Centre d'écologie appliquée du Hainaut

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lundi 19 décembre 2011

Compte-rendu du stage « A la découverte de la nature » du 4 au 8 juillet 2011 à l'Abbaye de Saint-Denis (St Denis/Obourg/Mons)

Quel meilleur choix que celui-ci pour une découverte de la nature sur les traces du Petit Prince de Saint-Exupéry. Cette abbaye de Saint-Denis-en-Broqueroie, fondée en 1081 par la comtesse de Hainaut Richilde et son fils le comte Baudouin II, fut rachetée, le 22 mai 1978, par une coopérative d’habitat groupé qui restaura les bâtiments historiques lesquels sont en partie classés. Elle vend en 1984 le seul bâtiment des Scheutistes à la Communauté française. Celle-ci le revend à une société immobilière qui transforma le bâtiment en appartements.

Dès le premier jour, les enfants partent pour un jeu de piste à la découverte de l’histoire du Petit Prince revenu sur terre, non pas dans le désert mais dans un milieu pour lui tout à fait inconnu. Il va leur demander d’observer les feuilles des différentes essences forestières rencontrées, d’en prélever juste un peu pour les identifier, jeu de rôle, recherche d’indices, lecture de carte,… avec un Petit Prince qui veut cette fois qu’on lui dessine un arbre mais pas n’importe lequel… Sur sa planète, il n’a connu que sa rose et les baobabs tellement envahissants.

L’après-midi, grand puzzle de la nature, une trentaine de feuilles et fruits sont à observer et à classer. La journée se termine par une très belle balade à la recherche du meilleur endroit pour trouver des larves, des insectes… Le tout pour réaliser une bonne « pêche » le lendemain.

Ce deuxième jour, il est temps d’aborder un sujet d’actualité : la biodiversité. Par un jeu et par une animation, les enfants vont peu à peu compléter de grands panneaux pour mieux visualiser la place de nombreux animaux dans la chaîne alimentaire, leur mode de vie et le lieu privilégié de résidence de chacun. Qu’est-ce qu’un producteur ? Un consommateur de premier ordre (végétarien) ? Un consommateur de deuxième ordre (carnassier) ? Et un super prédateur ? Le classement est-il fait par rapport à la taille de la faune ? Et, dans ce cas, comment cela se fait-il que la fourmi se trouve au troisième étage juste au-dessus du cerf, du daim, du chevreuil, du lapin, … ? N’oublions pas non plus le rôle des déminéralisateurs ainsi que celui des champignons dans la décomposition de la matière organique. L’après-midi consacrée au milieu aquatique commence par une discussion qui permet de clarifier les différences entre mare et étang ainsi que leurs origines, les animaux qui y vivent et l’importance de ces points d’eau indispensables à la vie larvaire de nombreuses espèces. Ensuite, la pratique. Très bonnes prises réalisées par les enfants. De quoi réveiller leur curiosité : notonecte, gerris, larve de dytique, alvin… Tous ces animaux ont été relâchés dans leur milieu après observation.

Mercredi : la pédofaune avec l’observation de la litière (sa formation, son rôle) et des arthropodes présents.

En salle grâce à l’appareil de Berlez, les enfants ont pu observer ce petit monde qui grouille sous nos pieds. Après s’être familiarisés avec la loupe de botaniste (grossissement 10 et 20 fois) la boîte loupe, bien pratique sur le terrain (grossissement 2 et 4 fois), voici venu le temps de l’observation à la loupe binoculaire et au microscope : acariens, collemboles, araignées, larves, cloportes se dévoilent sous un tout autre jour. L’après-midi : fabrication d’un éventail de reconnaissance des différentes espèces d’arbre qui va permettre aux enfants de fixer les connaissances qui leur seront utiles lors de prochaines balades selon le désir de chacun.

Déjà jeudi, et pour les enfants, découverte du bois d’une manière inattendue. Ils se sont d’ailleurs bien amusés. En utilisant tous leurs sens, ils ont abordés de façon originale un parcours qu’ils croyaient pourtant bien connaître. Pour la suite de la journée, c’est la découverte d’un monde mal connu et pourtant passionnant : celui des araignées, escargots,… sans oublier une initiation au règne fongique.

Dès notre première journée, les enfants avaient pu entrevoir les quelques ruches présentes dans le bois de Saint-Denis sans vraiment pouvoir les observer de près compte tenu de l’activité des abeilles et du risque de piqûres. A ma demande, l’apicultrice, Madame Muriel Baudhuin (habitant Casteau) accompagnée de Monsieur Durieux, tous deux membres du comité du « Rucher-Ecole », rue Henri Dunant 187 à Mons, ont proposé une animation sur les abeilles. Ils ont eu la gentillesse d’apporter une ruche, des cadres encore gorgés de miel et bien d’autres choses très didactiques pour faire partager aux enfants leur passion. Durant plus de deux heures, ils ont démontré l’importance des abeilles dans la pollinisation et la biodiversité. Ils ont expliqué l’organisation de la ruche, la vie de la larve jusqu’à sa mort (l’abeille suivant sa maturation occupant tous les postes), le rôle des mâles… Face à un public conquis, ils ont répondu aux questions concernant l’essaimage, la production du miel, la vie de la reine et son remplacement en cas de déficience, les dangers des pesticides, le fauchage tardif, les précautions à prendre pour les observer. Un cadre fraichement retiré de la ruche et encore « dégoulinant » de miel a particulièrement émoussé leurs papilles ; ils n’ont pas pu résister.

Voyant cet enthousiasme à la dégustation Madame Baudhuin est partie rechercher un pot de 500 g de miel tout frais qu’ils ont dévoré pour moitié en un après-midi. Chaque enfant avait déjà reçu un petit pot d’échantillon offert par l’école…

Dernière après-midi avec une très belle balade dans un endroit pas encore visité jusqu’à ce jour, ce qui a permis d’aborder le thème de la gestion forestière, la vie de l’arbre, ses différentes parties et leurs fonctions différentes. La quête perpétuelle de la lumière pour leur survie, le choix de la personne qui décide de couper un ou plusieurs arbres et pourquoi, l’importance de rajeunir un bois, un arbre mort sans danger pour le public, sa raison d’être maintenu dans ce milieu,… Petit jeu pour résumer cette animation et pour clôturer ce stage sous une météo très clémente.

Cette semaine passée trop vite au goût des enfants figurera probablement à notre agenda l’année prochaine.

Merci aux résidents de l’abbaye de Saint-Denis pour leur gentillesse et leur accueil ainsi qu’à Madame Baudhuin et Monsieur Durieux pour leur disponibilité.

JOURNÉES SUR « LE SOL » - Bernadette Lamblin -

Le Centre d’Ecologie a eu l’opportunité d’assister d’une part, à une journée de formation visant à l’initiation aux sciences du sol, donnée par M. Baptiste Hottekiet du Parc naturel du Pays des Collines dans le cadre du projet PROSENSOLS; et, d’autre part, de participer à un colloque sur la biologie des sols et l’amélioration de la fertilité donné par M. et Mme Claude et Lydia Bourguignon. En voici les comptes rendus.

1. Journée de formation sur le sol

La première question que l’on peut se poser est : qu’est-ce que le sol ? C’est l’épiderme de la terre, c’est la couche superficielle meuble de la surface terrestre, son épaisseur peut aller de quelques centimètres jusqu’à plusieurs mètres. Il résulte de l’altération d’une roche et de la décomposition des matières organiques telle que la végétation. Sa formation est très lente, de l’ordre de 0,1 mm par an ! L’altération fait intervenir des processus physiques (gel, fracturation…) et chimiques (dissolution, précipitation…). L’altération de la roche et l’implantation de la végétation vont conduire à la formation d’une couche meuble. Etant donné le temps nécessaire à sa formation, le sol doit être considéré comme une ressource NON-RENOUVELABLE. Le sol n’est pas le même partout, ses propriétés dépendent de son âge ainsi que du type de roche, de la végétation, du climat et de sa position dans le relief.

Caractéristiques du sol

La texture, très importante, car elle définit de nombreuses propriétés comme sa perméabilité à l’eau, sa capacité à retenir des éléments nutritifs pour les plantes. La partie solide du sol est constituée principalement de petites particules dont la taille varie de plusieurs centimètres à moins d’un millième de millimètre. La proportion des particules de différentes tailles détermine la texture du sol. C’est ainsi qu’on distingue la texture sableuse, limoneuse, argileuse, sablo-limoneuse, limono-sableuse… Les particules minérales provenant de l’altération des roches se différencient selon leur taille (granulométrie). On distingue les argiles (< 0,002 mm), les limons (de 0,002 à 0,05 mm) et les sables (de 0,05 à 2 mm). Au-delà de 2 mm, on parle de graviers, de cailloux, de pierres et de blocs.

La structure, que l’on pourrait qualifier de « mode d’assemblage ». Elle détermine la répartition de la matière solide et des vides. Elle détermine l’aération du sol et sa capacité à infiltrer de l’eau et à en retenir pour les plantes. Lorsqu’on écrase un bloc de sol entre les doigts, il a tendance à se fragmenter en petites mottes que l’on appelle « agrégats ». Ces derniers sont à la base de la structure du sol. La structure résulte de la cimentation des éléments les plus grossiers (sables et limons) par les éléments les plus fins comme les argiles et l’humus.

Le sol n’est pas une masse homogène. Il est possible de distinguer des couches superposées ayant des caractéristiques bien distinctes que l’on nomme « horizon » et qui, ensemble, constituent un profil de sol.

La matière organique du sol comprend ce qui est vivant (plantes, vers de terre…), la matière organique fraîche, morte et très peu transformée (litière d’une forêt…) et la matière organique morte et totalement transformée (humus). La matière organique est une source d’éléments nutritifs essentielle pour le développement de la végétation et des micro-organismes du sol. Elle est structurante car l’humus se lie avec les argiles permettant ainsi la cimentation des différentes particules du sol.
La réserve en éléments minéraux du sol et le pH (il reflète l’acidité du sol, ce qui va influencer la disponibilité des éléments nutritifs pour les plantes, les sols à pH acide sont plus pauvres car ils ont moins de capacité à retenir les éléments minéraux étant saturé en H+). Le sol contient des éléments minéraux (azote, phosphore, potassium, calcium, soufre, magnésium…) provenant de la décomposition de la matière organique et de l’altération de la roche. Ces éléments minéraux sont nécessaires pour assurer le développement de la végétation. Plus l’épaisseur du sol augmente, moins la roche a d’influence sur le type de végétation. C’est uniquement le climat qui déterminera le type de végétaux qui auront à leur tour une influence sur le sol.

Si l’on considère la vie du sol, qui contient 80% de la biomasse globale, on constate que les formes de vie dans le sol sont très nombreuses : taupes, vers de terre, araignées, collemboles, acariens, bactéries, algues, champignons… Tous ces organismes sont essentiels au bon fonctionnement des sols et de l’écosystème planétaire en général, ils jouent un rôle prépondérant dans le cycle du carbone, de l’azote et de l’eau. Les vers de terre sont également essentiels pour structurer le sol.

Quant à la biodiversité des sols, on peut dire que chaque sol est unique, il existe une multitude de combinaisons qui varient selon le type de roche d’origine, de climat, de relief, de végétation, les éventuelles interventions humaines et leur âge.

Le sol est une ressource essentielle qui remplit de nombreuses fonctions qu’elles soient environnementales, économiques, socioculturelles… Le sol constitue un tampon contre les inondations, une réserve d’eau pour les plantes, un immense filtre ; il peut piéger le carbone et limiter l’effet de serre mais peut aussi être une source d’émission de CO2.

Plusieurs menaces pèsent sur nos sols en danger : l’érosion, la diminution des teneurs en matière organique, la contamination, le tassement, la salinisation, l’imperméabilisation, les glissements de terrain, la perte de la biodiversité.

Ce résumé a été réalisé sur base des nombreux documents remis lors de cette journée très intéressante conduite par Mr. Baptiste Hottekiet dans le cadre du projet PROSENSOLS.


2. Biologie des sols et amélioration de la fertilité

C’est face à un auditoire de plus de 100 personnes (agriculteurs, pépiniéristes, …) que Lydia et Claude Bourguignon sont venus donner une conférence sur la biologie des sols et l’amélioration de la fertilité. Ils étaient invités par l’Institut Agricole de Ath dans le cadre de son centième anniversaire. Ces deux scientifiques, Lydia Gabucci Bourguignon, Maître-es-sciences et Claude Bourguignon Ingénieur INAPG. ont créé le LAMS en 1990, un laboratoire d’analyses microbiologiques des sols situé à Marey-sur-Tille.

Grâce à leurs recherches et leurs études statistiques résultant de plus de 6000 analyses de sol effectuées en Europe et dans le monde, ils ont pu définir des critères de qualité et de vocation des sols, trop négligés aujourd’hui.

De leur propre aveu, beaucoup les ont considérés comme d’aimables farfelus promis à un avenir éphémère lorsqu’ils ont lancé ce laboratoire. Les premières conférences qu’ils ont données n’attiraient pas les foules ; après quelques minutes, le public s’éclaircissait et ils finissaient régulièrement face à un auditoire réduit à 2 ou 3 personnes. A l’évidence, ce que proposent ces scientifiques remet complètement en question l’agriculture et la gestion des sols. A force de malmener les sols, notre agriculture est de plus en plus dépendante des engrais qui accélèrent la mort du sol. L’industrie propose alors de nouvelles solutions sous forme de nouveaux produits qui entraînent une nouvelle dépendance chez les agriculteurs. Il est vrai que les producteurs d’engrais n’ont guère intérêt à promouvoir une agriculture respectueuse du sol, considérée depuis trop d’années comme seulement « un support ». Une bonne agriculture doit passer par une bonne connaissance du sol, de sa texture, de sa structure, de sa pédofaune, de sa matière organique et de ses champignons. Chacun ayant un rôle très important à jouer pour obtenir un bon équilibre, source de rendement mais pas à n’importe quel prix.

Sur demande, les Bourguignon proposent des analyses complètes de la surface et du sous-sol permettant de connaître la vocation des parcelles. Il devient alors possible de choisir les variétés de céréales, de fruits ou de légumes les mieux adaptés aux sols afin d’obtenir des produits de haute qualité gustative. Le LAMS est le seul laboratoire qui effectue des comptages de faune du sol au service des agriculteurs et des viticulteurs. Le LAMS a découvert et continue de découvrir de nouvelles espèces à travers le monde. Le comptage complète les mesures d’activités biologiques car il permet de voir la remontée quantitative (nombre d’animaux / hectare) de la vie du sol et son évolution qualitative (diversité des espèces d’animaux du sol).


La faune du sol se divise en 3 grands groupes :

• La faune épigée qui vit à la surface du sol et qui mange la litière et tous les déchets organiques situés en surface. Elle est la source de l’humus dans les sols.
• La faune anécique, c’est-à-dire les vers de terre qui aèrent et brassent le sol de la surface vers le fond.
• La faune endogée qui vit en profondeur et qui mange les racines mortes. Elle assure l’aération du sol permettant ainsi aux racines de s’enfoncer. Sa présence est indicatrice de bonne santé du sol.

L'agriculture intensive est mortifère : elle est à l'origine de la destruction des sols. Dans cette conférence, Claude et Lydia Bourguignon nous expliquent une technique agricole qui prend en compte le fonctionnement des sols. Elle va vers de nouvelles techniques d’assolement et de semis direct et donc vers l’abandon du labour (ce qui implique d’accepter les « mauvaises herbes ») et des sols nus (ce qui évite l’érosion) et de copier la nature. C’est la technique du semis direct sous couvert.

Le semis direct sous couvert est une culture plein champ qui consiste à implanter une culture intermédiaire entre la moisson et le prochain semis. Cette culture intermédiaire est ensuite écrasée au rouleau pour recevoir une culture en semis direct sur ce qui s'appelle alors le couvert de l'interculture.

Le semis se fait obligatoirement à l'aide d'un semoir spécifique adapté à cette technique culturale possédant des disques afin de trancher la végétation et de permettre la réalisation d'un lit de semis favorable.

Il n'y a donc aucune intervention mécanique de travail du sol (ni labour, ni hersage) entre la récolte de la culture précédente et le semis de la suivante. La destruction du couvert se fait naturellement, la seconde culture prenant le pas sur l'intermédiaire.

Avantages de la technique

• Pas d'intervention mécanique de travail du sol, donc gain de temps, d'énergie et préservation de la structure du sol par l’apport d'engrais vert.

• Semis possible même en conditions météorologiques défavorables :
 en cas d’humidité excessive, le couvert permet le passage des engins agricoles en limitant le compactage,
 par temps sec, le couvert conserve une certaine humidité du sol par la limitation de l'évaporation.

• Notable économie de combustible car :
 économie de travail,
 économie sur la puissance moteur demandée (absence de labour).

• Maintien de l'activité biologique du sol évitant l'apport d'intrants.


Inconvénients

• Haute technicité demandée.
• Risques accrus liés aux limaces pendant 3-4 ans jusqu'au repeuplement en carabes par la suite ; donc utilisation et recherche de l'équilibre naturel.
• Implantation délicate sans outils adéquats.


Autre technique expliquée lors de cette conférence, le BRF (bois raméal fragmenté). Cette technique consiste à étaler sur 4 cm un broya de feuillus qui permet au sol de se régénérer rapidement.

Le BRF s’est avéré la méthode la plus rapide pour restaurer l’activité biologique des sols. C’est pour cette raison que le couple Bourguignon s’y est intéressé car les agriculteurs et les viticulteurs veulent une réponse rapide. Ils ont beaucoup travaillé pour les vignerons, c’est là qu’ils ont vraiment vu l’importance du bois raméal fragmenté. Très tôt, les vignerons ont privilégié l’usage de nombreux herbicides, et, triste constat, il n’y a plus de faune, plus d’entrée d’eau mais énormément d’érosion. Après avoir appliqué la technique du BRF, ils ont rapidement constaté une diminution de l’érosion et une augmentation de la vie dans les sols, un meilleur enracinement des vignes qui se portent mieux. S’il n’y a plus d’activité biologique, la qualité du vin s’en ressent.

Pour que le BRF fonctionne, il faut en mettre un minimum de 4 cm d’épaisseur, il faut couvrir totalement le sol, ce qui représente un gros investissement pour les céréalmentiers, et un moindre pour les vignerons qui n’en déposent que sous la vigne. Cette technique est très performante pour les arboriculteurs, les maraîchers… Le BRF est utilisable sur les cultures à haute valeur ajoutée. La technique est plus compliquée à mettre en place pour les céréales. Si on arrive à bien maîtriser cette méthode, on peut arriver à revaloriser des zones actuellement abandonnées.

Cette technique régénère tellement vite les sols que cela pourrait à l’avenir devenir un outil extrêmement important et prometteur.

Il y a 20 ans, les grandes entreprises multinationales ont souhaité que cela ne marche pas. Actuellement, le message est occupé à se répandre. Les multinationales sont dès lors en position de faiblesse car, si l’on relance la vie des sols, les besoins en produits traitants et fertilisants vont décroître. Les lobbies voient ainsi diminuer leurs bénéfices et les Bourguignon deviennent de plus en plus gênants car cela fait 20 ans qu’ils martèlent le même discours qui commence à porter ses fruits.

Après le constat de l’échec total de la révolution verte -les rendements après avoir bien augmentés stagnent depuis 1984- les lobbies se rendent compte que le modèle qui devait répondre à toutes les questions de la plante était peut-être un peu trop simple et que c’est beaucoup plus complexe que ça car, dans le sol, il y a de la vie… et qu’une agronomie beaucoup plus scientifique s’avère nécessaire. Travailler avec la faune, les microorganismes, les rotations… va devenir nettement plus passionnant pour les agriculteurs de demain.

Il est impératif que l’agriculture cesse de polluer et d’offrir des produits médiocres, et qu’elle commence à nourrir correctement les citoyens, et à respecter notre environnement mettant en œuvre des méthodes respectueuses du sol. Le concept selon lequel le sol est un support et que l’on peut faire pousser tout, n’importe où, n’importe comment, grâce à l’eau et aux engrais est dépassé. On va devoir redéfinir des vocations de sol comme autrefois, sans toutefois retourner à l’âge de la pierre mais en utilisant nos connaissances. Connaître la capacité d’un sol à produire de façon durable sans rajouter d’engrais car le sol sera préparé pour ça.

Il convient d’en revenir à une conception totalement oubliée, à savoir se réapproprier le sol mais pas de façon industrielle et à revenir à sa vraie vocation -un changement considérable, en termes de durabilité notamment. Avec des fertilisants et de l’eau, on fait de la culture hors sol, mais ce n’est pas durable car cela coûte très cher en énergie. De plus le sol fourni 6% de la matière sèche dont l’odeur et le goût de la plante. En hors sol, on obtient du volume c’est-à-dire des légumes et des fruits gorgés d’eau mais sans aucun goût et sans aucune saveur.

On n’a pas le droit de piller la terre et de ne rien léguer à nos enfants et à nos petits-enfants.


L’après-midi fut tout aussi passionnant que la matinée car les époux Bourguignon nous ont fait une visite commentée d’un profil de sol dans les Pépinières de Lesdain. Une coupe de 2,5 mètres de profondeur et de 3 mètres sur 5 a permis cette analyse très détaillée. Ils ont eu, de surcroît, la gentillesse de répondre à toutes les questions des agriculteurs, des pépiniéristes, des enseignants et des étudiants.

Lydia et Claude Bourguignon sont parties prenantes dans le documentaire de Coline Serreau, "Solutions locales pour un désordre global". « Les films d'alertes et catastrophistes ont été tournés. Ils ont eu leur utilité, mais maintenant il faut montrer qu'il existe des solutions, faire entendre les réflexions des philosophes et économistes, qui, tout en expliquant pourquoi notre modèle de société s'est embourbé dans la crise écologique, financière et politique que nous connaissons, inventent et expérimentent des alternatives. » - Coline Serreau.

Une Nouvelle édition du livre écrit par Claude et Lydia Bourguignon "Le sol, la terre et les champs" vient de paraître aux Editions : Sang de la terre. Prix : 26 euros à commander sur leur site : www.lams-21.com

En voici le Résumé :

L'agriculture aujourd'hui est dans une impasse. Son intensification n'a pas été capable d'arrêter la famine mais elle a épuisé des millions d'hectares de sol et dégradé la qualité nutritive des aliments. Fondée sur une conception très réductrice du sol considéré comme un support inerte, l'agronomie n'a pas su développer une agriculture durable. Elle s'enlise avec les OGM qui rendent les agriculteurs prisonniers des semenciers ainsi qu'avec le développement des agrocarburants qui provoque une hausse brutale du prix des denrées agricoles alimentaires. S'appuyant sur les expériences réussies d'une agriculture dite biologique et sur les dernières recherches en microbiologie du sol, Lydia et Claude Bourguignon proposent dans ce livre une nouvelle voie pour l'agriculture de XXIe siècle. Voici une nouvelle édition de cet ouvrage épuisé et très attendu par le public.

Merci beaucoup à ce couple passionné et très charismatique de nous avoir fait vivre leur passion.

COMPTE-RENDU DES ANIMATIONS

Ce mois de novembre qui commence tout en douceur ne peut pas nous faire oublier un mois d’août très pluvieux qui nous a joué bien des tours. Les champignons en ont profité pour montrer le bout de leur nez très tôt dans la saison et donc, en septembre et octobre, il fallait bien les chercher surtout dans notre région. Malgré cela les animations se sont bien déroulées et nos petites têtes, pas toujours blondes, sont reparties satisfaites. Toujours très étonnés de la variété, de la forme et de la taille des exemplaires présentés en salle, les élèves ont également beaucoup apprécié d’aller dans les bois découvrir par eux-mêmes le mode de vie des champignons et bien d’autres choses.

Nous avons commencé par l’école St-Ferdinand de Jemappes, déjà visitée l’année dernière. La journaliste du Journal des enfants a accompagné deux classes de cette école sur le terri de l’Héribus à Cuesmes pour réaliser un petit reportage, ensuite nous nous sommes rendues à Elouges puis à Saint-Ghislain.

Nos animations se sont poursuivies à Ghlin, à l’école Barigand et se sont terminées comme bien souvent au camping d’Epinois. Andrée et Michel Altseen nous y ont accueillis chaleureusement comme à chaque fois. Nous les en remercions.

D’autres animations déjà décrites dans les précédents bulletins ont été réalisées à Bonsecours, à Bléharies et à Stambruges principalement. Nous avons aussi participé à des réunions transfrontalières réunissant des animateurs de différentes structures dans le but d’échanger des idées en vue de futures animations.

A peine l’année finie, voici déjà des projets pour la suivante : animation sur le thème de la mare au camping d’Epinois, un stage en juillet sur le thème de la découverte de la nature à l’Abbaye de Saint-Denis et notre exposition de Bonsecours…

COMPTE-RENDU DE L’EXPOSITION DE BELOEIL DU 15 AU 18 OCTOBRE 2011

L’exposition de Beloeil s’est déroulée dans un très beau cadre, «la Grange» située en face de l’entrée du château. Pour cette occasion nous avons renouvelé toute notre exposition grâce aux magnifiques panneaux réalisés par Mario Lemaire. Ces planches richement illustrées et complétées d’un texte clair et concis habillaient parfaitement ce lieu magnifique. Merci à Jean et Francine Lhoëst et à Willy Snauwaert surnommé le sanglier des Ardennes qui ont récolté des champignons frais pour cette exposition. Merci aussi à Mario Lemaire pour la détermination de cette très belle récolte. Voici la liste des 174 espèces exposées :

Agaricus silvaticus, A. silvicola, Aleuria aurantia, Amanita citrina, A. fulva, A. muscaria, A. phalloides, A. rubescens, A. vaginata, A. virosa, Armillaria cepistipes, A. ostoyae, Astraeus hygrometricus, Aureoboletus gentilis, Auricularia auricula-judae, Boletus calopus, B. edulis, B. erythropus, Calocera viscosa, Calvatia excipuliformis, Cantharellus tubaeformis, Chlorociboria aeruginascens, Clathrus archeri, Clavariadelphus pistillaris, Clavulina cristata, Clitocybe clavipes, C. decembris, C. geotropa, C. nebularis, C. odora, Clitopilus prunulus, Collybia butyracea, C. confluens, C. fusipes, C. maculata, C. peronata, Coprinus disseminatus, Cortinarius alboviolaceus, Cortinarius armillatus, C. bolaris, C. hemitrichus, C. hinnuleus, C. pholideus, C. praestans, C. violaceus, Craterellus cornucopioides, Crucibulum laeve, Cyathus striatus, Cystoderma amianthinum, Daedaleopsis confragosa, Daldinia concentrica, Entoloma lividum, Fistulina hepatica, Fomitopsis pinicola, Galerina marginata, Galerina marginata, Ganoderma lucidum, Geastrum sessile, Geastrum triplex, Grifola frondosa, Gyrodon lividus, Hebeloma radicosum, H. sinapizans, Helvella crispa, Hydnum repandum, Hydnum rufescens, Hygrocybe virginea (=Cuphophyllus virgineus), Hygrophoropsis aurantiaca, Hygrophorus agathosmus, H. pustulatus, Hypholoma fasciculare, H. sublateritium, Inocybe geophylla, Kuehneromyces mutabilis, Laccaria amethystea, L. laccata, Lactarius blennius, L. camphoratus, L. controversus, L. deterrimus, L. glyciosmus, L. helvus, L. pterosporus, L. pyrogalus, L. quietus, L. subdulcis, L. torminosus, L. trivialis, L. vellereus, Leccinum bruneogrisoleum, L. quercinum, Lepiota cristata, L. felina, L. flaccida, L. gibba, L. inversa, L. irina, Lycoperdon echinatum, L. perlatum, L. pyriforme, L. umbrinum, Macrolepiota procera, Marasmiellus ramealis, Marasmius rotula, Megacollybia platyphylla, M. platyphylla, Melanoleuca polioleuca, Meripilus giganteus, Merulius tremellosus, Mycena epipterygia, M. galericulata, M. galopus var. nigra, M. inclinata, M. pura, M. pura var. rosea, Nectria cinnabarina, Omphalotus illudens, Otidea onotica, Oudemansiella pudens, O. radicata, Panellus stipticus, Paxillus atrotomentosus, P. involutus, Phallus impudicus, Phellinus igniarius, Pholiota flammans, Pholiota squarrosa, Piptoporus betulinus, Pisolithus tinctorius, Pleurotus ostreatus, Pluteus cervinus, Pluteus salicinus, Psathyrella lacrymabunda, P. conopilus, P. piluliformis, Pycnoporus cinnabarinus, Ramaria stricta, Rhodocybe gemina, Rickenella fibula, Rugosomyces chrysenteron, Russula brunneoviolacea, R. chloroides, R. cyanoxantha, R. foetens, R. gracillima, R. heterophylla, R. luteotacta, R. nigricans, R. ochroleuca, R. pectinatoides, R. sardonia, R. subfoetens, Scleroderma citrinum, Sparassis crispa, Suillus bovinus, S. grevillei, S. luteus, Trametes gibbosa, T. versicolor, Tricholoma acerbum, T. album, T. cingulatum, T. fulvum, T. scalpturatum, T. sulphureum, T. viridilutescens, Tricholomopsis rutilans, Tubaria conspersa, Tylopilus felleus, Xerocomus badius, X. parasiticus, X. porosporus, Xylaria hypoxylon, X. polymorpha.

Le dimanche, trois de nos guides ont animé la balade organisée par l’office du tourisme de Beloeil et l’asbl Valbois. Par cette belle matinée en forêt de Stambruges, le pubic familial était présent en grand nombre, les groupes se sont constitués suivant le niveau des participants et chaque guide a exploré un petit bout de cette forêt.

Le lundi nous avons eu deux visiteuses de marque, la princesse Alix de Luxembourg, sœur du grand-duc Jean de Luxembourg et sa petite fille, la princesse Alix de Ligne. Elles se sont intéressées à plusieurs espèces exposées ainsi qu’aux animations réalisées pour les élèves dans le parc même du château, fermé en ce moment au public.