Centre d'écologie appliquée du Hainaut

Aller au contenu | Aller au menu | Aller à la recherche

jeudi 10 décembre 2009

Bulletin N° 64 - Décembre 2009

Chers Lecteurs,

Le premier article de ce bulletin est une republication, à la mémoire du Dr. Eric Pluygers : « Les Dioxines (et substances apparentées) ont-elles un impact sur la santé humaine ? » (déjà paru dans le bulletin n° 33). Cet article nous rappelle l’impact catastrophique de la pollution sur le cancer. Les régions à risque sont particulièrement touchées et le pourcentage de cancers chez les jeunes est en constante augmentation.

« Les anguilles » de Pierre Piérart, inspiré d’un article déjà paru dans « Les Naturalistes belges », constitue un exemple de pollution par PCB, dioxines et autres polluants qui dépassent très largement les normes admises.

Deux articles sont consacrés au fléau de l’automobile. Damien Duvivier et Michel Wautelet dans : « Automobiles : consommation d’essence et émission de CO2 » ont établi des droites de régression entre émission de CO2 et consommation de carburant. Les milliards de tonnes de CO2 produit par les véhicules sont, grosso modo, liées par un facteur 25. Une voiture qui consommerait 1 litre d’essence aux 100 Km émettrait déjà +/- 2,5 kg de CO2, soit 25 gr. par kilomètre. Si l’on veut respecter le Protocole de Kyoto les voitures ne devraient pas consommer plus de 5 litres aux 100 Km. Pierre Piérart, dans « Les nombreux impacts et conséquences d’un excès de vitesse » examine les résultats catastrophiques qu’engendra la circulation des véhicules motorisés sur nos voies de communication.

Marianne Chapelle, spécialiste en bryologie, s’est intéressée à l’étude du genre Polytrichum et particulièrement de Polytrichum piliferum qui joue un rôle important dans la colonisation des milieux sableux.

Nous remercions tout particulièrement le Dr. Delvosalle qui nous a offert « Un CD-rom 2009 concernant les plantes vasculaires de la Belgique, du Luxembourg et du Nord de la France » dont vous trouverez une note descriptive par Pierre Piérart.

Dans ce bulletin vous pourrez lire également les comptes-rendus des nombreuses activités de notre association centrées sur l’éducation des enfants à l’environnement, réalisées par Bernadette Lamblin et Anne-Marie Wantiez.

Enfin, nous avons lu « Génétique du péché originel » de Chr. de Duve. Le Pr. de Duve, prix Nobel de médecine, nous brosse un tableau remarquable de l’évolution du monde vivant et, plus spécialement, de la sélection génétique des hominidés qui a abouti à homo sapiens, considéré par l’auteur « homo homini lupus ». Pour de Duve l’avenir de l’humanité est menacé d’autodisparition causée par des gènes de compétition et de violence. Aux yeux du prix Nobel la bombe démographique serait plus préoccupante que la prolifération nucléaire.

A la veille de la rencontre de Copenhague nous ne pouvons que regretter le gaspillage des ressources naturelles et, en particulier, la publicité malhonnête en faveur de l’énergie nucléaire. Pour la Belgique la mauvaise nouvelle est tombée : le ministre Paul Magnette qui avait pris des positions très objectives concernant l’énergie nucléaire, nous a déçus. Il propose de reporter de 10 ans la fermeture des trois plus vieux réacteurs nucléaires : 2 à Doel et 1 à Thiange. Il a probablement dû plier devant l’avis des experts, pour la plupart des pro-nucléaires, qui affirment que la capacité des énergies renouvelables du pays ne serait pas suffisante pour 2015. De plus, il a dû s’incliner devant les exigences d’Electrabel qui accepte d’aider financièrement l’Etat à condition de garder ces trois centrales.

La rénovation des trois centrales nucléaires coûtera, au bas mot, un minimum de 400 à 500 millions d’euros. Les actionnaires réclameront une part importante du gâteau. Que restera-t-il pour les investissements en énergies renouvelables, sans oublier la formation professionnelle dans le secteur de l’énergie? D’autre part il ne faut pas oublier que GDF Suez, maison mère d’Electrabel, après s’être fait tirer l’oreille pour verser 250 millions d’euros en 2008 et 2009, a contesté cette mesure devant la Cour Constitutionnelle.

Pour en revenir au sommet de Copenhague, les prévisions sont très pessimistes. La réunion de Barcelone au mois d’octobre a été décevante : non seulement les Etats ne sont pas d’accord sur la quantité de C02 à réduire pour 2020 mais pas d’avantage sur la somme de 100 milliards d’euros par an à consacrer à ce problème. Cette dernière ne représente que 6 à 7 % de celle consacrée aux dépenses militaires mondiales. Et ne parlons pas du marché des quotas de carbone qui risque de compromettre une réduction efficace des gaz à effet de serre. Une plantation d’eucalyptus ou de teck n’est en rien comparable à une régénération d’une forêt équatoriale ou tropicale.

Il serait criminel que le lobby nucléaire, qui sera présent à Copenhague, fasse admettre par les experts que l’énergie nucléaire produit moins de CO2 que les énergies fossiles. Avec l’appauvrissement des gisements, le nucléaire produira même plus de CO2 que les énergies fossiles dans un avenir très proche. Mais le lobby nucléaire ne s’arrête pas là : il prétend que l’utilisation de réacteurs à neutrons rapides (RNR) va produire des quantités invraisemblables d’isotopes radioactifs dont le plutonium, en grande quantité, qui est fissile et qui devrait permettre, selon ces spécialistes, de prolonger l’existence du nucléaire d’un facteur 60. Il réclame donc, pour le nucléaire, le statut d’énergie renouvelable !!! Le mythe du Superphénix réapparaît, la cacophonie des discussions énergétiques s’amplifie et, en ce qui concerne les déchets, l’impasse est totale au point que l’ONDRAF (Organisme chargé du problème des déchets nucléaires) qui a déjà dépensé des sommes énormes, en est arrivé à confier à la « Fondation Roi Baudouin » une enquête sur ce problème.

Comme d’habitude nous remercions nos fidèles collaborateurs, Francine et Jean Lhoëst, Andrée et Michel Alsteen, Mario Lemaire, Pierrick Bernard et Jocelyne Thomas. Merci à Bernadette Lamblin et Anne-Marie Wantiez, qui contribuent au maintien du CEAH par de nouvelles activités, en particulier auprès des enfants, dont l’éducation en matière d’environnement constituera un levier très puissant de nature à assurer un développement durable et le sauvetage de la planète. Nos vifs remerciements aux auteurs des articles publiés, sans oublier les personnes qui participent à nos activités, de près ou de loin, et que nous ne pouvons citer dans le cadre restreint de cet édito.

Nous vous souhaitons une bonne lecture et une très heureuse année.

Pierre Piérart

mercredi 9 décembre 2009

Bulletin N°63 - Juin 2099

Chers Lecteurs,

Nous avons le plaisir de vous présenter un article sur « Le rôle de la politique scientifique fédérale dans la protection de la biodiversité » de Philippe Mettens et Aline vander Werfs. A l’occasion d’un cycle de conférences sur l’avenir de la science en Belgique, organisé à l’université de Mons en novembre 2008, Philippe Mettens a présenté une communication sur l’avenir de la science belge. Ph. Mettens est docteur en Neurophysiologie et ancien assistant de la faculté de Médecine de l’Université de Mons. Il dirige un vaste département fédéral responsable de nombreux services, comme la recherche spatiale, les études dans l’Antarctique et les dix établissements scientifiques fédéraux. Parmi ces derniers, le Musée Royal de l’Afrique Centrale et l’Institut Royal des Sciences Naturelles de Belgique sont les deux établissements engagés dans l’étude contre la dégradation et l’appauvrissement de la biodiversité. Ph. Mettens nous donne un aperçu des nombreux secteurs faisant l’objet de recherches comme la biodiversité en mer du Nord, dans l’Antarctique, ainsi que dans les forêts équatoriales et tropicales de l’Afrique centrale. Il rappelle également que le Jardin botanique national de Meise, bien que transféré à la Région flamande, dispose de collections mondialement connues grâce au travail persévérant des botanistes belges dont les publications sont largement appréciées en Europe et en Afrique.

Vous aurez également l’occasion de lire l’article «L’évolution des Félidés » de Pierre Piérart qui montre que l’on peut aujourd’hui reconstituer des arbres phylogénétiques précis grâce à l’interdisciplinarité de la systématique, de la paléontologie et de l’analyse séquentielle de l’ADN.

Nous avons également le plaisir de revenir sur l’introduction des castors en Ardenne qui a fait l’objet d’un article paru dans le supplément au Monde du 23 mai 2009, intitulé « Robin des bois et les 101 castors ». Une fois de plus l’action menée par Olivier Rubbers est favorable à la biodiversité et, plus spécialement, à la régulation des cours d’eau grâce aux barrages construits par ces sympathiques rongeurs. Cette introduction s’intègre très bien dans le programme Natura 2000 car elle permet de reconstituer des zones humides favorables à la biodiversité. Les dégâts éventuels causés par les barrages, quoique minimes, peuvent être indemnisés selon les directives de l’Union européenne.

Enfin Bernadette Lamblin nous communique le compte rendu des journées d’initiation à l’hydrobiologie sur le thème de « La Mare », qui se sont déroulées avec succès au camping de la Sablière à Epinois.

Comme d’habitude la mycologie n’est pas oubliée. Vous pourrez lire deux notes intéressantes, d’une part sur « Un printemps phénologiquement exceptionnel en 2009 » et, d’autre part, une notice sur « Une russule japonaise à toxicité mystérieuse ».

La revue de presse est axée sur les problèmes de l’environnement, du nucléaire, de l’énergie, dont les solutions sont toujours en attente malgré les avertissements des scientifiques. Vous y trouverez, en outre, plusieurs articles concernant les problèmes de la biodiversité, des dangers croissants des organismes invasifs et sur des nuisances environnementales et sociales de la politique agricole commune.

Nous remercions vivement Bernadette Lamblin et Anne-Marie Wantiez pour leur dévouement inlassable dans la mise sur pied du programme des activités de cette année.

Merci à tous les auteurs et aux collaboratrices et collaborateurs du CEAH.

Bonne lecture.

Pierre Piérart