Centre d'écologie appliquée du Hainaut

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vendredi 11 janvier 2008

Bulletin n° 58 - décembre 2007

Chers Lecteurs,

En cette fin d’année nous avons le plaisir de vous présenter deux articles très intéressants concernant, d’une part, le piégeage et le stockage du carbone et, d’autre part, le problème des poussières de l’atmosphère.

Le Dr. Jean-Marc Baele, ingénieur géologue de la Faculté Polytechnique de Mons, a étudié et est occupé à mettre au point une technique permettant de capter 80 à 90 % du CO2 émis ou produit par de grosses installations industrielles et de le séquestrer dans différents types de roche sédimentaire. Il s’agit en particulier des grés et des charbons du Westphalien dans lequel on trouve la quasi-totalité du charbon des bassins du sillon Sambre et Meuse. Cette méthode permettrait d’éliminer d’énormes quantités de CO2 pour un coût relativement acceptable. Dans les premiers chapitres, l’auteur nous rappelle, les mécanismes de l’effet du CO2 comme gaz à effet de serre et la responsabilité des activités humaines dans le domaine. Il cite comme exemple le cas des cimenteries où la décarbonatation du ciment ou de la chaux produit des quantités considérables de CO2. Il en est de même pour les combustibles fossiles qui interviennent pour 80 % de l’énergie primaire consommée dans le monde. Il y a aussi le cas des hauts fourneaux et des centrales au charbon qui réapparaissent en Allemagne et en Belgique. La Chine, grand producteur de charbon (2 milliards de tonnes par an), doit importer du charbon depuis cette année. Il est donc impératif de prévoir des investissements pour capter le CO2.

Le stockage géologique du CO2 est très performant dans les sédiments charbonneux ; en effet la houille présente des propriétés d’adsorption extraordinaires dues à l’un de ses constituants, la vitrinite, qui est très adsorbante grâce à sa structure microporeuse liée au départ de l’hydrogène au cours de sa maturation (diagenèse). Le potentiel de stockage est très important de même que pour les aquifères profonds et les gisements de pétrole et de gaz appauvris. L’avenir de cette technique est très prometteur pour le Hainaut.

L’article de Thierry Hosay, responsable du Service Qualité de l’Air à l’Institut Scientifique de Service Public (ISSeP), porte sur les nanoparticules atmosphériques, plus particulièrement en Région wallonne. Le rôle nocif des particules atmosphériques inférieures à 10 µ s’avère de jour en jour de plus en plus important. En effet ces particules peuvent atteindre les poumons et elles causent énormément de dégâts ; songeons à la suie, aux combustibles imbrûlés des véhicules, aux métaux lourds, aux PCB, à la dioxine et même aux fines particules d’oxyde d’uranium produites sur les terrains d’exercices militaires et les champs de bataille (uranium appauvri). L’étude de ces particules en plein développement montre que leur quantité ne fait qu’augmenter, ce qui avait déjà été dénoncé par Paul R.Ehrlich, Anne H. Ehrlich et John P. Holdren (1977).

Nous n’avons pu résister au plaisir de vous faire découvrir un passage du livre du Prof. Belpomme, intitulé «Avant qu’il ne soit trop tard ». Dans le même ouvrage, le Prof. Belpomme affirme également, que l’augmentation des cas de cancers chez les enfants et les jeunes est due à des facteurs environnementaux (pollution de l’air, de l’eau et des sols).

Comme d’habitude les mycologues n’ont pas été oubliés. Ils pourront prendre connaissance de l’incidence des champignons invasifs et des conséquences parfois énormes que ces champignons peuvent entraîner quand ils sont parasites.

Enfin, vous trouverez un compte rendu succinct des très nombreuses expositions et excursions mycologiques organisées par nos fidèles collaboratrices Bernadette Lamblin et Anne-Marie Wantiez, aidées par Jean et Francine Lhoëst, Michel et Andrée Alsteen ainsi que Georges et Isabelle De Pauw. Nous les remercions tous ainsi que Jocelyne Thomas pour sa précieuse contribution à la rédaction du bulletin.

La Revue de Presse est traditionnellement copieuse, principalement dans le domaine de l’énergie et des changements climatiques, sans oublier l’épineuse question de l’écosystème forêt en région tropicale où la déforestation se poursuit au risque d’entraîner une catastrophe si l’on n’intervient pas de façon drastique. Espérons que les 4 Rapports du Giec et la réunion de Bali ne demeureront pas de vains discours et de vagues projets mais conduiront à des mesures pratiques contraignant le lobby pétrolier et l’industrie automobile à se plier à des directives plus sévères encore que celles du Protocole de Kyoto.

De très nombreux problèmes se posent, en Belgique en particulier. Espérons que le gouvernement wallon ne cèdera pas au chantage du consortium Mittal qui devra prendre conscience de ses responsabilités environnementales. En ce qui concerne les biocarburants, il faudra les limiter au maximum car il serait immoral de sacrifier la survie de plusieurs centaines de millions d’hommes, de femmes et d’enfants aux exigences des grosses bagnoles dans lesquelles nos responsables politiques, entre autres, s’affichent sans vergogne.

Nous vous souhaitons une bonne et heureuse année, une bonne lecture et un assainissement de la planète le plus rapidement possible.

Pierre Piérart

Bulletin n° 57 - juin 2007

Chers Lecteurs,

Un groupe de Scientifiques de l’Université de Mons-Hainaut a envoyé aux bourgmestres des 262 communes wallonnes et des 19 communes bruxelloises une Résolution reconnaissant le défi posé par les Pics du Pétrole et du Gaz, et l’urgence pour la Belgique d’établir un plan d’action en réponse au déclin imminent de ces deux combustibles fossiles.

Cette résolution marque aussi le lancement d’ASPO Belgique, la branche belge de l’Association pour l’Etude du Pic du Pétrole et du Gaz. Le but de cette association est d’évaluer la période probable de formation du Pic du pétrole, et le taux du déclin de ce dernier afin de pouvoir proposer des solutions de rechange.

Cette résolution sur le Pic du Pétrole, envoyée aux bourgmestres, est basée sur une étude dirigée par le Dr. Patrick Brocorens qui nous a fait l’honneur de publier l’essentiel de ses recherches dans notre revue.

De très nombreux exemples peuvent être évoqués ; c’est ainsi que le champ pétrolier géant de Cantarell au Mexique, les huit plus grands champs de pétrole saoudien et le gisement de Burgan au Koweït, soit 10 champs de pétrole, qui sont responsables d’environ 15% de la production mondiale et d’environ 30% des exportations mondiales, viennent d’entrer en déclin rapide. Il faut insister sur le fait que le déclin de ces champs géants est arrivé plus tôt que ne le prévoyaient les experts en énergie et que les pays consommateurs n’en prennent pas suffisamment conscience.

D’autres exemples peuvent être cités aussi bien pour le pétrole que pour le gaz. Les grandes sociétés pétrolières et les experts estiment qu’un pic de production en pétrole conventionnel devrait avoir été atteint aux environs de 2005. Il est évident qu’un plan de préparation au déclin de la disponibilité en pétrole est nécessaire de toute urgence. En Belgique ce plan n’existe pas ; le pic du pétrole n’est au programme d’aucun parti politique. Dès que ce pic du pétrole sera confirmé on assistera à une volatilité des prix suivie d’une hausse de ces derniers. Selon certains experts, le prix du baril pourrait facilement dépasser les 100 dollars dans un avenir assez proche. Une crise économique sans précédent est à craindre, avec toutes sortes de conséquences politiques et même militaires. C’est la raison pour laquelle la société doit être informée et nous remercions Patrick Brocorens d’avoir bien voulu nous rédiger un article afin de résumer des recherches approfondies réalisées pendant une dizaine d’années. Le CEAH espère pouvoir intervenir également auprès d’Inter-Environnement Wallonie lors de sa réunion de juillet à Gembloux, où les associations doivent discuter des décisions à prendre sur les grands problèmes d’environnement.

Nous avons aussi le plaisir de vous présenter un article du bio-chimiste Albrecht Schott, sur les dangers de l’uranium appauvri. L’uranium appauvri est un sous-produit de l’uranium naturel qui contient 0,7 % de l’isotope 235. Les centrales nucléaires utilisent de l’uranium enrichi à 3,5 % de cet isotope, les militaires ont besoin d’uranium enrichi à 90 % de l’isotope fissile. Cela entraîne la production de quantités phénoménales d’uranium appauvri qui fait l’objet d’une métallurgie dans les secteurs civil et militaire. Lors des exercices militaires ou de guerres, les obus à uranium appauvri sont pulvérisés en très fines particules dont une bonne partie est entraînée par les vents et contamine toute l’atmosphère. Ces particules, inférieures à 10 µ, pénètrent dans les voies respiratoires pour y demeurer suffisamment longtemps que pour provoquer des cancers. Cet article nous a paru nécessaire vu le tabou qui règne dans les médias sur ce grave problème. Nous remercions la revue « Horizons et débats » qui nous a autorisés à le publier.

Les mycologues citadins n’ont pas été oubliés. Une petite note a été rédigée à leur intention pour leur montrer la biodiversité fongique inattendue qu’on trouve dans les rues, les avenues, les pelouses, les jardins et les parcs.

Comme d’habitude notre Revue de Presse vous informe sur les récents problèmes du nucléaire, des énergies renouvelables en pleine expansion, du réchauffement climatique, des recommandations de Greenpeace, de l’écologie en général, de la pollution, etc. Nous attirons votre attention sur un article paru dans « Le Monde » intitulé « Chantier pharaonique ». La réalisation de la fusion nucléaire à Cadarache nécessitera des travaux et des moyens exceptionnels comme, par exemple, des camions munis de 25 essieux soutenant 100 roues. Pour éviter des travaux trop importants (tunnels sous les autoroutes) il faudra, à certains moments, arrêter la circulation sur ces voies d’accès pour permettre leur passage.

Vous trouverez également dans le bulletin de nouvelles précisions sur nos activités et spécialement l’exposition mycologique de Tertre qui mettra l’accent sur l’écologie des champignons.

Nous vous souhaitons une bonne lecture.

Pierre Piérart.

Bulletin n° 56 - mars 2007

Chers Lecteurs,

Le problème du CO2 commence à conscientiser les hommes politiques de l’importance du changement climatique, problème qui concerne les écosystèmes terrestres des cinq continents ainsi que ceux des mers et des océans.

Vous trouverez dans le bulletin un article important concernant le rapport du groupe intergouvernemental des experts du changement climatique. Ce dernier est le résultat de la concertation de 600 scientifiques dont les conclusions sont péremptoires sur l’importance écologique, économique et sociale du problème. Les régions arides risquent de devenir purement désertiques, la fonte des glaciers provoquera des crues catastrophiques pour certains pays, comme le Bangladesh par exemple.

Le problème du CO2 est assez subtil pour les écosystèmes terrestres de la planète où une diminution d’anhydride carbonique peut diminuer la productivité ou, au contraire, un excès de CO2 peut perturber la fonction physiologique de la plante; en période de canicule dans nos régions certaines essences forestières, comme le hêtre, bloquent la transpiration par la fermeture des stomates (orifices de la feuille par où se font les échanges gazeux). De toute façon les gouvernements nationaux et l’Union européenne doivent respecter le protocole de Kyoto. Les propositions ou les mesures prises pour le moment sont lamentables ou ridicules. Ne voyons-nous pas certains ministres proposer des primes pour l’achat de voitures neuves dites «propres» et des dispositions pénalisant certaines catégories de vieilles voitures de petites dimensions souvent moins polluantes que la moyenne des véhicules. Quand verra-t-on un gouvernement proposer une diminution de la TVA sur les véhicules qui produisent moins de 120 gr. de CO2 au kilomètre (4 litres aux 100 km.) et une augmentation substantielle de cette TVA pour les voitures produisant plus de 190 gr. de CO2 par kilomètre (8 litres au 100 km. ?).

Le problème de l’eau pose également d’énormes problèmes. Dans l’article sur l’utilité du CO2 vous lirez qu’une plante, pour produire 1 kg. de matière sèche doit transpirer par ses stomates 600 l. d’eau. Un simple calcul vous montrera que le lagunage d’une roselière de phragmites produisant ne fut-ce que 25 t. de matière sèche à l’Ha , provoquera une évapotranspiration correspondant à une pluviosité de 1,50 m. !

L’article sur la mycocénose vous montrera l’incroyable biodiversité de la fonge. Que ce soit des champignons saprophytes, parasites ou symbiotiques on constate en moyenne que chaque plante supérieure peut être en relation avec de très nombreuses espèces de champignons. Les Anglais ont démontré que pour la Grande-Bretagne il y avait six fois plus de champignons que de plantes supérieures, ce qui prouve que pour 300.000 plantes supérieures le règne des champignons devrait comprendre environ 1 million et demi d’espèces.

Saluons enfin les chercheurs de Biohainaut qui ont mis au point un milieu de culture très prometteur pour la production de morilles in vitro.

Dans la revue de presse de nombreux articles sur l’énergie, le nucléaire, le changement climatique, nous démontrent l’importance des énergies renouvelables et de l’utilisation rationnelle de l’énergie (URE). Il est navrant de constater qu’à l’occasion du 50ème anniversaire du traité de Rome, le traité Euratom n’ait pas été modifié. L’Union européenne consacre trois fois plus d’argent pour le nucléaire que pour les énergies renouvelables et les économies d’énergie (550 millions d’euros pour le nucléaire et 168 millions pour les énergies vertes et les économies d’énergie).

Vous trouverez, chers lecteurs, de très nombreux autres articles sur la pollution, les pesticides et l’environnement en général. Nous sommes aujourd’hui 6 milliards et demi d’individus, nous serons 7 milliards en 2015 et 9 milliards en 2050; économie et sobriété sont indispensables, l’écologie a de plus en plus besoin d’une politique efficace. Que l’Union européenne s’en inspire et abandonne ses négociations de marchands de tapis.

Bonne lecture

Pierre Piérart