Centre d'écologie appliquée du Hainaut

Aller au contenu | Aller au menu | Aller à la recherche

lundi 22 juillet 2013

Bulletin N° 75 - Juin 2013

La responsabilité du scientifique

CONFERENCE INTERDISCIPLINAIRE A L'ECOLE ALLEMANDE DU SHAPE - Bernadette Lamblin, Barbara Pütt


Le 28 février, à la demande de Madame Barbara Pütt, professeur de français à l’école allemande, je me suis rendue au Shape à Casteau pour rencontrer les élèves des classes nos 10 et 11 de la dernière année du cycle secondaire. Elle m’avait demandé de faire un exposé, entre autres, sur le parc Hibakusha et la commémoration de la tragédie d’Hiroshima et de Nagasaki organisée chaque année à l’Université de Mons. Au travers d’un diaporama intitulé « des arbres et des stèles plantés à Mons pour que cessent les essais nucléaires : un parc contre la bombe atomique » et de nombreux documents c’est l’historique du parc Hibakusha créé par le professeur Pierre Piérart qu’ils ont pu découvrir ainsi que des événements et des personnages importants qui ont amené à la fabrication et à l’utilisation de la bombe atomique.

Le reste de l’après-midi fut consacrée à l’exposé de quelques actions menées par l’association des Etudiants pour la Prévention de la Guerre Nucléaire (AEPGN) créée également par le professeur Pierre Piérart et à un débat très animé entre les élèves provenant du nord de l'Allemagne, de Hongrie, de Roumanie et de Grèce. Suivant le pays d’origine, « l’histoire » enseignée ainsi que son interprétation diffèrent parfois de façon significative...

Merci à Madame Pütt pour cette invitation et cette rencontre avec les élèves de son école.

Voici ci-dessous la traduction du compte-rendu paru dans la revue du Shape :

Dans leur laboratoire de Berlin, Otto Hahn et Lise Meitner ont réussi à réaliser la première « fission nucléaire ». Quelques années plus tard, les bombes atomiques ont explosé sur Hiroshima et Nagasaki. La question souvent posée est : Otto Hahn et Lise Meitner en sont-ils les responsables? C’est ce que Helmut Schmidt écrit dans son article sur la responsabilité du scientifique. (Schmidt, Helmut: Morale sociale du scientifique. Dans: Die Zeit, 18 juin 1982, p. 16.)

Le règlement du cours d’allemand pour la classe n° 10 prévoit de développer ce sujet toujours d’actualité et d’analyser les liens entre la découverte scientifique de la « fission nucléaire », les tests atomiques actuels et le largage des bombes en 1945.

Le mardi 28 février, Mme Bernadette Lamblin a fait un exposé sur ce sujet dans notre école. Mme Lamblin fait partie des organisateurs de la commémoration au parc Hibakusha à Mons. Ce lieu est consacré à la mémoire des victimes d’Hiroshima, de Nagasaki et des nombreux essais atomiques partout dans le monde.

La conférence, qui faisait le lien entre des faits historiques, des événements survenus à Hiroshima et à Nagasaki ainsi qu’à ce lieu de mémoire à Mons, a rapproché les élèves de cette thématique à l'aide de nombreux documents l’illustrant. Ces élèves, pour la plupart, plus en contact avec la langue et la culture américaines que belges dans le SHAPE, ont eu l’occasion de prendre connaissance d’un évènement qui se passe à Mons avec une personne y habitant.

Le lien interdisciplinaire entre l'enseignement de l'allemand et du français dans le domaine linguistique et culturel est une possibilité exceptionnelle que le SHAPE offre pour l'instruction de ses élèves et dont l'utilisation fait plaisir.

Je voudrais remercier chaleureusement Mme Lamblin pour avoir soutenu notre école dans ce but d'une façon aussi engagée.

Bulletin N° 75 - Juin 2013

COMPTE-RENDU DE L’ANIMATION « MARE » DU 22 AU 25 AVRIL AU CAMPING D’EPINOIS - Bernadette Lamblin –

Cette année, l’intérêt porté à l’animation sur la « mare » était tel que celle-ci a été prolongée jusqu’au jeudi. De nombreuses espèces ont été pêchées dans la mare de finalisation des eaux grises du camping d’Epinois. Cette eau provient des sanitaires du camping qui subit un traitement en anaérobie (absence d’oxygène) puis en aérobie (présence d’oxygène). Bien qu’à ce stade elle soit bio-compatible en termes d’analyse, elle est transférée dans un bac filtrant contenant des plantes avant d’être acheminée dans la mare. On y retrouve entre-autres des daphnies et des gerris qui sont de bons indicateurs d’une eau bio-compatible et donc non-polluées.

Comme chaque année quelques animaux surprennent plus que d’autres et la sangsue garde toujours sa mauvaise réputation de suceuse de sang. La seule connue des enfants, la sangsue médicinale (Hirudo medicinalis), est un animal invertébré de la classe des Annélides. Elle a pratiquement disparu à l’état naturel en Belgique, en France et même en Europe par suite de la destruction de son habitat. On peut encore la trouver chez nous en Lorraine dans la mare de Frassem située sur la commune d’Arlon. Au cours de l’histoire, la sangsue a été utilisée en médecine mais la pharmacopée l’a presque oubliée depuis près d’un demi-siècle. Toutefois, son utilisation redevient fréquente dans certains services de chirurgie de reconstruction plastique ainsi que dans les laboratoires, où sa salive est analysée. Elle est de plus en plus prescrite en Europe, en tant que médecine alternative, notamment pour traiter l’arthrose. Actuellement, la sangsue est élevée en laboratoire. Ce n’est donc pas celle-là qui a pu être observée au camping mais bien la sangsue noire (Haemopis sanguisuga), très fréquente et qui se nourrit de petits animaux aquatiques.

Les élèves ont pu ensuite apercevoir des dytiques, trois espèces de larves et de nymphes de moustique (Chaoborus, Culex et Chironome), de limnée (escargots d’eau) et leur ponte, des daphnies, comparer les larves de libellule, de demoiselle et d’éphémère, observer les têtards de grenouille, apprendre à différencier la ponte du crapaud de celle de la grenouille. Le triton alpestre présent au camping attire toujours les regards et la comparaison entre les têtards, les larves de triton et de salamandre est expliquée. En fin d’animation, les plus jeunes devaient reconstituer le cycle de la grenouille ainsi que celui de la libellule et les plus grands devaient identifier les gerris qui se promenaient sur l’eau en assez grand nombre à l’aide d’une clé de détermination basée sur le nombre de pattes.

Le mercredi après-midi, les campeurs accompagnés de leurs enfants et d’amis d’Andrée et de Michel se sont joints à nous pour participer à l’animation.

Merci à Andrée et Michel Alsteen qui ont permis aux classes qui le souhaitaient l’accès à leur camping. Merci pour leur accueil, leur disponibilité et leur inaltérable gentillesse.

Bulletin N° 75 - Juin 2013

COMPTES RENDUS DES ANIMATIONS DANS LA CARRIERE D’OBOURG- Bernadette Lamblin

Le 21 février et le 16 mai, 80 élèves de 3ème secondaire de l’Institut Saint-Ferdinand de Jemappes ont suivi la visite guidée de l’exposition permanente à la Maison de la Biodiversité d’Obourg. L’exposition commence par un montage vidéo qui transpose, sur une ligne du temps de 365 jours, les évènements qui se sont déroulés de la naissance de l’univers il y a 13,7 milliards d’années à nos jours. Nous sommes le 1er janvier, il est 0 heure 0 minute et 0 seconde : l’univers tout entier jaillit d’une énergie inimaginable qui se transforme en matière : c’est le BIG BANG. Tout le calendrier défile sous nos yeux pour en arriver au 31 décembre à 23 heures 59 minutes et 38 secondes : l’homme se sédentarise et adopte l’agriculture et l’élevage. La naissance de l’écriture, voilà 5000 ans, marque le commencement de la période historique. Le reste de l’exposition est consacré à la biodiversité. Pour les plus jeunes, c’est au travers de jeux qu’ils vont aborder ce thème. Pour les autres les audio-guides leur permettront de répondre soit aux questions préparées par leurs enseignants soit au quiz proposé par la Maison de la Biodiversité. Edward O. Wilson déclarait : « L’extinction des organismes vivants est le dégât biologique le plus important de notre époque, car il est totalement irréversible. Chaque pays possède trois formes de richesses: ses ressources matérielles, culturelles et biologiques. Nous comprenons très bien les deux premières, car elles font partie intégrante de notre vie quotidienne. En revanche, on néglige les ressources biologiques: c’est une grave erreur stratégique que nous regretterons de plus en plus. Les animaux et les végétaux sont une partie de l’héritage d’un pays, le résultat de millions d’années d’évolution en un endroit précis; leur valeur est au moins égale à celle de la langue et de la culture ». L’animation continue en carrière, on y aborde entre autres la problématique des plantes invasives et l’étude de plusieurs écosystèmes ainsi que l’observation des oiseaux.

Le 4 mars, nous avons accueilli 50 élèves de première secondaire. Outre la visite de l’exposition, le thème de la matinée était consacré à « l’oiseau et son bec » : quel bec pour quelle alimentation? Et à quel outil de la vie courante peut-on l’associer? L’après-midi s’est déroulée dans la carrière avec un grand jeu. Répartis en équipe les élèves ont réalisé diverses épreuves et résolu des énigmes pour découvrir le site et ce qu’est la biodiversité. Chaque bonne réponse était récompensée par un jeton. La conclusion du jeu s’est effectuée à la Maison de la Biodiversité. Les jetons ont été échangés contre des cubes représentant des végétaux (producteurs), des végétariens (premiers consommateurs), des carnivores (seconds consommateurs) et un super-prédateur, qui en théorie, ne craint rien pour sa vie. Les enfants construisent la pyramide de la « chaîne alimentaire », activité suivie d’une mise en situation au cours de laquelle l’animateur désigne « une plante » comme indésirable dans son jardin ou un autre lieu. Un élève retire ce cube mais également tout ce qui s’y rapporte notamment les insectes qui ne peuvent plus la butiner ainsi que les oiseaux qui ne trouvant plus de nourriture partent ailleurs. De bonnes actions sont également prévues dans le scénario, par exemple placer des nichoirs, faire du compost. Dans ce cas les élèves rajoutent des cubes qui consolident la pyramide fragilisée par les actions précédentes mais, au fil de l’histoire, la pyramide finit par s’écrouler et notre super-prédateur est menacé également. Tout ceci afin de mettre en évidence l’équilibre fragile du réseau écologique. Pour cette animation suivant les faces du cube utilisées nous avons le choix de sensibiliser les élèves à l’écosystème friche industrielle, haie, jardin, mare, forêt et auxiliaires de culture.

Les 25 et 26 mars, 80 élèves de dernière année humanité de Saint-Stanislas sont venus à Obourg. Avec Madame Tourneur nous avions rencontré les professeurs à plusieurs reprises pour la préparation de ces journées. Les matinées se sont déroulées en deux temps; la moitié du groupe visitait l’exposition à l’aide d’audio-guides et en équipe; ils devaient répondre à un questionnaire préparé par leurs enseignants. Pendant ce temps, l’autre moitié abordait sur le terrain la problématique des plantes invasives en général et en particulier de l’arbre aux papillons (Buddleja davidii) et de la renouée du Japon (Fallopia japonica) présentes sur le site. Les critères précis définis par les scientifiques pour qu’une plante soit qualifiée d’invasive ont été énumérés sans oublier de parler de la « faune dite invasive » que l’on retrouve chez nous avec, entre autres, la tortue de Floride (Trachemys scripta elegans), la coccinelle asiatique (Harmonia axyridis), l’écureuil de Corée (Tamias sibiricus), la moule zébrée (Dreissena polymorpha)… A l’aide d’exemples concrets on aborda, sur le site, le cycle du carbone, la révolution industrielle du siècle dernier (qui remet le carbone des énergies fossiles dans l’atmosphère participant à l’effet de serre et au réchauffement climatique), la photosynthèse et la respiration exprimée en formule brute, l’ère primaire (Carbonifère) qui a enrichi notre région avec son gisement de charbon et l’ère secondaire (Crétacé) à l’origine de la craie exploitée à Obourg, le climax et finalement le biome.

Figuraient également au programme de cette avant-midi: la définition d’un écosystème, de la biocénose et du biotope, l’origine des haies et les causes de leur disparition tout en soulignant leur très grande importance et leur richesse dans le maintien de la biodiversité, ainsi qu’une discussion sur l’importance des écotones.

Après le repas, en complément des activités de la matinée, on aborda en carrière les relations inter-spécifiques (prédation, compétition, parasitisme, hyper-parasitisme, amensalisme, neutralisme et donc phorésie et zoochorie, commensalisme à contact permanent ou non, synergie, mutualisme, symbiose animale et végétale) et intra-spécifiques (répulsion ou attraction, effet de groupe et effet de masse). Pendant ce temps l’autre moitié du groupe observait et identifiait les oiseaux. Ils ont appris ce qu’était la stratification thermique, l’origine de la craie, l’exploitation de la carrière et son réaménagement.

Tous les élèves sont ensuite partis découvrir la faune et la flore de l’autre côté du lac, là où se trouvent une mare temporaire et une pelouse calcicole.

La projection sur grand écran d’images provenant d’une loupe binoculaire clôtura la journée. Les élèves ont donc pu observer des mycorhizes, des larves d’éphémère, de libellule et de chaoborus (moustique) et observer la manière dont ils se déplaçaient.

Le 28 mars c’était au tour de l’école Saint-Géry de Boussu de nous rendre visite: 70 élèves de 4ème, 5ème et 6ème primaire. Le matin, trois ateliers étaient proposés: la découverte de l’exposition sur la biodiversité, le bec de l’oiseau en relation avec son régime alimentaire et le monde merveilleux des abeilles. L’après-midi, grand jeu de découverte du site et de la biodiversité dans la carrière.

Bulletin N° 75 - Juin 2013

UNE "PERLE " GÉOMORPHOLOGIQUE EN HAUTE-SAMBRE

LE MÉANDRE ABANDONNÉ DE LA SAMBRE À AULNE-GOZÉE-THUIN - Robert Fourneau


Une excursion paysages, patrimoine, histoire a été organisée en commun par le Centre d'Ecologie Appliquée du Hainaut et la section des C.N.B Thuin-Lobbes le dimanche 29 juillet.
Le matin, le circuit du méandre abandonné d'Aulne a été expliqué par Mr. Fourneau qui a réitéré cette excursion le samedi 20 avril.


Les constructeurs de l'Abbaye d'Aulne furent d'excellents observateurs de la nature pour avoir su profiter de tous les avantages que l'ancienne vallée de la Sambre adossée à l'actuelle offraient en cet endroit au temps de l'implantation. Bien sûr le site était déjà occupé par une petite entité villageoise ancienne construite empiriquement mais leurs "architectes-urbanistes", dignes de nos actuels, ont su tirer profit de tout ce que ce site avait de plus que d'autres endroits de la vallée actuelle proche.

C'est en effet à la confluence de la plaine alluviale actuelle de la Sambre, ("rivière tranquille", Samo ara en celte) et de celle d'un de ses anciens tracés, un méandre abandonné qu'il était le plus indiqué de s'installer pour profiter des terres alluvionnaires fertiles (grâce aux limons de crue), à mettre en herbages, prés de fauche ou en cultures tout en profitant de l'eau de la rivière pour différents usages y compris pour des transports ou échanges par bateau vers la France en amont et vers la Meuse liégeoise en aval.

De plus grâce à la pente initiée par la dénivellation entre le passage de l'ancien cours d'eau et l'actuel, des petits ruisseaux ont dévalé des versants rocheux de l'ancienne vallée et ont été utilisés pour réaliser par barrages, des étangs de retenue, sans doute viviers ou chasses d'eau pour désobstruer d'éventuels bouchons d'arbres arrachés par des orages ou abattus pour récupération sur la rivière principale et pour permettre un écoulement régulier dans toute l'infrastructure des galeries qui courent nombreuses sous l'abbaye à des fins de force motrice ou d'égouttage. Quant à la butte rocheuse située au centre du grand "fer à cheval" que dessine le méandre abandonné et que poétiquement on peut comparer vu de l'espace à une "perle" accrochée à la guirlande des méandres de la Haute-Sambre, elle garde les traces sur son versant exposé au midi, terrasses aménagées pour des cultures, fort probablement de la vigne, indispensable à une grande abbaye, et son extrémité occidentale en versant rocheux abrupt a servi à accoler le mur avec porche qui limitait à une certaine époque l'ensemble monastique.

Les versants abrupts d'allure concave ont été aussi bienvenus dans l'ensemble des besoins d'une grande communauté, étant fortement boisés comme les surfaces planes qui les prolongent de part et d'autre de la vallée de la Sambre et des petits vallons des ruisseaux qui ont emprunté par après l'ancien tracé, parce qu'établis sur des roches extrêmement résistantes datant du système dévonien de l'ère primaire, elles-mêmes exploitées en nombreuses petites carrières qui écaillent encore actuellement les versants naturels de la grande vallée entre Aulne et Thuin.

Celle-ci présente toutes les caractéristiques d'une belle vallée ardennaise : d'une part une entaille profonde dans le socle primaire plissé et constitué de roches essentiellement gréseuses comme celles de l'Ardenne, base générale de tout le territoire belge et apparaissant actuellement sous forme de surfaces horizontales résultant de l'usure totale en une ou plusieurs phases d'érosion généralisée (ou pénéplanation) de massifs montagneux formés à la fin de l'ère primaire lors du plissement hercynien (qui atteignait plusieurs milliers de mètres d'altitude), terme celte correspondant latin de quercinien, (couvert de chênes) et d'autre part de versants alternativement d'allure concave et abrupts et d'allure convexe et en pente douce.

La dénivellation engendrée par le recoupement du méandre a nécessité la réalisation d'un petit barrage-chute et d'un recoupement artificiel secondaire dans la plaine alluviale avec une écluse pour la navigation

L'après-midi nous avons rejoint Mr. Delmotte au parking de l'église de Montigny-le-Tilleul pour un autre circuit.

Sous la houlette de Jean-Marie Delmotte, guide-nature chevronné de la section Lobbes-Thuin des C.N.B. les participants à l'excursion du 29 juillet 2012 ont parcouru les nombreux kilomètres des ruelles et sentes peu connues de Montigny-le-Tilleul. Avec son don de conteur et sa voix de velours, il nous a sensibilisé au charme de l'observation aussi bien de plantes et arbustes communs que de quelques plus rares en les agrémentant de petites histoires ou de légendes relatives à leur étymologie ou à leur parfum; ce qui compensait largement les difficultés du parcours car celui-ci s'est avéré correspondre à zigzaguer sur une pente plusieurs fois montante et plusieurs fois descendante d'un abrupt extraordinaire par son origine géomorphologique. Cet abrupt correspond en effet - comme l'expliquera sur place notre président, géomorphologue - au passage de la grande faille appelée eifelienne dans l'est de la Wallonie et du Midi dans l'ouest, coupant le massif ardennais plissé d'ouest en est. Celle-ci met ainsi en contact des terrains géologiques qui ne se succèdent pas normalement dans l'échelle des dépôts et des temps géologiques à savoir ici les terrains du Devonien du milieu de l'ère primaire et ceux du Carboniférien houiller de la fin de l'ère primaire. Cependant la nature de ces terrains est telle qu'elle offre une résistance à l'érosion tout à fait différente. Ceux du Devonien constitués de grès très résistants sont restés en relief élevés et constituent morphologiquement la crête de Haute-Marlagne au sud de la faille à des altitudes supérieures à 200 mètres tandis que ceux du Houiller constitués ici de schistes ou shales en fines plaquettes d'origine argileuse facilement débitées par le phénomènes de solifluxion sous climat périglaciaire (glissements de boue lors des dégels successifs) qui a précédé l'actuel ont été facilement dégagés pour donner une dépression (la Dépression du Sillon houiller) d'altitudes parfois proches des 120-130 mètres créant ainsi dans le paysage la vision de cet abrupt extraordinaire unique dans tout l'axe de ces terrains de la Wallonie médiane au niveau des localités de Montigny-le-Tilleul-Jamioulx dont la partie la plus connue est le tronçon routier de type montagnard appelé "M de Bomerée".

Nombreuses photos dans notre bulletin n° 75