Centre d'écologie appliquée du Hainaut

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jeudi 15 janvier 2015

Bulletin N° 79 - Décembre 2014

A 69 ANS DES BOMBARDEMENTS NUCLÉAIRES SUR HIROSHIMA ET NAGASAKI
- Claudine Pôlet –

A Mons, la commémoration des bombardements nucléaires américains sur Hiroshima et Nagasaki en août 1945 a commencé par l’inauguration d’une stèle consacrée à Pierre Piérart, professeur à l’université de Mons, fondateur du Parc Hibakusha, décédé en 2010. Celle-ci fait face au mémorial en hommage « aux victimes de Hiroshima et Nagasaki et des essais nucléaires ».

Macha Re-Piérart a dévoilé la stèle dans laquelle un fidèle portrait était gravé par Monsieur Giuseppe Giudice (artiste de la région de Mons : www.sculpture-en-marbre.be) ainsi que les inscriptions : « Le Parc Hibakusha a été créé par le Pr Pierre Piérart en 1989 », « Lutter contre l’armée nucléaire, c’est lutter pour la vie », « Si tu veux la paix, prépare la paix ». L’émotion de tous les participants à la cérémonie s’est muée en réflexion et en fraternité en écoutant une des chansons préférées de Pierre Piérart : « Le Déserteur » de Boris Vian, interprétée par son auteur.

Des amis et collègues du Professeur Piérart ont ensuite pris la parole, ainsi que des représentants de plusieurs associations de paix – tant flamandes que francophones - . Les textes des discours d’Eduard Kusters de l’IPPNW, d’Antoine Baguet de INTAL, d’Edouard Brion du MCP et de Guillaume Defossé de la CNAPD se trouvent sur le site du CEAH (http://www.c-e-a-h.be).

Devant le mémorial, un dépôt de fleurs a précédé la minute de silence à la mémoire des victimes des bombardements nucléaires de Hiroshima et Nagasaki et aussi avec une pensée pour toutes les victimes des guerres actuelles, nucléaires ou pas.

La conférence de l’après-midi s’est efforcée de faire un bilan de l’état du désarmement nucléaire en 2014 avec les contributions très intéressantes des trois conférenciers qui ont introduit le débat : Luc Mampaey (directeur du GRIP), Michel Wautelet (membre du CEAH et de l’UMONS), Ludo De Brabander (responsable de VREDE). Nous renvoyons à leurs textes publiés intégralement dans les articles de ce bulletin afin de ne pas déformer leurs idées par un résumé trop court.

Quelques pistes de réflexion sont apparues : même si, selon certains intervenants, des progrès se sont accomplis vers un relatif désarmement nucléaire, cela ne représente pas pour autant un progrès vers la paix dans le monde; les armes « conventionnelles » se produisent et circulent massivement et causent des désastres dans des conflits de plus en plus nombreux sur toute la planète; des armes nucléaires, aussi miniaturisées qu’elles puissent être, sont toujours des armes de destruction massive, un missile ou une bombe nucléaire n’est jamais « une arme tactique »; l’Otan (27 pays membres, d’Europe et d’Amérique du Nord, sur les 198 pays de l’ONU) développe sans cesse sa stratégie nucléaire, possède l’arsenal d’armes le plus puissant du monde, et s’arroge toujours le droit « de la première frappe nucléaire ».

La conférence s’est conclue sur l’engagement des participants, -associations et personnes-, à ne jamais laisser tomber dans l’oubli les Hibakusha, ni les victimes des guerres d’aujourd’hui et à poursuivre le combat pour la paix uni à celui pour la justice sociale dans le monde.

Parmi les interventions de la matinée, nous publions celle du Dr. Kusters qui décrit bien l'enthousiasme du Prof. Piérart.

Chers collègues, chers sympathisants, chère Macha,

Mon nom est Eduard Kusters. Je suis un membre de l'aile belge de l’IPPNW - International Physicians for the Prevention of Nuclear War. Aujourd'hui, je suis surtout ici pour la mémoire de Pierre Piérart. Je connaissais Pierre personnellement. Nous avons été ensemble à de nombreuses réunions de l’IPPNW.

Je voudrais vous raconter un événement, dont je me souviens très bien, c'était à l'époque de Gorbatchev. L'IPPNW avait reçu une invitation à visiter les champs d'essais des explosions nucléaires au Kazakhstan. Il y avait des centaines de représentants de différents pays. Nous voyagions dans une longue colonne d'autobus de Alma-Ata, -à l'époque, capitale de Kazakhstan-, à Semipalatinsk où les essais avaient eu lieu. Le paysage entre Alma-Ata et Semipalatinsk est une énorme vaste plaine.

A un moment, tout à coup la caravane s'était arrêtée. Je voyais Pierre quitter l'autobus et la colonne et courir dans la vaste plaine. Les guides étaient inquiets. Pierre n'était plus qu'une petite figure dans l'énorme plaine. Finalement, il revint avec dans ses mains une plante spéciale. Je ne me souviens plus du nom de cette plante, mais je me souviens très bien du visage enthousiaste de Pierre quand il la montrait. Cet enthousiasme était typique pour lui. Il avait cet enthousiasme dans toutes les actions de l'IPPNW.

Maintenant, les temps ont changé. Pourtant, les problèmes des guerres et le danger des armes nucléaires restent les mêmes. Nous avons besoin de l'enthousiasme de Pierre si nous voulons réaliser quelque chose.

Bulletin N° 79 - Décembre 2014

COMPTE-RENDU DU STAGE A L’ABBAYE DE SAINT-DENIS DU 14 AU 18 JUILLET
- Bernadette Lamblin -

« Va prendre tes leçons dans la nature, c’est là notre futur », conseillait Léonard de Vinci à ses élèves. C’est là encore une preuve de son esprit visionnaire… Quelques siècles plus tard le message est passé par le « biomimétisme » qui est une pratique scientifique qui vise à copier des organismes naturels pour créer des innovations technologiques tel que le velcro ou encore les aiguilles inspirées des moustiques, les LEDs des lucioles, le radar des chauves-souris... La Nature et la technologie n’ont jamais été aussi présentes dans notre vie qu’à notre époque. Cette nature à la fois simple et complexe nous offre une palette de formes et de couleurs en perpétuel renouvellement. On ne peut pas vivre déconnecté de la technologie et des moyens d’information et de communication qui envahissent notre vie quotidienne. L’envie de découvrir, de partager, d’être attentif à la Nature qui nous entoure pour mieux la comprendre et la respecter, c’est le but même de ce 4ème stage à la découverte de la Nature sur les traces du Petit Prince de Saint-Exupéry à l’Abbaye de Saint-Denis.

Pour éviter les gouttes, la troisième semaine de juillet était celle qu’il ne fallait pas rater en ce mois de juillet pluvieux. Les 10 aventuriers ont commencé par « construire » une maison pour les lombrics et les escargots de Bourgogne. Ils ont mis sous cloche une algue afin d’y observer la respiration des végétaux grâce aux bulles formées dans le ballon. Ils ont extrait la chlorophylle, pigment indispensable intervenant dans la photosynthèse des végétaux, en faisant macérer un broyat de feuilles vertes dans de l’acétone. Très rapidement, le liquide se colore intensément en vert, c’est « la chlorophylle brute » qui est en réalité un mélange de divers pigments contenus dans les cellules. Ils ont pu observer jour après jour un nid de fourmis en activité avec les œufs, les larves, les nymphes et la reine.

L’arbre transpire. En enfermant une branche avec des feuilles il est aisé de l’observer. Les enfants ont placé un sac en plastique bien fermé à deux endroits opposés du chêne pour récolter l’eau provenant de la transpiration de l’arbre. A l’aide d’une boussole ils ont déterminé l’orientation des deux pièges, l’un se trouvait au nord et l’autre au sud. Chaque jour à la même heure, l’eau était récoltée et mesurée à l’aide d’une éprouvette graduée. Les deux premiers jours, assez nuageux, aucune transpiration n’a pu être mesurée au nord et seul 6 et 5 ml ont pu être récoltés au sud. Le troisième et quatrième jour, par de belles journées chaudes et ensoleillées, la récolte au nord fut deux fois de 6 ml alors qu’au sud de 21 et 16 ml. Le soleil se levant à l’est, il fut aisé d’en conclure que la transpiration de l’arbre était directement proportionnelle à la durée et à l’intensité de l’ensoleillement.

Ce chêne isolé trônant au milieu de la cour nous a donné également l’occasion d’en mesurer la hauteur, ce que chacun des participants a fait grâce au dendromètre de Franck (décrit dans le bulletin du CEAH n° 78) et à la croix du bûcheron.

Pour la mesure à l’aide de la croix du bûcheron, l’observateur place deux baguettes perpendiculairement l’une à l’autre. Une des deux baguettes est maintenue parallèlement au sol et tenue par une extrémité près de l’œil. L’observateur pointe en même temps le sommet de la plus haute branche et la base de l’arbre. Il se déplace de telle manière qu’il puisse voir à la fois le sommet et la base de l’arbre dans le prolongement des extrémités de la baguette verticale. Dans cette position, il se trouve à une distance de l’arbre qui équivaut à sa hauteur totale qu’il suffit de mesurer. Huit mesures ont été réalisées grâce aux deux méthodes, la comparaison des moyennes de chacune d’entre elles ont montré une différence de 1 mètre.

L’après-midi était consacrée à un jeu de piste à la découverte de l’Abbaye elle-même, de son passé historique et de son évolution au fil du temps avec les différents personnages du livre du Petit-Prince comme fil conducteur.

Le lendemain, Jacques et Rita Danvin-Vanrechem sont venus durant deux heures nous parler de leur passion : les abeilles. Ils ont animé cet atelier qui a eu beaucoup de succès car tous ont pu revêtir « la coiffe » de l’apiculteur et même jouer son rôle avec une véritable ruche et tous les accessoires. Seules absentes : les abeilles qui ne pouvaient être déplacées à cette époque à cause de la miellée trop proche. N’oublions pas le moment fort : la dégustation. Les enfants se sont délectés d’un pot de miel de 500 g en quelques heures.

Merci à Jacques et Rita du rucher-école de Mons pour leur animation.

Pour le reste de la semaine, c’est à travers de nombreux jeux que plusieurs thèmes ont été abordés : la biodiversité pour révéler la diversité des espèces et les liens existants entre les êtres vivants au fil des saisons dans divers milieux : bois, étang,…; l’éveil sensoriel et imaginaire au travers de la découverte du milieu par les sens, pour penser le monde autrement et tisser d’autres liens avec son environnement ; l’appropriation d’un territoire inconnu pour expérimenter d’autres façons de faire et adapter son comportement à l’environnement et bien d’autres choses.

Merci aussi aux habitants de l’Abbaye toujours aussi souriants et avenants vis-à-vis des enfants.

Soyons attentifs, notre futur est dans la Nature…

Bulletin N° 79 - Décembre2014

COMPTE RENDU DE LA SAISON « CHAMPIGNONS »
- Bernadette Lamblin -

Comme chaque année, septembre sonne le coup d’envoi de la saison des champignons. Le mois d’août très clément pour ceux-ci a « réveillé » le mycélium de façon prématurée et nous avons connu quelques difficultés à les débusquer pour organiser les premières expositions dans les écoles. Notre « périple » commencé par l’Ecole communale de Flénu puis Basècles, s’est poursuivi par l’exposition de Bonsecours (voir le compte-rendu ci-après) et le camping de la Sablière à Epinois. Traditionnellement Andrée et Michel invitent un groupe d’adultes qui cette année encore s’est montré très intéressé tant par l’animation en salle que par la visite « mycologique » du camping. Pour terminer la saison nous nous sommes rendues à Jemappes. Voici quelques photos prises lors de ces différentes animations.

EXPOSITION DE CHAMPIGNONS À LA MAISON DU PARC NATUREL DES PLAINES DE L’ESCAUT À BONSECOURS
DU 4 AU 7 OCTOBRE


Notre exposition bisannuelle s’est bien déroulée grâce à notre équipe de mycologues Mario Lemaire, Marianne Mabille et Daniel Druart. Le samedi une initiation à la mycologie était organisée en forêt de Bonsecours par le cercle des naturalistes de Belgique (section Hélébore) sous la guidance de Eddy Calonne. Un champignon Leccinum crocipodium assez peu courant a été découvert par un participant lors cette sortie en forêt. Ce champignon à chair de couleur blanchâtre à crème, rosissant puis noircissant rapidement à la coupe et dont les tubes deviennent brunâtres au toucher se développe plus volontiers sur des sols argilo-calcaires ou sablonneux. C'est un bon comestible que certains n'apprécient pas car mangeant avec les yeux, la chair noircissante à la coupe en effraie plus d'un... Voir l’article qui lui est consacré.

Le dimanche le CEAH proposait une sortie familiale dans la forêt de Stambruges sous la guidance de Mario Lemaire, Daniel Druart et Thierry Van de Sype. Tous pouvaient ensuite visiter l’exposition ouverte au public dès le samedi midi et y découvrir les nombreuses espèces trouvées lors des récoltes (voir la liste ci-après). Les lundis et mardis étant consacrés à l’initiation à la mycologie pour les différentes écoles de la région.

Aleuria aurantia, Amanita citrina, A. citrina var. alba, A. fulva, A. lividopallescens, A. musacaria, A. rubescens, A. spissa, A. vaginata, Auricularia auricula-judae, Baeospora myosura, Bolbitius vitellinus, Boletus edulis, B. erythropus, B. pulverulentus, Calocera viscosa, Calvatia excipuliformis, Cantharellus tubaeformis, Clavaria cinerea, Claviceps purpurea, Clavulina cristata, Clitocybe clavipes, C. fragrans, C. nebularis, C. odora, Clitopilus prunulus, Collybia butyracea, C. confluens, C. dryophila, C. fusipes, C. maculata, C. kuehneriana, C. peronata, Conocybe arrhenii, Coprinus atramentarius, C. micaceus, C. picaceus, Cortinarius armillatus, Craterellus cornucopioides, Crepidotus variabilis, Crucibulum laeve, Cyathus striatus, Cystoderma amianthinum, Cystolepiota aspera, Daedaleopsis confragosa, Daldinia concentrica, Echinoderma aspera, Entoloma rhodopolium, Entoloma rhodopolium var. nidorosum, Flammulina velutipes, Fomes fomentarius, Fomitopsis pinicola, Ganoderma applanatum, G. lucidum, Geastrum triplex, Grifola frondosa, Gymnopilus penetrans, Gyroporus cyanescens, Hapalopilus rutilans, Hebeloma sinapizans, Helvella crispa, H. macropus, H. sulcata, Heterobasidion annosum, Hydnum repandum, Hygrophoropsis aurantiaca, Hypholoma fasciculare, Hypoxylon fragiforme, Inocybe asterospora, I. geophylla, I. lilacina, I. maculata, Laccaria amethystea, Lactarius blennius, L. camphoratus, L. helvus, L. pyrogalus, L. quietus, L. rufus, L. tabidus, Leccinum aurantiaca, L. crocipoduim, L. scabra, Lenzites betulina, Lepiota cristata, L. ventriosospora, Lepista inversa, Leucocoprinus brebissonii, Lycoperdon foetidum, L. perlatum, Macrolepiota fuliginosa, Marasmiellus ramealis, Marasmius cohaerens, Megacollybia platyphylla, Meripilus giganteus, Mycena epipterygia, Mycena galericulata, M. pura, M. pura var. rosea, M. vitilis, Nectria cinnabarina, Oligoporus tephroleucus, Otidea onotica, Oudemansiella mucida, O. radicata, Panellus stypticus, Paxillus involutus, Phallus impudicus, Phellinus igniarius, Pholiota apicrea, Pholiota gummosa, Physisporinus sanguinolentus, Piptoporus betulinus, plicaturopsis crispa, Pluteus romellii, P. leoninus, P. cervinus, Polyporus varius, Polyporus varius var.nummularius, Postia caesia, Psathyrella candolleana, P. lacrymabunda, P. prona, Ramaria abietina, Ramaria stricta, Rhytisma acerinum, Russula albonigra, R. brunneoviolacea, R. claroflava, R. drimeia, R. exalbicans, R. fageticola, R. fellea, R. heterophylla, R. krombholzii, R. nigricans, R. ochroleuca, R. parazurea, Rutstroemia echinophila, Scleroderma citrinum, S. verrucosum, Suillus bovinus, S. grevillei, S. luteus, Trametes gibbosa, T. versicolor, Tricholoma pseudoalbum, T. sulphureum, T. ustale, Tubaria conspersa, Tylopilus felleus, Ustillago maydis, Volvariella speciosa, Xerocomus badius, Xerocomus chrysenteron, X. parasiticus, X. pruinatus, Xylaria hypoxylon, X. polymorpha.