Centre d'écologie appliquée du Hainaut

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jeudi 5 juillet 2012

TRANSECT GÉOMORPHOLOGIQUE ARDENNE-FAGNE D’ENTRE-SAMBRE-ET-MEUSE - Robert Fourneau

Une vingtaine de personnes ou membres sympathisants du CEAH et des CNB, guides ou futurs guides-nature ont participé à une excursion d'une journée en co-voiturage guidée par notre président dans le but d'observer et de faire connaître les explications actuelles concernant ces régions méridionales de l'Entre-Sambre-et-Meuse.

Pour mieux comprendre l'explication de la formation de cette région par la géologie et la paléoclimatologie, Mr. Fourneau propose de commencer l'excursion par le sud et de la diriger progressivement vers le nord sous forme d'un transect.

Au sud, c'est l'Ardenne, et, le premier arrêt se fait sur les hauteurs d'Oignies (appelée erronément en Thiérache en se basant sur des situations historiques), village de type tout à fait classique de clairière ardennaise étendue par rayonnement autour d'un noyau villageois par défrichements successifs de la forêt initiale moyenâgeuse.

De ce point de la localité situé à proximité du terrain de football et du bâtiment Chantecler vers 350 mètres d'altitude, la vue s'étend sur une bonne partie de l'Ardenne; on y distingue cependant bien trois parties. Si les formes de relief visibles ont bien une allure horizontale comme la plupart des régions de Belgique et malgré des altitudes différentes, c'est parce qu'elles résultent de pénéplanations totales ou partielles dues à une érosion généralisée très longue et on ne peut envisager l'appellation de "montagnes "qu'en remontant le temps jusqu'à 250 Ma où les montagnes formées à l'époque hercynienne par le plissement de la fin de l'ère primaire et ayant repris des noyaux encore plus anciens du plissement calédonien du milieu de cette même ère existaient, ce qui n'a rien à voir avec l'appellation de "montagnes" donnée par des organismes de l'Europe qui utilisent ce terme dans un sens socio-économique pour quelques vallées profondément encaissées beaucoup plus récemment -depuis quelques Ma seulement- dans les surfaces planes de l'est de l'Ardenne principalement.

Ici, deux surfaces planes décalées de quelques dizaines de mètres sont séparées par une profonde dépression au fond de laquelle ne coule qu'un petit ruisseau d'ouest en est vers l'axe de la vallée mosane, le Deluve. Cette dernière sépare les deux parties du massif ardennais, celui de notre point de vue formé à l'hercynien et constitué essentiellement de grès de couleur brun clair-beige bien visible dans les champs proches, assez friable pour être transformé en poches de sable par altération sous un climat antérieur plus chaud et plus humide en quelques endroits, de l'autre surface élevée à l'horizon à presque 400 mètres, le point le plus haut de l'Entre-Sambre-et-Meuse.

Suite de l'article avec nombreuses photos dans notre bulletin n° 72

SARDAIGNE, POUBELLE DE L’OTAN :LES LANGUES COMMENCENT A SE DELIER

A la suite de la mobilisation persistante de nombreux mouvements associatifs italiens et d’autres pays d’Europe, et grâce à l’intervention courageuse de magistrats italiens, le cas de la « Sardaigne, Poubelle de l’Otan et du complexe militaro-industriel », commence à être connu d’un plus grand public. Récemment, une audition s’est tenue au Parlement Européen, dont on peut lire le compte-rendu sur le site www.csotan.org. Cette lutte doit se généraliser à tous les sites utilisés par l’OTAN et autres pays pour leurs préparatifs de guerre et faire partie intégrante des revendications des mouvements de la paix en Belgique. Nous publions ci-après le communiqué du Mouvement Chrétien pour la Paix à ce sujet :

L’OTAN HORS DE SARDAIGNE !

Plus de 35 000 hectares de terres sont soumis à servitude militaire. La mer est interdite à la navigation, à la pêche et aux activités de plaisance… une étendue maritime de plus de 20 mille kilomètres carrés, une zone a peu près égale à l’ensemble du territoire sarde. Sur l'île on a entreposé des missiles dans les polygones pour les exercices (Perdasdefogu- Capo Teulada et Capo Frasca). Des terrains d'aviation militaires (le plus vaste est celui de Decimomannu) servent essentiellement à des exercices d’entrainement de pilotes en vue de nouvelles guerres. C’est de la Sardaigne que sont partis les avions pour aller bombarder l’Irak et la Lybie. C’est à Decimomannu que s’entraînent les pilotes israéliens. Des dépôts de carburant sont installés dans le cœur de Cagliari et sont alimentés par un pipeline qui traverse la ville. Partout se trouvent de nombreuses casernes militaires (Armée de terre, Force aérienne et Marine). Ces équipements et infrastructures sont mis à disposition des forces armées italiennes de l'OTAN, et de certaines autres armées étrangères.

Quelques chiffres: le polygone de salto di -Quirra Perdasdefogu (dans l'Est de la Sardaigne) comporte 12.700 hectares. Avec celui de Teulada (7.200 hectares) il s’agit des deux premiers polygones italiens, par extension et fréquence des tests. Le polygone de Capo Frasca, côte ouest, en compte plus de 1.400. Il faut ajouter à ces nuisances, les nombreux radars militaires (environ 15). Le site de La Maddalena, abandonné par l’OTAN après des nombreuses années d’activités (sous marins et bateaux nucléaires), se trouve dans des conditions environnementales irrécupérables, certaines zones aquatiques sont radioactives et les fonds marins jonchés de débris d’origine militaire. La récupération écologique de la zone semble irréalisable.

Le MCP et d’autres mouvements associatifs demandent :
 la fermeture immédiate de ces terrains militaires,
 le dédommagement aux victimes,
 la remise en état de l’environnement,
 l’inculpation des firmes d’armement, étrangères et italiennes, qui ont procédé à ces essais meurtriers,
 le départ immédiat de la Sardaigne des troupes étrangères dont l’OTAN.

Mouvement Chrétien pour la Paix
mcp.belgium@skynet.be

lundi 2 juillet 2012

Compte-rendu de la visite de la maison en "EAUTARCIE" - Bernadette Lamblin

Ce 5 mai, une quinzaine de personnes ont répondu à l’invitation du Centre d’Écologie pour assister à la conférence de Joseph Országh et à la visite de sa maison urbaine en « EAUTARCIE ». Elle n’est, en effet, raccordée ni au réseau de distribution d'eau ni aux égouts. Il utilise le système TRAISELECT qui consiste en un traitement sélectif des eaux grises (contenant les savons et les détergents) et des eaux vannes (contenant les matières organiques et les bactéries) ainsi que le système PLUVALOR qui rend l’eau de pluie propre à la consommation. Dans cette maison, grâce à l'utilisation d'une toilette à litière biomaîtrisée, les eaux vannes ne sont pas produites. La famille Országh habite cette maison depuis 31 ans qui, en raison du non raccordement au réseau de distribution d'eau a été qualifiée d'insalubre par la ville de Mons !... Ils peuvent y habiter mais ne peuvent pas la louer.

Les eaux vannes contiennent 99% de bactéries, 90% de phosphore, 98% d’azote ainsi que des résidus de médicaments et, pourtant, les eaux vannes ne représentent que 1% du volume total des eaux usées. C’est dans ce faible pourcentage que se trouve concentré la presque totalité des polluants les plus nuisibles pour l’environnement.

« Le fait de mélanger les eaux vannes et grises a un poids environnemental démesuré qu’aucune épuration si performante soit-elle ne peut alléger. La clé de la solution soutenable se trouve dans le traitement sélectif. Les eaux fécales ne deviennent une nuisance qu’après épuration. En enlevant les déjections des eaux usées, une situation nouvelle se présente. Les eaux grises ne constituent une menace pour l’environnement que dans la mesure où on les rejette dans une rivière, un lac ou dans la mer . »


1) Le système PLUVALOR

L’eau consommée provient exclusivement des précipitations, la superficie au sol de sa maison est de 100 m². L’eau est canalisée vers une citerne. Pour 100 m² de toit il faut prévoir une capacité de stockage de 15 m3, c’est un peu juste mais augmenter le volume de stockage a un coût. A certaines périodes de l’année, ils sont en sur-verse et perdent de l’eau qui va peut-être leur manquer quelques mois plus tard en période de sècheresse.

L’eau qui tombe sur le toit est acide même si elle n’est pas polluée car le dioxyde de carbone contenu dans l’air se transforme en acide carbonique en se dissolvant dans l’eau. Le béton de la citerne contient des composants basiques qui neutralisent l’acide et, ce faisant, l'eau initialement dépourvue de sels minéraux, en dissout un peu. L’eau est donc chimiquement neutre mais pas aminérale.

Après avoir été stockée dans la citerne elle passe dans un premier filtre de 25 microns puis dans un second de 10 microns. Grâce à ces deux filtrations, elle n’est pas potable mais peut déjà convenir à tous les usages. Dans cette maison, il n'y a qu'un robinet, placé à la cuisine, qui fournit de l'eau légalement potable. Les autres robinets délivrent de l'eau qualifiée « d'inoffensive » qui sert à tous les usages non-alimentaires (hygiène personnelle, vaisselle, lessives, nettoyages, etc.). D'après Joseph Országh, « l'absorption accidentelle d'une telle eau ne porte pas préjudice à la santé, même si elle n'est pas légalement potable ».

Le seul robinet d’eau potable est desservi par un filtre en céramique contenant du charbon actif traité aux ions d’argent. Celui-ci étant bactériostatique les bactéries ne peuvent pas s'y développer et sont retenues. La porosité de ce filtre varie entre 0,4 et 0,7 microns et est garanti par le fabriquant pour une rétention de 99,9% des bactéries de contamination fécale. Ce filtre doit être régulièrement entretenu pour enlever le dépôt gluant qui bouche les pores de la céramique. Le charbon actif contenu dans la cartouche a également pour rôle de retenir les résidus de pesticides provenant de l’agriculture ainsi que les hydrocarbures que l’on peut retrouver dans la citerne surtout en hiver.

Qu’en est-il de la législation ?

D’après une enquête réalisée en 2006, plus de 700 000 personnes déclarent utiliser l’eau de pluie pour l’hygiène personnelle ce qui est pourtant déconseillé par bien des spécialistes, - et plus de 100 000 personnes qui déclarent boire l’eau de pluie depuis plusieurs années – une pratique encore moins recommandé par l’administration. Une seule exception : la ville de Bruxelles qui admet la possibilité d’utilisation de l’eau de pluie rendue potable moyennant un traitement adéquat. En France, la législation est quelque peu différente. Une loi a été votée en 2008 interdisant l’utilisation de l’eau de pluie à l’intérieur de l’habitation , à la seule exception pour la chasse du wc pour autant que l’on désinfecte l’eau destinée aux toilettes. Suite aux protestations de plusieurs associations, la loi a été quelque peu amendée ; l’eau une fois traitée de façon appropriée n’est plus considérée comme étant de l’eau de pluie.

En Belgique l’approche classique recommande d’utiliser de l’eau de qualité potable pour tous les usages domestiques. Monsieur Országh n’est pas tout à fait d’accord avec cette façon de voir. L’expérience de plusieurs dizaines de milliers de ménages montre que l’on peut utiliser de l’eau non potable sans mettre en danger la santé de l’usager. Il réclame une enquête épidémiologique sur la consommation de l’eau de pluie comme cela a été fait pour l’utilisation de la toilette à litière . La Commission des Eaux de la Région wallonne était extrêmement réticente vis-à-vis de ce genre d’enquête, suggéré par Joseph Országh. Pourtant, si on peut mettre en évidence un danger à boire cette eau il faut mettre en garde la population. La famille Országh utilise ce système depuis 32 ans sans jamais constater le moindre problème, toutefois cela n’a de valeur que de témoignage, ce n’est pas une preuve scientifique.

Et l’eau de distribution ?

Dans la presse, on peut lire de plus en plus que, dans certains cas, l’eau de distribution n’est pas ce qu’elle devrait être. Elle peut contenir des substances indésirables mais la loi tolère un certain dépassement des normes de façon temporaire. C’est un peu logique car même les eaux souterraines sont atteintes par certains types de pollution tels que les résidus de pesticides.

On peut trouver également des résidus de médicaments dans les eaux épurées rejetées en rivière car ceux-ci traversent en grande partie les stations d’épuration. La durée de séjour en station d’épuration varie entre 8 et 18 heures, ce qui n’est pas suffisant pour décomposer des molécules telles que les antibiotiques et les composants des détergents. Une partie est absorbée dans les boues, l’autre est déversée dans la rivière. Les résidus de médicaments commencent à devenir un souci pour la vie aquatique et pour la qualité de l’eau de la rivière.

La région flamande est confrontée à un autre problème dû à la surexploitation des nappes phréatiques. L’eau potable extraite est remplacée par l’eau de mer qui petit à petit pénètre dans les nappes phréatiques. Plusieurs communes de la côte doivent purifier l’eau de distribution mettant en œuvre une technologie avancée de nanofiltration ce qui entraîne un coût de production beaucoup plus élevé de 12 à 15 euros le m³, le surcoût de production étant payé par la région flamande.

Il y a une vingtaine d’années, Monsieur Országh a proposé que, dès le moment où les sources disponibles ne présenteraient plus les garanties suffisantes, la commune devrait avoir la faculté de se déclarer officiellement incapable de distribuer de l’eau potable à un prix raisonnable. L'eau distribuée devrait être déclarée de « qualité inoffensive » convenant à tous les usagers non alimentaires. Pour l'eau de qualité « potable » (pour la boisson et la préparation des aliments, environ 5 litres par jour par personne), soit la population est invité à utiliser de l’eau en bouteille, soit à installer un système domestique à osmose inverse pour obtenir son eau potable. Rien n’est envisagé à ce jour bien que cette situation risque de se présenter. En France, c’est déjà le cas de plusieurs communes. Au lieu d’utiliser une technologie très coûteuse pour rendre potable une eau de qualité médiocre, il vaut mieux distribuer une eau de qualité inoffensive et ajouter un système de purification à osmose inverse qui coûte actuellement environ 150-180 euros sur internet. La solution la moins chère est l'achat, pour moins de 60 euros, d'un système à osmose inverse vendu pour aquariums, fournissant une eau dont la qualité n'est comparable qu'à celle des meilleures eaux minérales vendues en bouteille, mais pour un prix de revient de 1 à 3 euro-centimes le litre. L’inconvénient de ce système est que pour chaque litre d’eau filtrée, le rinçage de la membrane requiert 3 à 4 litres d’eau qui sont soit évacués directement dans le système d’égouttage soit récupérés pour les nettoyages. L’avantage est que les radio-isotopes sont retenus par le système et évacués avec l’eau de rinçage.


2) La toilette à litière biomaîtrisée ou TLB

Il s'agit d'un joli meuble, dont le style peut s'accorder à celui du mobilier de la maison. Cette toilette sèche prend tout simplement la place du W-C , mais ne demande ni évacuation des eaux, ni de l'eau pour la chasse. Bien utilisée, et entretenue, ses nuisances olfactives ne dépassent pas celles d'un W-C classique. Avant la première utilisation, on place dans le seau de la toilette en acier inoxydable, une couche de 5 cm de litière constituée de déchets de jardin, feuilles mortes, herbes arrachées, taille des arbres fruitiers, le tout broyé et séché auquel Monsieur Országh ajoute parfois des cartons d’emballages déchiquetés. Après chaque utilisation, on remet une petite couche de litière. On humidifie ensuite à l’aide d’un petit pulvérisateur afin de créer un milieu humide avec l’urine.

L’urine est riche en urée qui est une matière azotée organique susceptible de s'adsorber sur les longues chaines carbonées des molécules de la cellulose. Ce faisant les enzymes catalysant les réactions d'hydrolyse de l'urée et produisant, par la même occasion, des odeurs, sont bloquées. En fait, les odeurs proviennent de cette réaction d’hydrolyse qui produit du dioxyde de carbone (qui ne pose pas de problème) et de l’ammoniaque qui a une forte odeur. C’est ce qui se passe dans un seau hygiénique classique, sans litière, où l’odeur d’ammoniaque devient vite très désagréable. La cellulose végétale bloque cette réaction enzymatique. C’est le principe de la toilette à litière biomaîtrisée qui fonctionne différemment des toilettes scandinaves dans lesquelles l'urine et les fèces sont séparées et, de ce fait, l'apparition des odeurs devient inévitable. C'est ce qui justifie l'installation d'un système de ventilation (consommation électrique) pour évacuer les odeurs.

Dans le cas de la toilette à litière, lorsque le seau est plein, il est vidé sur le compost qui ne sera utilisé que deux ans plus tard, par précaution, car les œufs des parasites intestinaux ne sont éliminés qu’au bout de 18 mois.

Qu’en est-il de la législation ?

En 1996, monsieur Országh a exposé le concept de la toilette à litière à la Commission gouvernementale des eaux, dont il a été membre pendant 16 ans. Un fonctionnaire a exhumé une loi datant du 19ème siècle qui précisait qu’il était interdit de manipuler du fumier en milieu urbain. Or, les effluents compostés au jardin constituent du fumier humain et cela peut donc représenter un risque sanitaire en raison de la présence des bactéries. Le Président de la commission a donc commandé une étude à l’Institut de Santé Publique de l’Université de Louvain afin de montrer ou de démentir le caractère dangereux de l’utilisation de la toilette à litière. Monsieur Országh a fourni une liste de familles qui utilisaient ce système. Sur les adresses communiquées, 60 familles ont été sélectionnées parmi celles qui utilisaient le système et 60 autres qui ne l’utilisaient pas. Dans chaque groupe, les familles présentaient le même profil social: même niveau d’éducation, de revenu, de composition familiale, etc. L'équipe de chercheurs de l'UCL a examiné du point de vue médical les deux échantillons de population et suivi pendant un an leur état de santé afin d'évaluer la fréquence et la gravité des maladies du tube digestif directement liées à une contamination d’origine fécale. L'équipe de recherche a également mené une enquête auprès des mutuelles en recherchant plusieurs années en arrière les dépenses de ces familles pour ce type de maladie. S’il s’était avéré que l’échantillon de la population utilisant la toilette à litière était plus souvent malade ou plus gravement que l'échantillon de référence, il aurait fallu conclure qu’il y avait un certain risque à utiliser la toilette à litière. A la grande surprise des chercheurs c’est l’inverse qui a été constaté : la population utilisant les toilettes à litière était, en moyenne, en meilleure santé que l’échantillon de référence.


3) La toilette scandinave (non présente chez Monsieur et Madame Országh)

Pour éviter les manutentions dans cette toilette on sépare la matière fécale de l’urine. Celle-ci est conduite dans un réservoir, la matière fécale est quant à elle desséchée grâce à une résistance chauffante ou d’autres systèmes tels que l’utilisation de l’énergie solaire. Après 6 mois d’utilisation, il n’y a qu’un petit tiroir à vider. Une toilette à litière utilisée par une personne seule doit l’être au bout de 4 à 5 jours. L’urine constitue les 9/10 de nos déjections et en moyenne nous en produisons 1,5 litre par jour.

Les fabricants de la toilette scandinave recommandent de diluer 8 fois l’urine et de l’utiliser pour les plantes qui se développent très bien grâce à cet « engrais ». Dans l’urine on trouve du potassium, du phosphore et de l’azote, tout ce qui est nécessaire aux plantes. L’inconvénient, c’est que pendant le stockage l'urée est hydrolysée grâce à une enzyme, l’uréase. Il se forme alors une solution concentrée en nitrate d’ammonium qui est un sel soluble, au moment où on la dilue. Cela a pour conséquence une moindre économie d’eau que prévue car au lieu de l’utiliser dans la chasse on l’utilise pour la dilution. La dissociation électrolytique entraîne la formation d’ions d’ammonium et de nitrate qui sont introduits dans le sol.

L’humus du sol se décompose spontanément en éléments assimilables par les plantes. Si l’on met sur le sol une substance contenant beaucoup d’ions comme, par exemple, de la chaux, des cendres de bois (qui contiennent de la potasse), du digestat de bio-méthane, ou de l’urine stockée, la force ionique de l’eau dans le sol augmente très fort. Les réactions qui aboutissent à la formation des ions (et c'est le cas de la décomposition spontanée de l'humus) sont accélérées de façon exponentielle par l’augmentation de la force ionique du milieu. Suite à l'irrigation par l'urine stockée (donc hydrolysé), on assiste à une élimination accélérée de l'humus du sol.

Le même phénomène se passe suite à l'usage des engrais de synthèse qui sont aussi des électrolytes solubles et même à l'épandage du lisier d'élevage. On constate que la teneur en humus diminue d’année en année. En moins de 50 années d'agrochimie, la teneur en humus des terres a diminué de plus de 90%! Or, c’est l’humus qui donne la structure au sol et le retient évitant les coulées lors de fortes pluies. Sur un sol forestier humifère, le ruissellement est de 40 fois inférieur à celui qu'on mesure sur des sols cultivés avec des engrais chimiques. Irriguer les plantes avec de l'urine dilué a le même effet que l'épandage du lisier d'élevage. Monsieur Országh est donc très réservé quant à l’utilisation de la toilette scandinave. Il conviendrait de calculer d’après le nombre d’équivalent habitant et la superficie d'épandage si, dans le jardin, le particulier ne risque pas de dépasser les normes européennes réglementant l'usage de l'azote du lisier.

Il propose également à la Région Wallonne de supprimer progressivement l’épuration des eaux fécales en construisant des centres d’imprégnation comme il en existe déjà en France. Les eaux vannes pourraient imprégner du bois raméal fragmenté (BRF) ou de la paille hachée pour en faire du fumier très apprécié par les agriculteurs. De ce fait, on rétablit la teneur en humus des terres agricoles ce qui atténue la gravité des inondations et des sécheresses, tout en favorisant l'infiltration des précipitations dans nos réserves d'eau souterraines. L'effet le plus important sera la diminution, voire l'arrêt de la disparition des terres arables par érosion. Un gramme d'humus est capable de retenir, comme une éponge, 50 g d'eau. On assistera donc à une diminution spectaculaire des demandes en eau d'irrigation. La restauration de la teneur en humus des terres constitue un « puits de carbone » gigantesque susceptible de ralentir, voire peut-être même arrêter les changements climatiques. D'après Joseph Országh, un programme mondial de biomasse sortirait l'humanité de ses problèmes d'eau en moins de deux générations.


4) Le système TRAISELECT

Chez la famille Országh les eaux grises (savonneuses) sont stockées dans une fosse septique de 2000 litres à double compartiment. Dans le premier compartiment la fermentation est très intense, une couche de graisse se forme en surface qui agit comme un couvercle ; c’est une fermentation en anaérobie stricte (absence d’air), la dénitrification est très importante. Il s’en suit une formation de boue qui correspond pour ce volume de citerne à une dizaine de centimètres qui ne varie pas. La quantité de bactéries qui meurent et se déposent au fond de la fosse est prise en charge par des bactéries méthanogènes qui produisent du biogaz facilement évacué. Les détergents peuvent contenir des sulfonates qui, en se décomposant, en anaérobie produisent des odeurs très désagréables. C’est pourquoi l’eau sortant de la fosse à eau grise est aérée avant d’être envoyée par une pompe munie d’un flotteur dans la tranchée végétale filtrante pourvue d’une membrane étanche. Après le passage dans ce filtre végétal contenant du gravier, des galets et des plantes tels que les iris d’eau (mais pas de terre), l’eau est amenée dans l’étang .

Le professeur Országh préconise d’utiliser les eaux savonneuses pour irriguer le jardin. En Région wallonne, une personne produit chaque jour un peu plus de 80 litres d’eau que l’on peut facilement disperser dans un jardin de quelques ares. Cette eau va s’infiltrer sans provoquer de nuisance sauf, évidemment, si l’on se trouve dans une région karstique. C'est finalement la solution la plus simple, la meilleure marché et la plus efficace pour valoriser nos eaux savonneuses.

Après l’exposé suivi d’un débat le professeur Országh nous a fait visiter ses installations. Nous le remercions vivement pour son accueil et sa disponibilité.

Pour en savoir plus sur la gestion durable de l'eau : http://www.eautarcie.org/
• Une présentation simple et illustrée du système PLUVALOR
• Une présentation simple et illustrée du système TRAISELECT
• Sur la toilette à litière biomaîtrisée ou TLB