Centre d'écologie appliquée du Hainaut

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lundi 4 juin 2018

Bulletin N°88 - Décembre 2017

ÊTES-VOUS TERRIENS OU MARTIENS ?
PLAIDOYER POUR UNE ÉCONOMIE PERMACIRCULAIRE

Dominique Bourg, University of Lausanne & Christian Arnsperger, University of Lausanne

L’ouvrage Ecologie intégrale - Pour une société permacirculaire a ceci d’édifiant qu’il propose en moins de 200 pages accessibles un cadre de réflexions et d’actions (très) exigeant ET très ouvert, le tout sur base de constats choisis avec parcimonie et pertinence. Au programme : deux principes régulateurs - la permacircularité, soit recycler mais surtout réduire, et la sobriété volontaire - et une réflexion sur la création d’une culture où les libertés individuelles peuvent se coproduire et co-évoluer à travers une pluralités de trajectoires encadrées par ces deux principes régulateurs. Une lecture incontournable pour tous ceux qui veulent sérieusement que les choses changent. Vraiment stimulant. Vous trouverez ici une présentation originale de l’ouvrage par les auteurs eux-même.

Terriens ou Martiens? La question peut paraître oiseuse. Elle semble pourtant avoir déjà été tranchée dans l’esprit des propagandistes de la fuite en avant technologique et des décideurs qu’ils hypnotisent.

Et nous ne cessons d’y répondre nous-mêmes par nos modes de vie, par leur effet global cumulé. En dépassant les capacités de charge de la planète (que l’on mesure avec l’« empreinte écologique ») ou en franchissant (pour considérer une autre batterie d’indicateurs globaux) les « limites planétaires », nous agissons quasiment tous comme si nous disposions d’une autre planète – comme si Mars s’apprêtait à nous accueillir ! Ce « nous » masque certes des inégalités dans la responsabilité, mais il s’agit ici d’aborder un autre aspect du problème.

Le niveau global où se situent les indicateurs pertinents pour évaluer l’impact de nos activités sur la planète est, pour nous autres humains, d’ordre purement scientifique. Il renvoie à une dimension de la réalité à laquelle nos sens ne nous donnent aucun accès et il n’est actuellement pris en charge par aucune instance politique.

Le Conseil de sécurité des Nations unies veille à la paix mondiale mais pas au non-franchissement des limites planétaires, même si les questions environnementales peuvent désormais y avoir droit de cité. L’Accord de Paris de 2015 a représenté à cet égard un réel progrès. Dans un ouvrage qui vient de paraître (Écologie intégrale : pour une société permacirculaire, Éditions Puf), nous proposons de faire entrer cet horizon global dans l’arène démocratique. Nous proposons de transformer en objet de décision politique (en prenant l’échelle d’une nation particulière) la question du non-franchissement des limites planétaires. Et nous prétendons que la réponse à cette question conditionne la faisabilité d’une économie authentiquement circulaire. La seule qui nous permette de continuer à vivre sur Terre.

Suite de l'article dans le Bulletin du CEAH

Bulletin N°88 - Décembre 2017

VOLCANS - CEUX QUE L'ON AURAIT PU AVOIR ET CEUX QUI POURRAIENT ÊTRE À L' ORIGINE DE LA VIE
- Robert Fourneau -

Au milieu de l'ère primaire, des appareils volcaniques énormes ont percé les terrains des plis calédoniens, mais l'érosion les a depuis complètement arasés. On ne retrouve que leurs cheminées complètement solidifiées en roches de type granitique ou de coulées basaltiques interstratifiées dans les terrains sédimentaires proches, essentiellement en Brabant wallon occidental et Hainaut septentrional. Les cheminées solidifiées et arasées ont été exploitées verticalement pour en faire les pavés belges foncés (« porphyre » de Lessines et Quenast ; roche microdiorite quartzifère et les clairs: rhyolite à Gembloux, Ecaussines, Malonne et ce en petites cheminées ou à front de carrière à roches sédimentaires.

Mais à peine à 1 ou 2 kilomètres de la frontière belgo-allemande (localité d'Ormont), en Eifel prolongeant les terrains du Devonien inférieur de l'Ardenne, apparaissent dans le paysage de facettes horizontales de pénéplanation, toute une série d'appareils volcaniques de deux types: des buttes de différentes formes en relief positif, élevé de quelques dizaines de mètres et des creux subcirculaires perçant les surfaces planes et parfois ceinturées d'un rempart de quelques mètres de hauteur, appelés maar(e) en allemand, maar(s) en français, et dont le fond actuel est occupé par une masse lacustre ou palustre.

Certains sont apparus dès le Miocène au Tertiaire, mais la plupart des 200 volcans de l'Eifel ont fonctionné entre 30 Ka BP et l0 Ka BP, et en fonction de leur périodicité de phases actives, rien n'indique qu'ils soient définitivement éteints. Leur localisation dans cette partie des massifs dus au plissement hercynien semble d'une part liée à une plus faible épaisseur de l'écorce terrestre en cet endroit (50 kilomètres par rapport aux 70 de l'Ardenne) et d'autre part à l'existence de nombreuses failles proches du graben rhénan. Toutefois dans le Massif central français et dans la partie méridionale du Massif de Bohême, sont apparus également des appareils volcaniques à travers une écorce épaisse de 70 à 90 kilomètres, mais il est vrai que ces massifs sont plus proches des parties sud-occidentale et orientale des Alpes que l'Ardenne. Les Alpes en effet se sont formées en phases successives étalées sur des millions d'années sous l'effet des poussées des plaques méridionales méditerranéennes et africaines et les contrecoups se sont manifestés eux-aussi vers le nord en autant de phases soulevant les vieux massifs caledono-hercyniens septentrionaux ou les fracturant en laissant se développer différentes phases d'activité volcanique au fil du temps.

Suite de l'article dans le Bulletin du CEAH

Bulletin N°88 - Décembre 2017

GÎTES ET FILONS DE WALLONIE
- Robert Fourneau -

C'est en fonction de l'histoire géologique complexe de la Wallonie que les minéraux retrouvés sont tels qu'ils sont quant à leur nature et quant à leur localisation. D'autre part, la Wallonie est célèbre par la découverte d'une douzaine d'espèces minérales, des « Locus typicus » servant de références internationales, telle la très rare « ardennite » découverte en 1872 à Salm-le-Château, d'un beau jaune d'or incrustée dans du quartz blanc mais dont les « occurrences », lieux d'apparition, sont maintenant remblayés.

1. Les minéraux en gîtes associés à la sédimentation des terrains de l'ère primaire

a) Dans l'Ordovicien Salmien se disposent des couches à manganèse caractéristiques d'une époque à géochimisme très actif avec cristallisation en minéraux typiques: ardennite et ottrélite.
b) Dans toutes les formations du Dévonien s'est déposé du fer oligiste et de la baryte avec de ci de là un peu de pyrite (sulfure de fer) du zinc et du plomb, très peu de cuivre et de nickel.
c) Dans toutes les formations gréseuses du Dévonien inférieur (Gedinnien et Siegenien) on trouve de l'or et de la tourmaline noire.

2. Les minéraux liés au métamorphisme accompagnant les phases de plissement de l'ère primaire
Ils dépendent des températures et des pressions élevées dans les différentes parties d'un plissement et de la nature chimique des roches affectées par ce plissement.
a) La magnétite se forme dans les séries riches en fer oligiste.
b) Des silicates ferromagnésiens dans les schistes micacés du Dévonien inférieur (Bastogne) ou du Cambrien (Devillien).
c) Des silicates manganésifères dans les phyllades du Salmien (ottrélite, spessartine).
d) De la spessartine grenatifère et manganésifère dans les grès et les schistes du Salmien (coticule ou novaculite).

Suite de l'article dans le bulletin N° 88 du CEAH