécialistes de la question démographique doivent - les données prospectives les plus récentes en attestent - ajuster en permanence leurs projections, et plutôt à la hausse qu’à la baisse ; * l’Afrique, qui se caractérise par l’espérance de vie la plus basse et un taux de mortalité infantile le plus élevé, a un taux de croissance de sa population qui demeurera très élevé ; * les nantis s’angoissent du fait d’une prise de conscience des "effets secondaires" d’une dénatalité constatée (en Europe, Japon, Corée du sud…) susceptible de générer des problèmes socio-économiques de taille. La cause de ladite dénatalité serait notamment le stress lié aux modes de vie occidentaux (travail, difficulté économique,…). Lutter contre cette implosion démographique en stimulant la natalité s’avère par ailleurs complexe et jusqu’à présent assez inefficace. L’évolution de la démographie constitue donc une réelle pression sur la planète, mais il serait particulièrement vain de vouloir résoudre le problème en s’attaquant de front à celle-ci.

Nous avons atteint (voire dépassé) les limites de notre planète

Suite de l'article dans notre bulletin N° 84