Centre d'écologie appliquée du Hainaut

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lundi 16 janvier 2017

Bulletin N° 85 - Décembre 2016

COMPTE-RENDU DES ACTIVITES DU DERNIER SEMESTRE
  -Bernadette Lamblin     -

  La période estivale de nos activités a commencé par la 7ème édition de notre stage à l’Abbaye de Saint-Denis pour les enfants de 9 à 12 ans, suivie par deux animations demandées par la Ville de Mons pour les plaines de jeux d’Havré.  Ces deux demi-jours pour les enfants de 6 à 9 ans et 9 à 12 ans se sont déroulés dans le bois d’Havré.  La Ville de Mons nous a, à nouveau, conviés à participer le 25 juin aux Feux de la Saint-Jean pour y animer un stand.

  Deux autres stages demandés par le Parc Naturel des Plaines de l’Escaut ont suivi.  Le premier pour les enfants de 9 à 12 ans, le deuxième pour les enfants de 6 à 9 ans.  Ces trois stages se sont déroulés sous une météo clémente, avec l’aide précieuse de Cindy, une stagiaire en vue de l’obtention de son brevet d’animatrice en centre de vacances (BACV).

           Une journée guidée par Monsieur Fourneau avait été programmée le 18 juin.  La matinée était consacrée à la visite du géo-sentier de Vierves et l’après-midi à l’exploration du site Le Fondry des Chiens à Nismes.  La matinée s’est  bien déroulée, mais à cause de la pluie nous avons dû renoncer à l’activité de l’après-midi pour des raisons de sécurité.

 Ce n’était que partie remise, le 17 septembre une deuxième journée a été programmée.  Au menu, le matin une excursion en Ardenne et l’après-midi en Calestienne sur les sites : le Fondry des Chiens et la Roche trouée (demander le compte-rendu de Christiane Devleminckx, élève guide-nature de la section de Bonsecours).  Les participants ont été très enthousiasmés et intéressés par ces deux journées et ont remercié chaleureusement Monsieur Founeau.

  Que la nature est belle et généreuse en cette fin d’automne, elle nous offre un tableau magnifique avec sa palette de couleurs et de formes très variées.  Il n’en a pas été de même en début de saison, nos champignons des bois se sont faits attendre nous obligeant pour la première fois à annuler des animations dans les écoles. A cause du manque de précipitations, le mycélium s’est bien gardé de nous offrir ses fructifications.  Tout est ensuite rentré dans l’ordre et la saison champignons s’est prolongée jusqu’en début novembre.

  Voici les écoles participantes : l’école communale de Flénu - vu l’absence de champignons, la directrice a demandé de remplacer les animations champignons par une découverte botanique du terril avec des explications sur le passé minier de la région.  L’école montoise l’Espérance, l’Institut Saint-Ferdinand de Jemappes où nous allons chaque automne ainsi que l’école communale de Baudour. Traditionnellement une exposition tout public était organisée à la Maison du Parc Naturel des Plaines de l’Escaut à Bonsecours mais cette année,  nous avons décidé de privilégier l’exposition et les animations uniquement auprès des écoles pendant une semaine  Cette formule ayant récolté un vif succès sera réitérée l’an prochain.  

Comme chaque année, Andrée et Michel Alsteen nous ont accueillis avec toujours la même disponibilité et de façon chaleureuse dans leur camping à Epinois pour des animations champignons à l’intention des écoles de l’entité de Binche 

    Nous avons également participé au week end au Bois qui se déroulait les 15 et 16 octobre, la Province du Hainaut et plus particulièrement la Ronde Maison de Jurbise nous avaient sollicités pour guider un public nombreux sur les chemins du bois d’Erbisoeul, les participants ont été enchantés par ces balades.  Il est également plus que probable que nous renouvellerons cette collaboration l’an prochain. 

    Durant ce semestre, plusieurs journées ont également été consacrées aux animations sur la pédofaune, l’escale forestière, les sens… au Parc Naturel des Plaines de l’Escaut à Bonsecours.

Photos dans notre bulletin N° 85

Bulletin N°84 - Juin 2016

COMPTE-RENDU DE L’ANIMATION « MARE »  DU  11 AU 15 AVRIL AU CAMPING D’EPINOIS
  - Bernadette Lamblin -

  Cette année, l’intérêt porté par les écoles pour l’animation sur la « mare » était tel que celle-ci s’est déroulée durant toute une semaine. De nombreuses espèces ont été pêchées dans la mare de finalisation des eaux grises du camping. Cette eau provient des sanitaires qui subit un traitement en anaérobie (absence d’oxygène) puis en aérobie (présence d’oxygène). Bien qu’à ce stade elle soit biocompatible en termes d’analyse, elle est transférée dans un bac filtrant contenant des plantes avant d’être acheminée dans la mare. On y retrouve entre autres des daphnies, des gerris, des limnées, des larves d’éphémères, de libellules, de demoiselles, de chironomes, des sangsues, des têtards, des notonectes, des trichoptères à fourreau, des vers, des tritons… Cette diversité démontre bien la biocompatibilité de l’eau qui est assainie par divers traitements déjà expliqués dans de précédents bulletins.

  Les trichoptères constituent un ordre d’insectes holométaboles (métamorphose complète en quatre étapes).  Les larves de trichoptères sont aquatiques et très bien adaptées à la vie en eau douce.  Dans cette mare, c’est une espèce très commune.   Certaines espèces se construisent un fourreau de soie protecteur sur lequel elles fixent divers matériaux : petites pierres, débris végétaux, sable, brindilles.  

Suivant le matériel qu’elles utilisent ce fourreau peut avoir des formes très diverses.   Le corps de la larve ne quitte jamais cet étui, seuls sortent la tête et le thorax.  Un peu comme l’escargot, elles se promènent avec leur maison.  On lui donne parfois le surnom de « porte-bois ».  La larve possède des pièces buccales de type broyeur, elle se nourrit de débris organiques et donnera naissance après plusieurs mues et un stade nymphal à un adulte qui ne se nourrit pratiquement pas.  Sa courte vie consiste à assurer la survie de l’espèce.   Le cycle se déroule sur une année.  Lorsqu’on observe les ailes de l’adulte, on remarque qu’elles sont couvertes de poils d’où leur nom (tricho = poil).  Les trichoptères sont d’excellents indicateurs de qualité d’eau, une quinzaine de taxons sont utilisés dans les calculs d’indices biotiques.

Mes remerciements à Andrée et Michel pour leur accueil et leur gentillesse.

Bulletin N°84 - Juin 2016

A LA DECOUVERTE DU BOIS DU GRAND BON DIEU A THUIN
  - Jean-Marie Delmotte  -

    S'il est à Thuin un endroit propice à la promenade en famille, c'est bien le Bois du Grand Bon Dieu. Sillonné en tous sens par chemins et sentiers, il s'appelait jadis « Bois de l'Ermitage » à cause de la proximité, en bord de Biesmelle, d'un ermitage dédié à Saint Antoine. La présence d'un imposant calvaire daté de 1725 lui vaut son appellation actuelle.

  Le Bois du Grand Bon Dieu, c'est un plateau boisé de 16 hectares, entouré de toutes parts de vallées profondes formées par un large méandre de la Biesmelle, affluent de la Sambre, et le ruisseau de La Goulette, ou du Petit Paradis, ou du Houillon (c'est au choix), affluent de la Biesmelle. Ce plateau semble avoir été occupé par l'homme depuis une époque se perdant dans la nuit des temps, probablement le néolithique, il y a +/- 5000 années, ainsi qu'en témoigne le matériel lithique découvert sur place: haches et outils divers en pierre polie.

  Cette occupation humaine se serait poursuivie sous forme d'oppidum jusqu'à l'époque gauloise et même gallo-romaine, donc bien avant la fondation de la ville de Thuin sur son éperon rocheux.

  L'accès le plus aisé au bois se fait à l'ombre de beaux platanes, à partir du parking situé au lieu-dit « Petit Paradis », Route de Biesme. Une petite nécropole gallo-romaine a été découverte à cet endroit et fouillée au début des années soixante par les services du musée de Mariemont.

  Sur la droite, les vestiges d'une levée de terre sont nettement visibles, qui protégeait le seul point vulnérable de l'oppidum. Sur la gauche, un vaste terre-plein aménagé offre un magnifique point de vue sur la vallée de la Biesmelle et notamment sur la vieille forge du « « Haut Marteau ».

  Le Bois du Grand Bon Dieu est établi sur un massif rocheux constitué de poudingues, datant de l'emsien, de couleur rouge-grenat caractéristique. Formé d'un conglomérat de galets roulés cimentés naturellement, le poudingue est un véritable béton que l'érosion n'entame que très difficilement, ce qui explique le grand méandre de la Biesmelle défendant le site.

  Le sol peu profond du plateau ne permet pas le bon développement de la strate arborescente. L'essence dominante est le chêne pédonculé, le charme non exploité atteint ici des dimensions exceptionnelles.

  La strate arbustive est dominée par le houx et le néflier. Bourdaine, viorne obier, sorbier des oiseleurs, sureau à grappes, chèvrefeuille témoignent de l'acidité du sol. Peu de résineux épars, épicéas et douglas; quelques massifs d'ifs peuvent être observés à l'extrémité de l'allée centrale.

  La state herbacée est remarquable: grande luzule, oxalis, houlque molle, linaire commune, stellaire holostée, brunelle, flouve odorante, mélampyre des près, euphorbe des bois, gouet, germandrée scorodoine... et bien d'autres. Le printemps offre au promeneur un spectacle féerique dès la fin mars: ficaires anémones, jonquilles et surtout une mer azurée et odorante de jacinthes des bois...

  Extrait du texte de présentation d'un circuit "Handi-Rando" au Bois du Grand Bon Dieu réalisé par JM Delmotte en 2005.

Bulletin N°84 - Juin 2016

35EME ANNIVERSAIRE DU CEAH

    C’est ce samedi 11 juin que le Centre d’Ecologie Appliquée du Hainaut a fêté son 35ème anniversaire au Relais de la Haute Sambre à Lobbes.  Une vingtaine de personnes étaient présentes pour célébrer cet événement.

  Le Président (et membre fondateur) a accueilli les participants et a rappelé dans quelles circonstances le Centre avait été créé avec Monsieur Pierre Piérart, Monsieur Jacques Duvigneaud, Monsieur Roger Vervoort et Monsieur Léon Woué.  Le CEAH à l'origine ne s'occupait que de la Province du Hainaut, il a été créé pour la sauvegarde des écosystèmes en général, pour l'aménagement des terrils et la protection des sites biologiques.  On y abordait la botanique et la géologie, ensuite une section anti-nucléaire militaire y a été rajoutée avec la création du Parc Hibakusha dans lequel chaque année se déroule une commémoration pour les victimes d'Hiroshima et de Nagasaki et une dernière section s'y est ajoutée, la mycologie.

    Monsieur Fourneau nous a ensuite présenté Monsieur Bernard Clesse, assistant au Centre Marie-Victorin, auteur de nombreux articles en mycologie et conférencier de ce jour anniversaire. (Voir compte rendu)

  Anne-Marie a ensuite remercié Monsieur Fourneau pour sa « fidélité » en tant que président, Macha Piérart pour son courage, sa gentillesse et sa générosité sans laquelle le CEAH n’aurait pu survivre à la maladie de Monsieur Piérart, Mario Lemaire qui nous a permis de continuer d’organiser les « grosses » expositions de champignons à Bon-Secours, Beloeil… et qui répond toujours présent aux sollicitations d’excursions pour le centre, Andrée et Michel Alsteen pour l’accueil qu’ils nous réservent deux semaines par an pour les animations « champignons »  et « mare » ainsi que toutes les personnes qui sont venues fêter cet anniversaire.

  Monsieur Fourneau a ensuite présenté le  montage réalisé par les techniciens de l’UMONS.  Ce film tourné au Parc Hibakusha a permis de visualiser une partie de la commémoration des bombardements sur Hiroshima et Nagasaki qui se déroule chaque année début août.  Il en a profité pour inviter les convives, le 6 août 2016, à cette cérémonie.  Une stèle en l’honneur de Pierre Piérart y a d’ailleurs été installée. 

    Est venu le temps de partager un repas convivial, avec des plats très copieux, très colorés et très bien présentés qui ont ravis les participants. La journée s’est terminée par une intéressante balade digestive  guidée par Jean-Marie Delmotte sur le site du Bois du Grand Bon Dieu à Thuin. Conférence de Bernard Clesse

  La conférence présentée par Bernard Clesse avait pour thème : « Les champignons, un patrimoine à préserver », les points principaux évoqués en étaient :

1. Petit état des lieux de la biodiversité fongique mondiale.
2. Écart entre le nombre d’espèces décrites et le nombre d’espèces potentielles : un abîme !
3. Mais pourquoi diable les gens s’intéressent-ils aux champignons ?
4. Comment améliorer la biodiversité fongique en Région wallonne ?

C’est ainsi que nous avons appris qu’en Belgique il y avait plus de 10.000 espèces de champignons répertoriés soit 7 à 8 fois plus que plantes supérieures.  A noter qu’en Flandre les inventaires sont plus avancés qu’en Wallonie, l’étendue du territoire et sa grande diversité en sont deux raisons mais également le fait qu’en Wallonie l’absence de chercheurs rémunérés par manque de fonds se fait cruellement sentir.

  Dans le monde, David L. Hawksworth, pionnier dans la recherches en matière de biodiversité fongique mondiale cite le chiffre d’environ 100.000 espèces décrites et de 1,5 millions d’espèces potentielles, seul  7% de la population mondiale de champignons sont connus, le reste est encore à découvrir si on ne détruit pas avant leur milieu comme c’est le cas pour les forêts tropicales qui constituent un énorme réservoir non seulement pour le milieu fongique mais également pour la faune et la flore.

  Bernard Clesse nous a également parlé des champignons des habitats inexplorés : les champignons hypogés, lichénicoles, ceux qu’on trouve dans les intestins des coléoptères,  les fèces et autres excréments d’animaux, les parasites de nos végétaux que sont les rouilles et oïdiums, des espèces menacées à l’échelle européenne ou en « voie de disparition », des nouvelles espèces ou « en voie de progression » sur le sol wallon. 

  Les changements climatiques s’ils affectent la faune et la flore, bouleversent également la carte de répartitions géographiques de certaines espèces.  En Belgique, les facteurs nuisibles à la biodiversité fongique sont entre autres : la régression de certains habitats semi-naturels, la gestion sylvicole,  le tassement des sols dus aux différentes activités humaines, l’agriculture intensive, le traitement sanitaire du bétail, la raréfaction des places à feu qu’affectionnent les espèces carbonicoles,…

  En conclusion, Bernard Clesse regrettait que l’on favorise actuellement les plantations de feuillus au détriment des conifères auxquels sont inféodés de nombreuses espèces d’oiseaux, d’insectes et de champignons. 

  Monsieur Fourneau a remercié Bernard Clesse pour le bel exposé.