Centre d'écologie appliquée du Hainaut

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jeudi 9 janvier 2014

Bulletin N° 76 - Décembre 2013

VISITE AU JARDIN BOTANIQUE DE MEISE - Robert Fourneau -

Ce dimanche 16 juin, une délégation du C.A. a participé à la visite guidée du Jardin Botanique National de Meise dans le cadre d'une manifestation destinée à fournir des fonds à OXFAM pour l'organisation de sa marche dans les Hautes Fagnes à la fin du mois d'août.

En plus de la visite des serres magnifiques présentant les plantes des différents biotopes mondiaux et des jardins aménagés dans les anciennes prairies attenant aux châteaux de Meise (disparu actuellement) et de Bochout (qui vaut la visite), notre but était principalement de se rendre compte des immenses possibilités des herbiers et d'y retrouver ceux légués par feu notre vice-président, le botaniste Jacques Duvigneaud et par feu notre secrétaire-fondateur du C.E.A.H., le Professeur Pierre Piérart.

Bulletin N° 76 - Décembre 2013

COMPTE RENDU DES ANIMATIONS DE LA SAISON « CHAMPIGNONS » - Bernadette Lamblin -

Fin octobre nous avons clôturé nos animations sur le thème des champignons. Celles-ci connaissent toujours un vif succès auprès des enseignants et des élèves. Une fidélisation s’est installée, c’est ainsi que nous retournons tous les ans à l’Institut Saint-Ferdinand de Jemappes, au camping de la Sablière à Epinois et tous les deux dans d’autres écoles telles que celles du groupe scolaire Barigand de Ghlin, de l’école communale de Baudour ou de l’Institut Saint-Joseph de Saint-Ghislain. Cette année, l’Athénée Royal de Saint-Ghislain nous a sollicités pour la première fois, les élèves avaient participé au printemps aux animations sur la mare à Epinois.

Comme en 2011, notre exposition de champignons frais, ouverte au public le week-end, s’est déroulée du 19 au 22 octobre dans la salle «la Grange » de Beloeil. Cette date correspond au week-end au bois organisé par les guides Pro-Natura en collaboration avec l’Office du Tourisme de Beloeil. Cette activité amène toujours beaucoup de participants, pas moins de 114 personnes ont répondu présents à la balade découverte des champignons le dimanche matin à Stambruges. Il y avait sept guides dont trois du CEAH. Cette balade, couplée avec la visite de l’exposition démarrait de la salle, un bus de la commune était prévu pour faire la navette jusque Stambruges. Au retour le verre de l’amitié a été offert par l’Office du Tourisme.

Les visiteurs ont pu observer pas moins de 163 espèces de champignons, en voici la liste :

Abortiporus biennis, Agaricus bitorquis, A. silvicola, Armillaria mellea, Amanita battarae, A. ceciliae, A. citrina, A. fulva, A. junquillea, A. muscaria, A. phalloides, A. rubescens, A. spissa, Astraeus hygrometricus, Auricularia auricula-judae, Baeospora myosura, Bjerkandera fumosa, Boletus edulis, B. erythropus, Calocera viscosa, Calvatia excipuliformis, Cantharellus cibarius, C. tubaeformis, Chlorociboria aeruginascens, Chroogomphus rutilus, Clavariadelphus pistillaris, Clavulina cinerea, C. cristata, Clavulinopsis helvola, Clitocybe clavipes, C. fragrans, C. geotropa, C. nebularis, C. odora, C. rivulosa, C. vibecina, Collybia butyracea, C. confluens, Coprinus comatus, Cortinarius alboviolaceus, C. delibutus, C. elatior, C. xanthophyllus, Craterellus cornucopioides, Crucibulum laeve, Cyathus striatus, cystoderma amianthinum, Cystolepiota aspera, C. seminuda, Dacrymyces stillatus, Daedaleopsis confragosa, Daldinia concentrica, Fomitopsis pinicola, Galerina marginata, Ganoderma applanatum, G. lucidum, Geastrum sessile, G. triplex, Grifola frondosa, Gymnopilus penetrans, Gyroporus cyanescens, Hapalopilus rutilans, Hebeloma mesophaeum, H. radicosum, Helvella crispa, Heterobasidion annosum, Hydnum repandum, H. repandum var. rufescens, Hygrocybe conica, H. pseudoconica, H. quieta, Hygrophoropsis aurantiaca, Hygrophorus pustulatus, Hypholoma fasciculare, Hypoxylon fragiforme, Laccaria amethystea, L. laccata, Lactarius blennius, L. controversus, L. glyciosmus, L. necator, L. semisanguifluus, L. tabidus, L. subdulcis, L. torminosus, L. vellereus, laetiporus sulphureus, Leccinum aurantiaca, L. scabra, Lepista flaccida, Lepista inversa, L. nuda, Lycoperdon mammiforme, L. perlatum, L. piriforme, Lyomyces sambuci, Lyophyllum decastes, Macrocystidia cucumis, Macrolepiota fuliginosa, Meripilus giganteus, M. tremellosus, Mutinus caninus, Mycena crocata, M. Galopus, M. inclinata, M. pelianthina, M. polygramma, M. rosea, Nectria cinnabarina, Otidea alutacea, Otidea onotica, Oudmensiella mucida, O. pudens, O. radicata, Panellus stypticus, Paxillus atrotomentosus, P. involutus, Phlebia radiata, Pholiota gummosa, P. mutabilis, P. squarrosa, Piptoporus betulinus, Pisolithus tinctorius, Pleurotus ostreatus, Pluteus cervinus, Polyporus badius, P. durus, P. varius, Postia caesia, Psathyrella conopilus, P. piluliformis, Psilocybe squamosa, Ramaria stricta, Rhodocybe gemina, Rhodotus palmatus, Rozites caperata, Russula cutefracta, R. cyanoxantha, R. exalbicans, R. fellea, R. heterophylla, R. nigricans, R. ochroleuca, R. queletii, R. velenovskyi, Rutstroemia echinophila, Sarcodon imbricatus, Scleroderma citrinum, Stereum sanguinolentum, Stropharia caerulea, Suillus grevillei, Trametes gibbosa, Tricholoma cingulatum, T. pseudoalbum, T. saponaceum, T. scalpturatum, T. sulphureum, Tricholomopsis rutilans, Xerocomus badius, X. chrysenteron, Xylaria hypoxylon, X. polymorpha.

Le lundi et le mardi, de nombreuses classes sont venues suivre l’initiation à la connaissance des champignons à la salle « la Grange » et sur le terrain dans le parc du château de Beloeil. Durant ces quatre jours le concierge nous a confié la clef du parc. Nous y avons accueilli des écoles primaires de l’entité de Beloeil ainsi que des secondaires de l’Athénée Royal de Mons et du Centre éducatif Saint-Pierre de Leuze.

Un tout grand merci à Mario Lemaire, sans qui cette exposition n’aurait pu avoir lieu, il a amené et identifié la majorité des espèces. Nous remercions également les Guides-Nature des collines pour leur récolte déterminée, Jean et Francine Lhoëst et Willy Snauwaert le « Sanglier des Ardennes » qui répondent toujours présents pour récolter des champignons dans la région de Couvin.

Bulletin N° 76 - Décembre 2013

LE VALLON KARSTIQUE DE MARCINELLE-LOVERVAL - Robert Fourneau -

Descendant de la crête de Haute-Marlagne (vers 220 mètres), un ruisseau pérenne coulant du sud vers le nord dans les terrains gréseux avec poches de minerai de fer du Devonien, le Ruisseau de la Ferrée sur le territoire de Nalinnes, atteint à la limite de cette localité et de celles de Loverval à l'ouest et de Marcinelle à l'est, la zone des terrains calcaires du Carbonifère viséen de la Basse-Marlagne située quelques dizaines de mètres plus bas. Là il s'engouffre dans toute une série de chantoirs impressionnants par leur profondeur et leur largeur de plus de 5 mètres chacun en devenant une rivière souterraine mais dont un cours aérien très intermittent a réalisé un vallon sec dans le même axe, appelé le Ruisseau de Borgnery.

Dans ce vallon le nombre de phénomènes karstiques est considérable à partir de là où il réapparaît en une première résurgence au pied de la carrière abandonnée de Borgnery de triste réputation pour avoir servi de lieu d'exécution par les Nazis de résistants locaux à la fin de la seconde guerre mondiale et auxquels un monument rend hommage.

Dans cette vallée à ruisseau à nouveau pérenne devenu le Ruisseau des Haies, plusieurs autres résurgences apparaissent surtout du côté du versant oriental et le chemin qui suit le fond de la vallée est souvent affecté par des incisions concaves de la berge sous l'effet de l'érosion régressive correspondant au recul des cours souterrains de ces petits affluents résurgents suite à l'érosion régressive normale de chaque cours d'eau. Certaines de ces petites résurgences ne sont actives qu'en période de forte pluviosité mais à quelques mètres de hauteur par rapport à ces petites résurgences actives, à flanc de versant, s'ouvrent quatre cavités importantes connues dans la région sous le nom de Grottes des Sarrasins, espacées entre elles d'une dizaine de mètres et de quelques mètres en altitude de l'amont vers l'aval. Toutes portent des traces d'écoulements d'eau anciens sortant du plateau calcaire dominant et se terminant par une corniche partiellement démantelée. La plus importante est la plus septentrionale par son couloir désobstrué sur une dizaine de mètres horizontalement et se terminant à l'orifice par une série de coups de gouge, petites incisions parallèles superposées et concaves sur le flanc méridional du couloir, témoins du clapotis des sorties d'eau à ces niveaux successifs autrefois; un cône de déjection prolonge cette grotte-abri sous roche à ses pieds et les contours rocheux enserrant cette résurgence fossile témoignent par la disposition des anciennes parois d'un grande voûte qui s'avançait autrefois beaucoup plus près du centre de la vallée.

A la fin de la zone calcaire vers le sud, la vallée appelée alors définitivement Ruisseau des Haies, s'élargit fortement mais de façon asymétrique laissant le calcaire sur sa rive occidentale et dégageant les terrains de sa rive orientale en suivant une faille de décrochage entre des entités géologiques différentes. Là les terrains sont en versants particulièrement abrupts dans une première rive concave façonnés dans les grès à phtanites du Houiller inférieur.

Au-delà des calcaires de la rive occidentale, dans les schistes du Houiller cette fois, s'est modelé un vallon sans nom au départ suivant une faille oblique rejoignant la faille principale sud-nord. Ce vallon à ruisseau pérenne que nous appellerons vallon des Templiers, à fond imperméable a permis à des moines-Templiers de réaliser des petits barrages pour étangs de pisciculture près de l'installation de leur obédience sur l'éperon calcaire qui le domine en site de défense. De nombreuses traces de leurs anciens bâtiments dont les vestiges de la base de leur chapelle sont encore visibles.

De plus le groupe des participants a pu voir perdus dans les hautes herbes et peu connus du grand public, les restes fracturés à la fin du XIXème siècle par les autorités religieuses locales, d'un menhir en roche du type bloc mamelonné de grès pédologique landenien, pris dans les terrains meubles du plateau surincombant, attestant ainsi d'une occupation humaine très ancienne sur cet éperon calcaire.

Avec ses grottes où on y a découvert des restes d'hommes préhistoriques ce vallon et ses versants ont favorisé des époques d'occupation humaine pratiquement permanente depuis sa formation; c'est maintenant un site classé et un trajet de promenade pédagogique d'importance dans la ceinture verte botanique et forestière au sud de Charleroi mais il y a quelques dizaines d'années, il y avait un gros problème de pollution. En effet la vallée du Ruisseau des Haies aboutit avant sa confluence avec la Sambre dans les étangs d'agrément du Centre de délassement de Marcinelle. Ils ont été ainsi pollués sans savoir pourquoi par les organisateurs de ces activités en aval puisque les eaux sortaient "normalement" de "sources" en amont au niveau des grottes. L'étude du vallon karstique a montré qu'elles sortaient en réalité de résurgences du Ruisseau souterrain de Borgnery-la Ferrée et que celles-ci étaient alimentées au grand chantoir de La Ferrée (perte d'eau en région wallonne) par les eaux du même ruisseau venant de Nalinnes dans lequel se déversaient les eaux usées laiteuses d'une laverie de laiterie qui traversaient en souterrain les terrains calcaires pour alimenter les résurgences. Heureusement ce problème a été actuellement résolu.

Bulletin N° 76 - Décembre 2013

Compte-rendu du stage à L’Abbaye de Saint-Denis du 8 au 12 juillet - Bernadette Lamblin -

Pour la troisième fois nous avons donné rendez-vous au Petit Prince de Saint-Exupéry à l’Abbaye de Saint-Denis pour qu’il rythme nos journées d’animations au gré de son imagination. 13 enfants ont ainsi pu découvrir au fil des jours quelques petits secrets de cette si belle nature et surtout se rendre compte de la fragilité de l’équilibre de la biodiversité et de l’importance de respecter notre environnement et de le protéger.

L’année dernière, suite à une période très humide nous avions baptisé ce stage « année des escargots ». Cette fois c’était plutôt l’année des abeilles… En effet, nous étions dans la cour lorsqu’un essaim d’abeilles a commencé à tournoyer autour de nous. Il s’agissait de l’essaimage d’une ruche située dans l’enceinte même de l’Abbaye et appartenant à Muriel Baudouin qui est arrivée très rapidement sur les lieux. Les enfants étaient aux premières loges pour assister à la récupération de l’essaim. Malheureusement en vain car il était placé très haut (plus de 6 mètres) et, après plusieurs essais, l’essaim s’est envolé. Quelques jours après, Muriel Baudouin est revenue sur le site visiter ses ruches et elle en a profité pour apporter aux stagiaires un pot du miel de ses abeilles. Ils l’ont dévoré en 20 minutes…

Merci beaucoup à Claude Laitem, qui fait partie des amis de l’Abbaye de Saint-Denis, et aux habitants du site qui nous accueillent chaque année de manière très sympathique et avec qui nous développons de plus en plus de contacts.

Annonce : notre prochain stage à l’Abbaye de Saint-Denis se déroulera du 14 au 18 juillet 2014.

Bulletin N° 76 - Décembre 2013

NOS POUBELLES DEBORDENT…

Compte-rendu de la journée d’animation avec les guides composteurs de l’Hygea de Cuesmes à Bonsecours - Bernadette Lamblin -

La gestion des déchets coûte de plus en plus cher à la communauté mais également à notre portefeuille. Il est indispensable de réduire nos déchets pour préserver nos écosystèmes. Chaque jour l’ensemble des habitants de la planète produit des millions de tonnes d’ordures ménagères. En 2007, l’Office des statistiques de l’Union européenne a publié des chiffres sur la production et le traitement des déchets ménagers des pays de l’UE. Avec 39%, la Belgique occupe la deuxième place en matière de recyclage des déchets ménagers, derrière l’Allemagne. Chaque Etat membre de l’UE a produit en moyenne 522 kg de déchets ménagers par habitant, la Belgique arrive à 492 kg. Les déchets ménagers peuvent être traités de plusieurs façons : en les destinant à l'enfouissement, en les incinérant, en les recyclant et en les compostant. En 2007, la répartition pour l'UE était en moyenne : 40 % d'enfouissement, 20 % d'incinération, 22 % de recyclage et 17 % de compostage. En Belgique, ces chiffres étaient les suivants : 4 % d'enfouissement, 34 % d'incinération, 39 % de recyclage et 23 % de compostage. La Belgique est donc également le deuxième meilleur élève de l'Europe lorsque l'on considère le recyclage et le compostage (62 %) .

Comment réduire nos déchets ? En choisissant des produits adaptés dès leur achat, en évitant les emballages inutiles, en optant pour des sacs réutilisables ou biodégradables, en réparant les appareils électroménagers lorsque c’est possible. Les déchets organiques et alimentaires représentent souvent plus de 30% du contenu de nos poubelles ; stopper le gaspillage alimentaire constitue souvent un début de solution mais on dispose encore d’une autre alternative qui est le compostage des déchets organiques, une excellente manière pour diminuer de 40 kg notre quota de déchets annuellement jetés.

Si beaucoup d’entre nous sont convaincus du bien-fondé du compostage, il n’est pas toujours évident de savoir comment « bien faire » un bon compost, comment procéder, ce que l’on peut y mettre, ce qui est à proscrire… ce sont les questions les plus fréquemment posées aux « guides composteurs ». Eh oui, cela existe. Qui sont-ils ? A l’image d’un voisin de confiance, le guide composteur peut facilement vous convaincre de l’utilité du compostage, vous aider de façon concrète et vous soutenir dans vos efforts. Bénévole, le guide composteur reçoit gratuitement une formation sur les aspects théoriques et pratiques du compostage, il acquiert les techniques et aussi la méthode pour transmettre son savoir et son expérience. En contrepartie, une fois « diplômé », le guide composteur, s’engage à mettre à disposition quelques heures de son temps libre pour assurer la diffusion du message « compostage à domicile » auprès de la population locale. Sensibiliser un plus grand nombre de foyers et maintenir le geste du compostage dans la durée est également l’un de ses rôles. Ces bénévoles assurent un relais de proximité et garantissent ainsi la pérennité des actions en faveur du compostage domestique.

Ce samedi 15 juin, une quarantaine de guides ou futurs guides composteurs du Hainaut sont venus à Bonsecours. Après avoir été accueilli par Pierre Delcambre, chargé de mission à la Maison du Parc naturel des plaines de l’Escaut, la moitié du groupe l’a suivi pour une visite guidée de l’Escale forestière avant de se rendre sur le promenoir des Cimes pour y observer la canopée et s’informer ensuite du fonctionnement de la Chaufferie Bois-Energie qui alimente le Parc Naturel des Plaines de l’Escaut. Des saules têtards pour chauffer la Maison du Parc naturel… En 2003, le Parc Naturel des Plaines l'Escaut (PNPE) a initié ce projet de chaufferie au bois dans le contexte d’une réflexion plus large sur l’intégration des énergies renouvelables au sein de la Maison du Parc naturel. Cette option répondait à une double préoccupation : valoriser les tailles de saules têtards nombreux sur le territoire du Parc naturel et ainsi participer à la gestion du paysage et au maintien du patrimoine naturel, et d’autre part, développer, dans un deuxième temps, une filière économique locale pour l’approvisionnement en bois-énergie. Cette chaufferie au bois a, de ce fait, un rôle pilote vis-à-vis des communes, entreprises, collectivités et particuliers de la région pour les lancer, eux aussi, dans cette démarche.

Le programme de l’autre groupe était tout autre. En effet, s’ils ont l’habitude de composter dans leur jardin, la plupart d’entre eux ne savent pas comment le compostage à grande échelle s’effectue dans nos forêts. Nous nous sommes rendus à plusieurs endroits pour l’observer.

Le sol n’est pas quelque chose d’inerte, il n’est pas un support, il est une source de vie. Si l’on compare un champ avec un sol forestier on remarque une chose essentielle : il y a nettement plus de matière organique dans nos forêts que dans nos campagnes.

Le sol, c’est la couche supérieure de l’écorce terrestre soumise aux intempéries et donc à l’érosion mécanique et chimique. Il est le résultat de l’action des animaux et des végétaux aboutissant à l’altération des roches sous-jacentes. Il faut plus de 500 ans pour qu’un sol arable se constitue. En dessous, c’est la roche mère.

C’est dans la couche supérieure que l’on va trouver une activité biologique intense. C’est là que les racines des plantes puisent leur nourriture et que des millions d’organismes vivent. On va parler de pédologie (étude des sols) et de pédofaune (la faune du sol).

C’est au niveau de la litière que se joue toute la survie de la forêt ; elle est la source de l’alimentation car elle réutilise ses « déchets » pour continuer à croître. Elle recycle la litière. La pluie d’automne avant la chute des feuilles active les différents organismes, et, par la suite, la pluie va faire pénétrer par ruissellement toute cette matière organique décomposée pour être réutilisée par les végétaux.

Dans nos régions tempérées, il tombe de 3 à 5 tonnes de feuilles par an. 5% de la production végétale est consommée par les herbivores, 95% constitue la litière. 40 à 90% de celle-ci est décomposée en 1 an. L’accumulation des « déchets » dans un écosystème (biotope qui est le support + biocénose qui est le vivant) constitue une stagnation du carbone, élément indispensable pour former la matière vivante. La litière est en quelque sorte un stock de matières premières mais à l’état de « détritus », ce carbone ne peut servir. La décomposition de la matière organique produit du CO2 et libère des éléments minéraux emprisonnés dans cette matière qui retournent dans le sol.

L’intérêt de la visite du jour était de comparer le sol d’une chênaie avec celui d’une hêtraie en forêt de Bonsecours. Les participants ont commencé par observer la litière de la chênaie : très aérée, peu de feuilles encore entières et seulement quelques centimètres de débris végétaux, pas ou presque pas d’horizon noir qui serait le signe d’un horizon organique. Il s’agit d’un « Mull » et donc d’un très bon humus, la litière se dégrade rapidement et les différents éléments sont rapidement remis à disposition dans le sol. Outre la strate herbacée, quelques plantes caractéristiques sont répertoriées telles que la jacinthe des bois (Hyacinthoides non-scripta) et le sceau de Salomon commun (Polygonatum multiflorum). Selon le répertoire des groupes écologiques du fichier écologique des essences édité par le ministère de la Région Wallonne en 1995, nous nous trouvons pour la jacinthe des bois dans le groupe 9 des mull acides et pour le Sceau de Salomon dans le groupe 8, celui des mull mésotrophes à large amplitude. Le pH acide ainsi que les observations confirment bien ce type de sol.

Dans la hêtraie, les choses se passent différemment. Peu ou pas de strate herbacée, les feuilles sur les hêtres forment une voûte qui empêche la lumière de passer et donc ne permet pas aux végétaux de réaliser leur photosynthèse. De nombreuses feuilles non décomposées sont encore présentes sur plusieurs centimètres. Pour trouver les feuilles fragmentées et l’humus il faut « creuser » à plus de 10 cm. Le sol est très sec et la pédofaune n’aime pas vraiment ça. Nous nous trouvons cette fois en présence d’un sol « moder-mor » ce qui est confirmé par la présence de la bruyère commune ou callune (Calluna vulgaris) en quantité importante. Elle fait partie, toujours selon le répertoire des groupes écologiques, du groupe 4, celui du moder-mor assez sec.

Durant cette journée, il était également intéressant « d’identifier » les différents intervenants dans la décomposition de la litière. Quelques petits indices nous ont mis sur la piste. En cherchant dans la litière, nous avons trouvé des feuilles « blanchies ». Il s’agit du mycélium des macro-champignons (basidiomycètes) qui dégrade la lignine, une substance hautement résistante entrant dans la composition de la feuille. Les grosses molécules sont coupées en plus petites. Les micro-champignons (moisissures) et les bactéries vont dégrader la cellulose et la pectine. Tous trois sont des constituants des feuilles et surtout des grandes molécules chimiques, qui « emprisonnent » une partie des éléments minéraux (calcium, potassium, sodium, magnésium, soufre, phosphore,…) utiles au fonctionnement des écosystèmes.

Nous avons également trouvé des feuilles « en dentelle ». Cette fois ce sont principalement des arthropodes et surtout les collemboles qui sont responsables de la décomposition des feuilles. Ils sont aidés par toute une série de bactéries qui agissent indirectement lors de la digestion de ces débris dans le tractus intestinal des animaux eux-mêmes. Et enfin des feuilles « fragmentées ». Il s’agit cette fois d’une désintégration mécanique : ce sont principalement les animaux du sol qui fragmentent les feuilles en morceaux plus petits, mais il faut aussi prendre en compte les alternances de température et de degrés d’humidité. Le résultat de cette fragmentation est une augmentation de la surface des feuilles (chaque fragment de feuille présente un contour possédant une épaisseur de quelques dixièmes de millimètres, c’est principalement la surface représentée par ce contour qui augmente avec la fragmentation) et donc de nouveaux points « d’attaques » pour les bactéries et les champignons qui prennent le relais.

Riches de toutes ces observations, il ne nous restait plus qu’à comprendre pourquoi la décomposition de la litière d’une chênaie se faisait en deux ans tandis que celle d’une hêtraie prenait trois ans. Le tableau reprenant la densité moyenne au m² des arthropodes présents dans ces deux milieux nous a fourni la réponse. Au moyen d’un appareil de Berlez, nous avons pu « piéger » ces invertébrés pour ensuite les observer à la loupe binoculaire, ce qui terminait l’animation.

Après le repas, les deux groupes ont terminé la journée en suivant l’autre animation.