Centre d'écologie appliquée du Hainaut

Aller au contenu | Aller au menu | Aller à la recherche

mercredi 2 juillet 2008

Bulletin n° 60 - juin 2008

Chers Lecteurs,

La journée du 24 janvier, à l’UMH, consacrée au pic du pétrole, aux biocarburants et aux nécessités de modifier le comportement de la société avec un pétrole qui deviendra de plus en plus cher, a connu un vif succès. De nombreuses personnes représentant les milieux académiques, la Région wallonne et de nombreuses associations, ont suivi avec intérêt les exposés.

Patrick Brocorens a insisté sur le déclin inéluctable et même assez rapide, pour les dix prochaines années, de l’or noir. Il s’est basé essentiellement sur les données fournies par les géologues et sur la distinction à faire entre réserves prouvées, réserves probables et réserves possibles.

Le deuxième exposé, de Monsieur Xavier Chavanne, a porté sur deux alternatives au pétrole : la biomasse forestière et celle du maïs. Il a analysé particulièrement, le problème du bioéthanol produit à partir du maïs ; on retiendra que les Etats-Unis consacrent 20 % de leur surface agricole à la production d’éthanol avec un rendement énergétique rarement satisfaisant.

Enfin le Pr. Michel Wautelet nous a entretenus des problèmes posés à la société à très court terme. Soulignons-en quelques points essentiels : la voiture électrique ne sera utile qu’en ville et pour des courts trajets ; la voiture à hydrogène pose de nombreux problèmes encore non résolus et nécessitera, comme la voiture électrique, une augmentation fantastique d’électricité avec, comme conséquence, des nombreuses centrales nucléaires. D’autre part, pour Monsieur Wautelet le problème des camions est quasi insoluble vu le poids énorme des batteries ou des piles à combustible dont ils devront être équipés. Monsieur Wautelet a opté également pour une relocalisation des activités et principalement dans le domaine de l’agriculture et du commerce.

Les trois ateliers de discussion étaient très intéressants. Nous retiendrons celui de l’agriculture qui pose des problèmes extrêmement nombreux. D’abord celui des agrocarburants considérés par de nombreux spécialistes comme les carburants de la honte ou de la mort (souvent exprimé par la sentence « les réservoirs pleins et les assiettes vides »). Le Pr. Rasmont a rappelé que l’agriculture est pratiquement arrivée à son maximum de rendement et que le prix des engrais a considérablement augmenté. Dans des bonnes conditions un hectare de pommes de terre produit quatre fois plus qu’un hectare de blé : au maximum 40 tonnes à l’hectare pour la première et 10 tonnes pour le second.

Le CEWAS, que nous remercions, nous rappelle dans son communiqué « Agro-énergie et alimentation : fin de la pensée unique », la déclaration du prix Nobel 2007 de chimie, Paul Creutzen, pour lequel les biocarburants ne sont pas une bonne réponse, sachant que les engrais azotés en excès dégagent dans l’atmosphère 5 % de l’azote sous forme de N2O, gaz à effet de serre, dont le pouvoir réchauffant est 296 fois supérieur à celui du CO2. Le cycle de l’azote est encore assez mal connu et mériterait des études supplémentaires. Une bonne partie des nitrates très solubles sont emportés par le ruissellement et par la percolation avec, comme conséquence, la pollution de la nappe phréatique. En bref une crise alimentaire grave menace la planète qui, en 2015, sera peuplée par 7 milliards d’individus.

Les données très intéressantes, qui nous ont été transmises par André Delmer, que nous remercions également, nous ont permis d’évaluer l’état des ressources du sous-sol hennuyer. Elles rappellent l’importance que la production charbonnière a eue en Belgique et prévoient le rôle du charbon pour le stockage du CO2 et la production éventuelle de gaz que l’on a retrouvé d’ailleurs dans quelques sondages. Sans oublier la géothermie dont les applications dans le Couchant de Mons sont très prometteuses depuis le sondage de Saint-Ghislain, ainsi que pour la ville de Mons avec le programme prévu par le Pr. Rorive.

Une petite note est également publiée concernant la puissance électrique dans le monde. Elle ne représente que 10 % et est très inégalement répartie. Il est vraisemblable qu’elle devra augmenter en espérant que l’énorme potentiel hydroélectrique de l’Afrique et de l’Amérique du Sud, déjà installé, soit mieux utilisé.

Nous remercions vivement Messieurs Pascal Hauteclair, Mathieu Derume et Christophe Bauffe pour l’article sur la diversité entomologique des terrils liégeois et hennuyers, où l’on trouve une entomofaune très bien diversifiée grâce à l’absence de pesticides.

Toujours fidèles à la mycologie, vous trouverez un complément d’informations sur Laccaria bicolor qui se comporte non seulement en mycorhizien et décomposeur mais aussi en prédateur !

Enfin, la revue de presse, comme d’habitude, complète ces différentes questions grâce à de nombreuses références sélectionnées dans plusieurs publications.

Nous vous souhaitons une très bonne lecture, en espérant que vous répercuterez les problèmes qui se posent à la société qui devra réagir d’elle-même pour éviter des mesures drastiques toujours difficiles à supporter.

Pierre Piérart

Bulletin n° 59 - mars 2008

Chers Lecteurs,

L’article de Michel Wautelet « L’après-pétrole bon marché est à nos portes » revient sur la nécessité de modifier nos comportements avant 2050. Comment vivrons-nous en 2050 ? Telle est la philosophie de cet article et du livre, publié par l’auteur chez L’Harmattan, Paris, intitulé « Vivement 2050 !, comment nous vivrons (peut-être) demain ». Cela ne sera pas facile vu la complexité du problème et la multitude d’alternatives qui se présentent à la société et aux décideurs en particulier, à savoir aux instances politiques et aux grandes compagnies internationales. L’emploi abusif des agro-carburants est une menace, qui ne fait que s’amplifier, de voir disparaître les forêts équatoriales qui stabilisent le climat et de diminuer la production de céréales (blé, riz, maïs, …). En ce qui concerne l’électricité, les énergies vertes seront pour une bonne part indispensables. De cet article nous retiendrons essentiellement 4 des 8 points du programme de Serge Latouche publié dans son livre « Le pari de la décroissance » : relocaliser (rétablir le commerce de proximité), réutiliser (privilégier les objets durables), réduire (diminuer la consommation) et recycler (remettre dans le circuit divers matériaux : papier, métaux, etc.).

L’article « Comment se sont formées des milliards de tonnes de charbon » nous démontre que la houillification a piégé et stocké des centaines de gigatonnes de CO2 atmosphérique et rejeté dans l’atmosphère des millions de km3 d’oxygène, ce qui, en d’autres termes, signifie un enrichissement considérable de l’oxygène atmosphérique au cours du Carbonifère. On peut en conclure que cette oxygénation a dû sélectionner des animaux aptes à utiliser de grandes quantités d’oxygène pour leur respiration. Les nombreuses planches de l’article illustrent bien la constitution de la houille, comprenant, entre autres, des spores (microspores et macrospores), des cuticules, des trachéides et même des débris de sclérotes. Le charbon occupe la deuxième place parmi les énergies fossiles et il figurera bientôt en tête de ces dernières . Susceptible de piéger et de stocker le CO2 et de produire du gaz, il peut être converti en un substitut du pétrole.

Nous remercions le Dr. Giacomoni et Tjakko Stijve qui nous ont autorisés à reproduire l’article de ce dernier consacré à l’évolution de la radioactivité des champignons « Césium radioactif dans les champignons provenant de régions fortement et modérément exposées aux retombées de Tchernobyl ». Cet article souligne la permanence de la contamination. Dans les régions hautement contaminées les quantités dépassent largement la limite maximale préconisée par la CEE. Les mesures réalisées pendant trois années consécutives indiquent même une certaine augmentation, due à la lente pénétration du césium dans le sol où il est assimilé par le mycélium. Ce phénomène est perceptible bien au delà de la zone de Tchernobyl comme, par exemple, à Gåvle située à 170 km au nord de Stockolm. Cet article est pour le CEAH l’occasion de rappeler la tragédie de Tchernobyl qui est survenue le 26 avril 1986.

Un article est consacré à la biologie de Boletus edulis , qui démontre qu’il s’agit d’une espèce cosmopolite et diversifiée en plusieurs variétés adaptées le plus souvent à des niches écologiques très particulières, se traduisant par des liaisons mycorhiziennes avec des espèces bien définies.

Enfin, l’article « Le premier décryptage du génome d’un basidiomycète ectomycorhizien, Laccaria bicolor » nous démontre que cette espèce possède un patrimoine génétique nettement plus riche que la moyenne des basidiomycètes. Ce génome permet à L. bicolor plusieurs modes de vie comprenant les types symbiotique et saprophyte ainsi que les relations avec les bactéries et la pédofaune.

Comme de coutume la Revue de Presse présente une large palette de sujets tels que les risques engendrés par l’énergie nucléaire, la problématique des agrocarburants, les conséquences des changements climatiques sur la biodiversité notamment, l’impact des biotechnologies sur nos modes de vie et notre santé, les nuisances liées aux diverses pollutions, etc.

Bonne lecture.

Pierre Piérart.