Chers Lecteurs,

Le Conseil d’Administration, suivi par l’Assemblée Générale du CEAH, ont décidé, vu que la Région Wallonne nous a partiellement diminué le subside pour le bulletin, de réduire l’importance de celui-ci.

Les activités, grâce à Mesdames Bernadette Lamblin et Anne-Marie Wantiez, se sont fortement développées au profit d’écoles défavorisées avec des résultats remarquables. Les thèmes portent principalement sur le fonctionnement de l’écosystème forestier au niveau de la pédofaune et des milieux aquatiques. Ces activités et animations sur le milieu et la biodiversité ont été organisées pendant les vacances de carnaval et pendant les vacances de Pâques, en collaboration avec l’Asbl « La Gronde » de Saint-Ghislain. Un autre partenariat avec l’équipe technique du Parc Naturel des Plaines de l’Escaut a permis de réaliser 13 animations sur la biodiversité et les milieux aquatiques. Madame Lamblin interviendra également dans d’autres animations sur la découverte de la forêt par les 5 sens, le sol, l’escale forestière et l’Ottée des Fées à Stambruges.

Le C.A. est heureux de vous annoncer qu’il bénéficiera, dès cette année, de la collaboration du professeur Michel Wautelet spécialisé dans le rôle et les responsabilités des scientifiques. Il est l’auteur de plusieurs livres, dont « Sciences, technologies et société », Editions De Boeck, qui en est à sa troisième édition et dans laquelle il répond à 250 questions concernant les énergies et le transport. Un autre ouvrage « Notre vie quotidienne en 2050 », Editions Scripta 2003, examine les conséquences de l’après pétrole sur notre vie quotidienne et connaît un vif succès.

Les articles proposés continueront à mettre l’accent sur la protection des ressources naturelles, les émissions de CO2, les problèmes énergétiques et démographiques et l’éducation de la jeunesse dans ces domaines, sans oublier le concept de morale écologique proposé par Paul Duvigneaud il y plus de 30 ans.

La fameuse réunion de Copenhague concernant le Protocole de Kyoto n’a pratiquement abouti à aucun résultat. De nombreux groupes de pression étaient présents, notamment le lobby nucléaire, pour défendre le concept archifaux que l’énergie nucléaire ne produit pas de CO2. Il suffit de rappeler que le cycle complet de l’uranium allant de la préparation du combustible enrichi jusqu’au démantèlement de la centrale, produit des quantités de CO2 +/- comparables à celles d’une centrale au gaz selon la teneur en uranium du minéral de départ. La taxe CO2 a lamentablement capoté au sein de l’Union Européenne et le marché du carbone a déjà été pris en main par des spéculateurs et a déjà été l’objet de plusieurs fraudes.

En ce qui concerne la Belgique, il y a une chance sur deux que le fonctionnement des 3 vieilles centrales de Doel 1, Doel 2 et Tihange 1 va être prolongé de 10 ans et, ceci, en infraction avec la loi du 31 janvier 2003 sur la sortie progressive du nucléaire. Le jeudi 18 février 2010 la requête introduite par quatre associations : les Amis de la Terre, APERE, GRAPPE, et Nature et Progrès, a été examinée par le Tribunal. Le motif invoqué concerne la sécurité d’approvisionnement en électricité qui, contrairement aux dire du ministre de l’Energie, n’est en aucune manière menacée par le non respect du calendrier de sortie du nucléaire adopté en 2003. La lutte contre le réchauffement du climat s’avère bien plus efficace par l’adoption d’une politique d’utilisation rationnelle de l’énergie et par des investissements significatifs dans la panoplie des énergies renouvelables (solaire, thermique et photovoltaïque, éolien, cogénération, petite hydraulique). Last but not least, la décision prise par Messieurs Herman Van Rompuy et Paul Magnette avec GDF Suez est totalement anti-démocratique, parce qu’elle ne respecte pas la loi votée par le Parlement en 2003. Cette dernière ne peut être cassée sans un débat impliquant le pouvoir législatif et la société civile qui ont été influencés et manipulés par le lobby nucléaire, par les experts et les groupes industriels et financiers qui ont encaissé des bénéfices énormes, vu que les centrales nucléaires sont amorties depuis près de 20 ans.

Pour en terminer, le Traité de Non Prolifération (TNP) qui doit être revu au mois de mai prochain aux Nations Unies, quoiqu’en disent les médias et Monsieur Obama, ne s’annonce pas sous d’heureux auspices. Le minimum minimorum serait le départ des armes nucléaires tactiques de l’Europe. La base de Kleine Brogel coûte à l’Etat belge 685 millions de dollars par an, ce qui représente +/- 500 millions d’euros, qui pourraient être bien plus utiles vu la crise financière et les besoins énormes de notre pays en matière de logement, de santé et d’éducation (voir brève « Quel est le coût de la dissuasion nucléaire ? »).

Avec nos remerciements aux collaboratrices et collaborateurs du CEAH, nous vous souhaitons une bonne lecture.

Pierre Piérart